Pour une autre école

Publié le par la Rédaction


Les critiques n’ont jamais épargné l’école publique. Que l’on soit parents, personnels enseignants ou non-enseignants, élèves, nous savons tous que la souffrance à l’école peut être une réalité pour tous ses acteurs. L’école a un caractère sélectif, une organisation militaire, des pratiques compétitives et des effets excluants. Elle a un fonctionnement individualiste. Sa vocation à créer et amplifier une différence de niveau entre les élèves, pour ensuite prétendre sélectionner les «meilleurs» et disqualifier les «plus faibles», n’est pas la moindre des souffrances qu’elle engendre.

Pourtant, nous sommes nombreux, au sein même de l’école, à combattre cette discipline des corps et cette hiérarchisation des savoirs. Le fait d’organiser des classes vertes ou des séjours à l’étranger, d’œuvrer à ce que le temps du déjeuner ne se résume pas à engloutir son plateau-repas en quelques minutes, de mener à deux ou trois collègues un projet culturel, de publier des écrits, tout cela révèle une volonté d’ouvrir l’école sur le monde et de casser le modèle de la classe silencieuse, face au prof, avec le tableau noir ou l’écran d’ordinateur pour seul horizon.

Offensive

Ces critiques et ces pratiques valent de la maternelle à l’université. Aujourd’hui, le gouvernement veut renforcer l’école du tri social et de l’exclusion par ses réformes : suppression des postes dans le secondaire, la réforme des universités, les nouveaux programmes et les stages de remise à niveau dans le primaire, la suppression du BEP dans la filière professionnelle, les évaluations nationales et le recours systématique à des emplois précaires.

Les faibles marges de manœuvre qui demeurent sont visées : stigmatisation des élèves «en difficulté» (stages pendant les vacances), des personnels «en difficulté» (notation en rapport avec les évaluations), des parents «en difficulté» (stages de parentalité), des écoles-collèges-lycées-universités «en difficulté» (publication des résultats). En fait, il s’agit bien d’une seule et même offensive contre les pauvres. Il faut stigmatiser, orienter, exploiter, surveiller et punir — le plus tôt sera le mieux. La Loi de prévention de la délinquance, le fichier Base élèves et les prisons pour mineurs sont pensés pour cela et déjà opérationnels.

Éducation émancipatrice

Nous devons nous regrouper pour refuser cette société de l’injustice et de la loi du plus fort. Personnels enseignants ou non enseignants, parents, élèves, habitants, nous sommes résolument pour une éducation émancipatrice, nous misons sur l’épanouissement plutôt que la souffrance, l’entraide contre la compétition, le partage au lieu du profit, la solidarité en place de l’exclusion et de la soumission.

Les syndicats de la
CNT-FTE (Fédération des Travailleurs de l’Éducation) s’engagent à agir contre toutes ces mesures réactionnaires et inégalitaires et appellent à soutenir toutes les actions visant à : résister à la libéralisation de l’université ; refuser les évaluations nationales dans les premier et second degrés, les «stages de remise à niveau» et les heures de soutien en primaire, le recours à l’emploi précaire ; s’opposer aux suppressions de postes, aux heures supplémentaires et au renforcement des hiérarchies.

Marre des journées ballons et des grèves sans lendemain ?

Faisons vivre les AG ! La grève doit gagner la bataille de l’opinion ! Pas simple dans la conjoncture actuelle… Mais quelques réflexes pourraient tout changer ! Il faut agir. Les réunions d’école avec les parents, les réunions publiques, les AG permettent de coordonner les actions entre parents, personnels grévistes, lycéens, étudiants, habitants. Elles sont des leviers puissants que nous hésitons encore trop à faire vivre. Elles pourraient couper l’herbe sous les pieds des râleurs anti-grévistes… sur-médiatisés. Un mouvement ne peut rester muet et encore moins déléguer sa parole à des télés, radios ou encore à des dirigeants syndicaux. Emparons-nous des sites et listes internet, des radios alternatives qui sont des outils sous-utilisés ; faisons circuler l’information. Tous aux AG pour décider des modalités de la grève !

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