Nouvel effort de l’équipe
Hortefeux pour expulser les sans‑papiers. Témoin cette note du 28 février de la préfecture des Hauts‑de‑Seine. Dans ce fief UMP, le chef de la «direction de la population et de la citoyenneté» a
peaufiné le dispositif. On peut ainsi lire qu’il a été décidé
d’«interpeller systématiquement» tous ceux qui, frappés
d’une «obligation à quitter le territoire», se présentent «spontanément» à
la préfecture, pleins d’espoir, leur dossier sous le bras…
Et pas d’états d’âme… Les expulsions constituent en effet une «mission prioritaire» : «Nous avons une
obligation de résultat», martèle ce haut fonctionnaire, qui demande à ses troupes d’appliquer ses instructions avec «un zèle particulier» !
Au guichet d’«accueil», les agents doivent donc se conformer
scrupuleusement aux consignes. À la vue d’un étranger, et
d’un, lui subtiliser son passeport. Et de deux, «l’inviter à prendre place dans la salle d’attente», puis appeler aussitôt «le chef de la section Éloignement». Enfin,
l’apothéose : «L’interpellation sera réalisée en cabine fermée…» Surtout pas de scandale.
Même procédure au guichet de «régularisation», où se pressent les naïfs, attirés par l’écho de quelques affaires très médiatisées de salariés sans‑papiers ayant obtenu gain de cause. «Le piège est total, note Me Alain Mikowski, spécialiste
du droit des étrangers. Et en plus, ceux qui seront attrapés sont ceux qui pensent pouvoir être régularisés. Donc, par définition, ceux qui sont parfaitement insérés, professionnellement et
socialement.» Les arrestations au guichet ont commencé, de même qu’en
Seine‑et-Marne, où un Turc a été envoyé en rétention malgré son contrat de travail et le soutien de son employeur. Puis libéré, le 15 mars, pour «interpellation déloyale».