Vous avez dit répression ?

Publié le par la Rédaction

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Lors du mouvement social de l’automne 2007, nous nous somme
s (re)trouvé-es autour de l’idée de monter une structure de soutien aux «interpellé-es de la guerre sociale en cours». Mouvement lycéen, novembre 2005, lutte dite «anti-CPE», élections présidentielles, et aujourd’hui encore, nous refusons que chaque éclatement de colère soit étouffé par la répression policière et judiciaire.

À chaque mouvement social, au moment où l’État décide de distribuer des mois de prison, on peut entendre : «C’est incroyable, on n’a jamais vu un tel niveau de répression !» De même, trop souvent les proches d’un inculpé, lorsqu’ils s’organisent, soulignent la particularité de son cas, de sa personnalité, de son statut social, du contexte. Presque systématiquement, ils véhiculent l’idée que la répression qui les touche aurait un caractère «anormal», participerait d’un dysfonctionnement de la démocratie…

Nous considérons que cette répression est une partie intégrante de la «normalité» de ce monde. Elle est le lot commun de tout mouvement, qu’il soit social ou personnel. Nous nous devons simplement de ne pas être démuni-es lorsqu’elle s’exerce. Que le Code pénal soit l’arme des dominants qui s’actualise par l’enfermement des dominé-es et des révolté-es, nous n’en doutons pas. C’est pourquoi nous ne nous considérons pas comme des victimes d’une répression exceptionnelle mais comme des êtres pensant et agissant indépendamment des cadres légaux imposés. Les notions de culpabilité ou d’innocence ne font pas partie de notre vocabulaire. Nous défendrons même les innocents.

Parce que nous savons que la répression ne se limite pas au coup de matraque qui s’abat sur le crâne du récalcitrant mais est constitutive de chaque moment du quotidien sous la domination de la pensée unique, qu’elle se manifeste par des milliers de dispositifs psychologiques ou matériels omniprésents nous obligeant à accepter une vie de merde sous la contrainte,

nous nous inscrivons dans la continuité de révoltes individuelles ou collectives et mettons en place des moyens pour briser l’isolement face à la police, au juge ou au maton :
  • Création d’une caisse de solidarité sur la région rennaise,
  • Mise à disposition d’une liste d’avocat-es prêt-es à suivre la ligne de défense choisie par l’inculpé-e,
  • Création d’un réseau de personnes prêtes à se rassembler devant un commissariat ou un tribunal pour rendre visible le différend qui nous oppose à la machine répressive,
  • Contacts avec les détenu-es pour éviter l’oubli (courrier…).

Nous voulons (nous aussi) faire de la prévention en informant de leurs droits un maximum de camarades, compagnons et amis (même si nous ne les connaissons pas). Nous invitons à une réflexion sur la justice, l’autorité et la violence.

Dans différentes villes, des caisses de soutien sont en voie de création. Si nous ne souhaitons pas nous organiser au niveau national à cause de la lourdeur bureaucratique et le manque d’humanité que cela impliquerait, il est clair en revanche que nous fonctionnerons avec elles suivant des principes d’entraide et de réciprocité.

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