Antirépression

Publié le par la Rédaction

Chronologie autour de la semaine de solidarité sans frontières du 9 au 16 juin 2008

7 juin, Lyon : À 15 heures une petite centaine de personnes est rassemblée derrière la préfecture, rue Dunoir, derrière une banderole («Vive la solidarité avec les sans-papiers. Liberté pour Bruno et Ivan»). Le temps de lire la lettre écrite en taule par les camarades inculpés et le petit groupe décide de s’ébranler hors de ce trou à rat, histoire d’être un peu plus visible un samedi après-midi. Des fumigènes sont allumés, dont certains artisanaux (terroristes !). Les slogans ? Contre les prisons, les frontières, en solidarité avec les sans-papiers et puis «Liberté pour Bruno et Ivan».

9 juin, Genève : «Dans le cadre de la semaine de soutien aux camarades arrêtés avec des fumigènes au cours d’une manifestation au centre de rétention de Vincennes (près de Paris) : affichage à Genève sur les maisons occupées et évacuées depuis l’été dernier. (…) À Genève, une affiche de soutien intitulée “Qui sont les terroristes ?” a été placardée sur une dizaine de maisons occupées et évacuées depuis l’été dernier. L’affiche se termine par les mots : “Nous ne subirons pas cette déclaration de guerre en baissant la tête.” Nous la reprenons à notre compte face aux menaces d’expulsion qui pèsent sur les Tulipiers et la Tour 2 ; nous la reprenons à notre compte face aux dix expulsions qui ont eu lieu depuis l’été dernier. D’autres actions sont à venir ! Mort aux vaches ! Ça va continuer !»

8-9 juin, Paris : «Dans le cadre de la semaine de solidarité, trois banderoles ont été posées dans le 18e arrondissement de Paris dans la nuit de samedi à dimanche et de dimance à lundi : “Résistances aux contrôles - Plus de papiers du tout” sur un échafaudage de la rue du Poulet (héhé) ;
“Émeutes dans les centres de rétention : solidarité” sur une grille du square Léon ; “Solidarité avec les sans-papiers en lutte” sur un pylone de signalisation pour les trains sur la rue du Département.»

8-9 juin, Lyon : «Résistance active contre la machine à expulser. Dans la nuit du dimanche 8 au lundi 9 juin, cinq institutions participant activement à la traque et à la “gestion” des sans-papiers ont été attaquées, à Lyon. Leurs vitres ont été brisées et leurs façades peinturlurées. L’ANAEM (ex OMI), qui gère la main d’œuvre étrangère et organise les retours volontaires vers les pays d’origine : “L’ANAEM déporte et humilie”. Air France, qui permet la déportation quotidienne des sans-papiers : “Non à la déportation des sans-papiers”. La Police de l’Air et des Frontières, qui réprime, contrôle et déporte les sans-papiers : “PAF=NAZI”. Un bureau de vente Bouygues Immobilier, qui construit les prisons et les centres de rétention : “Non aux prisons”. Une agence BNP, qui exploite et livre les sans-papiers : “Solidarité avec les enfermé/es, avec ou sans chlorate !”»

9+11 juin, Moscou : Environ trente anarchistes sont venus devant l’ambassade de France, ont distribué des tracts et crié des slogans en russe et en français : «Solidarité avec les sans-papiers !», «Non à la répression !», «Non à la terreur !» Une banderole a été accrochée sur l’ambassade avec le slogan «Solidarité avec les sans papiers et les anarchistes qui sont soumis à la répression !» et des fumigènes ont été allumés pour exprimer une symbolique de solidarité avec les compagnons, accusés de terrorisme pour avoir possédé ce même type d’objet. Le premier acte de solidarité avec les incarcérés avait eu lieu le 9 juin : des anarchistes ont allumé des fumigènes devant l’ambassade de France, en scandant des slogans.

11 juin, Rouen : «Aujourd’hui mercredi 11 juin à 20 heures une banderole a été
déployée à Rouen, sur l’immeuble du Théâtre des Arts, à l’occasion d’un concert. On pouvait y lire : “DESTRUCTION DES CENTRES DE RÉTENTION - LIBERTÉ POUR ISA ET TOUS LES PRISONNIERS”. Des tracts expliquant l’objet de la semaine de solidarité sans frontières ont été lancés depuis le toit ainsi que les lettres d’Ivan et Bruno et Isa et Farid. Solidarité pour tous les sans-papiers et tous les prisonniers !»

11 juin, Grenoble : rassemblement à 13 heures 30 devant la Préfecture puis occupation pendant quelques heures du Musée de la Résistance par une cinquantaine de personnes. Des banderoles («Solidarité avec les sans-papiers», «Résistons encore !» ou «Ni prison, ni frontières, ni matons, ni charters») ont été déployées sur sa façade, et de nombreux tracts distribués.

12 juin, Paris : «L’APIJ, constructeur de prisons, attaquée à Paris. Jeudi après-midi, dans le cadre de la semaine de solidarité sans frontières avec Isa, Farid, Ivan, Bruno, Damien et tous les révoltés, une trentaine de personnes ont attaqué l’APIJ (Agence Publique pour l’Immobilier de la Justice) à Paris dans le XIIIe arrondissement. L’APIJ (anciennement l’AMOTMJ) est un acheteur public qui s’occupe de mettre en œuvre les programmes immobiliers du Ministère de la Justice, c’est-à-dire de s’occuper principalement de la contruction des prisons. Lors de cette action, une grande quantité de déchets en tout genre a été déversée dans le hall de l’agence ainsi que sur la façade : œufs de peinture, huile de vidange, boules puantes, litières, ordures, nuage de farine et autres mixtures bien pourries. Des slogans ont été tagués à l’entrée “GUERRE SOCIALE”, “FEU AUX PRISONS”, “LA TERREUR D’ÉTAT C’EST ICI”. SOLIDARITÉ AVEC TOUS LES PRISONNIERS, AVEC OU SANS PAPIERS, AVEC OU SANS CHLORATE. LIBERTÉ POUR ISA, INCARCÉRÉE À LILLE, ET TOUS LES PRISONNIERS. FEU AUX PRISONS ET AUX CENTRES DE RÉTENTION.»

12-13 juin, Paris : «Dans la nuit du jeudi 12 au vendredi 13 juin, deux entreprises collaborant avec l’État ont été attaquées à Paris. Dans le 9e arrondissement, rue du Faubourg Poissonnière, une agence Air France a eu toutes ses vitrines brisées et un slogan a été taggué dessus : “SABOTONS LA MACHINE À EXPULSER”. Air France prend en charge volontairement l’expulsion de la plupart des sans-papiers arrêtés. Dans le 20e, rue des Pyrénées, c’est une agence Bouygues Telecom, l’entreprise Bouygues étant l’un principaux contructeurs de prisons et de centres de rétention, qui a eu ses vitrines endommagées et tagguées “FEU AUX PRISONS”. Rappelons que l’Agence Air France du Faubourg Poissonière avait déjà été attaquée de manière similaire il y a deux mois. Continuons à harceler les entreprises qui font leur fric en construisant des prisons ou en expulsant des sans-papiers ! Ces actions ont eu lieu dans le cadre de la semaine de solidarité sans frontières avec Isa, Farid, Ivan, Bruno, Damien, tous mis en examen sous une juridiction antiterroriste pour s’être révolté contre ce monde et avoir participé à des luttes contre les expulsions et contre tous les enfermements. Isa est encore incarcérée à la prison de Lille. Cette semaine est l’occasion d’exprimer, chacun à sa manière, sa solidarité avec tous les enfermés et tous les révoltés. DESTRUCTION DES PRISONS. LIBERTÉ POUR ISA ET LES AUTRES.»

13 juin, Thessalonique (Grèce) : Un peu plus d’une soixantaine d’anarchistes, antiautoritaires et autonomes ont participé à un rassemblement devant le consulat de France, qui a duré une demi-heure et s’est terminé en petite manifestation. «La politique anti-terroriste de l’État ne peut pas nous terrifier, elle ne peut que nous rendre plus enragés et plus déterminés. Solidarité avec les deux de Vierzon, Bruno, Ivan, Damien. Liberté pour tous les prisonniers, avec ou sans papiers. Liberté pour tous.»

13 juin, Turin (Italie) : Une heure et demi d’émission sur
Radio Blackout pour parler de la situation française par rapport aux cra, l’adn, les opérations anti-terroristes et puis pour parler des copains en taule, pardon, des copains qui étaient en taule… lecture des deux lettres et d’autres documents de «mauvaises intentions».

13-14 juin, Santa Cruz-Californie (États-Unis) : «Peu après minuit, vendredi 13 juin, le tribunal de Santa Cruz a expérimenté non pas de la malchance, mais un acte délibéré de révolte. Inspiré par des actions récentes dans le coin et les luttes d’autres personnes partout dans le monde, des galets ont été lancés à travers deux baies vitrées. La rupture des vitres a été pour nous un moment de pure joie. Nous aimerions la dédier à tous les prisonniers et détenus forcé de subir la farce déshumanisante de la froide justice, et en particulier avec ces compagnons : Eric McDavid, Marie Mason, Daniel McGowan, Leonard Peltier, John Graham, les guerriers Mohawk de Tyendinaga et des Six Nations, les émeutiers d’Olympia Washington, Lukas Winkler, Stephanie Trager, and Sven Maurer (squatters de Munich), Isa, Farid, Damien, Bruno and Ivan (de France).»

13-14 juin, Paris : «Dans le cadre de la semaine internationale de solidarité avec Isa et tous les autres, plusieurs véhicules se sont incendiés simultanément dans la nuit du vendredi 13 au samedi 14 juin à Paris : une voiture diplomatique rue Weiss (13e arrondissement) devant le ministère de l’économie (et une BMW défoncée), une camionnette toute neuve de l’entreprise Forclum (appartenant au groupe Eiffage, constructeur des prisons) rue de Charenton (12e), et un camion de la mairie de Paris rue de Coriolis (12e), qui s’évertue comme ses prédécesseurs à chasser les pauvres de la ville. Feu à toutes les prisons ! Liberté pour tous les prisonniers, avec ou sans papiers, avec ou sans chlorate !»

13-14 juin, Bruxelles : L’entrée de la station de métro Osseghem, dans le quartier de Molenbeek, est totalement dévastée par un groupe d’inconnus en moins de deux minutes : distributeurs de billets, composteurs, caméras de surveillance et grandes baies vitrées. Sur place, un tag précise «Stop aux rafles».

14 juin, Moscou : «Les bureaux de la compagnie aérienne française Air France ont été repeints avec les slogans “Solidarité avec les sans-papiers” (en français) et “No states, no borders, no races” (en anglais). En ce moment se déroule partout dans le monde une campagne de solidarité avec Ivan, Bruno et les autres anarchistes français sous pression de l’État répressif français. Le motif est leur participation aux manifestations contre la politique d’immigration. Air France participe aux déportations d’immigrés, multipliant les souffrances et la douleur sur la planète.»

14 juin, Vigan : Rassemblement sur le marché du Vigan quelques idées sur les luttes qu’il nous importe aujourd’hui de mener. Lutte au côté des camarades inculpés ou incarcérés, lutte contre les CRA, lutte contre les prisons, lutte contre la société qui les engendre, lutte contre le contrôle de nos existences. Cette petite action fut appuyée par une table de presse assez bien fournie, une bouffe tirée du sac, une caisse de soutien, des affiches colées un peu partout dans la ville, une projection en soirée avec la préparation d’une journée de manif à Sète et devant le centre de rétention qui est prévue le 28 juin.

15 juin, Paris :
Rassemblement d’une cinquantaine de personnes contre la machine à expulser au métro La Chapelle à 16 heures. «Le choix de ce quartier n’est pas anodin : entre Barbès et Stalingrad, la police sait qu’elle va attraper des travailleurs sans papiers. Et les autorités — de la préfecture à la municipalité — y trouvent leur compte, ça “nettoie” le quartier pour laisser place à la “mixité sociale” avec l’installation des bobos sur les Quais de Seine et à la Goutte d’Or. Cela fait plusieurs années que ces quartiers sont en “restructuration” : augmentation des loyers, expulsions des pauvres aux portes de Paris, contrôle des places et des rues.
»

16 juin, Bruxelles : «Dans la nuit de lundi 16 juin 2008, une camionette de ISS Cleaning a été incendiée à Bruxelles. ISS Cleaning effectue les travaux de nettoyage dans les centres fermés [centres de rétention].»

16 juin, Vancouver (Canada) : «Deux caméras de surveillance du Centre Commercial [Commercial Drive] ont été visiblement obstruées avec de la peinture, tandis que le toit et les portes du “Ministère de la Protection Publique” (comité de probation) et le centre commercial ont été taggés par des “Fuck probation”, “Brisons les prisons, maintenant” et “Solidarité sans frontières - la Liberté est notre crime !” Cet acte a été réalisé dans le cadre de la “Semaine de solidarité sans frontières”, appelée suite à l’arrestation et l’incarcération de cinq personnes en France.»

17-18 juin, Lille : «Dans la nuit du 17 au 18 juin, les vitres de l’agence de la BNP située rue Gambetta à Lille ont été brisées. “Non aux rafles, BNP collabo” a été taggé sur le mur en face. Cette action est à placer dans le cadre de la semaine de solidarité sans frontière. Solidarité avec les inculpés ! Fermeture des centres de rétention ! Liberté pour tous et toutes ! Des retardataires en colère.
»

9-16 juin, Grenoble : «Du 9 au 16 juin 2008, a eu lieu la semaine de solidarité sans frontières, en soutien avec les sans-papier-e-s, expulsé-e-s et traqué-e-s, ainsi qu’avec celles et ceux qui les soutiennent et qui multiplient les actes d’insoumissions qui enrayent la machine à expulser. Pendant cette semaine, les locaux de plusieurs entreprises ou institutions qui participent à la traque et à l’expulsion des sans papier-es ont été attaquées. Leurs vitrines ont été taguées, peinturlurées ou brisées. Air France qui prend en charge volontairement la plupart des expulsions de sans papier-e-s. Bouygues, un des principaux constructeurs de prisons et de centres de rétention. BNP, connue pour livrer les sans-papier-e-s aux flics. La Croix Rouge, constructeur de centres de rétention en Belgique et en Italie ; chargée en France de donner un “visage humain” aux CRA. la TAG qui dernièrement avait balancé une sans-pap’ aux keufs. la CGT qui récemment a attaqué les sans-papier-e-s, qui occupaient la bourse du travail à Paris, lors d’une manifestation. Continuons à harceler les collabos qui font leur fric en construisant des prisons et en participant à l’expulsion des sans-papier-e-s. Liberté avec tou-te-s les prisonnier-e-s, avec ou sans chlorate.»

9-16 juin, Bizkaia (Pays-Basque) : Chaque jour de la semaine du 9 au 16 juin, dans les villages de Algorta et Erromo (Bizkaia), des banderoles informatives ont été suspendues en soutien aux cinq compagnons français. À Astrabadua (Bizkaia), un autre groupe d’individus solidaires a envoyé des fax pendant une demi-heure à l’ambassade de France en Espagne. Le fax comportait une seule phrase : “Liberté pour Isa, relaxe pour Bruno, Ivan, Farid et tous les autres”.

23 juin, Montevideo : «La nuit du 23 juin 2008, un engin explosif de faible intensité à explosé dans la chambre uruguayo-française de Montevideo. Pour saluer les compagnons et tous ceux/celles qui résistent à la répression, et ceux/celles qui sont séquestréEs par l’État français. Parce que la liberté est plus qu’une parole écrite. Pour la liberté de toutes et tous.»

24 juin, Paris : Vers 18 heures 30 à l’Université Paris V, le début de la conférence du psychiatre généticien Philip Gorwood a été retardée par une dizaine de perturbateurs qui ont distribué un tract et pris la parole, en solidarité avec Isa et Juan, incarcérés à partir de leur supposé ADN. «Mais qui n’a jamais songé à brûler des caisses avec gyrophare face à leurs rafles contre les immigrés, leurs tabassages dans les manifestations, leurs assassinats dans les quartiers ou leur racket quotidien ? Certainement Gorwood et ses acolytes, et tous ceux qui défendent son cauchemar policé.»

À venir, 28 juin, Sète : Le samedi 28 juin à 14 heures place de l’Hôtel de ville à Sète, rassemblement en soutien à tous les sans-papiers. Une manif rejoindra ensuite le centre de rétention de Sète. Cette initiative se veut surtout une démonstration de notre solidarité avec tous les dépossédés dont le pouvoir veut se débarasser et qui ici comme ailleurs sont parqués dans des toutes nouvelles prisons «spécialisées». Liberté pour toutes et tous. Solidarité avec tous les inculpés, tous les enfermés de la guerre sociale en cours.

«Brèves du désordre», Cette semaine, 19 et 25 juin 2008.

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