[14 octobre] Spécialités du jour : centre des impôts, rocade, hyper à Rennes

Publié le par la Rédaction

Récit d'une partie des évènements du jour à Rennes

 

Ce matin jeudi 14 octobre, un très grand nombre de lycéens ainsi que plusieurs centaines d'étudiants de Rennes II et des chômeurs précaires ont convergé sur la Place de la gare. Une manifestation impressionnante de près 10'000 jeunes scolarisés a commencé à déambuler dans le centre de Rennes. Du jamais vu depuis le CPE ! Sur le parcours, des salariés des postes, des telecom et des impôts ont rejoint ce cortège assez remuant et bruyant.

 

Arrivés sur l'esplanade Charles de Gaulle, une «AG» est organisée devant une imposante assemblée. Un «dirigeant lycéen» (qui se qualifie lui-même ainsi), militant NPA, nous a servi un long monologue d'une bonne demi-heure, entrecoupé de propositions soumises au vote des lycéens sans intervention contradictoire. (Drôle de façon de respecter les mots d'ordre d'autonomie des luttes et de démocratie qu'on nous annonçait pourtant centraux dans la constitution du «Nouveau» Parti Anticapitaliste.) Une camarade des impôts a fait savoir que le centre des impôts a été bloqué ce matin. Les étudiants et précaires de Rennes II ont proposé à l'assemblée une action immédiate de blocage économique en direction du centre Alma.

 

Un nouveau cortège de 2000 à 3000 lycéens, étudiants et précaires s'est remis en marche. Vers 12h45, le cortège se scinde en deux pour bloquer d'une part le centre Alma qui comprend une grande galerie marchande et un hypermarché Carrefour, et d'autre part un rond point stratégique donnant accès à la rocade et à la route nationale vers Nantes.

 

Au bout d'une demi-heure, ces derniers décident de transformer le blocage en barrage très filtrant en demandant un petit pécule pour soutenir la caisse de grève de Rennes II (que nous reversons pour un tiers aux salariés en grève reconductible).

 

Après que le premier groupe nous eut rejoint, nous décidons d'envahir tranquillement la rocade jusqu'à ce que les CRS nous bloquent à la bretelle suivante.

 

Il est 14h15, quand nous décidons après consultation du cortège qui s'est maintenu à 800 individus de quitter la rocade pour nous rendre à l'AG de Rennes II. Cela fait une heure et demie que nous avons interrompu la circulation de la rocade et avons créé une joyeuse pagaille.

 

Chaleureuses félicitations aux camarades lycéens, étudiants, chômeurs-précaires et salariés qui ont mené ces actions avec succès. On fera encore mieux très prochainement.

 

Nous arrivons à Rennes II où le blocage de l'université n'est pas reconduit à une courte majorité après une AG réunissant plus de 2000 personnes. Notre énergie étant un peu entamée avec cette longue journée qui a commencée depuis 7h30 sur les piquets. Rien de grave : on a un bon noyau de plusieurs centaines d'étudiants et précaires déterminés. Il faut consolider ce groupe et conquérir les nombreux hésitants.

 

J'oserai avancer quelques points qui auraient besoin d'être développés dans les prises de parole :

— Un discours sur la spécificité du sarkozisme comme rupture historique dans le consensus d'après guerre. 
— Un discours polémique et argumenté contre les définitions consensuelles de la démocratie. 
— Une critique du discours «nos-diplômes-ne-vaudront-plus-rien-si-on-bloque» qui articule marché du travail et université. 
— Etc.

Donc mettons-nous au boulot !

 

ON LÂCHERA RIEN !

SOLIDARITÉ AVEC LES CAMARADES LYCÉENS ET ÉTUDIANTS BLESSÉS !

RETRAIT DE LA CONTRE-REFORME DES RETRAITES !

MINIMUM VIEILLESSE AU MOINS ÉGAL AU SMIC !

ABROGATION DE LA LOI BESSON !

RÉGULARISATION DE TOUS LES SANS-PAPIERS !

 

Demain, de nouvelles aventures…

 

T. (MCPL) 
Indymedia Nantes, 14 octobre 2010.

 

 

À Rennes, les cheminots reconduisent la grève sans hésitation

 

«On est tous liés, les salariés, nous, on ne lâchera pas» : à l'assemblée générale des cheminots de Rennes qui a reconduit jeudi matin la grève contre la réforme des retraites, il n'y a pas eu d'hésitation.

 

«On va tout faire pour amplifier, accroître le mouvement», a poursuivi Pascal Blivet, responsable de la CGT cheminots Bretagne, avant une AG d'une heure qui a reconduit la grève pour 24 heures à une écrasante majorité (18 abstentions, 10 contre sur 290 présents).

 

L'unité syndicale retrouvée au sein des syndicats de la SNCF sur ce mouvement se ressent dans l'assemblée générale où tous sont d'accord, écoutent attentivement sans qu'aucune critique n'émerge.

 

«On est tous d'accord sur le principe d'une réforme, mais pas à n'importe quel prix», explique Gabriella Guatieri, responsable syndicale UNSA.

 

«Le sujet des retraites concerne tout le monde, notre intention est de faire comprendre à la population que tout le monde est impacté», continue la syndicaliste.

 

Dans les rangs des cheminots, on parle beaucoup de solidarité avec le mouvement de grève des salariés du privé comme Alain, contrôleur et militant Sud, en grève «pour les jeunes» et qui craint que la volonté du gouvernement soit «une diminution des pensions» pour tous.

 

Conscients des retenues des jours de grève sur leurs salaires, les cheminots acceptent le sacrifice.

 

«On essaie de ne pas y penser, on se dit qu'il y a plus malheureux que nous», estime James, agent de conduite non syndiqué. «C'est important que les cheminots soient dans le mouvement, en tant que citoyens», affirme-t-il.

 

Les cheminots se sentent d'autant plus concernés par le projet gouvernemental que même si la réforme des régimes spéciaux ne doit pas intervenir avant 2017, ils craignent qu'un décret au premier semestre 2011 n'anticipe des mesures les concernant.

 

Les agents de conduite sont les plus mobilisés dans ce conflit avec 80% de grévistes en Bretagne, selon les syndicats.

 

Et pour cause : le départ à la retraite à 50 ans à taux plein est déjà remis en cause par la réforme de 2007 et ils craignent qu'à terme on ne leur impose le régime général de départ à 60 ans.

 

Une mesure impossible selon James et un autre agent de conduite non syndiqué qui souhaite garder l'anonymat, car le métier impose une vue et une ouïe excellentes. Ou «alors il leur faudra baisser nos aptitudes physiques», expliquent-ils.

 

Les deux hommes expliquent que ce départ à la retraite à 50 ans, c'est aussi le fruit d'un sacrifice : «On gâche 30 ans de notre vie avec des amplitudes de travail de 11 heures par jour parfois, des 35 heures annualisées, on n'a pas de vie privée.»

 

Leur presse (Agence Faut Payer), 14 octobre.

 


Publié dans Colère ouvrière

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