Bernard Ripert : un avocat qu’illes veulent faire taire ?

Publié le par la Rédaction

Voici un communiqué du Comité de soutien à Bernard Ripert, un avocat grenoblois connu pour défendre gratuitement des manifestants, squatteurs, victimes de la répression policière, etc. Et aussi pour n’avoir pas sa langue dans sa poche, face aux juges et aux procureurs.
    Aujourd’hui c’est lui qui est attaqué par la justice et par sa profession (voir détails ci-dessous).
    Un comité de soutien s’est donc formé afin de diffuser l’information et de préparer un soutien collectif, notamment lors de son procès.
    La première audience aura lieu le 7 décembre au tribunal correctionnel de Chambéry. Une soirée d’info publique est prévue lundi 3 décembre à la Maison de l’Avocat (voir ci-dessous).


Halte aux agressions contre la défense !

Dans notre société de plus en plus injuste et inégalitaire, la défense et les avocats sont devenus une cible pour le pouvoir. Les attaques contre la défense, les droits de la défense, mais aussi le libre exercice de la défense se multiplient : suppression de Tribunaux de base, peines automatiques, sont des exemples parmi d’autres d’une tendance générale à supprimer ou rendre vaine toute défense.

Dans le même temps, la répression s’accroît de partout, il n’y a jamais eu autant de prisonniers dans les prisons de France et corrélativement les juridictions répressives n’écoutent et n’entendent plus les défenseurs dont le rôle et la mission de défense sont bien souvent méprisés.

À Grenoble, les avocats qui contestent cette situation et refusent d’exercer une défense de complaisance sont l’objet de poursuites. Parmi eux, Maître Bernard Ripert, avocat connu pour sa défense offensive, son intransigeance et son refus de toute compromission, défenseur bénévole de tous les militants politiques et manifestants, fait l’objet de nombreuses plaintes et poursuites pour des paroles tenues dans le cadre de l’exercice de sa profession.

C’est ainsi qu’il est convoqué devant le Tribunal correctionnel de Chambéry pour de prétendus outrages à magistrat, qu’il aurait commis lors d’une audience de la Cour d’assises.

Ces poursuites sont illégales puisque contraires aux dispositions de l’alinéa 3 de l’article 41 de la loi du 29 juillet 1881 qui stipule «Ne donneront lieu à aucune action en diffamation, injure ou outrage, ni le compte-rendu fidèle fait de bonne foi des débats judiciaires, ni les discours prononcés ou les écrits produits devant les Tribunaux». Ces poursuites sont mal fondées : les propos rapportés sur la citation n’ont pas été tenus de la sorte par Maître Ripert. Ces poursuites sont illégitimes puisque le président de la Cour d’assises lui-même n’avait pas réagi à ces propos ; rien n’a été consigné sur le procès-verbal des débats.

Le seul objectif de ces poursuites est de tenter de faire taire cet avocat qui ne cesse de dénoncer une justice dont la mission devrait être de renforcer la cohésion sociale sans détruire l’individu et dont la pratique est de détruire l’individu sans renforcer la cohésion sociale.

Il est essentiel de soutenir Maître Ripert, pour soutenir à travers lui :
— Une défense libre et indépendante,
— Une défense écoutée et entendue,
— L’immunité de l’Avocat,
— Les vrais droits de la défense et la liberté d’expression et de critique même si elle s’adresse à des juridictions ou à des magistrats.

Pour préparer ce soutien, nous vous invitons à une réunion publique qui se tiendra :
le lundi 3 décembre à 20 heures à la Maison de l’Avocat,
45 rue Pierre Sémard, 38000 Grenoble (arrêt Tram B, Palais de Justice).



Voir aussi, sur le blog du Laboratoire.

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