Les lycéens du Jura entrent dans la lutte

Publié le par la Rédaction

Journée de mobilisation lycéenne lédonienne :

À 13 heures au lycée Jean-Michel assemblée générale à laquelle je n’ai pu assister car je suis arrivé à 13h40 devant ce lycée dont une bonne partie des élèves (de 300 à 500 personnes) était devant leur bahut attendant le départ de la manif. 14 heures : arrivée des policiers et de la voiture qui doit se placer à la tête du cortège. Nous prenons la direction de la mairie devant laquelle nous restons jusqu’à 15 heures (même pas d’occupation ?!?) ; ensuite direction la préfecture, arrivée au carrefour de la place «de la Liberté» (place des Jets d’Eau serait plus approprié) que nous bloquons une bonne demi-heure. Et après cest rparti pour un ptit tour dans Lons pour revenir à cette fameuse place des Jets d’Eau où les derniers lycéens se disperseront.

Je pense que le bilan de cette manifestation reste quand même positif car elle a bien montré l’énergie et la volonté des jeunes lycéens à défendre notre éducation mais franchement, avec les socialos en tête de cortège cela laisse quand même perplexe. Suite de lépisode mardi prochain.

Pour ce qui est des élèves du Tan les menaces de la part de nos chers CPE étaient 8 heures de colle pour les externes et demi-pensionnaires (GGGrrrr) et que les internes ne reviennent pas et qu’ils rentrent directement chez eux ! (et apparemment cette intimidation a bien marché !)

Un collégien de Lons


Vue par la propagande bourgeoise :


La grogne lycéenne gagne le département


Plus de 350 lycéens de Jean-Michel, Montciel et Le Corbusier ont manifesté hier après-midi dans les rues de la préfecture contre la «casse programmée de l’Éducation nationale».

L’entrée de la rue Saint-Désirée bloquée pendant une demi-heure par un grand sit-in : Lons a rejoint officiellement hier après-midi le mouvement de protestation des lycéens, alors qu
au même moment il semblait sessouffler du côté de la capitale. «Jusquici, on nétait pas mobilisés sur ces questions dans le Jura, explique Ephrem Berthet-Monnier, coordinateur du mouvement à Jean-Michel. Mais on a réussi à se concerter dans plusieurs villes pour rejoindre les Parisiens qui sont rentrés de vacances.» Le jeune militant était néanmoins heureusement surpris de lampleur de la mobilisation, certes favorisée par la météo, et composée de lycéens pas forcément rompus à lexercice du genre. «On leur apporte un soutien technique, précise Sprinsgield Marin, secrétaire général de la FSU et conducteur de la voiture-sono sur le parcours, mais ils sont propriétaires de leur mouvement et de leurs revendications.»

Celles-ci ont été exposées au cours de l
assemblée générale qui a validé la manifestation en début daprès-midi au lycée Jean-Michel : suppression de postes, hausse des effectifs dans les classes, disparition de certaines options facultatives, et, de façon générale, «toutes les attaques du gouvernement actuel contre lÉducation nationale». «Entre la seconde et la terminale, on a vraiment senti les conditions de travail de dégrader à cause, entre autres, de la hausse des effectifs par classe», témoigne Jeanne Latusek, en terminale S à Jean-Michel. Chloé Germain est elle en terminale L, et sinquiète de la disparition de certaines options facultatives, comme «les arts plastiques, qui permettent des bacs moins uniformes et enrichissent lenseignement». «On constate une fracture, poursuit la jeune manifestante. Ceux qui ont du mal à suivre ne sont plus remis à niveau dans de bonnes conditions.»

Le mouvement a été initié par plusieurs membres de «Rêver», une association lédonienne à vocation nationale créée en septembre dernier «pour répondre au besoin de dialogue entre divers horizons de gauche» selon Ephrem Berthet-Monnier, responsable du Jura. «Il n
y a aucun parti politique au-dessus de nous, explique-t-il. Nous sommes totalement autonomes.»

Les lycéens lédoniens, enthousiasmés par la réussite de cette première manifestation, se préparent à la journée nationale du 15 mai prochain.

Sarah Fréquelin


200 champagnolais derrière la Coordination

L
auditorium de Paul-Émile Victor avait de la peine à accueillir hier un petit quart des effectifs. Lappel avait été lancé par la Coordination lycéenne, conduite par Chloé Bertrand et Clovis Durand. Ce qui inquiète le plus les lycéens ne les touche pourtant pas. Il sagit de la transformation du bac pro sur 4 ans en BEP sur 3 ans, qui ne sappliquera quavec les nouveaux entrants. Cependant les lycéens voient comme une dévalorisation lassimilation du bac pro au BEP et surtout refusent dêtre considérés comme une valeur marchande dune société qui ne les éduquerait que dans ce but et donc avec des objectifs de rentabilité.

Ils disent pourtant être soutenus par les industriels qui eux, craignent un assèchement du gisement d
emplois qualifiés alors quils en manquent déjà cruellement, comme le rappelait Clovis Durand. Pour linstant les objectifs convergent et le mouvement prévoit dorganiser une descente à Lons le 15 mai pour participer à la grève des enseignants. Le mouvement est également soutenu par M. Billet, représentant des parents délèves indépendants. La manifestation dans la ville durant une heure en début daprès-midi, a été bien suivie denviron deux cents lycéens qui bénéficiaient dun encadrement sécurisant de la gendarmerie et de la police municipale.


700 lycéens dans les rues de Besançon

À Besançon, 700 lycéens se sont rassemblés place de la Révolution avant de prendre la direction du rectorat, puis de la préfecture de région pour de brefs sit-in, organisés devant chacune des deux institutions. La mobilisation a été plus faible que celle de la semaine dernière, mais les jeunes semblent toujours aussi déterminés. «Je ne comprends pas qu
il y ait si peu de lycéens. Nous on est là, pourtant on est presque sûr de rater notre bac», tempête le Bisontin Jean-Luc. «La réussite collective est plus importante que la réussite individuelle», réplique le Salinois Lucas. Avec Morgane et Vassili, ce dernier est très inquiet par la suppression «quasi-certaine dune des quatre classes de seconde du lycée de Salins». Ce qui pourrait, selon les trois jeunes, conduire à des classes 33 et 40 élèves et des séances de travaux pratiques ingérables.

Pour manifester leurs craintes et leurs inquiétudes, les jeunes Salinois ont arpenté les artères de la capitale comtoise derrière une banderole sur laquelle on pouvait lire : «Une classe de moins à Salins, c
est bientôt la fin !», une alerte relevée de la signalisation «danger particulier». Les jeunes du lycée Pergaud qui, dans la matinée, ont vu quatre de leurs camarades conduits au commissariat de Besançon (voir ci-contre) ont confectionné une pancarte à la hâte sur laquelle, ils ont écrit en noir «Pergaud en colère».

Dans le cortège, la LCR, MJS, FO, SUD et le SGEN ont hissé leurs couleurs, mais leurs représentants ont soigneusement évité le carré de tête. «Le salaire chargé moyen d
un enseignant du secondaire est de 40.000 euros, ce qui, pour la totalité des 11.500 postes supprimés, représente 460 millions deuros. Comparé aux 15 à 20 milliards de cadeau fiscal accordé aux plus riches, cela ne pèse pas très lourd», sindigne lun des enseignants.

Hier, à Besançon au moins, les lycéens ont évité de s
attaquer au fusible. Le nom de Xavier Darcos na pratiquement pas été cité. En revanche, le président de la République en a pris pour son grade.

Dahmane Soudani


Un proviseur agressé

Le conseiller régional UMP et proviseur du lycée Victor-Hugo à Besançon, Jean-Claude Duverget a été agressé, hier matin, à l’intérieur de son établissement, par un groupe de lycéens. Selon des témoignages recueillis auprès des lycéens qui avaient assisté à l
incident, le proviseur, connu pour son sens de la modération, a tenté de dissuader des élèves dun bahut voisin qui voulaient accéder à son établissement. Sen suit alors une bousculade. Profitant de la confusion, lun des lycéens aurait donné un coup de poing au proviseur qui sétait retrouvé à linfirmerie. Un communiqué publié dans laprès-midi par le rectorat confirme ces faits. En revanche, ce texte indique que Jean-Claude Duverget navait pas été blessé, «mais, choqué par lagression, il a décidé de porter plainte». Marie-Jeanne Philippe, recteur de lacadémie de Besançon, apporte son soutien au proviseur et «met en garde les lycéens contre des gestes qui peuvent nuire à la sécurité des personnes dans les établissements». Hier, peu avant la manifestation, lun des responsables de la coordination lycéenne de Besançon sest dit lui aussi choqué par cette agression et a sévèrement condamné cet acte quil attribue beaucoup «plus à des éléments perturbateurs quà des lycéens animés par lintérêt général des jeunes». La présidente de la Région, la socialiste Marie-Guite Dufay a également fait part de «son indignation» et «au nom du conseil régional, apporte tout son soutien» au proviseur. Marie-Guite Dufay a aussi rappelé que «si de nombreuses questions se posent actuellement dans lensemble des établissements de lacadémie au niveau des suppressions de postes et de filières, rien ne saurait justifier que les manifestations soient le cadre de tels débordements.»

D.S.


Prélèvements ADN sur des grévistes

Hier matin, trois élèves du lycée Pergaud à Besançon et un collégien, surpris par une patrouille de police en train de déplacer des grilles d’un chantier, pour bloquer les accès de cet établissement, ont été interpellés. Tous âgés de moins de 16 ans, les quatre jeunes ont, ensuite, été conduits au commissariat pour des prélèvements en vue d
un test ADN. Alertés par dautres lycéens, les parents de deux dentre eux se sont rapidement présentés devant les officiers de police et ont manifesté leur ferme opposition à cette opération. En revanche, des prélèvements auraient été effectués sur les deux autres. «Au début, jai dit non, mais on ma fait comprendre que si je refusais, cétait 15.000 euros damende et deux ans de prison. Je navais donc pas le choix. Sauf que pour les 15.000 euros et les deux ans de prison, on ma menti», a expliqué hier, en milieu daprès-midi, lun des lycéens, visiblement encore choqué.

Reste qu
il na été question que de prélèvements. Hier, en fin daprès-midi, on ne savait toujours pas si les analyses allaient être effectuées ou pas.

Le Progrès (édition du Jura), 7 mai 2008


Bourg : première manif lycéenne

Sortis des lycées burgiens Quinet, Lalande, Carriat, Pardé ou Voisin, de jeunes manifestants ont arpenté les rues de Bourg, hier après-midi. Ils n’étaient qu’une centaine pour cette première expression locale, première depuis la naissance de la grogne au niveau national.

Une délégation a obtenu audience en préfecture pour exprimer son hostilité à la réduction de classes et d’heures d’enseignements et de postes d’enseignants, à la suppression des BEP et réforme des bac pro — des motifs qui avaient fait sortir les jeunes du lycée agricole des Sardières en décembre.

Les lycéens promettaient d’être nombreux à manifester le 15 mai aux côtés de leurs enseignants.

Le Progrès (édition de l’Ain), 7 mai 2008


Voir aussi :
Les lycéens du Jura entrent dans la lutte (7 mai)
Les lycéens champagnolais se mobilisent à leur tour (6 mai)
Sur le mouvement lycéen en Franche-Comté (2 & 3 mai)
Appel de la Coordination lycéenne de Besançon (29 avril)
Luttes lycéennes partout en France… (28 avril)

Publié dans Éducation

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