Soutien aux squats & alternatives genevoises

Publié le par la Rédaction

CherEs amiEs,
   
Pensant qu’il est URGENT d’intervenir face à la répression de plus en plus violente des squatters, un groupe d’anciens squatters et d’autres personnes concernées s’est formé pour rédiger la lettre ouverte ci-dessous et pour organiser une présence solidaire lors de la prochaine occupation, pour freiner la répression.
    Ayant pris contact avec les squatters, nous avons découvert qu’ils avaient déjà rédigé une plate-forme de soutien. Toutefois, de la discussion, il est ressorti que cela ne faisait pas double emploi. Au contraire, que des groupes sociaux divers souslignent leurs raisons spécifiques pour soutenir les occupations ne peut qu’enrichir et renforcer le soutien.

Donc nous proposons :
— De faire circuler le plus largement possible la plateforme de soutien général aux squatters et notre lettre ouverte, pour signature. Il faut faire vite. Délai, une semaine, environ.

— Que ceux et celles qui veulent rejoindre notre groupe nous transmettent leur numéro de téléphone mobile, pour qu’on puisse vous contacter rapidement. (Si vous êtes d'accord de nous rejoindre, mais ne pouvez pas avoir votre nom dans les médias, dites-le nous !)


— Que ceux qui auraient un point de vue différent sur la question (d’artistes, de femmes, de travailleurs du social, d’urbanistes ou militants pour le logement, de syndicalistes, de personnes concernées par les droits de la personne, de politiques…) rédigent, le cas échéant, une lettre ou quelques lignes pour expliquer leurs raisons de signer la plate-forme générale.


— Dans la mesure du possible, tenez-nous au courant de vos initiatives et contacts pour éviter les doublons et savoir un peu quand nous serons prêts.


— À moyen terme : les squatters proposent de convoquer une «Assemblée des Mal-logés», avec toutes et tous qui cherchent un logement, qui paient trop cher, qui voudraient se loger autrement, etc., pour réfléchir et se solidariser aussi aux autres revendications et formes de lutte pour la ville.

O et G
Genève, 9 septembre 2007

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Lettre ouverte au peuple de Genève, aux autorités et aux médias

Alors qu’on cherche à discréditer et réprimer de façon de plus en plus violente les squatteurs, nous pensons qu’il est urgent d’intervenir. Face à l’avalanche de bêtises qui se disent sur les squats et l’immobilier à Genève, nous devons prendre position aux côtés des jeunes squatteurs, assez courageux pour poser le problème social aigu du logement et de la spéculation immobilière avec leur mouvement des occupations des locaux commerciaux laissés vides, et combattre l’escalade des violences policières.
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On ose dire que les squats ne se justifient plus puisqu’«il n’y a plus de spéculation». Avec moins de 0,2% de logements disponibles, les spéculateurs nous tiennent tous … par le cou. Malgré les freins légaux, les loyers ont augmenté de 55% depuis 1990. Il y a des gens qui vivent dans des caravanes ou des yourtes, d’autres qui payent des sommes exorbitantes à des chasseurs d’appartements. Et évidemment, les jeunes (qu’un rapport fédéral vient d’identifier comme le secteur le plus appauvri) sont les plus acculés à ce mur.
    Pas de spéculation ? C’était dans les années nonante, quand la dernière bulle avait éclaté, que la spéculation s’était un peu calmée. Maintenant, «le marché» repart de plus belle (l’immeuble occupé boulevard J.-Dalcroze a presque quadruplé de prix en moins de quatre ans !). Les véritables parasites nous démontrent une fois de plus leur incapacité foncière de résoudre ce problème social. C’est simple : si les espaces à construire sont limités, l’augmentation du nombre d’
«investisseurs» ne va pas multiplier les terres à bâtir ! Non, ceux-là ne vont que faire monter le prix final du logement. C’est pourquoi cela nous est utile à tous, si les squatteurs découragent un peu la spéculation. Et si, par leur action, ils empêchent au moins quelques immeubles d’être convertis en articles de luxe, c’est déjà ça de gagné. Pour les riches, il y a déjà assez de place !
    Il faudrait que les autorités interviennent, par exemple pour contrôler les prix — ou mieux encore — pour municipaliser le sol. Dans l’immédiat, ils pourraient offrir des contrats de confiance aux squatteurs, mettre à disposition leurs terrains pour des coopératives (au lieu de les fourguer au privé) et appliquer enfin la loi qui permet de réaffecter au logement les immeubles vides convertis en bureaux, en suivant ainsi l’exemple des squatteurs !
    Au lieu de cela, M. Moutinot, ancien responsable de l’ASLOCA, préfère appliquer la «loi» de la tolérance zéro, celle d’une droite qui lorgne vers son extrême. Et même, M. Moutinot, ancien militant des droits de l’homme, permet à sa police de lancer des gaz dans une salle de 200 personnes, au risque de provoquer un drame, plutôt que de laisser les squatteurs en place, ne serait-ce que quelques heures. Même les responsables de droite avaient eu une attitude plus … responsable.
    Visiblement, M. Zappelli et la droite dure pensent avoir intérêt à provoquer l’affrontement et une escalade de violence. Ils cherchent à stigmatiser des secteurs entiers de la population, à nous diviser. Les squatteurs seraient des parasites, tout comme les chômeurs, les fonctionnaires, les étrangers, les bénéficiaires de l’assistance ou de l’AI. C’est dans l’air brunâtre du temps. Et un Conseil d’État «de gauche» laisse faire !

    Nous appelons au contraire à une réaction solidaire. Voilà trente ans que les squats contribuent à la lutte contre la spéculation et à la préservation des espaces de vie populaire à Genève.36505.jpg Ensemble, avec les mouvements de locataires, ils ont sauvé tout le quartier des Grottes et l’Ilot 13 ; ils ont préservé des logements abordables et des espaces verts à la Servette, à saintGervais, aux Pâquis, etc. Ils ont été à l’origine d’espaces culturels comme l’Usine, le Grütli et Rhino. Enfin ils ont inspiré des lois de protection des locataires. Aujourd’hui, ils soulèvent de nouveau le scandale des hectares de bureaux vides, en invitant chacun à se mobiliser à sa façon. Une fois de plus, ce sont les squatteurs qui osent contester aux propriétaires le droit de décider seuls comment l'espace de notre ville doit être utilisé et comment on va pouvoir y vivre. Que les locataires et leurs organisations, que la gauche, et tout simplement les gens de bonne volonté y répondent et exigent de nos autorités des actes concrets et positifs face à ce problème social urgent, à la place de ce déni violent !
    C’est pourquoi nous vous invitons à signer cette lettre ouverte et la plate-forme des squatteurs ci-dessous et à nous rejoindre pour soutenir leur prochaine action.

Des ex-squatteurs, des locataires, des habitants solidaires de Genève

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Plate-forme

Réagissant à la vague de répression qui s’est traduite brutalement, ces derniers mois, par l’expulsion et la destruction de la maison Blardone (boulevard saintGeorges), puis dernièrement par les expulsions des squats de la Tour et de Rhino — jetant leurs habitant-e-s à la rue alors que sévit une crise du logement sans précédent, mais faisant aussi disparaître les différentes activités collectives qu’ils abritaient — nous affirmons notre désaccord face à la tentative d’aseptisation de Genève. Nous nous opposons à ce nettoyage politique, social et culturel qui tente de déplacer les quartiers populaires en périphérie et d’imposer un centre ville se limitant à offrir des logements de luxe pour des privilégiés et une vitrine impeccable de consommation destinée aux clients des banques et des bars-lounge. Nous appelons au contraire à préserver des espaces proposant la construction d’alternatives, d’autres modes d’habitat, de vie, d’échanges et de créativité.
    Nous manifestons notre inquiétude face à la menace imminente pesant aujourd’hui sur plusieurs maisons occupées, tels que l’immeuble de l’Arquebuse, les Tulipiers et Artamis. L’État, par la voix de son procureur Daniel Zappelli, a déjà annoncé sa volonté d’aller jusqu’au bout de cette logique d’éradication des squats. Nous nous opposons à la poursuite de ce «nettoyage» et affirmons notre soutien aux habitants et aux autres personnes investies dans ces lieux.
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    Nous soutenons enfin les initiatives visant à ouvrir, dans des lieux vides et laissés à l’abandon, de nouveaux espaces d’habitat, d’expérimentations, d’échanges et d’apprentissages pouvant abriter les personnes et les activités qui, mises à la rue, n’ont aujourd’hui plus de toit : la crèche autogérée, la bibliothèque-infokiosque, les divers ateliers, la scène de la Cave 12, ainsi que les différentes propositions culturelles et sociales qui verront le jour demain. Il est essentiel que subsistent ces espaces d’autonomie et de différences qui, depuis plusieurs décennies à Genève, perpétuent un savoir-faire collectif et représentent autant d’îlots de résistance à la logique marchande et à l’uniformisation du quotidien.



À suivre !
Nouvelle occupation le 22 septembre
Lettre ouverte & plate-forme de soutien
Dernières heures de l’Arquebuse
Ça va continuer…
Expulsion du squat du boulevard Dalcroze
Du flagrant délit au flagrant délire !

Manif anti-expulsions du 28 juillet : Rebellyon / presse bourgeoise / Indymedia

Évacuation de la cave12 et du Rhino

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