Contre le libéralisme et les privatisations

Publié le par la Rédaction

Lycéens, étudiants, salariés…
Contre le libéralisme et les privatisations,
C’est tous ensemble qu’il faut lutter !


La réforme des universités s’inscrit dans une logique européenne. En Italie comme en Allemagne les frais d’inscription ont augmenté considérablement (2000 euros à l’année en Italie contre environ 400 en France actuellement) depuis l’application de lois similaires. Mais ceci n’est qu’un effet de la loi.

Elle prévoit aussi l’introduction de l’entreprise dans les conseils d’administration des facs, institutions décisives dans le choix de la politique universitaire, en contrepartie d’investissements sous forme de dons, dans l’université. Ainsi les entreprises pourront favoriser les créations de filières répondant à leur besoin en main d’œuvre. On aperçoit alors les conséquences sur la pluralité de l’enseignement : les filières considérées comme rentables (sur le court terme) bénéficieront de moyens au détriment de celles dites «non-rentables».

La LRU permet aussi un désengagement financier de l’État (c’est ce qu’on appelle l’autonomie) augmentant ainsi les différences entre universités. La casse du service public d’enseignement commence par les facs et continuera en janvier par les lycées (loi sur l’autonomie des lycées).

Les administrations des universités sont majoritairement pour cette loi et emploient tous leurs moyens pour tenter de décrédibiliser le mouvement étudiant. Le vote électronique, mis en place par la présidence de l’université Lyon II, est une manière d’attaquer la légitimité des AG et de créer une confrontation entre étudiants. Parallèlement les communiqués de la présidence, envoyés à tous les étudiants, véhiculent de fausses informations tandis que les motions votées en AG d’étudiants ou de personnels ne sont jamais communiquées.

On assiste à l’utilisation de méthodes similaires par les médias : le temps de parole consacré aux «anti-grèves» est un moyen de les rendre important alors qu’ils sont minoritaires. De même l’argument de la prise d’otages est constamment rabâché, alors que les universités occupées sont au contraire ouvertes aux débats et autres activités et que, par ailleurs, les lieux d’étude (BU, salles informatiques) ne sont pas fermés.

Le choix des mots, pour parler du mouvement étudiant dans les médias, tend à le faire considérer comme violent et autoritaire : ainsi on ne parle pas d’«occupation» mais de «blocage». L’action d’autoréduction, qui consistait à remplir 3 ou 4 caddies dans un supermarché puis de sortir sans payer et de permettre aux autres clients de faire de même, a été qualifiée de «pillage». Ce qui a été un prétexte à l’intervention musclée de la gendarmerie mobile le mercredi 28/11. Dernièrement, la tactique médiatique consiste à rester silencieux sur les différentes actions du mouvement et de rapporter seulement celles qui tournent mal.

Le gouvernement craint la convergence des luttes des différents secteurs touchés par les réformes. En effet dès le début du mouvement les étudiants ont affirmé leur volonté de lutter avec tous les salariés. Leur présence aux piquets de grève (des cheminots, de EDF, etc.) a été bien accueillie et leur lutte soutenue notamment par le personnel universitaire, qui affirme régulièrement la nécessité de se battre ensemble.

Les secteurs en lutte sont conscients que ce n’est là que le début des réformes annoncées par le gouvernement. Et en s’attaquant premièrement aux secteurs les plus combatifs, il souhaite démontrer sa force et sa détermination. Ainsi, si nous ne résistons pas le travail de casse des acquis sociaux sera facilité. Et nous ne pouvons gagner que si les différents mouvements sociaux luttent ensemble.

La reprise du travail par les cheminots est l’expression de la peur des directions syndicales, qui souhaitent conserver leur pouvoir auprès du gouvernement. En effet, en proposant des négociations avec le gouvernement et en appelant à la suspension de la grève, elles ont empêché une trop forte liaison entre les cheminots et les autres secteurs en lutte.

De même pour les universités, certaines organisations syndicales tentent de briser la contestation en négociant avec Pécresse sur certains aspects de la loi, tandis que les étudiants souhaitent l’abrogation de celle-ci. C’est ce qu’a fait l’UNEF, qui appelle aujourd’hui à la suspension de la grève. Dans les lycées, c’est la FIDL qui a négocié et a stoppé le mouvement de contestation.

Face à ce danger de récupération du mouvement social par des syndicats, il est nécessaire de s’auto-organiser et de limiter leur influence en rappelant que ce sont les grévistes qui décident de l’organisation de leur mouvement.

L’Égalité économique et sociale, décembre 2007
Feuille mensuelle de l’Union locale lyonnaise de la CGA

Publié dans Colère ouvrière

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