[14 octobre] Récits manifs Montreuil et Paris + RDV Montreuil et Bobigny

Publié le par la Rédaction

Montreuil 15 octobre à 14h devant la mairie. Solidarité avec les Roms

 

Vendredi à 14h devant la mairie de Montreuil, Rassemblement pour soutenir des familles roms, toujours sans logement depuis deux semaines que leur expulsion a eu lieu. Suite aux expulsions très médiatiques de roms à Montreuil cet été, la mairie appelait à la RÉSISTANCE contre une campagne xénophobe. Caméras parties ? Les familles roms dorment toujours sur le trottoir. Ce ne sont pourtant pas les batiments vides qui manquent, dont beaucoup appartiennent à la mairie. C’est ce qu’entendaient démontrer la semaine dernière des soutiens en en ouvrant un. Les flics embarquèrent alors 5 personnes dont deux Roms mineurs, qui toutes passeront la nuit en GAV, avec à la sortie une plainte de la mairie pour dégradations.

 

Impossible de rester indifférents à cette situation. Le plus important n’est pas de démasquer les usurpateurs qui nous servent d’élus, mais de mettre à disposition de ces familles un toit. L’hiver approche sensiblement.

 

Rassemblons-nous ce vendredi 15 octobre à 14h devant la mairie de Montreuil, le plus nombreux possible.

 

 Indymedia Paris, 14 octobre 2010.

 

 

Les copains arrêtés à saintDenis déférés ce soir

 

Suite au blocage du lycée Paul Éluard ce matin à SaintDenis une manifestation dans le centre-ville se solde par une quinzaine d’interpellations. Au moins 3 personnes ont été déférés ce soir et passeront probablement en comparution immédiate demain à 13h à la 17e chambre du TGI de Bobigny. Soutien bienvenu !


 Indymedia Paris, 14 octobre.

 


Squats expulsés à Montreuil - Lycées bloqués et flashball dans la gueule

 

Rassemblement treize heure devant la mairie de Montreuil. Déjà, les adjoints de la maire Verte appellent les lycéens à rentrer jouer à la playstation ; celle qui emploie des milices canines pour expulser les Roms. Elle a fait un communiqué pour dénoncer «l’usage disproportionné de la violence policière». Tactique politicienne et cogestionnaire pour encadrer la rage. «Vos élus vous ont entendu, cette affaire ne restera pas lettre morte.» La démocratie ne paie pas. La mairie a failli être investie. Accrochage avec les vigiles. Bon an mal an, comme on dit, un rassemblement s’est tenu.

 

Manif sauvage. Porte de Montreuil : le centre commercial est pris d’assaut. Tremblez marchandises ! Quelques heurts avec les vigiles et la grille de Carrefour ; ça tape dans toutes les vitrines. Ça effraie marchands et clients. On ressort vite histoire de pas se faire prendre au coup, les keufs nous guettent. Direction le périph, les flics courent dans tous les sens sur le rond point pour en empêcher l’accès. Caillassage. On se dirige vers Paris. Quelques civils au loin qui s’enfuient. Ça retourne des barrières de chantiers. Fusées sur les flics qui suivent. Ce qui leur fait particulièrement peur et reculer. Outil stratégique. Quelques rues adjacentes et dispersion Aucune arrestation semble-t-il. RDV 11h vendredi matin, mairie de Montreuil.

 

À Paris. Manif jusqu’au Medef lycéenne et lycéen. Il n’y a pas grand monde par rapport au nombre de lycées bloqués sur Paris. À vrai dire, c’est une manif encadrée par les syndicats, essentiellement Unef et UNL, avec leur cortège de slogans contradictoires et débiles que l’on connaît habituellement, dictés au mégaphone par des gestionnaires en herbe. Nous prenons acte de l’ennui notoire que ce type d’organisation inocule dans la lutte. Du Medef, la manif se dirige vers Luxembourg. Devant la gare Montparnasse, il est question d’aller bloquer la gare. Mais grâce au SO de l’Unef, parrainé par l’UNSA, qui s’interpose la manif ne détourne pas son parcours improvisé avec les flics. Ce SO est largement dépassé par une masse «d’indépendants» (le Parisien) qui aux cris de «UNEF-MEDEF, même combat» s’oppose physiquement à l’autorité physique. S’en suit une petite baston sans conséquence. Mais nous savons qui sont les traîtres. Arrivés à Luxembourg, fin de l’UNEF.

 

Manif sauvage, tout le monde est là, même des petits buros de l’UNEF, mais cette fois, ils sont davantage polis et même deviennent sympathiques. Peut-être parce qu’ils n’ouvrent plus outrancièrement leurs gueules pour débiliter. La manif passe par le Pont Neuf après avoir esquivé un feinte des flics pour se faire serrer devant le Palais de Justice. On est peut-être mille. Nous ne sommes ni assez offensifs ni assez rapides pour passer la Rue de Rivoli, où les CRS nous ont pris de court et ont bloqué. Comme des petits moineaux, nous avons bifurqué alors qu’on aurait pu au moins passer la ligne de bleus. Nous prenons quelques détours et dispersion au niveau des Halles. Pas d’arrestations.

 

Soutien avec les camarades arrêtés. Offensive ! 

 

 Indymedia Paris, 15 octobre.

 

 

Manif devant le Medef

 

Environ six-cent personnes, en grande majorité des lycéens, se sont rassemblées devant le siège patronal. Enfin pas vraiment devant, parce que les patrons étaient protégés par une véritable barricade policière (barrière anti-émeute) qui barrait plus de la moitié l’avenue Bosquet. Candidement certains manifestants ornés de drapeaux de l’Unef et du Parti de gauche ont alors formé une chaîne humaine afin de protéger à la fois la police et le siège des exploiteurs, d’éventuels assaillants…

 

On est restés plantés là une petite heure puis on est partis dans une petite manif improvisée et tolérée par les keufs jusqu’au Sénat. Arrivés à Luxembourg, on a continué à manifester à une centaine, sauvagement et au pas de course cette fois, pourchassées par des dizaines de si-vils et de Crs, on a réussi à passer la Seine et on s’est évaporés vers les halles. Après les flics couraient partout dans le vide, des Crs bloquaient des rues où nous étions pourtant passés depuis plusieurs minutes. La confusion régnait dans la maison poulaga. C’était assez rigolo.

 

Grève générale jusqu’à la retraite ! 

 

Indymedia Paris, 14 octobre.

 

 

Comment une manif lycéenne orgas/flics se transforme en manif sauvage

 

Ce jeudi 14 octobre 2010, devait se tenir devant le MEDEF à Paris, à 15H30, une manif de lycéens, en pleine effervessence lycéenne, étant donné tous les blocages et manifs d’aujourd’hui. Ce fut épique !

 

14h30, les premiers groupes de lycéens/ennes sortent du Métro École Militaire ; ils sont pris en charge aussitôt par un flic en civil et une femme badgée de pied en cap, qui, avec des «C’est par là, les jeunes» pleins d’autorité, les orientent vers… la Tour Eiffel !!! Et oui ! On zappe le MEDEF, qui est pourtant là, bien visible dans l’Avenue Duquesne, encagé par les camions-grilles… Les civils, mine de rien, siègent en plein milieu du trottoir et de l’Avenue, décourageant toute éventuelle velléité d’aller plus loin… Mais, de toutes façons, le cœur n’y est pas, et les lycéens-moutons de Panurge suivent docilement leurs deux guides jusqu’à la Place Joffre (Puisqu’on vous avait dit école «militaire» !!! )… Mais, ils sont si jeunes !

 

Nos guides vont emmener comme ça tous les groupes là-bas, les uns après les autres. Quand, une heure plus tard, le bouchon, poussé trop loin, va commencer à céder… Les 1500 lycéens environ, vont envahir subitement, et dans un grand chahut, la route, abandonnant la Tour Eiffel, et semblant se rappeler où se trouve le Medef… Retour en arrière… Mais les orgas veillent, mettent en place un cordon SO comme des grands ; et celui-ci freine tant et plus la progression des lycéens ; comme si approcher le MEDEF était de la plus haute dangerosité. D’ailleurs, ils bloqueront tout le monde 50 mètres avant la limite imposée par les flics eux-mêmes.

 

Donc les Orgas n’ont confiance ni dans les flics ni dans les lycéens ; et de plus, imposent aux lycéens des mesures beaucoup plus draconiennes que la Police elle-même !!! Ils réussiront à maintenir les lycéens dans ces étroites limites jusqu’à la dispersion… Jamais une fois, on n’entendra un simple «À bas le MEDEF» qui aurait bien été le minimum «syndical» !!! Les lycéens, pas terrible d’inspiration, s’en tiendront à un «La retraite à 60 ans !» répété mille fois…

 

Une première tentative de manif sauvage lancée par les plus dynamiques, et sans doute moins encartés, va échouer. La manif va partir dans la direction de Montparnasse, selon l’itinéraire Orgas/police… Arrivés Place Montparnasse, une nouvelle tentative de sauvage, direction la Gare, rue de l’Arrivée, va échouer, elle aussi, lamentablement. Un petit groupe part dans la rue de l’Arrivée en appelant les copains… Aussitôt, un étudiant encarté s’interpose et vient les sermonner : «Ça va pas ! Les Cheminots sont en grève depuis trois jours ! On va pas aller dans la Gare !!!» Silence dans la salle… Il ajoute, finaud : «Les flics sont derrière nous ! Ils vont nous arrêter !!» Et cette fois, ça marche… Retour sur le parcours Orgas/flics, Boulevard de Montparnasse.

 

Là, nouvelle tentative de partir dans une petite rue à droite… À nouveau les Orgas reprennent tout en mains… Avec des frictions. On en vient aux mains ! Des cris fusent : «Unef-Medef… Co-lla-bos !!!» partout, les orgas interviennent avec des «C’est par là» autoritaires… pour finir par emmener tout le monde au bout de cette Odyssée : Place du Luxembourg, bien cernés par les keufs. La voiture des orgas s’éloigne en crachant dans son micro des «Rendez-vous pour les Retraites, telle date, etc.» Alors, un immense cri s’élève de la foule, ponctué de sifflets et de «Houeee !!!» avec des doigts levés sans équivoque… «Ils vont essayer de prendre Soufflot» dit un keuf… Soufflot est plein d’armures et de matraques… C’est pas pour cette fois…

 

La manif sauvage peut commencer… direction Saint-Michel, d’abord… Avec des «À bas l’État, les flics et les Patrons !!!» et «À bas le Salariat !» «Plus de travail du tout !!!» qui sont un autre programme… Pont Saint-Michel, un flic en uniforme fait signe aux manifestants d’avancer sur le Pont… Méfiance…

 

Tout le monde préfère tourner à gauche… et traverser la Seine sans encombres, sur le pont plus loin… Mais les civils ont tuyauté les convois par téléphone, et Rue de Rivoli, à quelques mètres près, c’est le Clash !

 

Les Robotcops tombent des camions, hargneux, et bloquent quasiment tout le monde… Reflux vers Châtelet… Le groupe est coupé en deux… Un dernier effort sur le Boulevard Sébastopol, et tous décident de se disperser. Fin de l’épisode ! Où l’on a vu d’étranges manipulations et des stratégies de libération s’imposer non sans mal, mais radicalement tout de même.

 

Indymedia Paris, 14 octobre.

 


Publié dans Colère ouvrière

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