"Qui dit mieux ?", le film

Publié le par la Rédaction


Un long-métrage documentaire de Pierre Carles, Christophe Coello & Stéphane Goxe. Avec les spectateurs des salles Art et essai ; montage en cours ; durée environ 1h30 ; montage : Claire Painchault, Cécile Nicouléaud ; production : Annie Gonzalez. Affiche : Berth.

Sortie prévue : 2e semestre 2008

En 2003, Attention danger travail est sorti en salle de cinéma, où il a rencontré un joli succès. Dans ce film, pour la première fois depuis les années soixante-dix, la parole a été donnée à des «déserteurs du marché travail», soit une douzaine d’anciens salariés, auxquels s’était joint un chef d’entreprise, qui expliquaient sans complexe pourquoi ils n’iraient plus jamais travailler. Hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, chômeurs et Rmistes, tous revendiquaient haut et fort le droit de ne plus faire la guerre, la guerre économique. Les propos tenus dans le film allaient heurter un grand nombre de spectateurs. À l’heure du chômage de masse et d’une pression croissante sur les demandeurs d’emplois montrés du doigt comme des «fainéants» ou des «parasites», affirmer devant une caméra que l’on pouvait vivre heureux — ou moins malheureux, disons — avec des allocations chômage ou le RMI (Revenu Minimum d’Insertion) avait de fortes chances d’être perçu comme une provocation. C’est l’effet que produira Attention danger travail à l’issue de chaque projection : le même type d’incompréhension ou de colère. Mais aussi des réactions positives. Fait exceptionnel, très peu de spectateurs quittaient la salle au moment des débats. Annie Gonzalez, productrice d’Attention danger travail, et les trois réalisateurs ont pris alors la décision de filmer ces débats. En 2007, lors de la dernière campagne présidentielle, le candidat de l’UMP a repris dans son programme le slogan du MEDEF «Travailler plus pour gagner plus». La plupart des grands médias ont relayé ce qui est devenu une véritable idée reçue, comme s’il ne s’agissait pas d’un point de vue orienté et partisan mais d’une réflexion de bon sens. À aucun moment, ces médias n’ont laissé s’exprimer un autre point de vue, celui par exemple qui estime qu’il faudrait mieux travailler moins et gagner moins afin de vivre mieux. Pourtant, les individus ou collectifs qui pensent cela sont de plus en plus nombreux, regroupés notamment autour des revues Silence, Passerelle, Écorev, La Décroissance. C’était également le cas d’une bonne partie des spectateurs d’Attention danger travail. Le débat n’ayant pas eu lieu à la télévision, à la radio et dans les grands journaux, cette question taboue a été abordée dans l’un de rares endroits ouverts au grand public et resté indépendant : les salles de cinéma Art et Essai. Dans celles qui ont passé le film, l’espace d’un soir elles sont devenues le lieu où l’on pouvait discuter de tout.

Qui dit mieux ?
donnera la parole à ceux qui supportent difficilement la remise en cause du travail, énervés ou ulcérés par la critique du salariat et de la consommation. Des attaques qui ne viennent pas forcément des responsables du MEDEF, mais de gens étiquetés parfois à «gauche» : syndicalistes, intellectuels, travailleurs estimant que la défense de l’emploi et du pouvoir d’achat reste la priorité des priorités. Mais le film permettra aussi d’entendre la voix de ceux qui estiment qu’entre le tout-salariat et la désertion individuelle ou collective du travail, il existe d’autres solutions à explorer. Au spectateur, ensuite, de trancher ou peut-être de repartir avec plus d’interrogations qu’il n’en avait avant de voir tous ces films.

Projections passées  :
— 01/05/2008, Cinéma Diagonal, Montpellier (34). Séance en présence des réalisateurs et de la productrice.
13/02/2008 : Projection-débat avec Stéphane Goxe, organisée par Quilombo/Offensive, à 19h45 au CICP (21 ter, rue Voltaire / 75011 Paris).
— 23/01/2008 : Lyon dans le cadre du festival Les Inattendus, 20h30, séance animée par Ciné Travail, avec Stéphane Goxe. De l’Autre Côté du Pont (Café, 25 cours Gambetta, Lyon 3e (Métro Guillotière).
— 07/12/2007 : au Barbizon (Atoll 13 175ter rue de Tolbiac Métro Tolbiac ou Place d’Italie), projection suivie d'un débat en présence de Jean-Jacques Rue, chargé de distribution CP Productions, d’un des acteurs du film, Tieri Sallantin, ethnologue, et écologue, Université Paris 7, spécialiste de l’Amazonie, et créateur vers 1971 de l’expression «objecteur de croissance».

Publié dans Colère ouvrière

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