L'occupation de la Sorbonne (1)

Publié le par la Rédaction



Chapitre IV
L’occupation de la Sorbonne


«C’est le lieu où les conditions objectives de la conscience historique sont réunies ; la réalisation de la communication directe active, où finissent la spécialisation, la hiérarchie et la séparation, où les conditions existantes ont été transformées “en conditions d’unité” … Là seulement la négation spectaculaire de la vie est niée à son tour. L’apparition des Conseils fut la réalité la plus haute du mouvement prolétarien dans le premier quart du siècle, réalité qui resta inaperçue ou travestie parce qu’elle disparaissait avec le reste du mouvement que l’ensemble de l’expérience historique d’alors démentait et éliminait. Dans le nouveau moment de la citique prolétarienne, ce résultat revient comme le seul point invaincu du mouvement vaincu. La conscience historique qui sait qu’elle a en lui son seul milieu d’existence peut le reconnaître maintenant, non plus à la périphérie de ce qui reflue, mais au centre de ce qui monte.»
DEBORD, La Société du spectacle.


La nuit de bataille autour de la rue Gay-Lussac causa dans tout le pays de la stupeur. L’indignation qui, pour une grande partie de la population, sy mêla bientôt, ne se tourna pas contre les émeutiers, malgré lampleur des destructions quils avaient commises, mais contre les violences excessives des forces de lordre. La radio avait, toute la nuit, décrit instant par instant les conditions dans lesquelles le camp retranché sétait défendu et avait été emporté. On savait, notamment, quun grand nombre de blessés gravement atteints navaient pu être soignés pendant des heures parce que les assiégeants interdisaient leur évacuation. On leur reprochait aussi davoir fait grand usage dun gaz nouveau et redoutable, quoique les autorités responsables aient commencé par démentir son emploi. Enfin la conviction quil y avait eu un certain nombre de morts, que la police restée maîtresse du terrain aurait fait disparaître, était généralement répandue [Le fait n’a pas été démontré. La vraisemblance de l’hypothèse découle de deux considérations : d’une part, il est peu probable qu’entre tant de blessés graves, et si peu promptement secourus, personne ne meure ; d’autre part, il est peu probable que le gouvernement se soit résigné au recul considérable, et lourd de risques, qu’il devait tenter le soir même, sans tenir compte d’informations particulières sur la gravité des affrontements. Il est hors de doute que les services d’un État moderne ont la possibilité de dissimuler quelques tués. Non, bien sûr, en les laissant compter parmi des «personnes disparues» mais, par exemple, comme certains l’ont avancé, en les présentant comme victimes d’accidents de la route survenus hors de Paris.].




Dès le samedi 11 mai, toutes les directions syndicales appelèrent à une journée de grève générale, le 13. Il sagissait pour elles de mettre un point final au mouvement, en tirant le maximum dune solidarité superficiellement affirmée «contre la répression». Les syndicats devaient aussi faire ce geste parce quils constataient limpression profonde causée parmi les ouvriers par la lutte directe en cours depuis une semaine. Un tel exemple menaçait déjà leur autorité. Leur grève de récupération ne respecta pas le temps de préavis légal : voilà tout ce quelle devait avoir de subversif.

Le gouvernement, qui avait dabord réagi, tôt le matin, à linstant de la chute du quartier des barricades, par un communiqué menaçant qui évoquait un complot et des sanctions, devant lampleur des protestations, se résolut à une complète volte-face. Le Premier ministre Pompidou, rentré samedi soir dAfghanistan, joua en hâte la carte de lapaisement. Il annonça, passant outre à tout ménagement hypocrite quant à lindépendance de principe de la magistrature, que les étudiants condamnés allaient être libérés après un nouveau procès immédiat ; ce qui arriva effectivement. Il octroya les locaux de lannexe Censier de la Faculté des Lettres, dès le dimanche, pour que sy tînt légalement le sit-in déjà revendiqué, concernant une réforme de lUniversité ; cette discussion y commença incontinent, et pendant plusieurs jours latmosphère, studieuse et modérée, de Censier se ressentit de la tare originelle de sa naissance. Enfin, Pompidou promit de retirer, dès lundi, toutes les forces de police du quartier Latin, et par conséquent les barrages qui gardaient la Sorbonne. Au matin du 13 mai, la police avait décampé, et la Sorbonne était donc à prendre.

Pendant la journée du 13 le mot d’ordre de grève générale fut largement suivi. Dans un défilé pacifique, près d’un million de travailleurs, avec les étudiants et les professeurs, traversèrent Paris, de la République à Denfert-Rochereau, rencontrant sur leur parcours la sympathie générale. Les slogans portaient sur la solidarité des ouvriers et des étudiants, et réclamaient, pour le dixième anniversaire de sa venue au pouvoir, le départ de de Gaulle. Plus de cent drapeaux noirs étaient mêlés à la multitude de drapeaux rouges, réalisant pour la première fois cette conjonction des deux drapeaux qui allait bientôt devenir la marque du courant le plus radical du mouvement des occupations, non tant comme affirmation dune présence anarchiste autonome que  comme signe de la  démocratie ouvrière.

Les syndicalistes obtinrent aisément la dispersion à Denfert ; quelques milliers de manifestants, étudiants pour la plupart, repartirent jusquau Champ-de-Mars où un meeting simprovisa. Pendant ce temps, un certain nombre dautres avaient commencé loccupation de la Sorbonne. Cest là que se produisit spontanément un phénomène dune importance décisive : tous ceux qui étaient présents décidèrent douvrir la Sorbonne aux travailleurs. Cétait prendre au mot le slogan abstrait de la manifestation : la solidarité ouvriers-étudiants. Ce passage était favorisé par la rencontre effective douvriers ce jour-là, et surtout par le dialogue direct engagé entre les étudiants et des ouvriers avancés, venus de la manifestation pour dire quils avaient été en accord, dès le premier jour, avec la lutte des étudiants ; et pour dénoncer le sale travail des staliniens. Un certain ouvriérisme, cultivé par les spécialistes sous-bureaucratiques du révolutionnarisme, nétait certainement pas absent dans les motivations de cette décision. Mais ce que ces leaders avaient dit, sans vraiment y croire, et sans en mesurer les conséquences, prit un sens révolutionnaire à cause de latmosphère de liberté totale du débat ouvert dans la Sorbonne, qui annula complètement le paternalisme implicite de leur projet. En fait, peu douvriers vinrent dans la Sorbonne. Mais, parce que la Sorbonne avait été déclarée ouverte à la population, les limites du problème étudiant et du public concerné avaient été brisées. Et parce que la Sorbonne commençait à réaliser une discussion démocratique qui mettait tout en question et considérait comme exécutoires les décisions prises, elle devint un phare pour les ouvriers dans tout le pays : elle leur montra leurs  propres possibilités.




La complète liberté dexpression se manifesta dans la prise de possession des murs aussi bien que par la libre discussion dans toutes les assemblées. Les affiches de toutes les tendances, jusquaux maoïstes, cohabitaient sur les murs sans être lacérées ni recouvertes : les staliniens du P.C.F. seuls préféraient sabstenir. Les inscriptions à la peinture napparurent quun peu plus tard. Ce premier soir, la première inscription révolutionnaire apposée, sous forme de phylactère, sur une des fresques, — la fameuse formule «Lhumanité ne sera heureuse que le jour où le dernier bureaucrate aura été pendu avec les tripes du dernier capitaliste» — souleva quelques remous. Après un débat public, la majorité décida de leffacer. Ce qui fut fait [L’auteur de cet ouvrage se flatte d’avoir lui-même tracé cette inscription, controversée sur le moment, mais qui ouvrit la voie à une si fertile activité. (Voir à ce sujet la revue Internationale Situationniste no 11, page 32 et passim.)].




Le 14 mai fut fondé le Comité Enragés-Internationale situationniste [Les contacts entre l’I.S. et les Enragés avaient pris forme au lendemain du tract publié le 21 février par ceux-ci. Ayant prouvé leur autonomie, les Enragés pouvaient justement s’entendre avec l’I.S., qui avait toujours fait d’une telle autonomie le préalable de tout accord. À la fin de la période des occupations, le Comité Enragés-I.S. convint de poursuivre cette unité dans l’I.S.]. Il commença aussitôt à apposer sur les murs de la Sorbonne quelques affiches qui disaient bien ce quelles voulaient dire. Lune mettait en garde contre lillusion dune démocratie directe cantonnée dans la Sorbonne. Une autre appelait à la vigilance : «Les récupérateurs sont parmi nous !» Une autre encore se prononçait contre «toute survie de lart» et «le règne de la séparation». Une enfin — «Déchristianisons immédiatement la Sorbonne» — sindignait de la tolérance coupable manifestée par les occupants à propos de la chapelle qui était encore préservée : «Déterrons, disait-elle, et renvoyons à l’Élysée et au Vatican les restes de limmonde Richelieu, homme d’État et cardinal.» Il est à noter que cette affiche se trouva être la première dans la Sorbonne subrepticement lacérée par des personnes qui désapprouvaient son contenu. Par ailleurs la «Commission Culture et Créativité» du «22 mars» jeta ce jour-là ses derniers feux en affichant sur lédifice un certain nombre de citations de lI.S., notamment du livre de Vaneigem.

Cest aussi le 14 mai que se tînt la première assemblée générale des occupants, affirmant son statut de seul pouvoir dans la Sorbonne, et organisant le fonctionnement de loccupation. Le débat fit apparaître trois tendances : une partie assez considérable de lassistance, sexprimant peu mais révélant sa modération en applaudissant certains discours débiles, voulait simplement une réforme de lUniversité, un accommodement sur les examens, une sorte de front universitaire avec la gauche du corps professoral. Un courant plus fort, réunissant tous les groupes gauchistes et leur clientèle, voulait poursuivre la lutte jusquà la chute du gaullisme, voire celle du capitalisme. Une troisième position, très minoritaire mais entendue, exigeait labolition des classes, du salariat, du spectacle et de la survie. Elle fut clairement exprimée par une déclaration de René Riesel, au nom des Enragés. Il dit que la question universitaire était désormais dépassée, et que «les examens avaient été annulés par les barricades». Il demanda à lassemblée de se prononcer pour la libération de tous les émeutiers, y compris les pillards arrêtés le 6 mai. Il montra que le seul avenir pour le mouvement était avec les travailleurs, non «à leur service» mais à leurs côtés ; et que les travailleurs, ce nétaient aucunement leurs organisations bureaucratiques. Il affirma que lon ne pouvait combattre laliénation présente en négligeant celles du passé — «plus de chapelle !» —, ni celles qui se préparent pour demain : «les sociologues et les psychologues sont dautres flics !». Il dénonça une autorité policière de même nature dans les rapports hiérarchiques avec les professeurs. Il mit en garde contre la récupération du mouvement par les leaders gauchistes, et sa liquidation prévisible par les staliniens. Il conclut en faveur du pouvoir des Conseils ouvriers. Cette intervention suscita des mouvements divers. La proposition sur les pillards fut beaucoup plus huée quapplaudie. Lattaque contre les professeurs choqua. La première dénonciation ouverte des staliniens étonna. Cependant, quand un peu plus tard lassemblée procéda à lélection du premier «Comité doccupation», son organe exécutif, Riesel y fut nommé. Seul à avoir indiqué son appartenance, il fut aussi le seul à définir un programme : reprenant pour cela la parole, il précisa quil défendrait «la démocratie directe dans la Sorbonne», et la perspective du pouvoir international des Conseils ouvriers.




L
occupation des facultés et écoles denseignement supérieur avait commencé à Paris : Beaux-Arts, Nanterre, Conservatoire dArt dramatique, Médecine. Toutes devaient suivre.

À la fin de la même journée du 14 mai, les ouvriers de Sud-Aviation, à Nantes, occupèrent leur usine et sy barricadèrent, après avoir enfermé le directeur Duvochel, et des gens de ladministration, dans des bureaux dont ils soudèrent les portes. Outre lexemple de loccupation de la Sorbonne, les ouvriers avaient pu tirer la leçon des incidents survenus la veille à Nantes. À lappel du bureau nantais de lU.N.E.F. qui, comme on la vu plus haut, était tenu par des révolutionnaires, les étudiants ne se contentèrent pas de défiler avec les syndicalistes. Ils marchèrent sur la préfecture, pour exiger lannulation des poursuites précédemment engagées contre eux, et la restitution dune subvention annuelle de 10.000 F qui leur avait été supprimée, comme on pense, depuis leurs prises de position radicales. Ils édifièrent deux barricades, que les C.R.S. essayèrent de reprendre. Des universitaires sétant offerts comme intermédiaires, une trêve se fit, dont le préfet profita pour recevoir une délégation. Il céda sur toute la ligne : le recteur retirant sa plainte et payant. Nombre douvriers de la ville avaient participé à ce combat. Ils purent constater lefficacité de cette forme de revendication. Ceux de Sud-Aviation devaient sen souvenir le lendemain. Les étudiants de Nantes vinrent aussitôt soutenir les piquets de grève.

Connue le 15 mai, loccupation de Sud-Aviation fut partout comprise comme un acte dune importance capitale : si dautres usines suivaient la grève sauvage, le mouvement deviendrait irréversiblement cette crise historique qui était attendue par les plus lucides. En fin de matinée, le Comité doccupation de la Sorbonne adressait au Comité de grève un télégramme de soutien, «de Sorbonne occupée à Sud-Aviation occupée».

Ce fut la seule activité dont le Comité doccupation se trouva capable pendant la plus grande partie de la journée, encore en était-on redevable à Riesel. En effet, dès la première réunion du Comité, était apparu un stupéfiant contraste entre la fonction quil assumait en principe par délégation expresse de lassemblée générale, et les conditions réelles qui lui étaient faites. Le Comité doccupation était composé de quinze membres élus et révoquables chaque jour par lassemblée générale, responsables devant elle seule, et chargés dorganiser et maintenir loccupation de la Sorbonne. Tous les services improvisés, ou qui devraient être mis en place, pour le fonctionnement et la défense du bâtiment et de ce qui sy faisait, étaient placés sous son contrôle. Il sagissait de rendre possible en permanence la discussion libre, et dassurer et faciliter la continuation des activités en cours — ceci allant de la distribution des salles à lorganisation du ravitaillement ; de la diffusion démocratique, écrite et orale, des informations au maintien de la sécurité. La réalité était tout autre : des bureaucrates U.N.E.F. en faillite, le vieux tandem Kravetz et Peninou resurgi de loubli qui lavait justement englouti, sétaient glissés dans les couloirs quils connaissaient bien pour sinstaller dans quelque cave, doù ils semployaient à ressaisir tous les fils du pouvoir réel, à coordonner laction de toutes sortes de techniciens bénévoles qui se trouvaient être de leurs amis. Cétait le cas dun «Comité de coordination», qui sétait élu lui-même. Le «Comité de liaison inter-facultés» travaillait pour son propre compte. Le service dordre, parfaitement autonome, nobéissait quà son chef, brave garçon au demeurant, qui sétait désigné tout seul et entendait ne discuter quà partir de cette position de force. Le «Comité de presse», composé de jeunes ou de futurs journalistes, nétait pas à la disposition de la Sorbonne, mais de la presse française dans son ensemble. Quant à la sonorisation, elle était tout simplement tenue par des éléments de droite, mais spécialistes de la radio.


Fenêtres de la salle Jules-Bonnot, côté rue de la Sorbonne


Dans ce contexte surprenant, le Comité doccupation éprouvait même quelque difficulté à disposer dune salle : chaque féodalité déjà installée avait des prétentions sur la totalité des locaux. Sans doute découragés, la plupart des membres disparurent pour sintroduire, en désespoir de cause, dans les différents comités subordonnés mais insoumis, parce quils leur reconnaissaient le mérite dexister. Il apparaissait à lévidence que les manipulateurs cités plus haut avaient pensé éterniser leur pouvoir en plaçant dans une position décorative de simples potiches le seul comité élu [Quelque temps après, Peninou consterné ne se gênait pas pour exhaler ses plaintes devant témoin : «On était tous d’accord, gémissait-il, pour qu’aucun groupe ne participe au Comité d’occupation. On avait l’accord de la F.E.R., de la J.C.R., des “Chinois”, etc. On avait oublié les situationnistes !»]. Les manipulateurs devaient être satisfaits du résultat de leurs manœuvres pour la journée du 15 car, à lassemblée générale qui se réunit le soir, ils proposèrent la reconduction en bloc, pour vingt-quatre heures, du fantômatique Comité doccupation. Les huit membres du «Comité de coordination» furent aussi confirmés, comme simples auxiliaires du Comité doccupation. Déjà fort des mécanismes pratiques quil avait en main, le Comité de coordination pensa achever sa prise du pouvoir en signifiant directement au Comité doccupation quil nexistait plus. Presque tous les membres de ce dernier, qui venaient justement de réapparaître pour sentendre réélire par lassemblée générale, pour le coup se résignèrent à se disperser. Seuls deux membres du Comité doccupation allèrent en appeler à la base, en dénonçant la manière scandaleuse dont le pouvoir de lassemblée générale était bafoué. Riesel sadressa, dans la cour, aux occupants, pour les ramener dans lassemblée générale, afin quelle tranche entre les bureaucrates et ses  délégués. Quelques minutes après, la tribune était envahie, et les bureaucrates sommés de sexpliquer publiquement. En butte à lindignation générale, ils se rétractèrent honteusement. Ce qui restait du Comité doccupation, appuyé par les éléments qui sétaient tout de suite ralliés à lui, commença dexister réellement.

Pendant la même journée du 15, les ouvriers de l’usine Renault de Cléon, en Seine-Maritime, se mettaient en grève et décidaient d
occuper leur usine, en y enfermant eux aussi les directeurs. Les usines Lockheed à Beauvais et Unulec à Orléans débrayèrent aussi. À la fin de la soirée, deux ou trois cents personnes se portèrent sur l«Odéon-Théâtre de France» à lheure de la sortie des spectateurs, et sy installèrent comme occupants. Si le contenu de cette «libération» resta toujours limité — dominé par les gens et les problèmes de la culture — le fait même de semparer dun bâtiment extérieur à tout alibi universitaire nen signifiait pas moins un élargissement du mouvement : cétait une mise en scène bouffonne de la décomposition du pouvoir étatique. Dans la nuit qui suivit, les plus belles inscriptions de lépoque surgirent partout dans la Sorbonne.







Dossier Mai 68

Enragés et situationnistes dans le mouvement des occupations

I. Le retour de la révolution sociale
II. Les origines de l’agitation en France
III. La lutte dans la rue
IV. L’occupation de la Sorbonne (2 & 3)
V. La grève générale sauvage
VI. Profondeur & limites de la crise révolutionnaire (suite)
VII. Le point culminant
VIII. Le CMDO & les tendances conseillistes
IX. Le rétablissement de l’État

Publié dans Debordiana

Commenter cet article