12 octobre : "Chers compatriotes..."

Publié le par la Rédaction

Chers compatriotes,

 

Le gouvernement cherche à tout prix à sauver le modèle social français, le plus protecteur au monde, que le monde entier nous envie. Lui seul a une vision d’ensemble du bien commun et le courage de s’attaquer aux vrais problèmes. Et le voilà contraint de s’affronter à un conglomérat de corporatismes qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez.

 

Examinons les choses de près.

 

De mauvaises langues prétendent que la réforme des retraites représente :

— L’équivalent de douze jours de salaire en moins par an, 
— Une perte de 20% de pouvoir d’achat pour les retraités,
— Deux ans de travail supplémentaire au moins.

 

Mais il faut bien voir que, malgré les réformes de 1993, 2003 et celle des régimes spéciaux de 2007, le trou est toujours là. Il s’agrandit même. Certes, ceux qui partent à la retraite aujourd’hui touchent déjà 20 à 30% de moins que ceux qui sont partis au début des années 90, mais cela ne suffit pas. Il faut faire vite, et réduire un peu plus les montants des pensions. Certes, ça va faire grossir le nombre de chômeurs âgés (ceux qui, déjà licenciés, ne pourront pas faire jouer leur droit à la retraite) et jeunes (ceux qui n’auront pas les postes des vieux qui auraient pu partir), et l’augmentation du chômage ne pourra que tirer vers le bas les conditions de travail et les niveaux des salaires. Mais c’est le prix à payer pour la nécessaire adaptation à la mondialisation. Ceux qui auront le privilège de conserver un boulot travailleront plus, gagneront moins et se paieront un fonds de pension privé pour leurs vieux jours, comme dans les pays civilisés.

 

Dans la caisse de la branche santé de la Sécurité sociale, il y a aussi un trou qui ne cesse de grandir. 11 milliards : c’est énorme ! C’est vrai que si l’État lui reversait ce qu’il lui doit (taxes sur le tabac et sur l’alcool, sur les industries polluantes, une partie des vignettes et de la TVA, une compensation pour les contrats aidés) et si les entreprises en retard de paiement faisaient de même, elle aurait 9 milliards… d’excédent. Mais il faut penser à l’achat des prochaines doses de vaccin pour la grippe H1N1, à la grippe aviaire, à l’éternel gaspillage des Français…

 

C’est vrai que, malgré l’effort acharné du gouvernement, le chômage ne cesse d’augmenter. Mais c’est passager, la crise est finie (ou presque), même si personne ne veut y croire. Il suffit d’attendre encore un peu. Et si la précarité augmente elle aussi, c’est bien pour lutter contre le chômage, non ?

 

Et l’insécurité, ça c’est un vrai problème. Car, bien que l’ancien ministre de l’Intérieur soit entre-temps devenu président, que le Parlement n’ait eu de cesse de voter des lois sécuritaires plus répressives l’une que l’autre, les voyous n’arrêtent pas de voyouter et l’insécurité a toujours une longueur d’avance sur les efforts des législateurs… Une seule solution : faire confiance à l’homme que nous avons placé à la tête de l’État. L’insécurité de l’emploi et des revenus, c’est hors sujet.

 

Ce qui est en jeu, n’est-ce pas au fond un vrai modèle de société, touchant à toutes les formes de la vie en commun ? Jusque-là l’urgence a empêché le gouvernement de faire une pause pour tirer un bilan. Mais le président et ses hommes au gouvernement sont des hommes d’honneur, on peut leur faire confiance. Le patronat par exemple leur fait confiance, car le travail accompli est remarquable. Tout le monde peut en voir le résultat : de réforme en réforme, la France se rapproche chaque jour du modèle des États-Unis. Même si c’est le pays qui a la plus forte proportion de détenus et le plus fort niveau de violence, là-bas on ne s’ennuie pas. On bosse : les salaires baissent, les vieux sont de plus en plus pauvres, les heures de travail augmentent, ainsi que la productivité, et donc les gains à distribuer aux patrons et aux actionnaires. Chez nous, il aura fallu vingt ans pour faire passer 10% du PIB des salaires aux profits. Il faut accélérer la cadence, la crise nous l’impose !

 

Car c’est bien la crise qui a contraint le gouvernement à s’attaquer courageusement aux pensions, en cessant de prendre des gants (commencer par le privé, passer ensuite aux fonctionnaires, puis aux régimes spéciaux…). C’est pourquoi tous les corporatismes du pays se sentent autorisés à se mettre en grève, à prendre en otage la population responsable, et parlent d’une riposte qui pourrait bloquer désastreusement le train de réformes qui restent à achever, sur la Sécurité sociale, les services publics, la réduction du nombre de fonctionnaires, la privatisation de l’éducation et de la santé… Les syndicats se sont toujours montrés responsables, au fond. Le danger ne vient pas de là, mais des extrémistes qui invitent à «prendre ses affaires en main», sans les déléguer à personne, par le biais de comités de grève et d’assemblées générales. Et qui prétendent se mettre en grève le 12 octobre et reconduire ça jusqu’au retrait du projet.

 

Le gouvernement doit tenir bon, et pour cela il a besoin de notre soutien.

 

Sarkozy peut faire mieux que Juppé !

 

Ne pas jeter sur la voie publique - faites-moi circuler.

 

Collectif Mamie Zinzin

 

Ce tract «chers cons patriotes» a été diffusé hier dans les rues de Paris alors que des sonos syndicales faisaient entendre des «les Français ne veulent pas travailler plus mais travailler tous» et que le gouvernement se propose de rendre impossible la double nationalité pour les futurs naturalisés… — CIP-IDF.

 


Publié dans Colère ouvrière

Commenter cet article