Chronique d'une trahison annoncée

Publié le par la Rédaction

Les confédérations CGT, CFDT, CFTC, CGC, UNSA (autonomes) et gouvernement-MEDEF : COPAINS COMME COCHON !
 
CHRONIQUE D’UNE TRAHISON ANNONCÉE

undefinedLes 29 novembre, 4 et 7 décembre 2007 a eu lieu la grande mascarade appelée «table ronde retraites», initiée par la direction SNCF, des représentants du gouvernement et les néo syndicats de cheminots CGT, UNSA, CFTC, CGC-CFE, FGAAC qui ont cassé (et non pas «suspendu» selon leur terminologie) la grève de novembre.

Les mots n’ont pas assez de force pour exprimer l’hallucinante (et pourtant prévisible) trahison des syndicats CGT, UNSA, CFTC, CGC-CFE, FGAAC. Leur fantastique traitrise a consisté à noyauter les assemblées générales de cheminots dès le mardi 20 novembre au soir (veille des «négociations» avec Sarkoland et Patronland). Ces manœuvres avaient pour but de préparer les esprits à la reprise du travail, et ainsi de reprendre le contrôle des grévistes qui avaient le culot de décider eux-mêmes ce qu’ils voulaient et surtout ne voulaient pas !

Nous rappelons la volonté des assemblées générales : massivement les grévistes refusaient la «réforme»* :
  • 37,5 annuités point-barre ;
  • Pas de décote ;
  • Pas d’indexation des pensions sur les prix ;
  • Pas de casse des statuts pour les jeunes cheminots entrants à la SNCF.
(* Le mot réforme historiquement signifie mesure qui a pour objet d’apporter un progrès social. On voit bien en vérité qu’il s’agit d’une contre-réforme puisque encore et toujours, gouvernement et MEDEF détruisent les acquis sociaux des travailleurs : travaillez plus et plus et plus jusqu’à ce que mort s’en suive.)

Pour arriver à leur fin, en l’occurrence faire reprendre le boulot aux grévistes, les «syndicats jaunes»* précités ont même fait voter des non-grévistes le jeudi 22 novembre dans certaines assemblées générales (dans toutes ?).
(* Un «syndicat jaune» est un syndicat qui ne reconnait pas la lutte des classes, qui collabore étroitement et refuse tout conflit avec le patronat et l’État. Les dirigeants de ces syndicats sont très souvent à la solde du patronat et agissent en briseurs de grèves.)

Tout a été orchestré pour remettre ce gouvernement sur les rails (sic) : relais par les bureaucrates eux-mêmes du matraquage médiatique sur la prétendue reprise du trafic. Faux et archi-faux : les dépôts des mécaniciens et les sites des contrôleurs montraient une très large majorité de grévistes : 80% (voir plus dans certains sites). Leur très forte mobilisation rien qu’à elle seule paralysait le trafic, et compensait la mobilisation moyenne (25% environ dans les derniers jours de la grève*).
(* Rappelons la «belle collaboration de classe» de nos dirigeants avec moins de 3% de grévistes, sur un effectif de 20.000 ! Ces vendus ont fait rouler des trains.)

Malgré tout cela le trafic restait bien bloqué : des transiliens, des TER (dont les 1000 bus affrétés par la direction et qui entrent dans ces statistiques !), des TGV et des Grandes Lignes roulaient effectivement (de 1 train sur 4 à 2 train sur 3) mais quasi aucun train de FRET !

Résultats : en 9 jours de grève, 300 millions d’euros de perdu dans les caisses des capitalos. Les stocks et les réserves de matières premières des entreprises commençaient à manquer. Quelques jours de grève de plus et Sarko et sa bande pliaient.

Mais Super Thibault et confrères veillaient au grain, et la machine à perdre a pu se remettre en branle comme en 2003 avec le régime de retraite des fonctionnaires.

«Il y a des négociations qui s’ouvrent si on suspend (lire arrêter) le mouvement». En cassant la grève, ces «syndicats» proches du MEDEF provoquaient volontairement la rupture du rapport de force. Sans ce rapport de force, les négociations avec les exploiteurs sont bidons, elles ne pourront pas aboutir.

De fait, les tables rondes des négociations ne sont alors qu’un jeu de dupes !

Le camp d’en face imposera, avec la collaboration de nos chers «jaunes», leurs reculs sociaux ; et les pseudo avancées (10e échelon d’ancienneté, élargissement de la prime de fin d’année à la prime de travail) représentent en comparaison aux pertes engendrées, une perte sans précédent pour les cheminots.

Que penser alors de cette énième préavis de grève de 24 heures posé par la CGT et la CGC-CFE le 13 décembre 2007 ? Et du préavis du 17 décembre 2007 pour la CFTC ?

Très simplement, une journée d’appel pour nous faire croire à une riposte de leur part : il s’agit en fait de faire semblant de lutter, de créer un écran de fumée entre la base et les bureaucrates, ces derniers étant par nature vendus. Le but de la manœuvre et de la duperie est d’éviter à tout prix pour tous ces syndicats la fuite de nombreux(ses) adhérent(e)s et militant(e)s, qui sont aussi et surtout cotisants et électeurs.

Gageons alors que de nombreux(ses) cheminots et cheminotes sincères et actifs(ves) dans les luttes, auront compris les compromissions des bureaucraties syndicales officielles, et qu’ils (elles) seraient nombreux et nombreuses à renforcer les syndicats de lutte comme SUD-Rail ou la CNT naissante au chemin de fer. Les luttes futures ne s’en trouveraient que plus combattives, et augureraient alors des débouchés positifs pour la classe laborieuse.

Parce que le seul débouché politique des luttes c’est leur victoire, débordons les bureaucraties syndicales qui collaborent avec les puissants, et affranchissons-nous de leur tutelle !

CHEMINOT, SYNDIQUE-TOI ET COMBATS !


Publié dans Colère ouvrière

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