Soutien à Ivan et Bruno

Publié le par la Rédaction

Rassemblement de soutien à Ivan et Bruno,
emprisonnés pour leur solidarité avec les sans-papiers


Vendredi 11 avril à 17h30,
à Dijon devant la préfecture

Vendredi 4 avril, une nouvelle fois, un sans-papiers, Baba Traoré, trouvait la mort en banlieue parisienne alors qu’il tentait d
échapper à la police.

Samedi 5 avril, des dizaines de milliers de personnes défilaient dans les rues de France pour crier leur rage face à la terreur que fait régner l
’État français sur les étranger-e-s. À Paris notamment, des flots de fumigènes ont éclairé le défilé, afin de marquer un soutien à Ivan et Bruno, emprisonnés depuis le 19 janvier pour avoir voulu se rendre à une manifestation devant le centre de rétention de Vincennes avec… des fumigènes.

Leur emprisonnement s
inscrit dans le contexte dune lutte en expansion que l’État cherche à étouffer. Depuis quelques mois, à lintérieur des centres de rétention en France, des sans-papiers communiquent vers lextérieur sur leur emprisonnement, senfuient, font des grèves de la faim, refusent de rentrer dans leur chambre, incendient leur cellule, vont jusquà tenter de se suicider ou de sauto-mutiler, et en retour, se font systématiquement tabasser par des CRS, isoler, humilier, déporter.

À l
extérieur, des individus et des collectifs sorganisent pour empêcher des rafles dans la rue ou des avions de décoller, pour cacher des sans-papiers, remplir des dossiers, se marier, faire reculer la police à la sortie des écoles, occuper des préfectures, faire savoir ce qui se passe dans les centres de rétention et multiplier les manifestations et rassemblements de soutien. Pendant plusieurs semaines, au tournant de lannée, des milliers de personnes se sont ainsi réunies régulièrement devant le centre de rétention de Vincennes, en lançant des feux dartifice et en criant «liberté» dune seule voix avec les retenus.

Là encore, la répression policière ne s
est pas faite attendre : le 19 janvier, trois personnes sont arrêtées sur le chemin de la manifestation contre lallongement de la durée de rétention pour avoir eu des fumigènes et des pétards avec eux. Par protestation contre le fichage, ils refusent de donner leur ADN et leurs empreintes digitales. Des appartements sont ensuite perquisitionnés et saccagés. Les policiers ny trouveront que quelques brochures militantes, ce qui nempêche pas quun juge anti-terroriste soit chargé dinstruire une enquête pour «association de malfaiteurs, détention et transports dengins incendiaires ou explosifs en vue de détruire des biens ou de commettre des atteintes aux personnes». Deux d’entre eux, Ivan et Bruno, sont incarcérés depuis, en attente dun procès. Dans la semaine qui suit leur arrestation, la presse, racoleuse, reprend sans aucun recul la version policière, et parle de «junior-terroristes» et de fantomatiques réseaux qui se prépareraient à la lutte armée. Ici quelques fumigènes, pourtant couramment utilisés dans les manifs, ont suffi au gouvernement pour oser brandir une nouvelle fois le spectre du terrorisme. Lobjectif est clair : museler toute contestation, tenter de diviser les militant-e-s, den isoler certain-e-s, de faire taire et réprimer tous ceux qui luttent contre lenfermement et le traitement que subissent en France les classes populaires et les étranger-e-s.

Si le cas d
Ivan et Bruno peut sembler particulièrement choquant, il est malheureusement symptomatique dune répression accrue des militant-e-s. Depuis janvier, diverses personnes ont été arrêtées et inculpées, pour avoir voulu se rapprocher des détenu-e-s devant un centre de rétention, pour avoir protesté lors dune rafle, pour avoir accueilli des sans-papiers chez eux, pour avoir refusé quun avion décolle avec des personnes bâillonnées à son bord…

Pas plus que nous ne pouvons laisser des sans-papiers se faire expulser, nous ne pouvons laisser des compagnons de lutte croupir en prison pour leur solidarité. Ne laissons personne isolé-e face à la justice et à la police, continuons à désobéir aux lois racistes, multiplions les insoumissions !

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