Élections étudiantes

Publié le par la Rédaction

undefinedBIM, BAM, BOUM, c’est reparti pour un tour !

Parce que la participation à la gestion des établissements cautionne les désastreuses politiques budgétaires et pédagogiques du ministère et entretient le fatalisme de la «communauté universitaire».

Parce que la délégation de pouvoir, sans contrôle ni révocabilité des mandats, favorise les pressions individuelles sur les élu(e)s et le désinvestissement des acteurs de la communauté universitaire, étudiants et personnels enseignants ou non.

Parce que ces élections par collèges (enseignants, personnels, étudiants) entretiennent les divisions chez les acteurs de la communauté éducative et les sections syndicales alors que la lutte nécessite l’unité intercatégorielle et syndicale à la base.

L’essentiel n’est pas de voter… mais de lutter !

Ni angélique, ni dogmatique, notre position est le fruit d’une analyse empirique du système paritaire et cogestionnaire : seule la lutte paye ! Lorsque nous votons, nous remettons notre souveraineté pour un temps déterminé à une ou plusieurs personnes. Les élus sont considérés comme agissant selon notre volonté.

L’erreur est là ! Durant ce laps de temps, ils sont incontrôlables par les électeurs, ils ne sont pas révocables ! Voter, dans ces conditions, c’est donc abdiquer. La représentation induit la dépossession de soi. Un être dépossédé n’a plus aucun pouvoir, il n’est plus qu’un représenté et son rôle dans la démocratie s’arrête là. En confisquant la représentativité à leur seul profit, les élus signifient de fait la fin de la démocratie (à l’inverse de la démocratie directe) et entretiennent les bases du système d’exploitation en usurpant la volonté des personnes concernées.

Pire, avec la LRU, et ses motions d’application, on assiste non seulement à une réduction du nombre d’élus, mais à l’entrée de personnalités extérieures souvent nommées unilatéralement par le président.

Sans se faire les chantres de la démocratie représentative telle qu’elle se pratique à l’université, le fonctionnement déjà déficient s’apprête donc à dérailler.

Pour nous, il est important de se réapproprier les luttes, important aussi de s’organiser en Assemblée Générale souveraine, c’est à dire que tout est discuté et décidé devant les individus formant l’assemblée. Et s’il s’agit de mandater des personnes, elles le sont sur un point précis et doivent rendre compte de leur efficacité devant l’assemblée. En cas d’échec, elles sont révoquées et d’autres sont mandatées à leur place.

L’histoire des luttes sociales et l’observation plus immédiate des conflits dans l’enseignement supérieur prouvent que les luttes se construisent dans les AG par les grèves unitaires à la base (contre les suppressions de postes, contre la précarité ou les «contre réformes» gouvernementales) et non dans les conseils d’administration ou les commissions paritaires.

Alors, un seul mot d’ordre : démocratie directe !

La vraie démocratie… commence ici !

CNT Supérieur Recherche Lille



Voter utile, c’est voter la grève

Pourquoi la CNT-FAU ne se présente-t-elle pas aux élections universitaires ?

Les élections auront lieu à Rennes 2 les 19 et 20 février aux 5 conseils d’UFR, aux trois instances centrales de l’université (Conseil d
Administration —CA—, Conseil des Études et de la Vie Universitaire —CEVU— et Conseil Scientifique —CS—) et au Comité Technique Paritaire.

La CNT-FAU a choisi, en cohérence avec sa conception du syndicalisme de lutte, démocratique et indépendant de l
État et du patronat, de ne pas présenter de liste à ces élections. Considérant que les décisions doivent se prendre collectivement, en assemblée générale souveraine, par tous les étudiants et personnels, désignant des délégués révocables avec des mandats précis, nous ne nous compromettrons pas avec les organes qui contribuent à nous déposséder de luniversité.

De plus, la réforme LRU restreint encore davantage le pouvoir de nos «représentants» dans les conseils, qui n
était déjà que relatif, et accroît celui du président, assimilé à un PDG. Le nouveau CA est composé de 12 représentants des enseignants-chercheurs, 5 des étudiants et seulement 3 des personnels BIATOS, ainsi que 7 «partenaires extérieurs» nommés par le président, représentants des collectivités locales et surtout du patronat. Précisons que le CS, le CEVU et les conseils d’UFR sont essentiellement des instances qui gèrent en fonction de ce que leur impose le CA et nont quun rôle consultatif vis-à-vis de ce dernier. Celui-ci nest pas tenu de prendre en compte lavis de tous les acteurs pour les décisions majeures. De plus, pour obtenir un budget satisfaisant de la part du ministère, il doit suivre sa politique et lui est donc inféodé. Toutes les décisions importantes sont donc prises à des instances plus élevées.

Quels que soient les futurs élus des étudiants et des personnels, ils ne pourront empêcher les projets de la présidence. En effet, cette dernière s
apprête à faire voter par le futur CA un règlement intérieur soumettant tracts et affiches à autorisation préalable et qui ne devront pas «porter atteinte à limage de luniversité». Cette université, non rentable du fait des filières quelle propose, devenant avec la LRU une fac de seconde zone, sa direction fait le choix de la professionnalisation, aux dépends de la recherche et de la culture. Cette politique se concrétise par la suppression des UED dès lan prochain pour les remplacer par des champs professionnels dès le deuxième semestre de Licence.

Loin du syndicalisme co-gestionnaire, la CNT défend un syndicalisme de combat, c
est-à-dire concrètement lautogestion de luniversité par lensemble de ses acteurs, étudiants et personnels et appelle à labstention lors de ces prochaines élections.

Contre la cogestion, boycott des élections !


Des voix… et du fric !

Participer aux élections afin davoir toujours lassurance de conserver un local et bénéficier dindemnités non négligeables (subventions ponctionnées en partie sur les frais dinscriptions des étudiants) en cas délection serait une solution bien confortable mais contraire à notre conception du syndicalisme. Nous refusons de profiter de cette prime à lélection. Tout ce que nous obtiendrons, nous lobtiendrons par linstauration dun rapport de force avec lÉtat (ou ses relais locaux) et le patronat. Cest ainsi que la CNT-FAU a obtenu un local à Rennes 2, cest ainsi quelle le gardera !

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