Pas d'armée à l'IUFM ! Pas d'armée à l'école !

Publié le par la Rédaction

Chair à canon et chair à patron … Quand l’IUFM a les mains sales …

Le MEDEF, syndicat de patrons dont une des branches égare 18 millions d’euros en liquide, a un partenariat avec l’IUFM de Grenoble, et notamment sur le site de Chambéry.

Non, ce n’est pas pour apprendre à compter. Ce n’est pas non plus pour y suivre des cours de philo sur la déontologie, par exemple. Il s’agit d’encadrer des cours sur les relations école-entreprise. Et, quand il s’agit d’entreprise, qui est mieux placé que le MEDEF ? Il faut bien reconnaître qu’en ce qui concerne la conscience de classe, la lutte des classes, la communication, ce syndicat est très bien placé. Quoi de plus logique que le MEDEF tisse des liens étroits avec celles et ceux qui lui forment de la main d’œuvre ? En effet, autant anticiper, non ?

Mais puisque la chair à patrons ne suffit pas, l’IUFM accueille aussi les amateurs de chair à canon.

En effet, le 1er avril prochain, et ce n’est pas un poisson d’avril, l’armée sera présente une journée à l’IUFM de Chambéry.

C’est à l’Université de Savoie qu’une conférence et des tables rondes (sur le thème de l’autorité, a-t-on entendu…) auront lieu. Ce sera sur le thème de l’autorité. Et oui.

Non seulement l’armée fait du racolage actif auprès des établissements scolaires et en particulier auprès des lycées professionnels, mais là encore, les militaires, en fins stratèges, préfèrent prendre les devants et s’adresser directement aux profs en formation.

Que ce soit pour les patrons ou pour les militaires, chacun se cachera donc derrière sa hiérarchie, et derrière ses obligations et les moyens de pression explicites (fiches de présence à signer) ou bien derrière des moyens de pressions intériorisés. Par exemple, «si je ne viens pas, ou si je dis quelque chose, je risque de me griller, et j’en ai bavé pour avoir le concours, alors…»

Alors justement, nous, nous pensons que ce qui se passe est scandaleux, certes, mais très intéressant.

Quelle sera la capacité de réaction des jeunes enseignants ?

Qu’en sera-t-il de leur soumission … ou de leur insoumission ?

Que feront celles et ceux qui, dans leurs cours, évoquent la Résistance, rendent hommage au courage de celles et ceux qui risquaient tout quand il était tellement plus simple de se taire et de subir ?

Que feront celles et ceux qui voient dans l’enseignement non pas le gavage et l’apprentissage de savoirs indigestes mais le développement d’une réflexion et d’un esprit critique chez leurs élèves ?

Ce premier avril, il ne s’agira pas de blaguer. Mais la véritable leçon que les jeunes enseignants auront à donner à leurs élèves, sera d’abord une leçon à se donner à eux mêmes.

Une leçon où la réflexion, la conscience et les actes devront se manifester. Sans faux semblants, et sans fuite.

L’enjeu est grand, pour les élèves, pour les professeurs, et pour l’ensemble de la société qui n’est jamais figée mais qui n’existe que par les gens qui la composent.

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