Free Party is dead !!!

Publié le par la Rédaction

Après plus de 10 ans d’existence, force est de constater que la free party, cette comète qui a marqué nos vies et mis en appétit nos plus folles espérances, n’est plus que l’ombre d’elle-même.

Les valeurs et les espoirs que l’on trouvait dans ces fêtes sont aujourd’hui éteints, ou tellement affaiblis que l’on n’en discerne plus la lueur en ces pénombres actuelles qu’elles traversent.

Quand l’outil n’est plus à même de fournir l’aide pour laquelle on l’a appelé, il faut savoir l’abandonner, même s’il a tant marqué nos vies pour un moment.

Jetons un dernier regard sur ce que sont devenues ces fêtes aujourd’hui, avant de clore le chapitre et de s’ouvrir sur l’avenir.

La free party est aujourd’hui ce qu’elle aurait pu être de pire : un cliché.

Et la carte postale n’est pas belle. On défendait des valeurs écologiques, des idées de retour à la nature, et voilà qu’aujourd’hui on pourrit tout, plus sauvagement encore que ne le faisaient ceux que l’on considère comme nos ennemis. Ici, le saccage est gratuit.

On revendiquait des idées d’ouverture, de découverte, de recherche et d’innovation artistique, et voilà qu’en tout domaine ces valeurs sont renversées :
  • La musique se standardise et se referme sur elle-même et le public n’en demande pas mieux.
  • Les autres activités artistiques ne se renouvellent pas, elles s’amoindrissent au contraire, et rien de nouveau ne vient alimenter la fête qui s’étouffe et agonise.
  • La drogue n’est plus là à des fins initiatiques, mais est utilisée de manière barbare, irréfléchie, insensée. D’outil, elle est devenue produit.
  • Les gens ne fraternisent plus, ils sont anesthésiés par les produits, refermés sur eux-mêmes, paranoïaques, violents, avides d’argent. Ils ont reproduit en pire l’ambiance et les schémas sociaux habituels dans ces îlots d’espoir qu’étaient les free.
  • La fête, de lieu de liberté et d’expérimentation, est devenue supermarché grotesque, prétexte à tous les abus et à toutes les incohérences. Elle a perdu son âme, et tout le monde semble s’en contenter. C’est le règne de l’absurde.
La free party n’est plus qu’un prétexte pour détruire et se détruire. Certes, beaucoup de contre-exemples, beaucoup de petits espoirs peuvent çà et là remettre en doute ces propos, mais une observation générale montre bien à quel point la chose est pervertie.

Il faut aujourd’hui continuer à se battre sur d’autres terrains, en d’autres lieux et de manière différente. Rien n’est jamais fini, et surtout pas l’espoir. Autre chose va naître, ailleurs, sous une autre forme, c’est peut-être déjà en cours et c’est à nous d’être assez vigilant pour y participer.

Öko System, 9 janvier 2001

Publié dans Musiques

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