Lundi dernier, 28 avril, on se réveille avec une mauvaise nouvelle : Ils ont emprisonné Franki, de Terrassa. Squateur et militant de Terrassa (ville proche de Barcelone) est accusé d’avoir
décroché le drapeau espagnol pendant les fêtes de la ville en 2002 lors d’une manifestation festive. La police municipale chargea mais il n’y eut aucune détention. Ce n’est qu’après que Franki reçu une carte des tribunaux le convoquant a un procès pour «outrage
au drapeau».
Alors que les principaux témoins (les policiers) assurent avoir vu Franki dans la manifestation, ils reconaissent néanmoins qu’ils ne peuvent certifier que c’est lui qui décrocha le drapeau espagnol de la Mairie. Malheureusement, le juge, ex-juge
militaire sous la dictature, le prend très à cœur et la condamnation tombe : 2 ans et 7 mois, ferme !!!
Le fait que ce soit Franki qui se prenne du ferme à Terrassa n’est pas
étonnant. Il est connu et archi connu des services de police de la ville, du reste des militantEs de Terrassa ou Barcelone pour son engagement tant dans les milieux indépendantistes que
libertaires. Un autonome à la catalane en somme. Et aussi pour son art de manier le mégaphone, sans relâche, animant plus d’une manifestation !!
En 2006, alors que tous les recours sont épuisés, la Mairie, plusieurs partis politiques catalans et des collectifs divers et variés de Terrassa demandent la grâce au Tribunal Suprême, la plus
haute instance espagnole. Fin avril la nouvelle tombe : le Tribunal suprême rejette la demande. Les collectifs de soutien à Franki préparent donc une série d’actes pour repousser l’entrée en prison. En effet Franki doit recevoir une carte lui permettant d’entrer volontairement pendant 15 jours ou bien, passé ce délai il sera considéré comme
rebelle.
Mais voilà le juge, estimant sans doute que la pression populaire mettrait à mal son combat contre la chienlit, décide de passer outre.
Et lundi 28 avril, alors que Franki sort du squat où il habite pour aller à son travail, deux Mossos en civil l’arrêtent et l’embarquent. Au
comissariat d’abord, puis à la prison Model de Barcelona.
Depuis les démonstrations de solidarité se multiplient dans toute la Catalogne, dans un climat tendu de face à face avec les Mossos. Le 10 mai il y aura une manifestation à Barcelone pour exiger
la remise en liberté de Franki.