11 octobre : Flics contre lycéens à saintMaur

Publié le par la Rédaction

Retraite : Le coup de force des lycéens à saintMaur-des-Fossés (Val-de-Marne)

 

Une centaine d’élèves ont tenté hier de bloquer le lycée Gourdou-Leseurre à Saint-Maur. Des échauffourées ont éclaté avec la police.

 

 

Hier, devant le lycée technique Gourdou-Leseurre, boulevard de Champigny à Saint-Maur, les feux de poubelles ont bien pris. Pas les manifestations. Vingt-quatre heures avant la journée nationale de mobilisation contre la réforme des retraites, alors que l’implication lycéenne pourrait conditionner la pérennité du mouvement, quelques lycéens des lycées Gourdou-Leseurre à Saint-Maur, Langevin-Wallon et Louise-Michel à Champigny ont déclenché les hostilités.

 

Aux alentours de 8 heures hier matin, sous l’impulsion de quelques leaders militants bien connus dans l’établissement, une centaine de jeunes se sont rassemblés devant les grilles. «Ils ont subtilisé les poubelles de l’entreprise Ineo située juste en face et y ont mis le feu, rapporte Jean-Jacques Larousse, proviseur adjoint. Nous avons appelé les pompiers et les forces de l’ordre.»

 

La petite troupe se désagrège au fil du parcours

 

Assez vite, le face-à-face entre «manifestants» et forces de l’ordre s’envenime alors qu’une fumée opaque s’échappe des deux poubelles traînées sur la chaussée. Quelques projectiles fusent en direction des véhicules de police. L’assaut ne reste pas sans réplique : «Ils nous ont gazés, peste Nabil, élève en CAP. Ils nous ont embrouillés !»

 

Les élèves les plus déterminés tentent de bloquer l’entrée de l’établissement en condamnant les grilles à l’aide d’une chaîne. «Nous l’avons fait sauter immédiatement», précise Jean-Jacques Larousse. «De toute façon, personne ne voulait aller en cours», fanfaronne René-Nicolas, élève en bac pro. Vers 10h30, la foule se disperse. Conversant par SMS avec leurs camarades des lycées Langevin-Wallon, Louise-Michel de Champigny et François-Mansart de Saint-Maur, les meneurs conviennent d’un rendez-vous sur le pont de Champigny pour une manifestation. Mais la petite troupe, bien garnie en début de matinée, se désagrège au fil du parcours. Finalement, la manifestation n’aura pas lieu. Un petit cortège envisage tout de même de se rendre à l’inspection académique, avant de renoncer. «Il est facile de les faire sortir du lycée, mais c’est autre chose de les enrôler dans une manifestation, affirme Jean-Jacques Larousse. Un mouvement similaire a eu lieu vendredi. Nous sommes habitués.»

 

Aux abords du lycée, hier en début d’après-midi, une dizaine d’élèves toisent la surveillante qui les a enjoints de rentrer. «Je n’y vais pas», lance Nabil, avant de se justifier par une saillie militante : «Les retraites, c’est important. Il y a déjà beaucoup de chômage, alors si les gens travaillent plus longtemps, ça ne va pas libérer des postes.» Ses camarades éclatent de rire : «Arrête, c’est juste que tu veux pas aller en cours !» Demain, ils n’iront pas à Paris pour manifester. Ils n’iront sûrement pas en cours non plus.

Leur presse (Le Parisien), 12 octobre 2010.

 


Publié dans Colère ouvrière

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