Une âme de résistance dans l'air

Publié le par la Rédaction

«Il faut montrer qu’il y a une opposition, qu’il y a des gens qui n’acceptent pas ce genre de discours. Et que le drame c’est de s’habituer, c’est de tolérer ce genre de choses, qui mènent à une fracture sociale des plus scandaleuses.»
Michel NÉMITZ, coopérateur d’Espace Noir à saintImier,
interview diffusée dans le journal de la TSR le 28 août 2007.

Je ne sais pas si tu as lu une feuille de chou sur ce qui s’est déroulé hier soir à Reconvilier, mais on était une petite centaine. On se croirait en France — face à Le Pen et au FN. Première surprise. Deuxième surprise, l’originalité du collectif, sans réelle organisation au préalable. M., ne voulant pas stagner devant le bâtiment accueillant le porc, est partie par les champs pour passer derrière. La moitié du mouvement l’a suivi et l’autre est restée sur place. Par une simple volonté personnelle, l’organisation des forces répressives équipée, s’est trouvée chamboulée. On s’amusait à les faire aller à gauche, à droite, à créer des trous dans le dispositif… On s’est même retrouvés seuls avec M. 10 grenadiers casqués étaient là pour nous. Je me suis rendu compte que rester groupés était un piège à notre encontre. Et on rigole à leur montrer que ce sont eux les plus bêtes. Il faut noter que l’ambiance était plus au pacifisme. Bien sûr, les médias (voir ci-dessous) ont balancé que les premiers actes agressifs, en l’occurrence des jets de pierres, venaient des manifestants. Les jets de pierres sont venus d’un garçon qui, après avoir vu son amie de 16 ans se prendre des coups, s’est gentiment pris un spray de poivre, projetant à 3 mètres, en plein visage. Il était situé à trente centimètres du spray !
    Mais qu’est-ce qu’on a rigolé.
D’un de nos correspondants, le 28 août 2007.
Raus.jpg« Une centaine de personnes ont manifesté bruyamment lundi soir à Reconvilier (BE) contre la présence de Christoph Blocher. Le discours du conseiller fédéral n’a pas été perturbé mais quelques incidents ont éclaté lorsque le public aquitté la salle.
    Plusieurs dizaines de policers anti-émeute ont dû repousser les manifestants altermondialistes pour permettre au public de quitter le bâtiment où M. Blocher donnait un discours dans le cadre des élections fédérales. Les participants ont été conspués par les manifestants. La police a dû faire usage de spray au poivre et quelques pierres ont volé.
    Mais la situation a failli dégénérer lorsque des militants pro-bernois ont harangé les altermondialistes, parmi lesquels des Jurassiens, aux cris de “Ici c’est Berne !” La police a dû s’interposer en force pour éviter des débordements. Après un face-à-face tendu, les altermondialistes ont finalement quitté le quartier.
    Le conseiller fédéral a pu quitter le bâtiment sans incident après deux heures de discours et de débat. La police bernoise avait déployé un très imposant dispositif pour assurer la sécurité de la manifestation publique. Des dizaines de policiers avaient bloqué l’accès à la salle des fêtes de Reconvilier.
    Aux cris de “Justice nulle part, police partout”, les manifestants ont tenté de perturber la réunion. Hormis les incidents à l’issue de la conférence, la manifestation a été pacifique.
    La venue de Christoph Blocher ou de l’UDC dans l’Arc jurassien ces dernières années a souvent suscité des contestations. Lors du Marché-Concours de chevaux à Saignelégier (JU) en 2005, la police jurassienne avait dû se déployer en force pour contenir plusieurs centaines de manifestants.
    Toujours en 2005, 250 personnes avaient chahuté l’assemblée des délégués de l’UDC à La Chaux-de-Fonds (NE). L’année suivante, les autorités de Bassecourt (JU) avaient refusé que l’UDC tienne son assemblée extraordinaire dans la commune de crainte de violents débordements après un appel à manifester.»ATS, 28 août 2007.

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