Escalade de la violence

Publié le par la Rédaction

Après la soirée de vendredi, il est temps pour nous de recadrer les choses.

Comme cela nous l’avait été annoncé par l’administration, bien au courant du fait puisqu’elle s’était réunie derrière les préfabriqués, en cachette, avec les anti-bloqueurs, un appel à un débloquage violent avait été fait pour 21h30. Il était également dit que l’on pouvait craindre la présence de membres d’organisations groupusculaires d’extrême droite. Devant la menace d’attaques fascistes, nous avons décidé de ne pas abandonner l’occupation, et par là-même de ne pas les laisser «gagner». C'est pour cela que nous nous sommes préparés et armés de manches à balai et autres barres, en espérant que ce serait suffisant pour les intimider, et qu’ils ne viendraient pas. Malheureusement, un groupe d’une cinquantaine de personnes, également armées de batons contrairement à ce qu’ont pu dire certains médias, a déboulé sur le campus en chantant la Marseillaise (et ont même été vus en train de faire de splendides saluts nazis…). Les vigiles de l’université ont pu les contenir, alors que la police observait tranquillement le spectacle depuis l’extérieur de l’université…

Alors que les étudiants grévistes se repliaient dans l’amphithtéâtre occupé, suite à une première «dispersion» des anti-bloqueurs, ces derniers sont revenus à la charge, toujours sous les yeux de la police, qui a fini par intervenir, une fois la bataille terminée… Seuls la patience et le calme des grévistes (alors que les anti-bloqueurs ne cessaient de nous provoquer) expliquent qu’il n’y ait pas eu d’affrontements physiques. Nous n’étions pas là pour nous battre, mais pour nous défendre en cas d’agression, agression programmée, rappelons-le.

Le comité de grève condamne également le rôle des médias, et particulièrement de France 3, dans la montée des tensions. À la recherche du sensationnel, ils n’ont pas douté à faire un appel public au débloquage violent au JT régional du vendredi soir, et donner même l’heure du rendez-vous. Où est l’information là-dedans? Quel rôle joue ce média dans le mouvement ? Évidemment, ces mêmes journalistes étaient présents à 21h30 précises et n’ont pas hésité à nous filmer en cachette, après nous avoir promis de ne pas nous filmer. Ce média a fait preuve d’un manque cruel d’intégrité et le comité de grève s’engage à ne plus répondre à ces journalistes, qui déforment et adaptent l’information à leur sauce.

Mais surtout, le comité de grève dénonce l’attitude du président de l’université de Perpignan. Pour son premier mandat, Benkhelil montre son incompétnce en matière de gestion des crises. Il est obnubilé par la reprise des cours, et en oublie les règles minimales de sécurité. Il encourage les étudiants anti-bloqueurs à venir déloger, en faisant usage de la violence, les étudiants qui bloquent… Il ment, sans cesse, aux médias qui l’interrogent sur le mouvement, et ne se tient jamais à ce qu’il dit ou promet… Il refuse de communiquer avec les grévistes et de reconnaître les AG étudiantes, dont le cadre a été fixé après consultation entre anti-LRU, pro-LRU et administration… Il n’hésite pas à menacer ou intimider les grévistes qui occupent l’université, et va même jusqu’à couper l’électricité du bâtiment occupé. Benkhelil applique des techniques de siège, de guerre.

Pour toutes ces raisons, et devant l’évidence de son incapacité à gérer dans le calme et dans le respect une université, nous demandons la démission de Benkhelil, comme de tous les présidents d’université qui ont fait appel aux forces de l’ordre pour évacuer les facs !

Comité de grève étudiant
Perpignan, 1er décembre 2007

Publié dans Éducation

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