Les étudiants sont des flics ?

Publié le par la Rédaction

Boutons les étudiants hors des facs !

À Lille, l’AG a voté la nécessité d’avoir sur soi sa carte d’étudiant pour participer à l’AG, à Clignancourt, les anti bloqueurs débarquent armés de barres en fer et de gazs lacrymos. Tandis que le mouvement étudiant grossit et se renforce, la réaction s’organise et se prépare. Nous devons nous attendre dès maintenant à devoir répondre à ces attaques.

Depuis quand faut-il avoir sa carte pour participer à une lutte sociale ?

Les étudiants précaires et étrangers obligés de cumuler deux emplois pour survivre, les prostituées qui se battent contre les perpétuels harcèlements policiers, des collectifs de sans-papiers dont la vie est en jeu, les cheminots en lutte depuis un siècle, le personnel technique de la Fac soutraité à bas prix par des boîtes de nettoyage, autant de personnes qui ont sans doute bien plus de légitimité de participer à une occupation qu’une poignée d’étudiants petits-bourgeois pris jusqu’au cul par leurs angoisses d’échec, incapables de se cultiver par eux mêmes et qui sont prêts à se battre pour défendre l’institution qui les opresse. Nous avons à faire en sorte que les Facs soient des espaces inhospitaliers pour ceux qui veulent détruire notre force d’émancipation, elles doivent être des lieux de convergence pour tous ceux que la société exploite et humilie.

Alors que partout se multiplient les dispositifs de contrôle, qu’à Lyon la Fac est truffée de caméras et entourée de grilles, que des camarades se font évacuer par les flics au sein même de Facs cloturées et vigilées, que Tolbiac est entourée par les CRS, voilà que maintenant ce sont les étudiants eux-mêmes qui se mettent à faire le boulot de la direction de la Fac et des flics en coupant volontairement le lien avec l’extérieur !

«En milieu d’aprés midi (hier), des anti bloqueurs munis de barres et de gaz ont penétré la Fac de Clignancourt en forcant ou escaladant les entrées et ont répendu des gaz lacrymogènes dans l’amphi où se déroulait l’AG, en lieu clos et ont renversé ce qu’ils pouvaient sur leur passage jusqu’à être maîtrisés…»

Aucune hésitation maintenant à répondre à la provocation par l’auto-défense, il en va de l’avenir même du mouvement. Nous devons former des groupes de protection, clôturer les AG, nous devons nous protéger par n’importe quel moyen de l’intrusion de la droite dans un mouvement qui ne lui appartient pas.

La démocratie pacifiée fait oublier à beaucoup (mais pas à l’UNI apparemment) que la politique, c’est d’abord le conflit, c’est l’affirmation de notre puissance d’agir contre toute forme de pouvoir. Refuser le conflit dans la situation présente c’est se ranger du côté de l’ordre, ne pas prendre parti c’est s’engager du côté des flics.

Ceux qui nous empêchent de partager autre chose qu’un banc et un couloir, de reprendre en main nos vies, de faire en sorte que la Fac soit un lieu stratégique offensif, ceux là sont du côté du pouvoir et de la réaction. Avec eux, il n’est pas question de s’entendre : où ils sont avec nous, ou ils sont contre nous.

Les étudiants sont des flics ? Boutons les étudiants hors des facs !

Rebellyon, 9 novembre 2007

Publié dans Colère ouvrière

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