Un plan anti-chômeurs sans précédent

Publié le par la Rédaction

La Lettre d’Actuchomage

Bonjour à toutes et à tous,

Nous avons lancé Actuchomage en septembre 2004, parce que le chômage est au cœur de la question sociale.

Pour nos gouvernants, les chômeuses, les chômeurs, précaires et intermittents du travail constituent un champ d’expérimentations anti-sociales qui, à un moment ou un autre, ont des répercussions néfastes pour l’ensemble du monde du travail.

Ainsi, en culpabilisant les chômeurs, en les contraignant, en les contrôlant, en réduisant leurs droits, c’est à terme l’ensemble des salariés qu’on culpabilise, qu’on contraint, qu’on contrôle, qu’on spolie.

Comment exiger une augmentation de salaire quand on encourage votre employeur à embaucher à vil prix un chômeur ?

Le gouvernement et le patronat ont bien compris l’intérêt qu’ils ont à instrumentaliser le chômage et la précarité pour étouffer les revendications et restreindre les droits.

La politique menée depuis 8 mois relève d’une redoutable stratégie :

Dans un premier temps, elle a consisté à insinuer que les chômeurs sont des profiteurs. Ainsi, Nicolas Sarkozy déclarait à Colmar, en septembre 2007, qu’il allait engager un «gigantesque plan de lutte contre la fraude au chômage», laissant entendre que les chômeurs sont massivement des fraudeurs (bien que la fraude reste très marginale de l’aveu même de l’UNEDIC). Et au Président d’en rajouter une couche : «À la fin du mois, celui qui travaille ne peut pas avoir la même situation que celui qui ne travaille pas», feignant d’ignorer que 50% des chômeurs ne sont pas indemnisés et que les «chanceux» le sont à hauteur de 57% de leur dernier salaire brut.

Aujourd’hui, nous assistons à la phase 2 du plan gouvernemental.

• Les chômeurs seront sanctionnés dès lors qu’ils refuseront «deux offres valables» (offre «valable» dont la rémunération pourra être inférieure de 30% au dernier salaire perçu).

• Les chômeurs de plus de 57 ans et demi devront, dès 2009, trouver l’emploi qu’on leur refuse en raison de leur âge, alors qu’actuellement ils sont dispensés de recherche d’emploi (DRE).

Sachez que la France compte aujourd’hui 380.000 DRE qui ne sont pas comptabilisés dans le taux officiel du chômage (la catégorie 1). Si on réintégrait ces 380.000 DRE, le chômage bondirait de 20% ! Il va sans dire que la suppression de la DRE envisagée par la ministre de l’Emploi ne concernera que les «nouveaux arrivants»… Ainsi, les plus de 57 ans et demi subiront une double peine : licenciés parce que «trop vieux» et contraints de retrouver un boulot qu’on leur refusera… en raison de leur âge. Perspective kafkaïenne !

• La dégressivité des indemnisations accordées aux chômeurs (baisse progressive de leurs allocations) est une piste actuellement étudiée par les partenaires sociaux, et plus particulièrement par le patronat qui voit là l’occasion de réduire les cotisations d’assurance-chômage.

Les conséquences de cette dégressivité pourraient être les suivantes : alors qu’aujourd’hui l’allocation est stable pendant toute la durée d’indemnisation, un chômeur pourrait à partir de 2009 toucher 57% de son salaire brut pendant 6 mois, puis 45% les trois mois suivants, puis 40%… et ainsi de suite (pourcentages fictifs).

• Enfin, pour couronner le tout, le gouvernement s’apprête à adopter des mesures pour inciter les retraités à reprendre une activité, ce qui aura pour conséquence de tirer plus encore les salaires vers le bas et de mettre en concurrence retraités et demandeurs d’emploi en âge de travailler.

Un véritable rouleau compresseur de mesures coercitives et de dégradations planifiées des droits, va écrabouiller les plus fragiles d’entre nous. En nous écrabouillant, ce sont tous les salariés qui seront touchés par ce nivellement par le bas des droits et des salaires. Pourtant, nous sommes bien seuls à dénoncer cette politique de «rigueur» qui sanctionne toujours les mêmes, les victimes d’un système qu’on s’évertue à rendre responsables de leur situation.

Pour tenter de sensibiliser les salariés, nous serons présents lors des rassemblements du 1er mai à Paris où nous distribuerons un tract (en cours de réalisation). Celles et ceux d’entre vous qui souhaitent participer à cette distribution sont prié-E-s de se faire connaître.

Les autres peuvent soutenir nos actions en adhérant à l’association, qui en a grandement besoin, à partir de 5€ par an. Un bulletin d’adhésion est disponible dans «Nous rejoindre - Adhérer» (colonne de gauche de la page d’accueil du site), ou par mail
.

Plus que jamais, la mobilisation s’impose !

La Rédaction, 22 avril 2008

Publié dans Chômeurs - précaires

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