Hauteville : le gendarme indélicat condamné pour abus de confiance

Publié le par la Rédaction


Il avait profité de son uniforme pour grignoter l’épargne de trois personnes âgées : deux ans de prison avec sursis

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ex-gendarme de la brigade territoriale dHauteville-Lompnès ne séjournera pas derrière les barreaux. Poursuivi pour des abus de confiance commis entre 2005 et 2007 au préjudice de trois personnes âgées considérées comme vulnérables, Michel Mocq, 52 ans, a été condamné hier, par le tribunal correctionnel de Belley, à une peine de deux ans de prison intégralement assortie du sursis.

Rattrapé par la Justice, poussé à la retraite courant janvier par sa hiérarchie, l
homme devra indemniser la seule de ses victimes encore en vie à ce jour, à hauteur de 17.000 euros, soit le montant de trois bons au Trésor indûment encaissés. La conséquence dune lente dérive, du mélange des genres à labus de confiance, qui avait démarré en 2005, lorsque le militaire sétait retrouvé au chevet dune personne grabataire, déjà sous tutelle, layant sollicité pour gérer son budget.

De bonne foi d
abord, il sétait appliqué à effectuer pour elle, chaque semaine, des retraits de 80 euros en liquide. Un service rendu sympathiquement jusquà ce que cet argent ne soit plus restitué aussi régulièrement, notamment au cours des longues périodes dhospitalisation de la vieille dame ayant précédé son décès en février 2006.

Des bons au Trésor déposés à la banque de France

Sous la pression d
inextricables dettes, le gendarme Mocq, presque trente ans de service, venait de plonger. Fin 2006, il y aura ces fameux bons au Trésor déposés sur son compte en banque, dans le Nord. En échange, il devait soccuper de démêler les soucis administratifs dun vieux monsieur, décédé en janvier 2007.

Quelques semaines plus tard, le gendarme s
était montré plus que pressant pour «racheter» gratuitement la voiture du défunt, léguée à une voisine âgée. Il devait en assurer la vidange et le contrôle technique, il en avait profité pour la faire immatriculer à son nom.

Prison pour une «trahison»

«J
ai effectivement profité de la faiblesse de ces personnes» avait admis, honteux, le quinquagénaire, à laudience du 1er février dernier. Ce qui avait fait dire à lavocate de la partie civile, Me Élodie Gibello-Autran : «Il a au moins cette honnêteté de reconnaître avoir abusé son monde».

Dénonçant la «trahison» d
un homme ayant «utilisé ses fonctions de gendarme à des fins personnelles», le procureur Seuzaret aurait volontiers envoyé le prévenu quelques mois en prison. «Ce serait faire une circonstance aggravante, de droit, de la qualité de gendarme» lui avait opposé Me Guinet, incitant les magistrats à voir «sous luniforme, un homme avec ses faiblesses». Cest ce quils ont fait.

Vincent Lanier
Le Progrès (édition de l’Ain), 5 mars 2008

Publié dans La police travaille

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