Rillieux : deux jeunes sauvent une femme attaquée par son mari

Publié le par la Rédaction

Sans la présence d’esprit de deux voisins qui ont enfoncé la porte, la femme n’aurait pas survécu aux coups portés par son mari

«Quand nous avons entendu la femme balbutier derrière la porte la phrase que l’on dit dans notre religion avant de mourir, nous n’avons plus hésité. J’ai enfoncé la porte» explique Youness Belhamra. Les gendarmes sont unanimes et louent un acte de citoyenneté. Sans cette intervention, la victime serait morte sous les coups.

Youness, 27 ans, habite au 15 rue des Nations. En se dirigeant, samedi vers 14 heures, en direction du 13, il entend un cri continu et pense que c’est un enfant. Quand le hurlement se fait plus aigu, il décide d’aller voir. Son ami Mohamed Ben Gaaied qui habite au troisième étage descend lui aussi, inquiet.

La scène qu'ils découvrent dans cet appartement du 1er étage désormais sous scellés pour homicide volontaire est hallucinante. «Ça se passait juste derrière la porte qui avait été verrouillée. Malgré notre présence, l’homme continuait à asséner des coups de marteau, sans dire un mot, sur sa femme encore debout contre le mur. Elle essayait de résister. Il y avait du sang partout. Elle avait des trous dans les doigts, des entailles profondes aux bras» racontent les deux hommes. Réflexe ? Youness dit ne pas avoir réfléchi quand il a «pris l’homme par le col, mis au sol sur le palier et neutralisé en lui mettant un pied sur le dos».
«Un acte calme sans aucune violence, fait au péril de son intégrité physique» souligne le lieutenant Prudent de la compagnie de gendarmerie de Lyon.

En attendant les secours, les voisins tentent de secourir la victime, toujours consciente. «Mais que pouvait-on faire à part l’éponger un peu ? Elle était très essoufflée, c’était terrible» poursuit Youness. Un voisin s’évanouit. «Quand les gendarmes sont arrivés sur les lieux, il y a eu plusieurs secondes de silence. Eux-mêmes étaient impressionnés. Ils sont entrés dans l’appartement. L’un est ressorti avec un hachoir de boucher, celui qui a fait les entailles à la femme.» Les pompiers puis le SAMU prennent en charge la victime. Pendant une heure et demie, les urgentistes vont s’activer sur la femme qui s’enfonce. Le pronostic vital est alors très réservé. Emmenée à l’hôpital Édouard-Herriot, elle sera opérée durant la nuit.

Hier, une voisine est allée la voir. «Elle est en état de choc. Elle a entre 80 et 120 points de suture sur la tête. Des hématomes sur tout le corps. Le bras et les doigts fracturés. Elle m’a dit qu’elle était allée faire ses ablutions pour la prière dans les toilettes. Son mari l’attendait derrière la porte. Il lui aurait dit : “Aujourd’hui, c’est fini pour toi”.»

Les voisins s’interrogent. Ce couple, de 64 et 47 ans, était sans histoire. «Elle s’occupait énormément de lui. Il avait eu un problème de santé, il y a quelques mois.»

L’homme, placé en garde à vue depuis samedi dans les locaux de la gendarmerie à Rillieux, doit être présenté au parquet aujourd’hui.

Le Progrès (édition du Rhône), 25 février 2008

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