Un médium à l'eau de Vichy

Publié le par la Rédaction

La revue surréaliste, métapsychique et Abellio-occultiste Médium, après sept mois d’un silence que lon pouvait espérer définitif, vient de publier son numéro 4. Dédé-les-Amourettes et ses douze derniers apôtres y mettent à lindex Max Ernst, coupable davoir vendu à la Biennale de Venise la peinture même quils essaient plus moralement de refiler aux Américains dans les galeries peu connues de la rive gauche.

On vérifie une fois de plus que quand on touche à leur seul commerce ces habitués de toutes les compromissions deviennent farouches : ils paraissent croire que des «milieux indépendants» nourriraient des illusions à leur propos. Ils s
inquiètent même de laisser «désorienter la jeunesse».

Le plus sot, celui qui définit généralement la curieuse position politique de la bande, commente avec sympathie le dernier gouvernement. Le génie du contresens que nous avons déjà décelé chez ce personnage lui inspire de comparer le prolétariat évolué de 1848 au sous-prolétariat dégradé d
aujourdhui «pour lequel les préoccupations alimentaires et le problème du logement tiennent plus de place que les virtualités révolutionnaires». On peut en déduire quil ne sait rien de juin 1848, de Marx, du prolétariat.

Mieux encore, le même conclut de «l
expérience Mendès» que les divers éléments du capitalisme international, ou les factions qui le représentent à léchelle nationale sont plus occupés de leurs luttes intestines que dun combat contre le monde prolétarien. On peut en déduire que ce professionnel de lanticommunisme ne sait rien de Staline, dont il reproduit bêtement la plus fausse et la plus funeste théorie.

Potlatch no 17, 24 février 1955.

Publié dans Debordiana

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