Jeudi 3 avril 2008
Philippe Chouard, Aix, toujours en garde à vue : Rassemblement en cours

Jeudi 3 avril, 13 heures :
Philippe Chouard, membre de l’ASTI et de la CIMADE à Aix-en-Provence, 74 ans, vient dêtre libéré de sa garde à vue après avoir été enfermé près de 20 heures. Motif : il distribuait des tracts appelant à la manifestation de lUCIJ (Unis contre limmigration jetable) pour le 5 avril 2008 à Marseille ; un vigile na pas apprécié, pas plus que des policiers municipaux arrivés par la suite et qui laccusent du classique «outrage à agent».

Philippe Chouard nie catégoriquement avoir été outrageant à l
égard des policiers et il est fort à parier que ce motif en cache un autre : le contenu du tract peu apprécié par les policiers municipaux.

Philippe Chouard sort sans convocation ultérieure devant la justice ce qui en soit montre en partie la méprise de la police. Le rassemblement toute la matinée devant le commissariat et les dizaines de coup de fil indignés de ce qu
il faut bien appeler une atteinte intolérable à la liberté dexpression ny sont surement pas étranger.

Le RESF13 apporte tout son soutien à Philippe Chouard, militant exemplaire et connu pour son sang froid et n
aura de cesse de dénoncer la criminalisation de laction militante et citoyenne.

La solidarité avec les étrangers n
est pas et ne sera jamais un délit.

Réunion de crise le jeudi 3 avril 2008 à 19h30,
27 rue Félibre Gaut à Aix (Aix Solidarité)


Jeudi 3 avril, 10 heures 20 :
Philippe Chouard est toujours en garde à vue à Aix. Le commissariat a dit depuis ce matin qu’il devrait sortir avant midi… Selon lAFP, le procureur est en train de démêler les fils de cette histoire. Cest la police municipale qui a arrêté Philippe Chouard mercredi soir […] La campagne citoyenne visant à prendre des nouvelles de Philippe Chouard et à sindigner de sa mise en garde à vue continue. Téléphone du commissariat : 04 42 93 97 00. Rassemblement toujours en cours devant le commmissariat (avenue de lEurope) où une trentaine de personnes est présente.

Jeudi 3 avril, 8 heures :
Philippe Chouard, membre de l’ASTI et de la CIMADE à Aix-en-Provence, 74 ans, ingénieur retraité de Cadarache, officier de réserve, militant infatigable des droits de l’Homme, et notamment des droits des étrangers, a été interpellé à Aix-en-Provence, le 2 avril 2008 vers 17 heures 30, et placé en garde à vue, alors qu’il distribuait des tracts appelant à la manifestation de lUCIJ (Unis contre l’immigration jetable) pour le 5 avril 2008 à Marseille.

Il est accusé du classique «outrage à agent».

Toute la nuit, des appels téléphoniques solidaires ont inondés le commissariat d
Aix-en-Provence, plus prompt à arrêter les militants des droits de lHomme quà renseigner sur son état de santé. Continuons dappeler : 04 42 93 97 00.

À l
heure quil est (8h), Philippe Chouard est toujours en garde à vue. Un rassemblement a commencé à se former devant le commissariat pour demander sa libération.

Le procureur de la République doit maintenant décider dans la journée de le faire libérer, de prolonger sa garde à vue de 24 heures (!), ou de le mettre sous mandat de dépot (sait-on jamais dans cette République en libertés surveillées ??)

Le RESF13 dénonce cette atteinte intolérable à la liberté d
expression et la criminalisation de laction militante et citoyenne, nouvelle politique dintimidation du gouvernement. La solidarité avec les étrangers nest pas un délit.

Dimanche 30 mars 2008
La répression des personnes s’étant mobilisées contre la loi LRU continue. L’État, la police, la justice veulent mettre au pas tout individu qui se mobilise contre les politiques renforçant la précarité, la misère, la xénophobie.

Mardi 13 novembre, vers 20 heures 30, suite à une manifestation dans laprès-midi, Mathilde Barthélemy a été arrêtée avec Antoine Bureau par les policiers de la Brigade anti-criminalité (BAC). Deux policiers déguisés en civil, sans brassard ni autre signe distinctif, les ont appréhendés violemment dans la rue alors quils montaient dans le véhicule dAntoine.

Pendant quun des policiers menottait Antoine, une autre notifiait à Mathilde de ne pas bouger. Antoine a tenté à ce moment de signaler de vive voix aux passants son arrestation avant dêtre étranglé, aveuglé et insulté par le policier. Pendant ces quelques secondes, Mathilde a souhaité elle aussi signaler cette interpellation en disant : «À larrestation !» La policière a rétorqué : «Ta gueule salope !», elle la giflée, étranglée puis ceinturée pour la menotter sur la voiture de police. Des étudiants alertés sont arrivés sur les lieux des interpellations en criant «Police partout ! Justice nulle part !»

Antoine est sorti de la voiture tiré par son écharpe, le policier le projetant contre le chambranle de la porte d
entrée du commissariat en lui disant : «Tes con, cest tout neuf !» Ensuite, il a été obligé de traverser le couloir entre les policiers en tenue anti-émeute qui lançaient à leur collègue : «Il nest pas assez abîmé.» Derrière leurs casques ils lancent un «Libérez nos camarades» en rigolant et en frappant sur leurs boucliers avec leurs matraques. Celui qui le traîne dit aux autres quil pue. Un gradé en cravate renchérit : «Qui pue à lextérieur pue à lintérieur.» Dehors, six cars de CRS stationnent. Ils «maintiendront lordre» lors dun rassemblement de solidarité quelques minutes plus tard. Mathilde est arrivée peu de temps après Antoine au poste. Elle est sortie de la voiture et poussée en avant par la policière de la BAC qui lui disait : «Tavais quà pas louvrir.» Les policiers en tenue anti-émeute qui se tenaient devant lentrée du commissariat ont lancé à son passage : «Reste mignonne.» Elle est entrée, remarquant au passage Antoine qui était humilié verbalement dans la salle dalcootest. La policière la entraînée jusquà une cellule disolement pour la faire déshabiller et procéder à une fouille. Une fois cela fait, elle la mise en cellule de garde-à-vue.

À ce jour Antoine Bureau n
est pas poursuivi dans la mesure où la police na pas pu prouver quil était responsable de la chute dun policier lors de la manifestation qui a eu lieu dans laprès-midi, bien que les enquêteurs firent appel à la brigade scientifique pour arriver à leurs fins. Par contre Mathilde Barthélemy est poursuivie pour rébellion. Elle est convoquée au tribunal de Tours le 9 avril 2008 à 9 heures.

Mathilde doit être relaxée ! Elle na fait que soutenir un camarade que les policiers voulaient arrêter. Elle a subi des humiliations et des violences policières.

La police n
a pas le droit dinterdire toute publicité lorsquelle agit ; elle na pas le droit dempêcher quiconque de photographier ses interventions ; elle na pas le droit de refouler des personnes pour quelle puisse agir dans lombre sur la voie publique ; elle na pas le droit dempêcher dalerter lorsquune arrestation est en cours ; elle na pas le droit de taper, dhumilier des personnes arrêtées et retenues dans un commissariat. Bien souvent, pour couper court à toutes poursuites à leur encontre, les policiers accusent leurs victimes de les avoir outragés ou de sêtre rebellées.

Nous appelons à un rassemblement pour soutenir notre camarade, dénoncer les méthodes policières et la criminalisation des mouvements sociaux le 9 avril à 8 heures 30 devant le Palais de Justice de Tours.

La Commission anti-répression de Tours
Mercredi 26 mars 2008
Des armes par destination … et des rendez-vous contre la répression

Nous les avons énervés. On a touché d’un peu trop près ce à quoi ils travaillent, la construction d
un apartheid entre ceux qui ont des papiers et ceux qui nen ont pas.

Cette machine de division rallonge chaque jour un peu plus ses tentacules : les députés et sénateurs votent des lois de plus en plus xénophobes ; l
appareil policier travaille au rendement avec les quotas dexpulsions (70 par jour) ; la justice entérine les décisions, afin de donner un gage de procédure respectée ; et tous les autres petits soldats : les entreprises qui construisent les centres de rétention, qui transportent par avion les expulsés, les banques et administrations qui dénoncent les sans-papiers. Lintensification de la traque aux sans-papiers amène de plus en plus de gens à être impliqués dans ce dispositif : cest, à un guichet, demander systématiquement des justificatifs didentité ; cest, sur son lieu de travail, fermer les yeux quand un collègue, parce quil na pas de papiers, se fait dautant plus exploiter ou dégager ; cest continuer son chemin quand, dans un couloir du métro, des uniformes contrôlent.

On peut aussi refuser cela et agir.

«Oublier» de demander les papiers pour telle ou telle démarche, s
organiser collectivement pour empêcher les rafles, manifester, refuser dembarquer avec des passagers en voie dexpulsion, échanger avec les sans-papiers en rétention, se rassembler pour en parler et informer en diffusant des textes, occuper des lieux qui participent de la machine à expulser…

En automne…

Il avait déposé un dossier de régularisation à la préfecture de Bobigny. Le 31 octobre, Kébé allait prendre son train en gare de Bordeaux. «Banal» contrôle de police. Pas de papiers, et le voilà happé par les rouages : commissariat, garde à vue, centre de rétention, tribunaux. Il sera libéré après 32 jours … jusqu
au prochain contrôle. Son arrestation (et celle de tant dautres) a poussé des gens à tenter denrayer la machine, à sorganiser. À Bordeaux : des rassemblements devant le commissariat, le centre de rétention, le tribunal, la préfecture et le local de la Police de lair et des frontières ; une occupation, celle dune institution étatique d«aide» aux étrangers qui collabore avec la préfecture. À Montreuil (où habitait Kébé), des manifestations. À Paris, occupation du consulat de Côte dIvoire — qui délivre les laissez-passer permettant les expulsions des ivoiriens. À Bobigny, deux occupations de la préfecture.

«Libérez-les ou nous resterons»

Si la préfecture a été choisie pour cible, c
est quelle est un des principaux rouages de la machine à contrôler et à expulser. Cest elle qui reçoit, ou pas, les différentes demandes de régularisation des sans papiers. Cest par son intermédiaire que le tri va être fait entre les quelques «bons» sans-papiers choisis sur des critères économiques précis et limmense majorité des autres. Cest le Préfet qui délivre les arrêtés dexpulsion. Toutes ces activités permettent de récolter beaucoup de données personnelles, de quoi alimenter le gigantesque fichier national des étrangers. Dans la même logique, la préfecture organise le fichage de tous par le biais des permis de conduire, cartes grises, papiers didentité.

C
est là, à la préfecture de Bobigny, quune trentaine de personnes se sont rassemblées le 12 novembre sur le balcon du premier étage, affichant un «Non aux expulsions», distribuant des tracts («Libérez-le») et scandant des slogans. Dautres, en bas, donnaient ces mêmes tracts aux passants intrigués. Loccupation était réussie, nous rendions visible la politique de cette «grande» institution dont les décisions entraînent lenfermement et lexpulsion de dizaines de milliers de personnes chaque année.

De la pref au comico

Les gardes ont vite réagi. Nous étions sur leur territoire, il leur fallait donc frapper d
un coup sec, punir les opposants comme des animaux domestiques, pour quils ne recommencent pas : parmi les manifestants sur le parvis, qui distribuaient le tract et le lisaient au mégaphone, deux personnes furent arrêtées puis amenées au commissariat. Lun deux écope dun procès pour «organisation de manifestation non déclarée» et «violence volontaire sur agent avec arme par destination». Un commissaire est en effet tombé en voulant larrêter. Pour garder sa dignité de flic, il accuse le manifestant de lavoir frappé avec le … mégaphone !

Le procès se tiendra au tribunal de Bobigny, le 28 mars prochain. Ceux du balcon ont été évacués par le RAID, un des groupes d
intervention spéciale de la police. Laction sest poursuivie à lintérieur du commissariat : parmi les 28 personnes arrêtées et placées en garde à vue pendant 48 heures, beaucoup ont refusé de donner leur identité pendant 24 heures, refusé de se faire photographier, refusé de donner leurs empreintes.

… En hiver

Cet hiver, les luttes à l
intérieur des centres de rétention de Mesnil-Amelot, et de Vincennes ont pris de lampleur : révoltes, grèves de la faim, insoumissions … sy succèdent de manière continue. Ces luttes sont relayées à lextérieur et la solidarité sorganise. La répression aussi.

Un manifestant arrêté lors d
une des manifestations devant le CRA de Vincennes début janvier, passe en procès pour «rébellion et outrage» le 17 juin au Palais de Justice de Paris, 30e chambre, métro Cité.

Pour des tags contre les centres de rétention, quatre personnes ont fait 48 heures de garde à vue, 20 heures au dépôt et passent en procès, inculpés de «dégradation grave en réunion», le 18 avril au TGI de Créteil.

Accusés de transport de fumigènes artisanaux, trois personnes, qui se rendaient à la manifestation nationale du 19 janvier contre les centres de rétention, ont fait 48 heures de garde à vue. Deux d
entre eux sont emprisonnés depuis deux mois à Villepinte et Fresnes où ils attendent leur procès.

Des passagers se mobilisent contre l
embarquement de personnes expulsées dans leur avion, des sans-papiers refusent dembarquer. Le 18 avril aura lieu un procès de passagers à Bobigny. Le 17 avril et le 2 mai, des sans-papiers de Terre aux Curés seront jugés à Bobigny (16e chambre).

Ce ne sont que quelques dates.

Tous les jours, des sans-papiers passent devant les tribunaux.

Tous les jours des sans-papiers sont expulsés.

La mobilisation permet de combattre la répression. Kébé est sorti du centre de rétention. Tous les jours des sans papiers sont libérés, des expulsions empêchées, des relaxes obtenues. La mobilisation autour du foyer de Terre aux Curés, qui a subi une gigantesque rafle en février dernier, a démontré son efficacité. Sur 104 personnes arrêtées, 5 ont été expulsées (et c
est encore beaucoup trop), presque toutes les autres ont été libérées…

Il faut agir en nombre pour enrayer la machine. Libérez les sans papiers, libérez les prisonniers, relaxez les inculpés !

Et vlà le printemps !

Rendez-vous :

Rdv devant le tribunal de grande instance de Bobigny le 28 mars à 12h45, Métro Bobigny Pablo Picasso suite à l'occupation de la préfecture de Bobigny.

Réunion publique pour s
organiser contre les rafles, les expulsions à Montreuil le 4 avril à la Maison ouverte, 17 rue Hoche à 19h30, Métro Mairie de Montreuil.

Procès au tgi de Créteil le 15 avril (heure et chambre à venir).

Procès de 2 «rescapés» de lexpulsion du foyer Terre aux Curés le 17 avril, 9h, 16e chambre du tgi de Bobigny.

Procès de 4 passagers sétant opposés à 2 expulsions le 18 avril à Bobigny (heure et chambre à venir).
Dimanche 23 mars 2008
Romain, militant CNT/RESF, a subi la rétorsion du Pouvoir pour s’y être opposé. Le verdict est tombé le 14 février : 800 euros plus un euro «symbolique» pour avoir dénoncé une politique considérée abjecte, et troublé la volonté du «chef» Sarkozy ! L’apprenti monarque du palais de la Lanterne criminalise la solidarité, et pénalise la liberté d’expression quand elle ne répète pas docilement sa propagande : la routine s’est peut-être installée, mais jamais nous ne pourrons accepter son ronron.

Le régime pratique d’authentiques rafles de sans-papiers, jusque dans les foyers de travailleurs, les associations, devant les Secours populaires et les Restos du cœur : pour 2007, 24.000 individus arrêtés, internés et expulsés, y compris des enfants, la mort pouvant ponctuer les étapes de cette «politique de civilisation». Le régime instaure des tests génétiques racialistes, promeut discriminations et stigmatisations quotidiennes, mène une politique xénophobe et planifie une répression ultra-sécuritaire. Le régime organise des descentes armées, comme ces 1400 flics à Villiers-le-Bel grâce à la délation anonyme rémunérée, sous l’œil de la propagande médiatique. Le «chef» et son parti imposent une loi judiciaire de «rétention de sûreté», tellement en rupture qu’elle reprend ouvertement le texte du Reich, signé le 24 novembre 1933 par Hitler en personne.

 Est-il utile de poursuivre la liste, quand l’empereur étale chaque jour dans chaque média les senteurs de son idéologie ? Il se vante d’agir, et nous n’aurions pas le droit de dire d’où il tire références et instruments ? Ben voyons, ce serait tellement facile pour la vieille droite ! La mémoire de Vichy reste bien présente en nos esprits.

Pas de doute, l’odeur que nous sentons a bien la couleur brune. Contemporaine certes, maquillée des nuances d’une expérience passée soit, mais toujours aussi dégueulasse dans ses vieux réflexes. Plus que notre pleine solidarité, c’est tout notre soutien que nous apportons à Romain ainsi qu’à celles et ceux payant le prix de notre combat commun. Aux harcelés, condamnés et prisonniers politiques du régime, la bannière rouge et noire de la CNT flottera à leurs côtés.

Confédération nationale du Travail
Union locale de Besançon
, 19 mars 2008
Vendredi 21 mars 2008

Salif Kamate, tabassé par les expulseurs sur un Paris-Bamako, a été lourdement condamné par la Cour d’appel de Paris !

Le 26 mai 2007 les passagers du Paris-Bamako sont confrontés à une expulsion particulièrement brutale. Pour faire taire le Malien qu’on embarque, tous les moyens sont bons : l’un des policiers pratique un étranglement, l’autre lui assène de grands coups de poing dans le ventre. Ses hurlements se transforment en plaintes rauques. La scène dure dix bonnes minutes, peut-être plus. Les protestations des passagers, parmi lesquels le cinéaste Laurent Cantet et son assistant Michel Dubois, ne parviennent pas à calmer les policiers qui finissent par immobiliser et sangler leur victime. Mais Salif perd connaissance, yeux révulsés, langue pendante, écume aux lèvres. Les violences qu’il a subies sont telles que beaucoup le croient mort. Un mouvement de panique gagne les policiers qui prennent alors la décision de l’évacuer, sous assistance respiratoire.

Quelques minutes plus tard, la Police des Airs et des Frontières fait irruption dans l’appareil, pour s’en prendre aux passagers. Michel Dubois, qui avait protesté comme les autres, est débarqué et sera placé quelques heures en garde à vue. Le commandant de bord prend la décision d’annuler le vol, invoquant les manifestations d’une minorité de passagers et oubliant les faits qui les avaient provoquées !

Salif Kamate était la victime de cette opération policière musclée. Inculpé pour délit de refus d’embarquement, il a comparu une première fois le 28 juin devant le TGI de Bobigny qui a pris une décision de relaxe, reconnaissant «la légitime défense face à une brutalité démesurée» des policiers ! Mais une telle décision était apparue au procureur comme un désaveu implicite de la politique Hortefeux-Sarkozy et une jurisprudence favorable aux expulsés quasi quotidiens du Paris-Bamako ! Il a fait appel.

Devant la Cour d’appel de Paris, on a assisté le 19 février à une étonnante présentation des faits par le ministère public :
  • — Sous prétexte que Salif avait été autrefois consommateur de drogue, négligeant le courage de cet homme qui avait réussi à décrocher depuis longtemps et à retrouver une vie normale, le procureur en a fait un trafiquant notoire et un dangereux délinquant.
  • — Les policiers étaient devenus des victimes : cet homme ligoté, frappé et étranglé aurait sauvagement agressé un policier… mordu au bras !
  • — Et oublié le témoignage de Michel Dubois, travaillant avec un réalisateur trop proche de RESF pour qu’il se soit trouvé tout à fait par hasard dans l’avion ; oubliées les violences scandaleuses subies lors de son embarquement ; oubliée l’injustice d’une décision d’expulsion ; oubliée la vie familiale de cet homme présent en France depuis de très nombreuses années et qui a élevé le fils de sa compagne depuis l’âge de 2 ans…

Hier, mardi 18 mars, le verdict est tombé comme un nouveau coup porté à la victime : 5 mois de prison ferme (le procureur en avait requis juste un de plus) et 1300 euros à payer !

Salif Kamate a fait l’objet d’un verdict politique, particulièrement malvenu au milieu de la 8e Conférence franco-malienne sur un éventuel «accord de réadmission» qui se tient à Paris en ce moment même. À l’heure ou le Mali prend nettement position contre les expulsions musclés de ses ressortissants, il fallait décourager tous les étrangers qu’on cherche à renvoyer jour après jour vers leur pays d’origine, la misère, la solitude et quelquefois la mort. Il fallait une fois de plus stigmatiser l’étranger comme un dangereux fauteur de troubles, décourager la révolte des victimes, réprimer la solidarité des citoyens. Il fallait faire un exemple au moment même où les incidents dramatiques se multiplient dans les foyers, les centres de rétention ou les avions, alors que se préparent d’autres expulsions et d’autres poursuites. Plutôt que l’honneur et l’innocence d’un homme, il fallait sauvegarder la politique du chiffre ! C’est insupportable.

Le Réseau Éducation Sans Frontières renouvelle à Salif Kamate l’expression de sa solidarité pleine et entière. Il appelle tous ceux qui le peuvent à lui apporter leur soutien humain et matériel dans l’épreuve qu’il traverse.

pour_salif.kamate@educationsansfrontieres.org

RESF, 19 mars 2008


Mardi 18 mars 2008
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Grenoble, jeudi 13 mars au soir, une femme sans-papiers et un membre du RUSF 38 ont été placés en garde-à-vue suite à un contrôle effectué en collaboration entre la police et les contrôleurs de la Semitag. Ils sont à présent menacés d’expulsion pour l’une, de poursuites pénales pour l’autre. Le RUSF 38 appelle à la solidarité face à la traque généralisée des étrangers et dénonce les arrestations politiques des militants.

Grenoble, Place Verdun, jeudi 13 mars, aux alentours de 22 heures. Une douzaine de contrôleurs TAG (transports agglomération grenobloise) entrent dans le tramway, accompagnés de deux policiers. Ils procèdent au contrôle des titres de transport. Une femme tente de s’enfuir, visiblement effrayée par les forces de l’ordre. Elle est stoppée, descendue à l’arrêt Hubert Dubedout, où les policiers procèdent au contrôle de son identité.

Deux militants du Réseau Universités Sans Frontières, présents par hasard dans le tram, comprennent alors que la jeune femme est sans-papiers, qu’elle va être arrêtée et probablement expulsée. Ils tentent de s’interposer en interpellant les policiers sur leur action et en manifestant verbalement leur opposition à ces pratiques liberticides. Immédiatement, ils informent les passants et alertent par téléphone des camarades qui les rejoignent. Les policiers et les contrôleurs tentent alors de les intimider, usent d’insultes, de moqueries, de bousculades…

Un regroupement de militants commence ensuite à se constituer pacifiquement, devant une vingtaine de témoins. En face, arrivent un véhicule de la BAC, une voiture et un fourgon de police. Parce qu’un des militants du tramway tente de demander le nom de la jeune femme pour pouvoir lui porter de l’aide, les policiers procèdent au contrôle de leur identité. En fouillant le premier, ils trouvent un opinel (no 8) et s’en servent de prétexte pour l’arrêter.

Le militant et la femme sans-papiers sont embarqués sous les slogans de solidarité avec les étrangers.

Un rassemblement est alors organisé devant l’hôtel de police, avec une cinquantaine de personnes et jusque tard dans la nuit, pour demander la libération des deux personnes placées en garde-à-vue : l’une pour situation irrégulière et l’autre pour refus de fichage ADN.

Le militant, libéré vendredi midi, est toujours sous la menace de poursuites judiciaires, bien qu’il ait été finalement contraint d’accepter le prélèvement ADN. La jeune femme a été placée sous arrêté de reconduite à la frontière, et est désormais enfermée au centre de rétention administratif de Nîmes, en vue de son expulsion.

Ces atteintes légales à la liberté de circulation, en constante augmentation, ainsi que la répression de la solidarité, sont inadmissibles. Le RUSF 38 dénonce la collaboration de la Semitag avec la traque des étrangers, et condamne l’instrumentalisation des Contrats Locaux de Sécurité (CLS) dans le cadre de la politique des quotas. Les CLS, établis en collaboration entre l’État, la Métro et la Semitag, ont pour objectif affiché la prévention de la délinquance dans les transports en commun. Dans les faits, ils participent de la répression des plus pauvres mais aussi des migrants : la situation d’irrégularité, imposée par l’État à d’innombrables étrangers, est aujourd’hui considérée comme un délit.

D’autre part, la répression de la solidarité des défenseurs des sans-papiers, qui passe aujourd’hui par l’obligation de se soumettre au fichage ADN, est extrêmement préoccupante car elle remet en cause l’intégrité politique et physique des individus.

Le RUSF 38 condamne fermement l’arrestation et la procédure d’expulsion contre la jeune femme sans-papiers, ainsi que les poursuites encourues par notre camarade. Nous appelons d’autre part agents et usagers des services publics à faire entrave aux rafles d’étrangers, et affirmons le devoir de chacun de résister face à l’arbitraire.

Nous n’en resterons pas là.

RUSF 38, 17 mars 2008



Leur but : expulser. Notre réponse : solidarité !

Le Rusf 38 est un collectif, affilié au Réseau national Universités Sans Frontières, qui se donne pour but de lutter contre les politiques xénophobes par le soutien actif à toute personne souhaitant entreprendre des démarches en vue de demeurer sur le territoire français, notamment pour des raisons politiques, de santé ou de formation. Le Rusf 38 appelle tou-te-s celles et ceux qui souhaitent s’informer, obtenir ou apporter un soutien à prendre contact avec ses membres.


Permanence chaque mardi de 12h à 14h à EVE (Espace Vie Étudiante) sur le campus, 1er étage (petit salon). Contact.

Dimanche 16 mars 2008
undefinedSoutenons Nicolas Moiroux au tribunal correctionnel de Béziers le 19 mars à 14 heures

Chargé au sein de l’ABCR — Association biterroise contre le racisme (NDLR) — mais également en tant qu
administrateur départemental de la FCPE, de la scolarisation des enfants Roms, jusquà son départ, en juin 2007, à la Réunion, avait été convoqué devant le Tribunal Correctionnel de Béziers le 27 novembre 2007 à 14 heures pour y répondre de faits de rébellion relatifs aux circonstances de son interpellation le 23 mars 2007.

Lors de cette audience sa comparution fut reportée au mercredi 19 mars à 14 heures toujours devant le TC de Béziers. Nous y voilà. Relançons la mobilisation pour assister nombreux à l
audience et soutenir Nicolas, comme nous lavions fait en novembre.

Pour lABCR, M. A.

Venez nombreux soutenir Nicolas devant le tribunal correctionnel de Béziers mercredi 19 mars à 14 heures !

Pour mémoire
Le 23 mars 2007, à lissue du procès (de parents Roms résidant à Béziers et Carcasonne) et alors quil tentait dapaiser les familles qui manifestaient leur désarroi face aux CRS, à lénoncé du verdict, sest interposé pacifiquement entre les deux parties notamment pour protéger une mère de famille gravement malade. Lorsque les grilles ont été ouvertes pour la sortie des fourgons cellulaires et que les CRS ont chargé avec une force disproportionnée pour dégager le passage, Nicolas a été immédiatement agressé par «des» CRS, jeté au sol, frappé, menotté et violemment propulsé à lintérieur du Tribunal, à nouveau malmené et enfin projeté contre un présentoir dont le verre éclatait sous le choc. Il était ensuite mis en garde à vue au Commissariat de Béziers par décision du Procureur. Au cours de celle-ci, le médecin appelé pour lexaminer, conformément à la loi, a constaté les violences subies, confirmées le lendemain matin par un autre médecin.

Ci-dessous, le témoignage de Nicolas :
«Ce vendredi 23 mars, je me trouve à la grille du Palais de justice de Béziers, face à des CRS, pour beaucoup affichant des mines de défi et de mépris. Certains sont carrément hilares. Je suis là avec les mères, les femmes et les enfants qui se sont vu refuser l’accès à la salle d’audience pour l’énoncé des verdicts. Leurs pères, leurs maris, leurs fils ont reçu des peines d’emprisonnement qui les ont frappés comme des coups de masse, qui plongent leur avenir dans la nuit. Avec d’autres, j’essaie, mais comment serait-ce possible ?, de consoler, de calmer, de soutenir. Il y a là des personnes que je sais fragiles, cardiaques, des corps que je vois à la limite de l’implosion. J’aide à évacuer une femme syncopée ; nous ne parvenons pas à la faire revenir ; nous appelons une ambulance.

Je reviens aux grilles. Les femmes hurlent leur douleur, leur rage, une infinie détresse, alors que les condamnés, livides et maigres comme des chimères, sont ramenés aux fourgons. Je sens que ça va mal se passer.

Les portes s’ouvrent, les CRS se ruent. Je m’interpose, les bras en avant, et je demande “doucement, doucement”.

Je suis immédiatement empoigné par eux, les coups tombent, je refuse d’être plaqué au sol. Je leur dis d’arrêter, de se calmer. Ils se mettent en nombre et me jettent au sol. Je sens qu’on m’écrase les deux chevilles, qu’on m’étrangle, qu’on m’enfonce un genou dans le dos, qu’on me tire les épaules en arrière. L’instant d’après je suis déjà menotté dans le dos et les menottes sont violemment maintenues retournées, ce qui fait horriblement mal.

Je suis entraîné dans la cour du Palais de justice. Je vois que deux femmes ont elles aussi été ramenées. Je vois le visage de celle qui est à côté de moi se tordre silencieusement de douleur alors que le CRS dans son dos tord les menottes. Je ressens la même souffrance et je demande que ça cesse. La réponse obtenue me prouve que j’ai moi aussi un CRS dans le dos et non un agrégé de lettres classiques. J’entends une voix hurler au visage de l’autre femme : “Tu ne savais pas que je parle Italien, hein ?, tu m’as menacé de mort, tu vas comprendre, je te le dis !” Je me tourne le plus possible pour voir ce qui se passe. Cela ne plaît pas au pandore qui me maintient, mais j’insiste, je veux être témoin et le lui dis. Il me plaque alors brutalement contre le panneau d’affichage dont la vitre éclate sous l’impact. Je suis alors replaqué et maintenu au sol un peu plus loin.

À l’extérieur, le calme semble être revenu. Un policier, d’un ton aimable vient me dire qu’il faut que je me calme. Je lui explique que contrairement à ses collègues je suis parfaitement calme et je lui demande à être assis. Je suis assis. Il repart plus loin. Les CRS autour sont visiblement très satisfaits. Les bons mots sur les gitans fusent, la “France d’après” s’éclate. L’un d’eux m’invective : “Pourquoi tu les prends pas chez toi tous ces loqueteux puisque tu les aimes tant ?” Je lui interdis de me tutoyer et souligne qu’il est plus crédible dans le silence. Je suis alors traité de “trou du cul” et d’“enculé”, enfin plutôt de “Monsieur trou du cul” comme le rectifie l’un d’eux. Tout le monde décompresse après sa journée de travail.

Je suis finalement pris en charge par la police de Béziers. On m’installe dans un fourgon, puis on me fait monter au Palais de justice pour me mettre au “cachot”. En fin de compte nous redescendons pour prendre place dans un Scénic, direction le commissariat. On m’explique gentiment que je vais être entendu là-bas puis que je pourrai partir. Mais au commissariat, si mes menottes sont enfin retirées, des ordres arrivent aussi pour que je sois placé en garde à vue. Un OPJ enregistre mon pédigré. Puis c’est la cellule. Plus de ceinture, plus de lacets. Déshabillage intégral, puis trois tours sur moi-même en levant les bras. L’attente dans la cellule paraît forcément longue. C’est particulièrement sale, il fait froid, j’ai mal à la jambe et dans le dos.

Un OPJ vient me chercher. Je remarque que la nuit est tombée. L’OPJ enregistre ma déposition. C’est une bataille morceau de phrase par morceau de phrase pour qu’il transpose correctement ce que je lui explique : j’expose que mon travail explique ma présence sur le lieu et ma connaissance de ces familles. Il écrit : “Je travaille pour l’ABCR et par ailleurs je connais ces familles”. Je dois insister pour lui faire taper que j’ai résisté à mon plaquage au sol et non que j’ai résisté à mon interpellation. Il tient beaucoup à me faire préciser mon état d’esprit au moment de la cohue et à synthétiser le tout par la formule “j’étais excité”, ce que je refuse évidemment. Je comprends ensuite cette insistance lorsqu’il m’expose la version des CRS et me pose des questions vis à vis de cette version. J’y suis accusé de “rébellion”. Selon eux, j’étais surexcité et j’ai tenté de rentrer de force dans le Palais de justice ! Et c’est face à ma détermination à vouloir pénétrer dans la cour du Palais qu’ils auraient été obligés de m’intercepter de manière rigoureuse ! J’hallucine. Durant cet interrogatoire, un médecin m’examine et rédige son rapport.

Puis c’est la fin de la garde à vue. Hélène, François, et Maxime sont là et c’est une joie immense de les enserrer.

Ça fait du bien de revenir de l’autre côté.

Je remercie toutes les personnes qui m’ont apporté leur soutien, qui ont été choquées par ces violences et cette garde à vue. Je me rappellerai longtemps la détresse de ces femmes et de ces enfants. Ils n’ont pas l’impression qu’une justice impartiale et fiable ait été rendue et je ne peux que partager cette impression.

Porter plaine ? Bien sûr, sans doute. Mais c’est surtout rester mobilisés dans l’accompagnement de ces familles, ce qui est une évidente nécessité, persévérer pour qu’un jugement en appel qui ne porte pas l’ombre de l’arbitraire soit possible, nous mobiliser encore pour que la survie de ces femmes seules, mères et grands-mères avec 3, 4, 5 enfants soit la plus digne possible, remobiliser les assistantes sociales, les politiques, car en face, le Maire de Béziers affirme sa volonté de les expulser de “sa” ville, enfin accompagner ces enfants dans leur scolarité, pour laquelle nous avons dû tant nous démener, les soutenir, les épauler, les aider eux aussi à revenir de l’autre côté.»

Nicolas Moiroux, le 26 mars 2007



RESF attentif aux procès intentés aux sans-papiers et à leurs soutiens

1) Lundi 17 mars à 13h, Sedat Tastan, kurde de 21 ans habitant Marseille, est convoqué pour «refus d
embarquement» au tribunal correctionnel de Bobigny pour sêtre opposé, avec le RESF, à son expulsion à Roissy il y a un an jour pour jour.

Depuis, grâce à la mobilisation de nombreuses personnes, sa situation administrative a été régularisée puisqu
il a obtenu la semaine dernière le statut de réfugié. Tout comme son père, après deux mois demprisonnement à Lyon pour refus dembarquement également (quelle logique judiciaire implacable !).

Le RESF13, dont une délégation accompagnera Sedat Tastan à Bobigny, estime que la justice n
a dautres choix que de le relaxer : il sétait opposé à son expulsion malgré les violences policières (il a porté plainte) parce quil se savait menacé en Turquie (loctroi de lasile aujourdhui le prouve). Tout autre décision serait incompréhensible et honteuse.

La famille Tastan, figure emblématique d
une politique du chiffre qui brise des vies, doit enfin pouvoir vivre dans la sérénité.


2) Le RESF13 est également très attentif sur deux autres affaires judiciaires touchant des sans papiers et leurs soutiens :

— Mardi 18 mars à 9h, Cour d
appel de Paris (Cité), jugement concernant Salif Kamate poursuivi pour «refus dembarquement» lors dune tentative dexpulsion (dans lavion, Michel Dubois qui proteste contre la violence policière exercée sur Salif sera débarqué et placé en garde à vue !).

Le 19 février 2008, le procureur de la cour d
appel (Salif avait été relaxé en 1re instance) a requis une peine totalement disproportionnée de 6 mois demprisonnement ferme et 1700€ de dommages et intérêts.)

Salif n
est pas le coupable dans cette histoire mais la victime, il doit être définitivement relaxé.


— Mercredi 19 mars à 9h, 11e chambre d’appel du Palais de justice à Paris (Cité), procès en appel de Marie-Françoise Durupt.

Marie-Françoise Durupt était intervenue sur un vol Paris-Bamako alors que les policiers de la PAF étouffaient un expulsé avec un coussin. Débarquée puis placée en garde à vue, elle est poursuivie pour «entrave à la circulation d
un aéronef» et relaxée en 1re instance en juillet 2007.



RESF estime que la cour dappel de Paris devra valider le premier jugement qui a indiqué quune réaction citoyenne devant un acte de violence (quand bien même policière et sur ordres) ne pouvait constituer un délit.


Réseau Éducation Sans Frontières des Bouches du Rhône, 16 mars 2008



Co
mmuniqué du RUSF21

Alors que la politique des quotas, imposée par Sarkozy-Hortefeux, bat son plein et fait chaque jour de nouvelles victimes, nous, membres du Réseau Université Sans Frontières, condamnons fermement les poursuites engagées contre les personnes engagées dans les luttes de soutien aux sans papiers.

Aujourd’hui «toute personne qui aura par aide directe ou indirecte facilité ou tenté de faciliter l
entrée, la circulation ou le séjour irrégulier dun étranger en France sera punie dun emprisonnement de cinq ans et dune amende de trente mille euros».

François Auguste a été condamné à 500 euros d’amende avec sursis pour avoir protesté en décembre 2006 à bord d’un avion contre l’expulsion d’une famille kosovare. 3 mois de prison avec sursis avaient été requis à l
encontre de Kadidja pour avoir protesté en novembre 2006 contre l’expulsion d’un jeune Malien. Elle a finalement été relaxée.

Romain, militant RESF, a été condamné à une amende le 14 janvier dernier, pour avoir envoyé un mail de soutien adressé à Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur pour prendre la défense de Florimond Guimard, militant RESF poursuivi à l’époque pour délit de solidarité.

Les militants du Collectif de Soutien aux Sans-Papiers de Lille sont victimes d
un harcèlement policier inacceptable depuis la fin de l’année 2007 : fréquemment convoqués au commissariat voire placés en garde à vue sous des prétextes fallacieux, puis libérés faute d’éléments.

Alors que la politique menée tambour battant par Hortefeux bafoue chaque jour les Droits de l’Homme et de l’Enfant, l
’État reproche aujourdhui à des personnes de s’élever contre un système injuste qui ne tient aucun compte des réalités humaines ! Nous refusons que les actes de solidarité soient considérés comme des délits !

Nous refusons que la comparaison entre politique vichyste et politique migratoire sarkozienne soit imputable d’«outrage à personne dépositaire de l
autorité publique» … à l’heure où l’on procède à des rafles, où se multiplient les camps de rétention, où lon enferme des enfants, où l’on sépare des familles et où l’on renvoie des personnes parfois menacées de mort dans leur pays. Alors que les contrôles au faciès se multiplient et que la notion d’Identité Nationale a été remise au goût du jour, de nombreuses voix s’élèvent contre une politique relevant de la «xénophobie d’État».

Notre soutien s’adresse aussi évidemment aux sans-papiers eux-mêmes, qui subissent des «traitements spéciaux» dans les centres de rétention pour avoir protesté contre leurs conditions de détention (la liste est longue de ces actes de résistance au quotidien : grève de la faim, manifestations, rassemblements «illicites», tentatives de contact avec l
extérieur, pétitions…) et/ou qui se retrouvent parfois inculpéEs pour avoir essayé d’empêcher leur expulsion.

C’est le cas de Salif, qui a tenté de stopper son expulsion à l’aide de hurlements. Les policiers, pour le faire taire, l’ont roué de coups presque jusqu’à la mort et il a été hospitalisé. Aujourd’hui, ce ne sont pas ces policiers qui sont jugés pour coups et blessures, mais bien Salif qui risque jusqu’à 6 mois de prison ferme pour avoir voulu rester près des siens et essayé de ne pas mourir sous la violence de la PAF !! Nous rappelons que le droit de vivre en famille fait partie des principes fondamentaux reconnus par le droit international.


Les pressions et les tentatives d’intimidation judiciaires
et policières ne nous arrêteront pas !!!

Le RUSF réaffirme son profond soutien à tous les militantEs et sans-papiers qu’on tente de bâillonner à coups de procédures policières et judiciaires.

LA SOLIDARITÉ N’EST PAS UN DÉLIT !

ARRÊT DE TOUTES LES POURSUITES CONTRE LES MILITANTeS
ET DES PERSONNES SANS-PAPIERS !

ARRÊT DE TOUTES LES RAFLES ET EXPULSIONS !

FERMETURE DES CENTRES DE RÉTENTION !

OUVERTURE DES FRONTIÈRES ET LIBERTÉ DE CIRCULATION !!!

Mars 2008
Mercredi 12 mars 2008

Une compilation de soutien aux incendiaires engeolé-e-s lors des présidentielles 2007.

undefinedPendant la campagne électorale des présidentielles 2007, un peu partout en France, des dizaines de permanences de tous bords sont attaquées (au moins cinq ont brûlés), des bureaux de vote et des relais télé sont sabotés. Et puis des voitures et des drapeaux français qui s’enflamment, des vitrines qui tombent…

D’la barricade et du pavé ! À Avignon, Montpellier, Villeurbanne, Paris et Millau, plusieurs personnes sont incarcérées pour s’en être prises à la démocratie et à ce système par diverses actions*. Ces actes parlent d’eux-mêmes et leur auteurs sont pour nous des camarades, des pyrotechniciens de la lutte des classes. Incarcérés, certains ont été lourdement condamnés et d’autres sont encore en attente de leur procès. Il est nécessaire d’organiser un soutien financier (frais de cantines, d’avocats, etc.), moral et politique.

D’où cette compile.

Pour survivre et espérer des victoires face au pouvoir,
l’organisation collective et la solidarité sont des armes.

*31 mars, Avignon, incendie d’une permanence électorale du PS ; 22 avril, Montpellier incendies de «voitures de bourges» dans le centre ville ; 22 avril, Millau, sabotage de trois relais de télévision ; 22 avril, Paris, incendies de voitures dans Paris ; 11 mai, Villeurbanne, incendie d’une permanence électorale de l’UMP ; 11 mai, tentative d’incendie d’une voiture devant le Fouquet’s.

La compile classe… contre classe ! c’est :
  • Une brochure de 40 pages avec des textes et tracts sur les événements de la campagne présidentielle et l’arrestation des incendiaires et dans une seconde partie une compilation de textes contre les élections et la démocratie, avec des textes de Archinoff, Durruti, Gilles Dauvé, Alexandre Berkman, Léon de Mattis, certains tirés des revues Mordicus, L’Envolée, Cette Semaine, Tout le monde dehors, Échange.

La compile (brochure et CD) est vendue 5€ (ou plus) en soutien aux incendiaires engeolé-e-s.

Pour commande, infos, ou pour diffuser cette compile : APCP, BP 30312, 84021 Avignon cedex (chèque à l’ordre d’APCP).
Mardi 26 février 2008
Il y a tant de raisons de se révolter contre ce monde, rien d’étonnant donc si certains, certaines le font et agissent.

L’État, aidé par les journalistes et tous les garants de l’ordre existant (syndicats et partis en première ligne), répond généralement en montrant du doigt une partie des révoltés qu’il enferme dans des catégories créées pour l’occasion : les émeutiers se résument à la «racaille», comme la débrouille devient de la «criminalité organisée», et retenir un patron peut être considéré comme une «prise d’otages»… Tous rapports de causalité sociale et politique disparaissent, ne laissant place qu’à des êtres méchants ou fous-furieux, auxquels personne ne pourrait s’identifier.

Des spectres hantent le monde

Ces différentes désignations d’«ennemis intérieurs» servent à séparer, à isoler du reste de la société celles et ceux qui s’opposent à la bonne marche du système et percent la lourde chape de la pacification démocratique. Il s’agit de créer un consensus contre eux pour les réprimer plus facilement. Instiller la peur est de longue date pour l’État une manière de souder la société. Cela lui permet de se renforcer en se posant en protecteur… au besoin par la terreur. La révolte se diffuse en novembre 2005 et c’est l’état d’urgence, le GIGN et le RAID sont envoyés de plus en plus souvent pour mater les récalcitrants.

À intervalles réguliers, on nous ressort aussi la figure du «terroriste», pratique pour présenter des «monstres» aux actes incompréhensibles et totalement «étrangers» au commun des mortels.

La notion de «terrorisme» dont dispose l’État est suffisamment large pour qu’il puisse l’appliquer à son gré face à certaines situations. Ainsi, deux faits complètement similaires pourront être qualifiés ou pas de «terroriste». Cela a bien sûr des conséquences sur le traitement policier et judiciaire : prolongement de la garde-à-vue pouvant aller jusqu’à 6 jours, difficulté accrue pour voir un avocat, puis pour préparer la défense…

Crapules ou paranos ?

Aujourd’hui, beaucoup font des pieds et des mains pour se démarquer des suspectés, inculpés ou condamnés. Que ce soit en proclamant n’avoir rien en commun avec ceux qui sont sous le coup de la justice, en ressassant les théories sur la manipulation ou en employant les catégories du pouvoir (criminels, terroristes, psychopathes), ils font exactement le jeu que l’État attend d’eux. Peut-être pensent-ils ainsi apparaître comme plus responsables et plus légitimes, et qui sait, devenir des interlocuteurs de choix du pouvoir.

En effet, reprendre les catégories policières : les «bons manifestants» et les «méchants casseurs», les grévistes «responsables» et ceux qui ne respectent même plus leur outil de travail, etc, revient à dire qu’il faut agir exclusivement selon les règles du jeu imposées par notre adversaire.

Quand les âmes bien-pensantes disent «la révolte certes, mais pas comme ça et pas maintenant», elles la repoussent encore à de lointains ailleurs ou un hypothétique avenir. Et elles continuent à présenter des actes de rebellion concrète et réelle comme «étrangers». Affirmer qu’il est inconcevable que des gens s’opposent directement à l’ordre existant, c’est dire à demi mot qu’il n’y a pas de révolte sociale possible. Chercher à coller aux révoltes un visage, une identité, une structure, c’est faire un travail de flic ; leur inventer des meneurs, une source de financement occulte, des ficelles tirées dans l’ombre, c’est nier qu’elles n’ont souvent besoin que de moyens rudimentaires et de détermination.

Forger et utiliser ses propres moyens de lutte placerait-il de fait en-dehors du champ des luttes sociales ? C’est le discours que tiennent l’État et ses relais directs car ils défendent leurs intérêts… Cependant, il semble plus étrange de constater à quel point il est intégré chez la plupart des personnes qui prennent part aux mouvements de lutte.

Chacun devrait avoir à l’esprit que plus l’État, sa justice et sa police, restreignent le champ de ce qui est permis, plus celui de l’illégalité s’étend au point de s’immiscer dans l’ensemble de nos faits et gestes. Ne pas se satisfaire des critères édictés par l’État et ses acolytes, n’est pas faire preuve d’un esprit de transgression «extraordinaire», c’est simplement se donner la possibilité d’agir au quotidien.

Contre toutes les prisons

Aujourd’hui, de manière générale, la taule est une arme aussi banalement appliquée contre la conflictualité sociale que le coup de matraque ou le lacrymogène.

La prison n’est pas qu’un lieu où l’on enferme pour détruire méthodiquement le déviant, c’est aussi une idée distillée dans tout le corps social, une menace qui doit produire que chacun se tienne tranquille. Elle est l’aboutissement des techniques d’isolement et de séparation. De plus en plus nombreux sont celles et ceux qui finissent enfermés derrière des murs et des portes bien vérouillés par des cercles concentriques de matons, de juges, de flics, de journalistes, de syndicalistes responsables.

Arracher l’individu à ses relations, séparer chaque corps par l’encellulement et aussi isoler une partie des prolétaires que l’on enferme des autres, restées à l’extérieur : voilà la technique et la fonction du système carcéral. Et si la solidarité est l’arme la plus efficace contre la répression — et la prison en particulier — c’est parce qu’elle est l’exact contraire de ces séparations.

Solidarité !

KALIMERO - Paris

Kalimero est un collectif et une caisse de solidarité. Il a pour objet de collecter des sous pour les prisonniers ainsi que de se rencontrer pour discuter des différentes situations. Une fois par mois se tiennent une réunion et une auberge espagnole (apporter à boire et à manger).

En prison on a besoin d’argent pour se procurer les denrées de base (sel, sucre, timbres, tabac, etc.). Pour permettre aux personnes incarcérées de satisfaire ces besoins élémentaires, nous souhaitons leur envoyer des mandats mensuels de 120 euros. Une caisse de solidarité a besoin de continuité. Nous n’avons ni sponsor, ni mécène, aussi avons-nous convenu d’un rendez-vous par mois pour collecter des sous afin d’alimenter la caisse. Ces rencontres sont également l’occasion d’échanger des informations, d’assurer le suivi des différentes histoires et de discuter des situations qui se présentent. Dans un souci de régularité, ces rencarts ont été fixés une fois par mois à 18h pour la réunion et à 20h pour une auberge espagnole. Pour envoyer de l’argent et pour être tenus au courant des prochains rendez-vous, vous pouvez demander à être inscrit sur la mailing list en écrivant à Kalimero ou consulter Indymedia Paris.
Voici le numéro de compte pour faire un virement : 10278 06137 00020471901 Clé 07

Sinon chacun peut déposer de l’argent en liquide dans toutes les agences du Crédit Mutuel et donner seulement ce numéro : 06137 00020471901


Dimanche 24 février 2008
Libérez-les tous !

Pierre par pierre ! Mur par mur ! Nous détruirons toutes les prisons !


undefinedNous étions quatre de Clermont-Ferrand à être montés à Ensisheim ce samedi 23 février pour soutenir Georges Cipriani militant d’Action Directe lors d’une manifestation organisée ce jour-là (il est incarcéceré depuis 21 ans). Deux d’entre nous avons rencontré Georges. Attente devant la porte, appel, controle d’identité, première porte qui s’ouvre, tourner à droite deuxième porte que l’on doit ouvrir lorsque la lumiére d’un voyant passe au vert, porte lourde très lourde, deux étages à monter dans un escalier aux murs blancs décorés de quelques tableaux aux fresques incongrues : papillons, ciel bleu. Autre porte, attente que le voyant passe au vert, porte lourde, lourde. Quelques chaises pour une autre attente. Un gardien arrive et nous signifie que nous pouvons entrer, nous sommes interpellés sous le vocable de «famille Cipriani» pour moi j’aime ; seuls mots (si les mots ont un sens dans ce monde du dedans). Ça y est nous sommes au parloir, des casiers sans plafond en plexiglas opaque sauf sur un demi côté donnant sur un passage où circule en permanence un gardien, quatre chaises une petite table et une poubelle, nous sommes dans une boîte encore une. Georges reconnaît l’un de nous deux et ce sont les embrassades, heureux d’être là, Georges n’a pas perdu de sa superbe, cheveux mi-longs blancs, yeux noirs pétillants d’intelligence, quel bonheur de le voir. Nos échanges sont vifs plein d’interrogations, de discussions, Il est prêt pour sa sortie que nous espérons prochaine, La vie est en lui, bouleversante entraînante.

À très très bientôt Georges à ta sortie à Strasbourg autour d’un demi et d’un bon repas.

À l’extérieur, 120 à 150 manifestants venus de Francfort, Strasbourg, Paris, Lille, Clermont-Ferrand… ont montré leur détermination et leur solidarité envers Georges Cipriani mais aussi les autres militants révolutionnaires toujours emprisonnés comme Régis Schleicher ou encore Georges Ibrahim Abdallah aux cris de «Libérez-les tous», «Liberté pour nos Georges», «Solidarité internationale» … et autres messages de soutien.

Leur écrire :
  • Georges Cipriani, 4364/1239, MC Ensisheim, 49 rue de la 1re Armée, 68190 Ensisheim
  • Régis Schleicher, 10163, CP Clairvaux, 10310 Ville-sous-la-Ferté

Le Numéro Zéro, 24 février 2008
Mardi 19 février 2008
Lors du mouvement social de l’automne 2007, nous nous sommes (re)trouvé-es autour de l’idée de monter une structure de soutien aux «interpellé-es de la guerre sociale en cours». Mouvement lycéen, novembre 2005, lutte dite «anti-CPE», élections présidentielles, et aujourd’hui encore, nous refusons que chaque éclatement de colère soit étouffé par la répression policière et judiciaire.

undefinedÀ chaque mouvement social, au moment où l’État décide de distribuer des mois de prison, on peut entendre : «C’est incroyable, on n’a jamais vu un tel niveau de répression !» De même, trop souvent les proches d’un inculpé, lorsqu’ils s’organisent, soulignent la particularité de son cas, de sa personnalité, de son statut social, du contexte. Presque systématiquement, ils véhiculent l’idée que la répression qui les touche aurait un caractère «anormal», participerait d’un dysfonctionnement de la démocratie…

Nous considérons que cette répression est une partie intégrante de la «normalité» de ce monde. Elle est le lot commun de tout mouvement, qu’il soit social ou personnel. Nous nous devons simplement de ne pas être démuni-es lorsqu’elle s’exerce. Que le Code pénal soit l’arme des dominants qui s’actualise par l’enfermement des dominé-es et des révolté-es, nous n’en doutons pas. C’est pourquoi nous ne nous considérons pas comme des victimes d’une répression exceptionnelle mais comme des êtres pensant et agissant indépendamment des cadres légaux imposés. Les notions de culpabilité ou d’innocence ne font pas partie de notre vocabulaire. Nous défendrons même les innocents.

Parce que nous savons que la répression ne se limite pas au coup de matraque qui s’abat sur le crâne du récalcitrant mais est constitutive de chaque moment du quotidien sous la domination de la pensée unique, qu’elle se manifeste par des milliers de dispositifs psychologiques ou matériels omniprésents nous obligeant à accepter une vie de merde sous la contrainte,

nous nous inscrivons dans la continuité de révoltes individuelles ou collectives et mettons en place des moyens pour briser l’isolement face à la police, au juge ou au maton :
  • Création d’une caisse de solidarité sur la région rennaise,
  • Mise à disposition d’une liste d’avocat-es prêt-es à suivre la ligne de défense choisie par l’inculpé-e,
  • Création d’un réseau de personnes prêtes à se rassembler devant un commissariat ou un tribunal pour rendre visible le différend qui nous oppose à la machine répressive,
  • Contacts avec les détenu-es pour éviter l’oubli (courrier…).

Nous voulons (nous aussi) faire de la prévention en informant de leurs droits un maximum de camarades, compagnons et amis (même si nous ne les connaissons pas). Nous invitons à une réflexion sur la justice, l’autorité et la violence.

Dans différentes villes, des caisses de soutien sont en voie de création. Si nous ne souhaitons pas nous organiser au niveau national à cause de la lourdeur bureaucratique et le manque d’humanité que cela impliquerait, il est clair en revanche que nous fonctionnerons avec elles suivant des principes d’entraide et de réciprocité.

Samedi 16 février 2008
undefinedCondamnation de Romain pour outrage
La justice complice du pouvoir !


Le jeudi 14 février, notre camarade Romain Dunand, animateur dans le Jura, a été condamné à une amende de 800 euros.

La justice est allée plus loin que les exigences du procureur qui accusait Romain d’outrage et qui demandait 750 euros.

Romain, au nom du RESF et de la CNT interco du Jura, avait écrit un courriel dans lequel il comparait la politique migratoire de M. Sarkozy à la politique de discrimination raciale opérée par le gouvernement de Vichy.

Il s’agissait de soutenir un syndicaliste poursuivi pour s’être mobilisé en soutien aux sans-papiers et qui a été relaxé.

Comment est-il possible de condamner une telle pensée à l’heure où la traque s’intensifie, où les objectifs chiffrés sont martelés, où les foyers de travailleurs sont saccagés par les forces de police, où les sans-papiers sont enfermés dans des camps de rétention, où les réseaux mafieux s’abattent avec encore plus de violence sur des populations condamnées à l’illégalité, où les expulsions ont pour conséquences la misère, voire même la mort à l’arrivée … ?

La justice estime que ses décisions n’ont pas à être commentées dans une démocratie. Mais qu’en est-il lorsqu’elle se rend complice d’un pouvoir qui cherche à bâillonner toute critique ?

La criminalisation des luttes sociales ne suffisait plus, il faut maintenant interdire la critique, si elle ne prend pas les formes voulues par Sarkozy.

undefined Cette condamnation prouve par l’absurde combien est fondée notre résolution à défendre les dernières libertés qui nous restent — à commencer par la liberté d’exprimer notre solidarité active avec les victimes de la politique de l’État.

La CNT-FTE dénonce la condamnation de notre camarade.

Elle réaffirme, à cette occasion, l’exigence d’une régularisation de tous les sans-papiers.

CNT-FTE, 15 février 2008





Un militant du réseau RESF condamné à 800 euros d’amende pour outrage à Nicolas Sarkozy


Un militant du Réseau éducation sans frontières (RESF) a été condamné jeudi 14 février par le tribunal correctionnel de Paris à 800 euros d’amende pour avoir outragé en 2006 Nicolas Sarkozy en comparant sa politique en tant que ministre de l’Intérieur à celle de l’État français sous Vichy.

Romain Dunant, un habitant du Jura âgé de 35 ans, également militant de la Confédération nationale du travail (CNT), avait adressé le 19 décembre 2006 un courriel au ministère de l’Intérieur dans lequel il demandait la libération d’un militant marseillais de RESF, Florimond Guimard, placé en garde à vue pour s’être opposé à l’expulsion d’un parent d’élève sans papiers. Dans ce courriel M. Dunant écrivait : «Voilà donc Vichy qui revient. Pétain a donc oublié ses chiens (…)» Il critiquait aussi une «politique qu’il faut bien qualifier de raciste» avant d’adresser ses «salutations antifascistes» au ministre.

«Parallèle politique»

La 10e chambre correctionnelle a reconnu ce militant coupable d’outrage à personne dépositaire d’une autorité publique et l’a condamné à 800 euros d’amende ainsi qu’à un euro de dommages et intérêts à verser à M. Sarkozy, qui s’était constitué partie civile. Lors de l’audience du 17 janvier, le parquet avait requis une amende de 750 euros au motif que «la liberté d’expression a des limites : c’est l’outrage».

Le prévenu n’avait pas contesté son message, qu’il avait jugé «légitime», mais son caractère outrageant, estimant qu’il y avait «similitude entre la politique actuelle d’expulsions massives de sans-papiers et celle de Vichy». Son avocate avait expliqué que son client avait voulu faire «un parallèle politique». «C’était une politique qui était visée, pas une personne», avait-elle insisté en plaidant la relaxe.

AFP, 14 février 2008



Voir aussi,
Condamnation de Romain pour outrage (CNT-FTE, 15/2/08)
L’État contre les soutiens aux sans papiers (RESF, 19/1/08)
Bas les pattes sur Romain ! La solidarité n’est pas un délit ! (CNT39, 7/1/08)

Condamné pour avoir comparé la politique de Sarkozy à Vichy (Le 69.3, 18/02/08)
Mail envoyé au président Sarkozy
(Nadadanarchist, 17/2/08)
Romain Dunand condamné, Sarkozy court toujours (Les mots ont un sens, 15/2/08)
L’attaché de Mariani par mail : «Elsa, on répond à ce con?» (Jean-Jacques Reboux, 4/2/08)
Outrage ou retour du crime de lèse-majesté ?
(La Mouette, 30/1/08)
Jugé pour avoir comparé Sarkozy à Pétain (Rue89, 22/1/08)
L’outrage et loup trash
(Jimmy Gladiator, 19/1/08)

Soutiens menacés (RESF)

Pierre-Arnaud PERROUTY sur la Belgique docile (février 2007)
Emmanuel TERRAY sur les rafles de 1942 & celles de 2006 (octobre 2006)

Maurice RAJSFUS sur la rafle de Cachan
(septembre 2006)

Vendredi 15 février 2008
undefinedLa semi-liberté, première étape vers la libération complète de tous les prisonniers d’Action directe

Août 2007 : semi-liberté pour Nathalie Ménigon. Décembre 2007 : semi-liberté pour Jean-Marc Rouillan.

Résultat avant tout d’un combat de plus de vingt années des militants d’Action directe pour sortir de prison sans reniement de leur identité politique, en pleine conscience.

En effet, durant plus de vingt années et dès les premiers jours, ils ont lutté collectivement contre leurs conditions de détention, pour leur regroupement, contre l’isolement, afin de préserver leur identité personnelle et commune, afin de rester militants au sein du mouvement révolutionnaire, afin de participer à la lutte contre le capitalisme, l’impérialisme.

Cette lutte s’est exprimée par des grèves de la faim collectives, des actions systématiques auprès des autorités pénitentiaires et judiciaires, un journal (Front), publié alors même que les conditions de détention devaient empêcher toute communication personnelle ou politique, et par l’engagement de Joëlle Aubron, dès la suspension de sa peine pour raisons médicales et jusqu’à sa disparition, pour la libération de ses camarades.

Préserver une identité commune de combat est ce qui caractérise, plus que tout, la lutte des prisonniers d’Action directe et qui permettra à chacun d’eux de sortir de prison en toute dignité révolutionnaire.

Résultat aussi d’un long travail de soutien des militants qui les ont accompagnés dans leur résistance face aux multiples tentatives de destruction par l’État.

Visites et courrier maintenus opiniâtrement pendant près de vingt ans, organisation hors des murs de nombreuses initiatives et actions de soutien en France et en Europe.

Ce combat a été très longtemps mené dans l’indifférence, voire l’hostilité. Puis, peu à peu, les prisonniers d’Action directe ont été reconnus comme faisant bien partie du mouvement révolutionnaire et ce soutien s’est élargi.

Rappelons aussi l’action contre l’Ordre des médecins pour que Joëlle Aubron se voie appliquer la législation sur la mise en liberté pour raisons médicales.

Rappelons également les rassemblements mensuels devant l’Administration pénitentiaire et devant la prison de Bapaume.

Les semi-libérations de Nathalie et Jann-Marc n’ont pas été accordées sans arrière-pensées politiques de l’État ; elles sont assorties de conditions évidemment restrictives.

Tout d’abord, les prisonniers d’Action directe sont soumis à un régime de semi-liberté pendant au moins une année : ils restent avant tout des prisonniers.

Ils dépendent comme tout prisonnier du bon vouloir de l’État qui juge, et surveille. Ils peuvent à tout moment voir leur situation remise en cause.

Ils vivent une partie essentielle de leur temps (soir et week-ends) en prison, avec tout ce que représente de contrainte, d’indignité et de combat, le quotidien de tout prisonnier : fouilles, enfermement, dépendance.

Leur liberté d’expression est fortement limitée par les conditions qui leur sont imposées : aujourd’hui comme hier, l’État ne reconnaît pas leur identité de militants révolutionnaires.

La semi-liberté reste donc un combat, pour les militants d’Action directe, comme pour leurs soutiens.

Comme restera un combat la libération conditionnelle qui peut se prolonger pendant des années. Comme restera un combat la solidarité auprès des militants révolutionnaires libérés : combattants de la RAF en Allemagne, combattants palestiniens, de tous les militants emprisonnés pendant des décennies. Car la prison ne s’arrête pas avec leur libération.

La semi-liberté arrachée par Nathalie Ménigon et Jean-Marc Rouillan, c’est un premier pas pour obtenir la libération de Georges Cipriani, dernier membre encore détenu du collectif des prisonniers d’Action directe.

Georges Cipriani a connu cette dernière décennie des conditions de détention très difficiles dans un établissement où il n’a pu rencontrer d’autres prisonniers politiques, où, un temps malade, il a dû se battre pour s’en sortir. Aujourd’hui, il entame la procédure pour obtenir sa libération conditionnelle.

La semi-liberté arrachée par Nathalie Ménigon et Jean-Marc Rouillan, c’est aussi un espoir et une incitation à intensifier le combat pour obtenir la libération d’autres militants révolutionnaires :
Régis Schleicher, incarcéré en mars 1984, a déposé sa demande de libération fin janvier 2008.
Georges Ibrahim Abdallah, dont la septième demande de liberté conditionnelle fait l’objet d’une procédure anormalement prolongée.

La libération des militants révolutionnaires, soumise à l’arbitraire de l’État, dépend évidemment du rapport de forces que nous saurons lui opposer, jusqu’à arracher, comme le dit Georges Ibrahim Abdallah, la liberté complète de chacun d’entre eux.


Collectif «Ne laissons pas faire !»
Bulletin no 12, février 2008
Pour la libération de tous les militants d’Action Directe


Jeudi 14 février 2008
Relaxe pour Kadidja comme pour Salif !
Non aux expulsions, non au délit de solidarité !


Kadidja en procès le 15 février au TGI de Bobigny

Salif devant la cour d’appel de Paris le 19 février

• Pour Kadidja, c’est la première comparution : plus d’un an après les faits, elle se retrouvera le vendredi 15 février à 13 h devant la 16e chambre correctionnelle du TGI de Bobigny pour «entrave à la circulation d’un aéronef», autrement dit pour avoir protesté contre l’expulsion d’un jeune sans papier vers le Mali.

Cette habitante de Seine Saint-Denis, militante de l’association de chômeurs et précaires Apeis, risque jusqu’à 5 ans de prison et 18.000 euros d’amende ! Quels sont les faits ?

Le 29 novembre 2006, Kadidja est à Roissy pour prendre un vol sur Bamako où elle doit retrouver sa famille paternelle. Alertée à l’enregistrement par des syndicalistes de Sud Étudiant de l’expulsion imminente d’un jeune sans-papier, elle prend l’initiative d’informer les autres passagers qui se trouvent en salle d’embarquement. Puis, dans l’avion, elle demande à parler avec le commandant de bord pour lui signifier son refus de voyager avec un expulsé, quel qu’il soit. Le commandant ne se manifeste pas durant un long moment malgré les demandes répétées auprès du personnel navigant. Aussi de nombreux passagers refusent de s’asseoir et d’attacher leur ceinture. Le commandant arrive enfin, refuse la requête de Kadidja relayée par les autres passagers et entreprend même de la faire débarquer. La police intervient, menace le sans-papiers de 3 mois de prison s’il était débarqué, ce qui le conduit à accepter finalement de rester dans l’avion. Elle relève l’identité de Kadidja qui s’envole tout de même pour Bamako grâce ici aussi au soutien des autres passagers. À son retour du Mali, le 24 décembre, la police des frontières interpelle Kadidja qui se voit accusée d’avoir «entravé volontairement la circulation d’un aéronef».

Pour le Réseau Éducation Sans Frontières, l’action de Kadidja répondait à une indignation légitime : celle de nombreux citoyens qui refusent d’assister sans réagir à ces «reconduites à la frontière» d’étrangers privés du droit au séjour par des lois répressives et une logique xénophobe. C’