Délit de nationalité, délit de solidarité : RÉSISTANCE !

Publié le par la Rédaction

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Grenoble, jeudi 13 mars au soir, une femme sans-papiers et un membre du RUSF 38 ont été placés en garde-à-vue suite à un contrôle effectué en collaboration entre la police et les contrôleurs de la Semitag. Ils sont à présent menacés d’expulsion pour l’une, de poursuites pénales pour l’autre. Le RUSF 38 appelle à la solidarité face à la traque généralisée des étrangers et dénonce les arrestations politiques des militants.

Grenoble, Place Verdun, jeudi 13 mars, aux alentours de 22 heures. Une douzaine de contrôleurs TAG (transports agglomération grenobloise) entrent dans le tramway, accompagnés de deux policiers. Ils procèdent au contrôle des titres de transport. Une femme tente de s’enfuir, visiblement effrayée par les forces de l’ordre. Elle est stoppée, descendue à l’arrêt Hubert Dubedout, où les policiers procèdent au contrôle de son identité.

Deux militants du Réseau Universités Sans Frontières, présents par hasard dans le tram, comprennent alors que la jeune femme est sans-papiers, qu’elle va être arrêtée et probablement expulsée. Ils tentent de s’interposer en interpellant les policiers sur leur action et en manifestant verbalement leur opposition à ces pratiques liberticides. Immédiatement, ils informent les passants et alertent par téléphone des camarades qui les rejoignent. Les policiers et les contrôleurs tentent alors de les intimider, usent d’insultes, de moqueries, de bousculades…

Un regroupement de militants commence ensuite à se constituer pacifiquement, devant une vingtaine de témoins. En face, arrivent un véhicule de la BAC, une voiture et un fourgon de police. Parce qu’un des militants du tramway tente de demander le nom de la jeune femme pour pouvoir lui porter de l’aide, les policiers procèdent au contrôle de leur identité. En fouillant le premier, ils trouvent un opinel (no 8) et s’en servent de prétexte pour l’arrêter.

Le militant et la femme sans-papiers sont embarqués sous les slogans de solidarité avec les étrangers.

Un rassemblement est alors organisé devant l’hôtel de police, avec une cinquantaine de personnes et jusque tard dans la nuit, pour demander la libération des deux personnes placées en garde-à-vue : l’une pour situation irrégulière et l’autre pour refus de fichage ADN.

Le militant, libéré vendredi midi, est toujours sous la menace de poursuites judiciaires, bien qu’il ait été finalement contraint d’accepter le prélèvement ADN. La jeune femme a été placée sous arrêté de reconduite à la frontière, et est désormais enfermée au centre de rétention administratif de Nîmes, en vue de son expulsion.

Ces atteintes légales à la liberté de circulation, en constante augmentation, ainsi que la répression de la solidarité, sont inadmissibles. Le RUSF 38 dénonce la collaboration de la Semitag avec la traque des étrangers, et condamne l’instrumentalisation des Contrats Locaux de Sécurité (CLS) dans le cadre de la politique des quotas. Les CLS, établis en collaboration entre l’État, la Métro et la Semitag, ont pour objectif affiché la prévention de la délinquance dans les transports en commun. Dans les faits, ils participent de la répression des plus pauvres mais aussi des migrants : la situation d’irrégularité, imposée par l’État à d’innombrables étrangers, est aujourd’hui considérée comme un délit.

D’autre part, la répression de la solidarité des défenseurs des sans-papiers, qui passe aujourd’hui par l’obligation de se soumettre au fichage ADN, est extrêmement préoccupante car elle remet en cause l’intégrité politique et physique des individus.

Le RUSF 38 condamne fermement l’arrestation et la procédure d’expulsion contre la jeune femme sans-papiers, ainsi que les poursuites encourues par notre camarade. Nous appelons d’autre part agents et usagers des services publics à faire entrave aux rafles d’étrangers, et affirmons le devoir de chacun de résister face à l’arbitraire.

Nous n’en resterons pas là.

RUSF 38, 17 mars 2008



Leur but : expulser. Notre réponse : solidarité !

Le Rusf 38 est un collectif, affilié au Réseau national Universités Sans Frontières, qui se donne pour but de lutter contre les politiques xénophobes par le soutien actif à toute personne souhaitant entreprendre des démarches en vue de demeurer sur le territoire français, notamment pour des raisons politiques, de santé ou de formation. Le Rusf 38 appelle tou-te-s celles et ceux qui souhaitent s’informer, obtenir ou apporter un soutien à prendre contact avec ses membres.


Permanence chaque mardi de 12h à 14h à EVE (Espace Vie Étudiante) sur le campus, 1er étage (petit salon). Contact.

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