Vivent les caissièr(e)s en grève !

Publié le par la Rédaction

Quelle bonne surprise j’ai eue le premier février, quand en allant à mon petit intermarché, j’eus le plaisir de voir que l’entrée était bloquée. Oui, le personnel était en grève, principalement les caissièr(e)s, comme dans plein d’autres supermarchés en France suite à l’appel de trois syndicats.

Alors, pour une fois, ce n’était pas ces nantis de fonctionnaires qui occupaient, bloquaient, prenaient «la France en otage». Les caissières ont en effet jugé que le temps partiel subi, les payes de misère, la modification aléatoire des horaires de travail, ça suffisait. Et elles ont bien raison.

Puis j’ai repensé à certains précaires de la fonction publique. Par exemple, dans l’éducation nationale, les emplois de vie scolaire sont rémunérés à moins de 800 euros par mois pour 26 heures de travail hebdomadaire. On retrouve des problèmes très proches : temps partiel subi pour un salaire de misère.

Et si, dans une manifestation, on retrouvait au coude à coude précaires du privé et précaires du public ? Ce serait peut être l’occasion de montrer du doigt où sont les vrais nantis : au MEDEF et au gouvernement !

Mais me direz-vous, on ne va quand même pas prendre de l’argent à ces pauvres patrons qui ont tant de mal à être compétitifs sur la scène mondiale ? Dans un article de la Banque des règlements internationaux (BRI), une institution qui réunit chaque mois, à Bâle (Suisse), les banquiers centraux, on trouve des éléments de réponse à cette question. On peut y lire qu’en vingt ans, la part des salaires dans le produit intérieur brut français a baissé de 9,3%, ce qui correspond à plus de 100 milliards d’euros en partie transférés vers le capital. Autrement dit, sur 100 euros de bénéfices dégagés (avant paiement des salaires), il y a 9,3 euros de plus qui vont aux actionnaires et donc 9,3 euros de moins qui vont aux travailleurs.

Peut-être cela explique-t-il l’augmentation des grèves depuis peu : à l’Oréal, Air France, Conforama, chez les groupes de presse Moniteur ou Prisma… Dans le même article de la BRI, on peut lire ceci de la part d’un membre : «J’ai attendu et j’attends encore quelque normalisation dans le partage du profit et des salaires» car «la part des salaires dans la valeur ajoutée est historiquement basse, à l’inverse d’une productivité qui ne cesse de s’améliorer». Or «ce découplage entre faibles progressions salariales et profits historiques des entreprises fait craindre (…) une montée du ressentiment, aux États-Unis comme ailleurs, contre le capitalisme et le marché».

Ils craignent une lutte contre le capitalisme ? À nous de leur donner raison !

Unité public-privé dans la grève générale !

Le Chat de gouttière no 1, mars 2008
Organe mural de la CNT de Côte d’Or




Voir aussi,
Grèves dans la grande distribution…

Publié dans Colère ouvrière

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