Les radios alternatives des communautés subissent des agressions constantes

Publié le par la Rédaction

Aux moyens de communication des communautés,
Aux médias libres alternatifs,
Au peuple de l’Oaxaca, du Mexique et du monde,

Au cours des derniers mois, on assiste à une recrudescence des agressions commises sous l’égide du gouvernement fédéral et des administrations locales dans les différents États de l’ensemble du territoire mexicain et visant les projets communautaires et sociaux de communication existant dans les communautés, les «colonias» et les communes qui avaient librement décidé de s’en doter. Cette répression et ces actes d’intimidation visent notamment les personnes qui réalisent un travail de radiodiffusion et de diffusion alternative dans le but de rendre compte de la situation actuelle en politique, en matière d’environnement et en ce qui concerne les us et coutumes ainsi que le renouveau de la culture qui donne une identité aux lieux que veut exterminer le néolibéralisme.

Dans les deux derniers mois, on a enregistré quatre cas de répression visant des moyens de communication alternatifs, communautaires et sociaux. À Oaxaca même, le blocage des émissions de Radio Plantón a repris, le jour où a eu lieu le débrayage des enseignants, en juin, pour appeler à revendiquer la relève de la section ainsi que la libération des prisonniers politiques, et ce brouillage est aujourd’hui permanent sur la fréquence 92,1 et 103,1 FM.

De même, depuis le 28 juin, les émissions de la radio communautaire Zaachila Radio, «La Voix du peuple qui s’éveille et s’insurge», sur 94,1 FM, sont brouillées et la radio est diffamée, faussement accusée d’engendrer et de fomenter la violence dans cette communauté. La radio avait en effet informé la communauté que le 20 juin, quand le criminel et despote Ulises Ruiz Ortiz était venu à Zaachila, la personne qui avait fait feu de son arme sur les habitants était Natalio Pérez Tomás, père du maire actuel, le priiste Noé Pérez Martínez. La radio avait aussi raconté comment le maire lui-même avait provoqué l’altercation en lançant des pierres contre les manifestants (qui protestaient contre la venue d’Ulises Ruiz) et elle avait révélé la participation de nervis aux ordres du priiste maire de cette commune dans les affrontements avec la population qui refusait qu’Ulises Ruiz mette les pieds dans leur communauté. Pour se venger, Noe Pérez voudrait aujourd’hui démanteler Radio Zaachila, avec l’aide du gouvernement de l’Oaxaca et du ministère des Communications et des Transports, menace qu’il a fait publier dans le bulletin officiel de l’État d’Oaxaca.

Un autre exemple de ces agressions et attaques est la perquisition réalisé par des membres de l’Agence fédérale de recherches (AFI) au siège de nos compañeros de Radio Ñomndaa, «La Parole de l’eau», radio communautaire émettant sur 101,1 FM depuis Xochistlahuaca dans le Guerrero, les agents ayant provoqué l’incendie du matériel de transmission. Il en est de même pour Radio Terre et Liberté, qui travaille dans un quartier populaire de Monterrey, fermée et démantelée par des agents de la PFP et de la SCT.

Il ne fait pas de doute que l’ensemble des agressions qui ont lieu actuellement à l’encontre de tout projet communautaire de communication, en l’occurrence les radios libres, obéissent à une campagne de persécution et de harcèlement visant les personnes et les organismes participant à la régénération de notre culture et qui dénoncent les injustices et la violence du gouvernement et de ses polices, qui diffusent la libre détermination des villages, des quartiers et des écoles, et qui manifestent leur volonté de ne pas se taire. C’est pour ces raisons que l’on voudrait fermer nos espaces et moyens de communication.

En conséquence, nous appelons à rester attentif à toute agression dont pourrait être victime tout projet communautaire de libre information, à fournir tout notre soutien, selon les possibilités de chacun. Nous invitons également les différentes radios et espaces de communication d’Oaxaca à la réunion préparatoire qui aura lieu le samedi 2 août, à l’auditorium du siège de la Section 22 (rue Armenta y López no 221, colonia Centro) à 10 heures, dans le but de préparer la tenue de la Première Assemblée des radios libres et communautaires d’Oaxaca.

Pour la construction d’une Autre Communication au service de nos peuples, Radio Plantón, Zaachila Radio, Radio Arcoiris, Voix d’Oaxaca construisant l’autonomie et la liberté (VOCAL Communication) - Traduit par Ángel Caído
Indymédia Toulouse, 28 juillet 2008.

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