Rassemblement contre le CRA de saintExupéry

Publié le par la Rédaction

Récit du rassemblement devant le CRA de saintExupéry

undefinedSamedi 19 janvier 2008, face au CRA (centre de rétention administrative) de Lyon-Saint-Exupéry, nous étions autour de 2000 personnes en solidarité aux sans-papiers et pour la fermeture des centres de rétention. Des gens sont venus de toute la région Rhône-Alpes, et même de plus loin. Quelques banderoles ont été préparées pour l’occasion, ce qui était beaucoup plus réjouissant que les nombreux et insignifiants drapeaux publicitaires des différentes orgas (Sud, Cnt, Lcr, Cgt, Ldh, Resf, etc.). Au départ quelques slogans sont criés un peu mou, jusqu’à ce qu’un groupe de femmes et d’hommes prennent le relais énergiquement, percussions sur des bidons et sur les barrières que les flics avaient installées pour faire un «périmètre de sécurité» ; ça faisait plaisir à entendre et ça donnait enfin envie de chanter/gueuler avec tout le monde (ça serait bien, d’ailleurs, qu’on arrive à changer le slogan «police partout, justice nulle part» par «police partout, justice complice», surtout devant un centre de rétention). Le slogan «les enfants, à l’école, pas en prison» nous a rappelé cette citation : «L’individu ne cesse de passer d’un milieu clos à un autre, chacun ayant ses lois : d’abord la famille, puis l’école (“tu n’es plus dans ta famille”), puis la caserne (“tu n’es plus à l’école”), puis l’usine, de temps en temps l’hôpital, éventuellement la prison qui est le milieu d’enfermement par excellence» — Deleuze, Post-scriptum sur les sociétés de contrôle, 1990.

Dans le CRA, les gens gueulent aussi, ils et elles agitent des tissus et une banderole sur laquelle est écrit «liberté». On était à environ 150 mètres du CRA, les flics étaient super nombreux, au moins trois cars et une dizaine de fourgons de gendarmes mobiles. Forcément ça calme un peu les ardeurs. Ça fout bien la rage aussi tous ces flics qui protègent cette infâme prison pour étrangers. Des gens ont essayé de renverser les barrières pour s’avancer plus près du CRA. Des flics en civil se sont éloignés de la foule sous la pression de quelques manifestants et quelques projectiles sont lancés en direction des gendarmes mobiles. Des pompiers arrivent et on apprend que dans le CRA, il y a eu un départ de feu (la Cimade était en contact téléphonique avec des gens à l’intérieur).

Ce rassemblement n’était pas un rassemblement «Resf» mais appelé par pleins d’orgas, associations, et individus… Pour fermer les centres de rétentions, il paraît logique de s’opposer à la police, sans laquelle ces centres ne pourraient pas exister. Mais quelques militants «dans la probité, la propreté morale, et la dévotion jusqu’à l’abnégation» (Pierre, v. 3-8) se sont interposés en faisant la morale : «C’est notre manif !» (ha bon ?), «C’est du fascisme, arrêtez !» (pardon ?), «Vous décrédibilisez le rassemblement face aux médias» (ça rappelle quelque chose, éternelle rengaine), «Vous venez ici pour foutre la merde, mais au quotidien vous ne faites rien» (vous avez l’air de bien — mal — connaître nos vies, et puis d’abord t’es flic ou quoi ?), etc. C’était pathétique ces réactions citoyennes et soumises à un ordre pacificateur. Un mec a même sorti «Mais j’ai fait soixante-huit moi, je sais ce qu’est la vraie révolte, alors arrêtez un peu vos conneries» : Toi tu t’es pseudo-révolté, et nous on peut pas ? Et elle est passée où ta révolte de 68, bouffon ?

Ce n’est décidément pas en faisant des rassemblements symboliques qu’on changera quoi que ce soit. Il faudra bien plus que ça pour ébranler le pouvoir. Et encore bien plus pour le mettre à bas.
 
Les bâtard-e-s
Indymédia Lille, 21 janvier 2008



Échauffourées au rassemblement contre le centre de rétention administratif

Peu après quinze heures, on peut constater la présence d’environ deux mille personnes, beaucoup d’orgas (RESF, RUSF, CLASSES, LDH, FA, CGA, JCML…), des syndicats (CNT, CGT, SUD, un drapeau de l’UNEF (mort de rire)…), des partis (PCF, LCR…), quelques élus par-ci par-là.

Après quelques discours plus ou moins émouvants contenants quelques aberrations comme
«il est inacceptable d’enfermer des étrangers» (sentence redondante) alors que tout enfermement est inacceptable, «il y a un prisonnier dont la femme attend un enfant français» car faudrait-il trouver acceptable l’enfermement du futur père d’un non-français ? ainsi que d’autres idioties à la réformiste…

De temps en temps, des bruits courent que des personnes ont gentillement essayé de déplacer les barrières qui nous séparaient du camp de concentration, une centaine de mètres plus loin, mais sont rapidement remises à leur place par les flics.

Quelques slogans radicaux fusent, pronant l’abolition de toutes les prisons et l’action anti-flic. Celui-ci : «État fasciste, police raciste», directement adressé à la trentaine de gardes mobiles qui veillent devant les barrières, provoque l’énervement d’une femme du PCF qui vient cracher sa rage sur les jeunots encapuchonnés qui reprennaient le slogan avec ferveur. Une membre de la FA la remet à sa place, et bien comme il faut.

Quelques instants après, suite à un fortuit et innocent attroupement de jeunes casseurs sans idées politiques :-) , une barrière commence à voler, les GM arrivent en courant, empoignent les barrières, hésitent à sortir les tonfas, puis n’hésitent plus du tout. Les coups de pieds (sur les barrières comme sur les flics) fusent, puis les pierres, lorsque quelques élus et autres personnes se croyant plus responsables que nous s’interposent et nous sortent les arguments classiques de pacifistes frustrés (Vous discréditez le mouvement ! Militez dans des organisations !)

Trois minutes après, même scénario, deux barrières plus loin. Et une troisième fois quelques instants plus tard. Les accrochages sont brefs mais violents, les GM vraiment hargneux, laids comme pas possible, et les violents, une quinzaine au début, une quarantaine par la suite, restent déterminés face aux offensives de leurs deux ennemis, les flics et les réformistes non-violents (mais violents avec les violents).

Sous le risque de charge, le piti black bloc se disperse rapidement.

On a vu des bras s’agiter derrière les barreaux du centre de rétention, une banderole s’afficher annoncant «Liberté» depuis l’intérieur, et quelques GM prendre un coup de speed, se précipitant en courant dans l’enceinte du centre, précédant deux camions de pompiers qui venaient là probablement pour faire le ménage…

À la prochaine !!!

Rebellyon, 20 janvier 2008



Manifestation contre la directive de la honte à Lyon

Nous étions une quarantaine de Dijonnais à avoir fait le déplacement ce 19 janvier 2008 à Lyon pour la journée de mobilisation européenne contre la directive de la honte, directive européenne ayant pour objectif d’allonger la durée de détention légale des étrangers en centre de rétention à 18 mois. La France admettait jusqu’ici une durée légale de 32 jours !

La manifestation a débuté sous un soleil radieux vers 15 heures aux abords du centre de rétention administrative de Lyon Saint-Exupéry. Ce lieu est le point central du dispositif d’expulsion industrielle mis en place par notre président, d’où partent sans cesse des charters de sans papiers vers «leur pays d’origine», en aucun cas le pays avec lequel ils ont le plus d’attaches. Les conditions de détention dans ces centres sont des plus déplorables, et se sont encore aggravées avec la systématisation des procédures. À quoi vont ressembler ces centres si la durée légale de détention est multipliée d’autant ? Par combien vont se multiplier le nombre de suicides qui ont lieu chaque année dans ces centres ?

Il n’est pas rare que les problèmes administratifs ou le maintien en rétention comme «punition» prolonge démesurément le temps de détention pour les étrangers. La durée légale avait pour but de mettre un terme à des situations insolubles, que vont devenir ces gens pendant 18 mois, si au bout d’un mois déjà leur situation ne leur permet ni de sortir ni d’être expulsés ? Comment dans ce cas ne pas comparer ces centres à des prisons pour étrangers, coupable de n’avoir pas de papiers, incapables d’être riches et cultivés, ou simplement travailleurs ?

Il est aussi nécessaire de se demander quelle est la finalité de ces centres, si ce n’est de donner aux autres pays une image déplorable de l’accueil réservé aux étrangers des nations européennes et de fermeture sur l’autre, de rejet de la différence ? En ce sens on est en droit de se demander l’utilité de ces centres, et même en droit d’exiger leur fermeture définitive !

Les deux mille personnes rassemblées cet après-midi n’ont pas pu approcher des détenu-es, la gendarmerie s’étant chargée de maintenir une distance plus que raisonnable entre elleux et nous. La communication s’est donc faite pas le biais de slogans, que nous n’avons interrompus que deux heures plus tard, quand les gardes mobiles se sont montrés plus qu’impatients de «cogner». Nous n’avons pas encore d’informations précises sur les conditions qui ont été imposées aux détenu-es le temps de notre manifestation, mais il semble qu’un feu se soit déclenché peu avant la dispersion de la manifestation à l’intérieur du centre.

Le RUSF 21 et le RESF 21 continueront de demander la non-adoption de cette directive de la honte, ainsi que la fermeture définitive de ces centres qui n’ont pour autre but que de stigmatiser une catégorie défavorisée de la population française, pour autre finalité que de diviser encore un peu plus les pauvres face à une réalité de plus en plus dure.

La mobilisation continue le samedi 2 février 2008 à partir de 14 h devant la préfecture [de Dijon] pour une journée de manifestation nationale pour le combat des sans-papiers, pour la liberté de circulation !

RUSF21
Brassicanigra, 20 janvier 2008

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