Grèves dans l'Ain

Publié le par la Rédaction

Oyonnax : les ex-Berchet en grève
Le mouvement a été lancé hier par la CFDT sur les sites du cours de Verdun et de Groissiat. La revendication porte sur la prime de départ
Hier, en fin d’après-midi, des salariés du cours de Verdun se sont rassemblés dans la salle de repos du site à lappel dAlain Guillot, secrétaire général CFDT fédération chimie énergie. Le syndicat a lancé un mouvement de grève afin dobtenir 2000 euros par année dancienneté, en plus du minimum légal : «Cest une grève générale et elle est partie pour un moment».

Depuis lundi et l
annonce du tribunal de commerce de Lons-le-Saunier quant au choix du repreneur, lheure nest plus au sauvetage des emplois pour les ex-Berchet. Déjà, en début de semaine, les salariés qui se sont exprimés disaient leur inquiétude pour lavenir et espéraient obtenir de bonnes conditions de départ. Hier, une partie des salariés du site cours de Verdun ont cessé le travail à lappel du syndicat, ceux de Groissiat doivent les rejoindre aujourdhui dans le mouvement.

Ils ont prévu de se rassembler, ce matin, cours de Verdun, et invitent la population à les soutenir dans leur action.

E. C.
Le Progrès (édition de l’Ain), 6 mars 2008


Oyonnax : les ex-Berchet en grève
Sonnés après lannonce de la fermeture du site, les salariés du cours de Verdun souhaitent négocier une prime de licenciement pour «partir la tête haute». Des collègues de Groissiat les ont rejoints
Lannonce faite lundi de la reprise de Smoby par le groupe Simba/Écoiffier a scellé le sort du site cours de Verdun à Oyonnax. Lunité va disparaître et celle de Groissiat ne conservera que 27 personnes sur 112.

Un expert comptable mandaté par le CCE (comité central d
entreprise) tenait hier une réunion dinformation sur les deux sites pour préciser les modalités du PSE (plan de sauvegarde de lemploi). Son discours na pas convaincu les salariés qui réclament une indemnité de licenciement complémentaire de 2000 euros par année dancienneté, en plus de lindemnisation légale.

Le mouvement de grève entamé mercredi après-midi par les ex-Berchet s
est poursuivi toute la journée dhier, cours de Verdun, et a mobilisé la majorité des 134 employés. Des salariés de Groissiat sont venus rejoindre leurs collègues pour manifester leur mécontentement et bloquer le site.

Silence de la direction

«La réunion d
information a permis dexpliquer les mesures daccompagnement du PSE aux salariés explique Patrick Taler du cabinet dexpertise Secafi Alpha. Ces mesures sont destinées à favoriser leur reclassement, leur formation, la création dentreprise. Le comité central dentreprise a négocié une enveloppe de 2 millions deuros pour ces mesures daccompagnement. L’AGS, une branche de lUnedic, prendra en charge les indemnités liées à la rupture du contrat de travail. Le repreneur a prévu un abondement de 1 million deuros au PSE. Une prime sera versée aux salariés pour le mois de mars, un mois très important, dont dépend le chiffre d'affaires estival.» Aucune somme nest pour linstant avancée. Les ex-Berchet sont dans lexpectative.

«C
est de la poudre aux yeux ! On nous parle dune indemnité complémentaire mais on ne sait pas de quel montant elle sera» sindigne un salarié. Le silence de la direction et le manque dinformations inquiètent. «On se met en grève pour partir la tête haute, avec une prime de licenciement digne de ce nom. Deux millions deuros pour un PSE et 679 licenciements, cest trop peu» témoigne Patricia du service comptabilité. Mireille et Marie, du service montage, sétonnent du manque de soutien politique à leur cause : «Les élus locaux ne sont pas venus manifester à nos côtés pour laudience du tribunal de commerce à Lons-le-Saunier, contrairement à leurs homologues jurassiens. On ne compte pas beaucoup pour eux.»

Hier soir la direction n
avait toujours pas apporté de nouveaux éléments. Le mouvement de grève sera reconduit aujourdhui pour les deux sites du bassin oyonnaxien. «Nous allons bloquer lentrée du site pour empêcher la direction denlever les stocks» avertit Laurence Prudhomme, déléguée syndicale CFDT.

Julien Champclos

Une délégation à Vesoul pour rencontrer Nicolas Sarkozy

Une délégation de quatre représentants syndicaux est partie hier matin à Vesoul pour rencontrer Nicolas Sarkozy. Le chef de l
État était présent en Haute-Saône pour mettre en avant lapprentissage et la formation en alternance. Les quatre salariés du groupe Smoby ont finalement rencontré un conseiller emploi-économie du président de la République pendant trois-quarts dheure.

«Nous espérons que cet entretien va porter ses fruits indique Laurence Prud
homme, déléguée syndicale centrale CFDT à Oyonnax. Le conseiller du président a pris en compte nos revendications, le directeur de la direction départementale du travail du Jura sera désormais notre intermédiaire avec lÉtat.»

Le Progrès (édition de l’Ain), 7 mars 2008



Grève aujourd’hui dans les collèges de Bourg, Oyonnax et Pont d’Ain

Laccueil et la scolarité des élèves seront très perturbés ce jeudi dans les plusieurs collèges du département. Le mouvement de colère des personnels enseignants et surveillants se traduit par une journée de grève, de réunion, de rassemblement dès midi devant linspection académique. La baisse des heures denseignement, la hausse des effectifs à 30 élèves par classe, la multiplication de services partagés des profs entre plusieurs établissements, motivent ce mouvement à lheure où les moyens de la prochaine rentrée sont déjà fixés.

La colère est particulièrement amplifiée au collège de la Croix-Blanche à Bourg d
où part le mouvement avec le préavis de grève. Les enseignants de cet établissement désapprouvent la redistribution des effectifs scolaires, louverture du collège de Ceyzériat entraînant la «perte» de deux cents élèves et la remise en cause des projets et du fonctionnement. «On perd huit postes, on nous annonce des compléments de service qui partagent les enseignants entre les collèges…» dit un prof. À Bourg, au collège du Revermont, les syndicats FO, FSU et UNSA annoncent aussi une opération «collège fermé». Le mouvement sera aussi suivi à Amiot et Brou, ainsi que dans les collèges de Pont dAin et dOyonnax.

F. P.
Le Progrès (édition de l’Ain), 6 mars 2008


Les professeurs de collège et lycée inquiets pour la rentrée

Le froid de canard n’a pas freiné leur détermination. Hier midi, une bonne centaine d
enseignants de collèges et lycées du département ont pique-niqué devant le siège de linspection dacadémie à Bourg-en-Bresse.

À l
appel du SNES-FSU, de lUNSA et de Force ouvrière, les personnels enseignants de collèges burgiens (Amiot, Croix-Blanche et Revermont), dOyonnax (Ampère, Lumière, lycée Painlevé), dArbent et de Montréal-la-Cluse étaient venus exprimer leurs inquiétudes. Sur lensemble des établissements, le taux de grève, important, allait de 80 à 100%.

Sur leurs banderoles et dans leurs slogans, plusieurs revendications. «Nous sommes très inquiets pour la prochaine rentrée, on nous annonce 376 élèves en plus et 36,5 postes seront supprimés, explique Brigitte, conseillère principale d
éducation à la Croix-Blanche. Nous avons aussi une multiplication des heures partagées et de plus en plus dheures supplémentaires qui nous sont imposées. Nous voudrions que ces heures soient transformées en postes supplémentaires. Et puis nous sommes aussi inquiets des suppressions de classes qui provoquents des classes surchargées. Une récente circulaire permet de monter à 30 élèves et 29 en ZEP.»

Au collège de la Croix-Blanche, les professeurs sont très inquiets de la redistribution des effectifs à la suite de l
ouverture du collège de Ceyzériat à la prochaine rentrée. «On perd deux cents élèves» expliquent-ils «et des options qui existaient à la Croix-Blanche nexistent pas à Ceyzériat.»

Audrey, prof de latin, raconte qu'elle a été «réquisitionnée d
office» pour aller donner six heures de cours dans le nouveau collège. «Je perds des élèves à Croix-Blanche que je les retrouve à Ceyzériat alors on me dédouble pour reprendre des élèves qui sont en 4e et 3e.»

Vers 14h30, une délégation, composée de deux représentants de chaque établissement a été reçue longuement par l
inspecteur dacadémie, Jean-Paul Vignoud. «Je referai un point en juin sur les effectifs mais lan dernier, rappelle-t-il, il y avait 190 élèves en moins. (…) Sil y avait plus délèves que prévu, il y aura des ajustements de moyens.» Sur les établissements en zone déducation prioritaire, il sest dit «très attentif aux moyens et aux effectifs, notamment des classes de 5e et 6e» et a annoncé que «dès (ce) matin, des évolutions ont été engagées».

Gaëlle Arrieus
Le Progrès (édition de l’Ain), 7 mars 2008

Publié dans Colère ouvrière

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