Sur les perspectives du mouvement étudiant-lycéen

Publié le par la Rédaction

Tract OCL diffusé à la coordination hexagonale étudiante des 1 & 2 décembre à Nantes, à propos d’une stratégie possible du mouvement face au pouvoir, médias, syndicats, et des enjeux potentiels.

POUR LES RICHES… DU POGNON !
POUR LES PAUVRES… DES GNONS !


EN PREMIÈRE LIGNE
La lutte des étudiants et lycéens a un privilège redoutable, maintenant que la lutte des cheminots a été stoppée par les confédérations syndicales, dans des négociations secrètes où la base des assemblées générales ne peut plus peser sur les chefs (Thibaut et consorts). Retirer la loi Pecresse ferait du mouvement lycéen-étudiant la première lutte collective qui stopperait la machine médiatico-financière de Sarko, en pleine action aussi bien sur l’éducation, le travail, la santé, que les interventions militaires, etc. Face à un tel enjeu politique global, qui pourrait enrayer la marche triomphante du MEDEF et du capital vers une déréglementation totale des conditions d’exploitation dans l’Hexagone, il ne faut pas attendre de cadeaux…

LE BÂTON ET LA CAROTTE
Le pouvoir nous prend donc pour des ânes très gênants qu’il faut faire avancer par tous les moyens, quitte à les terroriser. Les tirs de flash-ball au rectorat mardi 27/11 sur des lycéens désarmés ne sont pas l’œuvre de policiers désaxés, la bave aux lèvres, en mal de ball-trap (quoique…) : ils agissent sur ordre rectoral et préfectoral, représentations officielles de l’État à Nantes. C’est le bâton face à la carotte des dernières concessions financières faites à Julliard, le chef de l’UNEF, OGM hybride entre Chérèque et Thibaut. Cette même UNEF qui se «défonce» pour bloquer le mouvement comme elle l’a tenté cette semaine à la fac de Pau en répandant de fausses informations pour pousser à la reprise… en pure perte !

SE SUBSTITUER AUX MÉDIAS
Si les médias hurlaient à la mort face aux cheminots au nom de la «défense des usagers» (alors que la libéralisation des transports organisera leur rareté et leur cherté, cf. la Grande-Bretagne), ces mêmes médias étouffent et taisent les échos des mobilisations étudiantes et lycéennes pour éviter tout élargissement de la mobilisation en cours dans les lycées et collèges (voir la réaction de Drucker-Clavier samedi dernier lors de l’émission Tenue de Soirée face aux manifestants cf. vidéo sur le Net). La concentration de l’information aux mains de cinq grands groupes intimes du pouvoir (Bouygues, Lagardère, Dassault, Bertelsmann, Vivendi Universal, LVMH) organise la manipulation des populations. Seule une expression propre au mouvement (tracts, affiches, journaux gratuits ou à prix libre) peut contrecarrer cette propagande gouvernementale, pour expliquer les enjeux de la lutte et obtenir le soutien, actif ou tacite, des salariés, parents et autres.

BLOQUER L’ÉCONOMIE
La seule pression comprise par le pouvoir actuel est financière. Pour le faire reculer rapidement, il faut que le coût économique immédiat de la réforme Pécresse, face aux bénéfices à moyen terme prévisibles, amène le MEDEF à calmer le gouvernement. Comme lors du CPE, les blocages de flux de personnes et de marchandises (ponts, rocades, péages) et toutes autres formes d’actions à imaginer en s’inspirant de ce qui se passe ailleurs, peuvent abroger la loi Pécresse. Décembre est le mois traditionnellement le plus rentable pour le commerce et l’économie. Il y a là une opportunité à ne pas rater. De même que les liens avec les autres mouvements sociaux (logement, sans papiers, nucléaire…) peuvent renforcer l’impact de la lutte anti Pécresse et la tirer de son isolement, en expliquant qu’il existe un point commun reliant toutes ces résistances : le refus de voir la Vie transformée en une pompe à profits, mortelle et absurde.

Publié dans Colère ouvrière

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