Jura : On n'arrête pas le Progrès ... de la police ; ni celui de l'abjection plumassière !

Publié le par la Rédaction

undefinedGendarmerie : Le Taser X26 est arrivé

Le pistolet à impulsion électrique, qui a fait couler tellement d’encre, équipe dorénavant les quatre pelotons de surveillance et dintervention jurassiens. Les suspects devraient très vite être au courant.

La scène se déroule en début de semaine, dans les garages du groupement de la gendarmerie du Jura. Des militaires sont réunis là, autour d
une arme étrange posée sur une table improvisée. Lobjet est jaune vif et ressemble à un pistolaser pour série télé de science-fiction des années soixante-dix. Cest un pistolet à impulsion électrique. Le fameux Taser X26 qui a fait couler tellement dencre. Le groupe de gendarmes est le dernier des quatre pelotons de surveillance et dintervention (PSIG) du département à «subir» la formation avant lentrée en service de la chose aux allures futuristes.

Subir, c
est bien le mot. Du moins pour les deux volontaires qui testent en conditions réelles les effets du Taser. Le fonctionnement de larme est simple : elle projette deux ardillons reliés au pistolet par des fils électriques qui se fichent dans les vêtements (ou la peau) dun suspect. Le tireur contrôle limpulsion électrique avec la gâchette. Il envoie une décharge à lindividu dont les muscles sont instantanément tétanisés. Il chute. Sil se rebelle en reprenant ses esprits, il suffit de réappuyer sur la gâchette pour lui en remettre une dose.

Enfantin, redoutablement efficace et peu dangereux pour le voyou. Mais ça fait très mal. Comme les volontaires vont en faire l
expérience. Le gendarme Stéphane Brisse, membre du PSIG, moniteur dintervention professionnel et formateur relais pour cette nouvelle arme, se met en position de tir. Le premier volontaire se positionne de dos par rapport au tireur, comme sil voulait fuir. Devant lui sont disposés des tapis pour amortir sa chute. Au cas où. De chaque côté du cobaye, deux autres gendarmes ont pris place pour le retenir lorsquil va tomber. Cest parti. Stéphane Brisse appuie sur la détente. Une sorte de crépitement se fait entendre. Le corps du volontaire se tend comme un arc, il pousse un cri et chute avec une expression dincrédulité douloureuse sur le visage. Limpulsion dure cinq secondes. Que du bonheur pour autant que lon puisse en juger daprès le faciès de lhomme au sol.

Le second volontaire va expérimenter l
autre façon de se servir du Taser. En le mettant directement au contact du suspect, au corps à corps. Le cobaye est un beau bébé qui doit dépasser le mètre quatre-vingts et les quatre-vingts kilos. Pas du genre filiforme, le garçon. Il est également dos à linstructeur qui simule linterpellation. Lorsque ce dernier envoie le courant, le costaud fait un bond en avant. Comme sil avait pris un uppercut de Mike Tyson dans les reins. Jamais lexpression «prendre une châtaigne» naura été plus justifiée en matière de coup de jus. Pas aussi spectaculaire que la démo à distance, mais tout aussi clair. «Alors ?», questionne Stéphane Brisse une lueur amusée dans le regard, «si vous étiez des délinquants, vous croyez que ça serait nécessaire denvoyer une autre impulsion pour que vous obtempériez ?» Les deux hommes, le sourire légèrement crispé, conviennent que non.

50.000 volts mais deux milliampères
Comme les gendarmes ont pu lapprendre au cours de leur formation théorique qui a débuté en janvier et sest achevée ces jours, le Taser X26 est un pistolet à impulsion électrique. Une arme classée parmi les «moyens de force intermédiaires». En clair, une façon de sécuriser les interventions dangereuses qui se situe entre larme à feu et les mains nues. Cest-à-dire quelle permet de neutraliser un individu (après les sommations dusage et sil refuse de se soumettre, évidemment) en évitant le contact physique — toujours potentiellement problématique pour le gendarme — et à moindre risque pour le suspect.
Le Taser envoie un signal électrique qui, reçu par le cerveau, commande la contraction des muscles et provoque le déséquilibre. Un signal de cinquante mille volts. Impressionnant, dit comme cela, mais ce courant ne provoque pas de dommages. Sauf à ce que le suspect se blesse en tombant. Ce qui est dangereux, avec lélectricité, ce sont les ampères. À titre indicatif, une prise électrique délivre un courant de dix à quinze ampères, le Taser de deux milliampères. Une décharge cent fois moins forte que celle d’un défibrillateur. Et, théoriquement, les pacemakers sont prévus pour résister aux défibrillateurs.

Presse jaune, 13 mars 2008
(Jean-François Butet,
Le Progrès - édition du Jura).

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