Stop aux coupures !

Publié le par la Rédaction

Privé d’électricité pendant un an et demi !

Cet habitant de Lyon vient de retrouver le courant grâce à l’intervention de l’association «Droit à l’énergie». EDF l’avait coupé à cause d’une dette de 314 euros.

undefinedQui s’est rendu compte que la lumière ne brillait plus depuis dix-huit mois, dans ce petit appartement d’un immeuble des pentes, à Lyon ? Visiblement, personne. «Je vous le dis, c’est un miracle que cette association existe» se réjouit Hocine, après avoir refermé la porte de ce logement où il retrouve peu à peu ses marques.

Ce mercredi matin, une ampoule illumine enfin le salon chichement meublé. «On m’avait parlé de “Stop aux coupures” sur mon lieu de travail. Quand leur militant [un agent d’EDF-NDLR] est venu me remettre le courant le 20 novembre, c’était grandiose, ça m’a donné l'énergie pour faire le ménage. Mais j’étais déphasé. Trois jours après, j’ai encore allumé une bougie, le soir, dans ma salle de bains, par habitude. Vous voyez ce que c’est.»

Un an et demi sans électricité, à cause d’une dette de 314 euros chez EDF et GDF. Un triste record dont se serait bien passé cet agent de nettoyage de 51 ans, en contrat d’insertion dans une régie de quartier. «Je ne pouvais tout simplement plus payer» explique-t-il, en déclarant n’avoir jamais gagné davantage que 500 à 600 euros par mois. 250 euros de loyer à sa charge et un cumul d’arriérés dépassant 3.000 euros : «Vient un moment où l’on arrive plus à joindre les deux bouts».

L’ordre de coupure est tombé en février 2006, au cœur de l’hiver. «Je suis resté six jours dans mon lit, en plein désarroi. Ce n’est pas le froid, terrible, qui m’a le plus dérangé.» Mais plutôt le regard de son fils de 15 ans, qui vit avec son ex-femme. «Il me demandait sans cesse : “Papa, quand est-ce qu’ils te rétablissent le courant ?” et pour moi, c’était à chaque fois un coup de poignard.»

Lui, passionné de lecture, en était réduit le soir à ruminer cette phrase de Musset, devenue sa devise pendant ces longs mois : «L’homme est un apprenti, la douleur est son maître». Tôt le matin, Hocine raconte comment il était obligé d’attendre que son voisin se lève pour pouvoir se raser. «La lumière de son appartement se reflétait dans mon miroir et ça me permettait de voir ce que je faisais.»

Mais qu’a fait EDF ? Qu’ont fait les services sociaux ? «Parce que je ne suis pas resté passif. Trois fois, je suis allé voir l’agence d’EDF. L’antenne sociale de la mairie proposait de régler la moitié de la dette et moi le reste, en versant 30 euros chaque mois : EDF n’a jamais voulu échelonner le paiement. Alors, j’ai lâché prise.»

La situation s’est débloquée comme par miracle le jour où Alan Loffreda, de «Stop aux coupures», a prévenu qu’il allait contacter notre journal. Mercredi, EDF a donné des directives pour rétablir le courant immédiatement, en bonne et due forme, après avoir obtenu l’assurance le jour même que la dette serait apurée via le fonds de solidarité logement du Conseil général.

«La situation de cet abonné est dramatique mais l’action de “Stop aux coupures” est illégale, déclare Jean-Luc Brizon, directeur commercial régional d’EDF. Il faut savoir que nous prévenons obligatoirement les services sociaux des cas de clients qui vont être coupés et ne le sont d’ailleurs qu’en dernière extrémité.»

«Hocine n’était pas connu de nos services» se défend pour sa part le Conseil général, qui a tout mis en œuvre pour régler l’affaire cette semaine. Entre institutions, le courant aurait-il parfois du mal à passer ?

Nicolas Ballet
Le Progrès du Rhône, 21 décembre 2007



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