Le CNE est abrogé... nos droits avec !

Publié le par la Rédaction


Historique : l’accord du 28 janvier 2008 dit, dans la novlangue des puissants, «de modernisation du marché du travail», est une bombe contre les droits des travailleurs.

Rappelons le contexte. 2006, Villepin se prend les pieds dans le tapis du CPE, pendant que Sarko jubile et prépare l’alternative pour ses copains patrons :
le contrat de travail unique. Mais il sait que les travailleurs français, comme les autres, n’aiment pas la précarité. Il faut donc éviter toute mesure symbolique avec un nouveau contrat précaire phare. Fin 2007, pendant que les «cons» sont en vacances, les syndicats dits représentatifs et le patronat négocient, sans débat, à froid, sans mobilisation, et uniquement à partir des propositions du Medef. Très vite, Force ouvrière, qui veut sa place au chaud dans les négociations qui arrivent sur la représentativité, signe, suivie de près par les valets habituels : CGC, CFDT, CFTC. Résultat : un accord dont les salariés vont payer le prix fort, plus catastrophique que toutes les lois produites par la droite depuis Raffarin !

Pour ne mentionner que les pires mesures :
— L’allongement de toutes les périodes d’essai, moments les plus difficiles pour les salariés. Cette mesure montre le foutage de gueule organisé dans cet accord qui proclame fièrement la fin du CNE, dénoncé comme le CPE pour sa période d’essai trop longue, et prend derrière des mesures pires et cette fois pour tout le monde ;

— La création d’un CDD ingénieurs-cadres pour la réalisation d’un objet précis, vieux rêve du patronat, qui permet de faire flotter le CDD (et la sécurité du salarié) dans le temps ;

— Enfin, une mesure qui est une véritable calamité, maintenant dans le projet de loi bientôt soumis au Parlement, qui reprend l’accord : la «libération» du solde de tout compte au bout de six mois. Ce qui veut dire que si le salarié a signé le solde de tout compte, au bout de six mois, il n’a plus aucun recours !

Certaines mesures, qui n’ont été qu’ébauchées par l’accord, sont très inquiétantes : la réforme de la procédure prud’homale, et surtout une loi sur les éléments du contrat de travail nécessitant l’accord du salarié pour être modifiés.

Cet accord a été vendu comme une «flexsécurité à la française». En réalité, on voit bien une flexibilité maxi et une sécurité zéro ou presque, puisque l’accord prévoit une petite revalorisation de l’indemnité de licenciement (beau joueur, quand virer devient un jeu d’enfant !) qui n’est même pas reprise dans le projet de loi (!), et la possibilité d’utiliser son DIF (droit individuel à la formation) chez un nouveau patron s’il est d’accord ! C’est donc tout sauf un droit.

Sarko est au plus bas dans les sondages. Ça ne l’empêche pas de continuer à travailler avec acharnement pour la classe des patrons et des financiers, tant qu’il n’a pas en face de lui une classe de travailleurs organisée, consciente de ses intérêts et agissant directement contre le patronat, son État et les bureaucraties syndicales prêtes à vendre notre peau pour sauver leur invitation aux banquets des riches. Action directe contre le capital !

Luté Cévivre - Santé-Social RP
Le Combat syndicaliste no 327, avril 2008


Publié dans Colère ouvrière

Commenter cet article