Les "M. Propre" des luttes

Publié le par la Rédaction

Alors que le mouvement lycéen multiplie les manifestations, la répression n’est pas en reste. Les luttes lycéennes connaissent leur lot de violences policières : présence en masse, matraquages stéroïdés, gazeuses, flics en civils, et autres gardes mobiles, interpellations… Mais la violence d’État n’est pas le monopole des flics, et les récentes luttes lycéennes ont vu s’affirmer une autre forme de répression celle des Services d’Ordre (parfois même privés). Pas si différente en fait puisque tout ce beau monde ne rechigne pas à la tâche et sait travailler la main dans la main.

Il s’agirait de «sécuriser les manifestations», trier les «bons manifestants» des «mauvais», les «gentils» des «casseurs». Mais de qui parle-t-on ? D’une jeunesse en révolte, qui subit l’exclusion, qui n’a plus rien à attendre de l’éducation nationale, que ces syndicats et partis s’empressent de zapper ; de ceux qui ne se satisfont pas des slogans réformistes, ceux en désaccord avec une vision superficielle d’une école qui préparerait dans les meilleures conditions à l’exploitation ou à l’exclusion, ou encore de celui qui se fait chopper parce que sa tête est trop foncée…

Lorsque la gauche, à la manière des partis de droite, brandit le spectre de l’insécurité c’est pour mieux passer sous silence la violence sociale… Et finalement, lorsque ses sbires se mêlent à la répression c’est toujours pour évacuer ces mêmes questions à coup de matraque…

Résistons ensemble no 64, mai 2008


Publié dans Éducation

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