Liberté de circulation et d'installation

Publié le par la Rédaction

Mobilisation unitaire de solidarité avec les luttes de sans-papiers
Toutes et tous dans la rue le 5 avril

Le gouvernement poursuit les politiques racistes de l’État en matière d
immigration. De la création dun ministère de l’Identité nationale à la chasse aux sans-papiers, de la politique utilitariste des quotas en passant par le fichage ADN des migrants, les mesures liberticides se multiplient.

Malgré la répression, les luttes de sans-papiers et de soutien aux immigrés restent importantes un peu partout en France. Les résistances à ces politiques prennent de nombreuses formes : mouvements dans les centres de rétention, grèves de travailleurs sans-papiers, mouvement dans les écoles, grèves de la faim, etc.

Après la réussite de la journée nationale du 20 novembre, Unis Contre une Immigration Jetable appelle a une journée de mobilisation nationale le 5 avril. En plus des résistances multiples, il est important de fédérer toutes les luttes dans une initiative nationale qui pose la revendication politique de la régularisation globale et qui par là même tente de créer un rapport de forces qui infléchisse les politiques gouvernementales.

Les organisations anarchistes, actives au quotidien dans ces luttes ont décidé de sunir à loccasion de cette manifestation nationale pour porter les mots dordre libertaires du refus des frontières et de la liberté de circulation et dinstallation pour tous. Nous publions ici lappel commun unitaire libertaire. Il est signé par les organisations suivantes : Alternative Libertaire, Coordination des Groupes Anarchistes, Fédération anarchiste, Groupe DAnarchistes de Lille et Environs, No Pasaran, Offensive Libertaire et Sociale, Organisation Communiste Libertaire.
Renforçons la lutte des sans-papiers, renforçons les cortèges libertaires pour la liberté de circulation et dinstallation.



Contre la chasse aux sans-papiers
Liberté de circulation et d'installation


Sans-papiers :
Ce terme désigne les personnes qui nont administrativement pas le droit de séjourner sur le territoire français. Ce défaut de papiers les prive dun accès légal au logement, et rend laccès aux services sociaux et de santé particulièrement difficile, voire impossible.

Il les prive également dun accès à un travail assorti des protections légales pas encore démantelées par lalliance MEDEF-gouvernement. Les sans-papiers, hommes et femmes gardent cependant le «droit» de travailler dans des conditions de précarité et dexploitation bien supérieures à celles des travailleurs et travailleuses légalement exploité-e-s, et pour un salaire bien inférieur.

Chaque jour, avec la chasse aux sans-papiers, ils et elles vivent dans la peur du contrôle policier qui conduit très souvent à l
enfermement en camp de rétention et souvent à lexpulsion, à la séparation des familles.

Malgré la répression et une précarité quotidienne, partout des sans-papiers, hommes et femmes s
organisent et luttent pour avoir le droit de vivre normalement (collectifs, grèves sur les lieux de travail, mouvements dans les écoles, grèves de la faim dans les centres de rétention, etc.).

Les politiques de gauche comme de droite se sont largement réappropriés les discours racistes brandis par Le Pen et les ont mis en pratique. Des charters de Jospin au karcher de Sarkozy, nos gouvernants ont toujours présenté les immigré-es, qu’ils-elles soient sans-papiers ou non, comme des délinquants, comme la cause du chômage et comme les responsables des désordres.

L
identité nationale, construction politique dans laquelle nous refusons de nous identifier, a désormais son ministère et est présentée comme menacée par la «déferlante» des «flux migratoires» qui chaque jour rendraient la France plus dangereuse.

Pourtant, ce qui conduit des milliers de personnes à quitter leur pays, leurs familles, leurs ami-e-s pour devenir sans-papiers, c
est souvent la misère, les inégalités sociales, les persécutions et les conflits armés générés par les classes dominantes du Nord et du Sud.

Malgré les objectifs chiffrés d
expulsions, le nombre de personnes sans papiers restera élevé. On ne tue pas comme cela la poule aux œufs dor ! En effet, le patronat utilise des sans-papiers, hommes et femmes payés au rabais et sans aucune protection. La décision de priver des personnes de papiers comme le maintien d’un taux minimal de chômage, permet de garder une pression sur lensemble des travailleur-euse-s et de garantir les profits de secteurs entiers de léconomie.

De plus, les différences de statuts, associées à un discours xénophobe divisent les travailleur-euse-s entre eux, pour les empêcher de se battre ensemble contre leurs exploiteurs. Les sans-papiers, hommes et femmes existent parce qu
ils et elles ont une utilité économique pour le capitalisme.

Si nous luttons aux côtés des sans-papiers, hommes et femmes, pour leur régularisation ce n
est pas par charité. Cest parce qu’avec ou sans papiers, nous subissons tous et toutes la même exploitation. C’est parce que nous considérons que chacun et chacune doit avoir le droit de circuler librement comme bon lui plaît. C’est parce que, dans notre conception du monde, les frontières n’ont pas lieu d’être. C’est parce que nous voulons détruire l’État qui nous considérera toujours comme des numéros. C’est parce que nous voulons changer ce monde qui méprise tant la vie humaine.

Liberté de circulation et dinstallation !

Régularisation de tous les sans-papiers, hommes et femmes !

Arrêt immédiat des expulsions et retour des expulsé-e-s !

Égalité des droits !

Abrogation de toutes les lois spéciales pour étranger-ère-s !

Libération de tous les sans-papiers, hommes et femmes et fermeture des centres de rétention et des «zones d’attente» !

Solidarité internationale avec et entre tous les sans-papiers, hommes et femmes !



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