12 octobre : Contre l'exploitation, bloquons l'économie !

Publié le par la Rédaction

«C’est la crise et vous voulez durcir la grève ? Ça va vous coûter cher…»

 

Directions syndicales, patronat et gouvernements de droite comme de gauche, partagent le même sens des responsabilités. Au nom du «réalisme économique», on devrait accepter la nécessité d’une exploitation toujours plus dure. Voilà l’arme idéologique qu’on renvoie systématiquement à la gueule de quiconque se rebelle contre ce système.

 

«C’est la crise et vous voulez bloquer l’économie ? Faudra assumer les licenciements…»

 

Au nom de ce genre de fausses évidences, certaines directions syndicales ne réclament même pas le retrait de la réforme. D’autres, pour des raisons tactiques, demandent le retrait, mais refusent de s’en donner les moyens par l’instauration d’un vrai rapport de force : par la grève générale, le blocage, le sabotage, etc. Les syndicats, prétendant parler au nom des travailleurs, ont une fonction : cogérer cette société de classe par la négociation et la médiation.

 

Aujourd’hui, le devant de la scène est occupé par les centrales syndicales qui tentent par tous les moyens de contrôler et d’endiguer la contestation, tout en monopolisant les grandes lignes de la revendication. Empêcher un durcissement de la lutte est un enjeu majeur : il ne se passe pas un communiqué de Chérèque et Thibault sans qu’ils ne rappellent leur crainte d’un emballement des conflits.

 

En effet, nombreux sont les travailleurs qui, passant leur vie à se tuer au turbin pour les patrons, ne veulent pas se battre seulement pour conserver les miettes que les bourges leur laissent. Nombreux aussi sont ceux qui ne sont pas directement concernés par la réforme : Rmistes et sans-emplois, travailleurs intermittents, sans-papiers, lycéens ou étudiants à qui le marché du travail ne permettra pas de cotiser les annuités nécessaires, retraités touchant une pension de misère, etc. et qui pourtant entendent bien apporter leur contribution au mouvement naissant. Nous sommes nombreux à attendre d’un mouvement social plus qu’un aménagement d’une énième loi, ou même son retrait. À vouloir qu’un véritable rapport de force s’instaure au-delà des grève-kermesses qui s’expriment dans la rue entre Répu et Nation.

 

Depuis le début des mobilisations, alors que les médias s’obstinent à nous rabâcher la misérable lutte des chiffres, un certain nombre d’initiatives fleurissent à travers le pays en marge des «défilés unitaires».

 

Ainsi, lors de la précédente journée de grève, le 23 septembre :

 

À Amiens, les salariés de la zone industrielle nord bloquent leur lieu de travail toute la journée, alors que des opérations escargots sont menées dans toute la région.

 

Dans la région nantaise, des travailleurs bloquent les routes pendant que des manifestants murent la permanence UMP de Basse-Goulaine.

 

Aux environs de Cholet, le Comité de Lutte pour les Retraites (CLR) mène une opération péage gratuit sur l’A87.

 

À Saint-Nazaire, des manifestants remontés s’affrontent violemment avec la police.

 

Cette même semaine du 23 septembre, à Marseille, sont lancés plusieurs mouvements de grève reconductible : cantines, caissières de supermarchés, etc.

 

À Fos-sur-Mer, les agents des terminaux pétroliers sont en grève depuis quinze jours. Ils ont été rejoints depuis le 7 octobre par les dockers et agents portuaires.

 

Le 1er octobre, les infirmiers anesthésistes bloquent les Champs Élysées.

 

Des assemblées générales avec pour point de départ l’auto-organisation se sont tenues, par exemple les AG interpro à Gare de l’Est à l’initiative de quelques cheminots et enseignants, et des «AG pour une grève offensive». Dans ces AG s’organisent des gens qui partagent la volonté d’agir en-dehors des directions syndicales et au-delà des séparations catégorielles (travailleurs, chômeurs, précaires, public/privé).

 

Et, nouveauté du mois d’octobre, des lycéens se joignent avec fracas aux hostilités. 80 lycées bloqués en deux jours, ce n’est pas un luxe…

 

Sans des initiatives qui dépassent le cadre institutionnel, sans une grève débordant les directions syndicales, il n’y aura pas de rapport de force donnant naissance à un véritable mouvement social. Mouvement où les luttes corporatistes sont dépassées, où les bureaucrates perdent pied, où les actions menées répondent à des préoccupations plus larges que la seule question des retraites, où la lutte ne se limite pas à défendre de prétendus acquis.

 

En gardant à l’esprit le chemin qui reste à parcourir, organisons nos colères.

 

Il y a à prendre bien plus que ce qu’on veut nous laisser !

 

Le 12 octobre, rendez-vous pour un cortège à 13h à l’église Notre Dame des Champs à l’angle de la rue Montparnasse et du bd Montparnasse. 
Le 13 octobre, AG interpro à 17h à la Bourse du Travail, métro République.

 

Indymedia Paris, 9 octobre 2010.

 


Publié dans Colère ouvrière

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