Écoles en lutte : parents et enseignants contre les projets de Darcos

Publié le par la Rédaction

Les écoles du Doubs (et d’autres régions) sont en lutte contre les nouveaux programmes de lécole primaire, la nouvelle organisation de la semaine et les soi-disant cours de soutien.

Le dialogue social selon la droite

En début d
année scolaire Xavier Darcos, ministre de l’Éducation, annonce, à la télévision et sans concertation, la suppression des cours le samedi matin. Les élèves de primaire nauront donc plus que 24 heures de cours par semaine à compter de la rentrée 2008, ce qui, au vu de la lourdeur du système éducatif français, est une bonne chose. Les enseignants, eux, restent à 27 heures hebdomadaires. Ce temps libéré ne le sera pas longtemps puisque le ministre entend utiliser les enseignants pour effectuer des heures de soutien aux élèves en difficultés hors du temps scolaire et des stages de remise à niveau sont organisés pendant les vacances (payés en heure sup).

La mise en œuvre de ce nouvel emploi du temps est laissée à l
appréciation des académies. Dans le Doubs, la rectrice, annonce à la télévision aussi, ses idées : semaine de 4 jours (6x4 = 24 h) + soutien dune demi-heure chaque soir ; semaine de 4 jours + soutien le mercredi matin ; voire semaine de 5 jours (lundi, mardi, mercredi matin, jeudi, vendredi matin) + soutien le vendredi après-midi. En tous cas, c'est lincohérence et lincompréhension.

Les syndicats sont appelés à valider ces choix (ce que font avec empressement le SGEN-CFDT et le SE-UNSA — ces deux organisations méritent-elles encore le nom de syndicat, ce sont en fait des pourritures !)

Voilà pour ce qui est du dialogue : le ministre décide, énonce ; les recteurs appliquent, mettent en œuvre ; les syndicats pourris valident et les travailleurs galèrent.

L
organisation de la semaine et laide aux élèves en difficulté

Si l
on garde la pire des solutions, à savoir la semaine de 5 jours, on arrive avec la situation suivante : les élèves en difficulté restent le vendredi après-midi alors que les autres sont en weekend le vendredi midi (soit 2 jours et demi de WE, quand largument contre le samedi matin chômé était que cela faisait une trop grosse coupure dans la semaine).

L
inégalité de traitement, de temps scolaire, se retrouve dans tous les cas de figure et pose de graves problèmes dorganisation pour les familles.

Quoi qu
il en soit de lorganisation de la semaine, les élèves en difficulté seront stigmatisés, auront des heures supplémentaires, comme si la difficulté scolaire se traitait par toujours plus décole. Cette stigmatisation des élèves en difficulté est associée à la disparition des maîtres spécialisés, psychologues et autres ré-éducateurs qui, eux, avaient en charge la difficulté scolaire, sur le temps scolaire, avec des méthodes appropriées. Ces enseignants spécialisés ont une formation supplémentaire et ce nest certainement pas pour rien.

C
est un mensonge de faire croire aux parents que cette nouvelle organisation permettra de mieux aider leurs enfants. En fait, il sagit de faire des économies de poste, dexternaliser laide et de vider lécole de ses exigences et de ses fonctions.

Les nouveaux programmes : bienvenue dans les années 30

Comme chaque ministre, Darcos veut laisser sa trace en changeant les programmes, avec comme buts avoués de mettre le paquet sur les maths et le français. Et effectivement, il a mis le paquet !

Les enfants devront savoir lire en sortant de maternelle, savoir conjuguer aux 3 temps en CP, diviser au CE1, etc. Tout cela avec le même nombre d
heures et à partir dexercices répétitifs. Bref, moins de lecture plaisir, moins de recherche sur le sens, moins de compréhension, mais des singes savants. Cette volonté de formatage se retrouve dans des mots comme récitation au lieu de poésie, éducation morale ou encore dans le fait de se lever quand on entend la Marseillaise.

Tout ce qui relève de la culture scientifique ou artistique passe à la trappe car elle ne représente plus que 1h30 sur l
emploi du temps. Par contre, les enfants auront 1h de sport en plus. Ajoutez à cela, les langues étrangères, linformatique, lhistoire/géo et vous saisirez peut-être le casse-tête qui soffre aux enseignants, aux enfants et aux parents.

De multiples associations d
éducation populaire, des enseignants chercheurs et même deux anciens ministres (Lang et Ferry) ont dénoncé ces nouveaux programmes.

Les enseignants étaient appelés à se prononcer dessus. Dans le Doubs, une réunion de concertation dans les écoles a été planifiée le samedi 29 mars, mais les écoles reçoivent déjà des exemplaires de manuels scolaires édités en rapport avec les nouveaux programmes, sur lesquels on nous demande de réfléchir. Encore du dialogue et de la concertation de droite.

Des nombreuses écoles ont choisi de garder cette journée pour rencontrer les parents et voir
ensemble les possibilités d
action.

En grève

Le 1er avril, une manifestation a réuni plus de 1000 personnes dans les rues de Besançon. Le taux de grévistes était de plus de 50% sur l
académie, et plus de 70% sur la ville de Besançon.

Des rencontres entre les écoles ont lieu régulièrement, des rendez-vous sont pris pour d
autres mobilisations avec les parents délèves.

Face à cette mobilisation, l
inspecteur dacadémie et la rectrice jouent le jeu de la désinformation et de linsulte. La rectrice a dit que sil y avait des grèves cest parce que les enseignants et les parents navaient rien compris (nous sommes des idiots). Linspecteur dacadémie, lui, a dit que sous couvert de pédagogie, les enseignants voulaient travailler moins (nous sommes des fainéants).

Nous revendiquons 24 heures pour tous, avec une vraie politique daide aux élèves en difficulté, avec des maîtres spécialisés, une baisse des effectifs, des moyens supplémentaires, mais surtout une autre vision de léducation qui soit émancipatrice.

Fred – groupe Proudhon FA (Besançon)



Voir aussi :
Éducation en danger !
Écoles en lutte : parents et enseignants contre les projets de Darcos
Aidez l’EPI – école spécialisée en Techniques Freinet-Pédagogie Institutionnelle

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