Halte aux jeux de la tyrannie !

Publié le par la Rédaction


La Chine est un thème d’actualité médiatique : la répression dans le sang des émeutiers tibétains a déclenché une juste révolte lors du passage de la flamme olympique. De même, le tremblement de terre au milieu du pays du Milieu a fait de nombreux morts. Or, la population rescapée qui n’a rien, qui est dans la détresse, devra assumer en plus sa part dans la contribution aux fastes pharaoniques des JO dont le coût est déjà estimé à 60 milliards de dollars.

Les JO : ni là-bas, ni ici !

Les JO révèlent le cynisme de la logique de fer sportive. Peut-on encore douter de leur barbarie après le sang qui a coulé dans les rues de Lhassa et la gabegie olympique de l’État-parti ? En effet, la clique sportive mondiale, dans un joli bal des faux-culs a exprimé son indifférence à la souffrance humaine. En tête, sa sainteté le chef suprême du CIO, Jacques Rogge qui n’ose bouger le petit doigt : il n’est pas un «militant», dit-il. Mais ici même, le serviteur du CNOSF Henri Sérandour, considère qu’il est scandaleux de s’attaquer aux Jeux olympiques. Les Jeux menacent pourtant d’avoir lieu entre les camps de travail forcé, sur les cadavres de Lhassa sans oublier qu’ils risquent de piétiner la mémoire des étudiants et ouvriers massacrés en 1989 sur la place Tien An Men. Les JO sont avant tout une machine de guerre sociale au service du capital. C’est là la seule raison fondamentale qui justifie une opposition prenant notamment pour cible Beijing 2008.

Beijing 2008 : une stratégie Kapital

Là bas les travailleurs suent la plus-value pour construire les infrastructures olympiques. La population laborieuse, comme toujours lors des JO, peinera à rembourser les dettes que l’État consacre à cette course inutile à la médaille. Dans le même mouvement, les sponsors profitent de l’écran olympique pour incruster davantage dans les consciences la marchandise. Les États des-mots-cratikes, quant à eux, marchent au pas cadencé avec le parti-État chinois : il réprime ? Ils protestent intérieurement mais poursuivent malgré tout leur marche en rythme, émerveillés qu’ils sont par cet «atelier du monde» où la croissance du vide enfonce les pauvres. L’esclavagisme moderne risque, à la faveur de cette compétition mondiale, d’obtenir un label de respectabilité. D’autant que là-bas les puissants d’ici trouvent tout leur intérêt à l’exploitation intensive du travail d’autrui qui reste la loi mondiale d’airain. C’est bien pour cela qu’une Ségolène Royal a pu vanter les mérites de la justice chinoise quant à sa célérité. De cela, RSF n’en parle pas et pour cause : il s’agirait seulement selon cette organisation, de civiliser l’exploitation…

Une drogue idéologique et biologique : le sport

En langage olympique, pour caractériser cet état de fait mondial qui s’exprime là-bas, on dit «one world, one dream», en langage droits-de-l’homme on dit «communauté internationale», tandis qu’en langage tyrannique on dit «mobilisation patriotique» : c’est bien là qu’est l’hypocrisie ! La vérité consisterait plutôt à reconnaître le règne du consensus globalisé permettant aux États de former une unité qui est plutôt un combat pour l’hégémonie capitaliste où s’affrontent diverses marchandises ; le tout sous le haut patronage du CIO. La Chine qui a obtenu son brevet de concurrent loyal dans ce grand concert grâce à lui, veut faire des JO un enjeu politique : ils sont en effet la continuation de la politique par d’autres moyens. C’est pourquoi l’État fourbit ses armes bio-chimiques pour faire de ses athlètes des bolides : la barre sera mise très haut puisque d’ores et déjà le record du monde du 100 mètres est passé à 9"72. Mais c’est la Chine qui donnera le la symbolique à la guerre des chronomètres. On sait en effet, que le dopage, systématisé en secret à l’époque des États du bloc de l’Est n’est pas étranger à ce parti-État qui est de même nature que ses ex-confrères. L’embrigadement de la jeunesse permettra de donner satisfaction aux bureaucrates du PCC. C’est ainsi que l’effectivité de la tenue sans anicroches des JO constituera le signal pour que la Chine devienne un concurrent redoutable parce que jouant définitivement dans la cour des grands. Après Berlin 1936 les jeux de la croix gammées, Moscou 1980 les jeux du goulag, voici Pékin 2008 : les jeux de la tyrannie… Le CIO qui a historiquement toujours fait les bons choix relativement à ses intérêts, distille un poison virulent. Désormais, il faut bien se rendre à l’évidence : c’est lui qui joue du luth de classe sous les fenêtres du prolétariat.

Sabotage de Beijing 2008 !

Inversement, le défi politique de l’offensive des cerbères du Bocog-CIO [
On se souvient que lors du parcours de la flamme, les sportifs étaient guidés par le diktat des nervis de l’Ambassade chinoise prouvant par là la contribution française à la tyrannie. Le Bocog est le comité d’organisation des JO de Pékin.] peut être relevé si la prise de conscience s’approfondit. Le boycott a été accueilli avec scepticisme, c’est le moins qu’on puisse dire. Mais paradoxalement, il a été un thème médiatique majeur de l’épisode de la flamme olympique. Éteindre sa télé, ne pas assister aux cérémonies, porter un badge ridicule, voilà ce qu’a pu signifier le boycott. On comprend le scepticisme ! À quoi rime pour un chef d’État le boycott d’une cérémonie olympique puisque qu’il n’est pas tenu d’y assister ? Tout cela n’engage à rien ! Ce sont les athlètes qui sont la pièce centrale du dispositif : l’histoire produit souvent des changements à partir de l’intérieur, certes. Mais étant donnée l’hypocrisie qui règne dans ce milieu, sa couardise et la soumission au diktat de la Charte olympique, c’est de l’extérieur qu’il peut être judicieux de procéder en reprenant le type d’attitude qui s’est manifestée au mois de mars-avril pour souffler sur la flamme. À condition d’intensifier le geste, un sabotage intégrant le boycott et la protestation, et nécessaire et urgent. C’est dans cet ordre qu’il faut prendre le mot pour qu’il devienne un mot d’ordre. L’insubordination à l’État français qui apporte sa contribution aux JO totalitaires, c’est aussi adresser un message à la population chinoise laborieuse qui ne verra jamais les fruits de cette «fête». La France veut envoyer ses missiles sportifs pour participer à la grande guerre économique mondiale : il s’agit de les saboter !

Vive le défaitisme sportif !
Pas de consensus !
Guerre à l’olympisme !

Publié dans Internationalisme

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