Travailleuses précaires : jusqu'à quand ?

Publié le par la Rédaction


L’origine de la journée de la Femme se perd dans l’histoire. En fait, cette journée est d’abord celle des femmes travailleuses, un moment dédié à des ouvrières brûlées vives alors qu’elles faisaient grève dans une usine des États-Unis. Après des années des luttes, quelle est la situation actuelle des travailleuses ?

«Non, vous êtes une femme.» La réponse de l’employeur est définitive. Il refuse d’employer une amie chômeuse à un poste de livreur parce que c’est une femme. Il argumente qu’elle ne pourra pas porter de charge. Une discrimination ouverte, malgré l’existence de lois pour l’égalité dans le travail. Plus tard, elle sera accueillie à bras ouvert dans une usine pour un emploi à la chaîne dont elle sortira avec un mal de dos qui l’immobilisera plusieurs mois. Dans ces deux emplois un effort physique est nécessaire, mais dans un cas il est intolérable qu’une femme y réponde tandis que dans l’autre la question ne se pose pas. Certains métiers sont encore considérés comme féminins et d’autres masculins.

Aux femmes encore, les emplois à temps partiels : 25% d’entre elles sont à temps partiels contre 5% des hommes. Qui dit temps partiel, dit une rémunération partielle, avec un salaire horaire souvent inférieur à un celui d’un temps plein. «Je dépense plus que ce que je gagne. Ça n’arriverait pas au directeur. Lui, il peut prendre des RTT» raconte une caissière. «Moi, quand je fais plus de trente heures, on me les paie en heures sup’. Tant mieux. Comment je ferais autrement ?» Alors pour compenser ce salaire, les employées acceptent plus souvent des heures supplémentaires de façon désordonnée, au jour le jour, sur simple injonction téléphonique. Ce qui dans la fonction publique est un choix d’aménagement du temps peut devenir ailleurs une contrainte destructrice de la vie privée.

Du coup, les femmes représentent 80% des travailleurs à très bas salaires, c’est-à-dire un salaire inférieur ou égal à 1300 euros. Pas la peine de chercher aux États-Unis des travailleurs pauvres qui cumulent plusieurs boulots pour vivre ou survivre. En France, on connaît aussi. Heureusement, l’écart entre les salaires mensuels moyens des femmes et des hommes diminue. À qualification, niveau d’expérience et poste égal, cet écart est aujourd’hui de 15%. Toutefois, à ce rythme il faudrait attendre un siècle supplémentaire pour que l’égalité de salaires soit vraiment là.

Comme dans la grande distribution le mois dernier, certaines salariées ont déjà réagi en faisant des grèves pour réclamer des temps pleins, une baisse des cadences et le paiement de toutes les heures travaillées. La lutte a payé pour elles.

Les femmes n’auront que ce qu’elles sauront prendre !

CNT-AIT Bourg-en-Bresse

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