Il faut dissoudre Al-Qaida !

Publié le par la Rédaction

À chaque conflit d’importance, on assiste au déchaînement moutonnier des journalistes favorables aux régressions sociales. Cette année, le mot «blocage» aura fait florès.

L’engouement pour ce mot sied bien aux démocrates-chrétiens paniqués par les «extrémismes», ces tenants du juste milieu toujours du côté du manche, et qui n’ont que le mot «négociation» à la bouche.

Non seulement il ne faut pas de blocage, mais il ne faut pas de rapport de force. C’est vrai que rapport de force, ça fait un peu blocage.

Nos commentateurs zélés exigent, pour une fois, le respect des promesses électorales. Il est vrai que lorsque les engagements sont pris en faveur des salarié-e-s, les mêmes commentateurs ne trouvent rien à redire à la trahison de la parole donnée.

Ainsi, les grèves ne seraient pas «démocratiques», parce qu’elles s’opposent au verdict des urnes : la lutte des classes devrait se dissoudre dans la démocratie parlementaire ! Comme les temps changent, et vite. Il y a peu, le Medef et la CFDT militaient pour que ce soit les «partenaires sociaux» qui fixent les règles sociales que la loi devait entériner ensuite. On parlait alors de prédominance du contrat sur la loi. Maintenant on nous dit : c’est la loi et le résultat électoral qui doivent prévaloir. En réalité il n’y a qu’une constante : celle d’un patronat qui utilise, au mieux de ses intérêts, la loi et le contrat.

Hélas pour eux y a cette fameuse «base» (Al-Qaida en arabe) qui ne suit pas les consignes des bureaucraties syndicales. À qui la faute ? Aux manipulateurs d’extrême gauche ! La base ne serait qu’une masse de manœuvre pour les «extrémistes». La base serait par nature bovine, les dirigeants raisonnables et conciliants. Comment alors tolérer qu’elle prenne, en assemblée générale, des positions contraires aux évidences assénées à longueur d’éditoriaux et de propagande gouvernementale ?

Finalement, le pouvoir a toujours peur des travailleuses et des travailleurs. Il a raison.

Alternative libertaire no 168, 27 novembre 2007

Publié dans Colère ouvrière

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