Afrique sans chaînes

Publié le par la Rédaction

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Une nouvelle revue pour l’Afrique, un bulletin de plus, pour quoi faire ? Il suffit de prendre quelques éléments d’actualité pour en comprendre la nécessité. Lorsque les médias français évoquent le conflit au Kenya, ils ne l’abordent que par deux côtés, comme toujours, celui du politique anecdotique et de l’ethnicisme. Du côté des puissants, des chefs d’État et des opposants plus ou moins opposés à la politique en place, elle-même quasiment toujours contre les travailleurs et la population. On glose sur les postures, les déclarations fleuries, où la rhétorique et l’éloquence ne servent qu’à mieux asseoir sa fortune, ou atteindre le pouvoir.

On s’attarde sur les défauts des fruits sans regarder les arbres et les mains qui les ont façonnés. Ainsi, plutôt que de parler seulement d’une guerre ethnique, pourquoi ne pas aller dans les détails à propos de la réforme agraire, la question de la terre, au centre de beaucoup de problèmes au Kenya, comme dans d’autres pays ? Des promesses avaient été faites, mais comme souvent, les chefs se sont assis dessus. Elles ne valent que pour ceux qui les croient, c’est vrai.

Nous ne souhaitons pas nous faire le porte-voix de cela. Nous nous rangeons résolument dans le camp de ceux qui luttent, souvent au péril de leur vie, comme en Guinée, où l’intercentrale a bien failli relancer, peu avant la mi-janvier, le mouvement de grève pour l’amélioration du niveau de vie des Guinéens et le respect des engagements tenus par le général-dictateur Lansana Conté. Mais aussi en Centrafrique, où les fonctionnaires sont en grève depuis près d’un mois. Comme dans de nombreux pays d’Afrique (Cameroun, Burundi, Congo-Brazzaville), ceux-ci exigent le paiement d’arriérés de salaires (plus d’un an).

Nous dénonçons aussi les répressions contre les libertés syndicales, politiques, comme au Maroc avec les détenus du 1er mai, et en Algérie. Des actes souvent perpétrés par ceux qui exploitent et bâillonnent les peuples, sous les yeux bienveillants des dirigeants de l’Europe du capital et du reste du monde, seulement intéressés par le profit.

Les APE, sur lesquels nous ne manquerons pas de revenir dans le prochain numéro, démontrent une nouvelle fois l’ambiguïté de l’Union européenne à l’égard de l’Afrique. Derrière les discours soi-disant humanistes, se cache une stratégie froide, dangereuse et destructrice à plus d’un titre pour l’Afrique. Alors que l’ONU, le FMI et les autres ont chanté l’austérité pendant plusieurs décennies sans résultat, laissant les services de base se dégrader, il est difficile de croire que ces accords qui visent à libéraliser à l’extrême les échanges entre l’UE et l’Afrique n’amèneront pas à la catastrophe les économies locales.undefined

Cette revue se veut donc un outil de lutte, relais, et peut servir à établir des liens, tisser des solidarités entre celles et ceux qui ne se résignent pas, au Nord, comme au Sud, entre les Afriques.

Éditorial d’Afrique sans chaînes no 1, février 2008
Lettre bimestrielle d’info du groupe CNT-Afrique

Publié dans Internationalisme

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