Samedi 29 décembre 2007
Cette année encore les lycéens ont démontré leur capacité à s’organiser et à lutter en dehors des cadres conventionnels des partis et des syndicats. Depuis la lutte dite anti-CPE, l’habitude s’est prise un peu partout en france de monter des comités de luttes de lycéens autogérés : le mouvement lycéen s’organise de plus en plus et gagne en expérience et en maturité…

Cependant malgré ces évolutions le mouvement lycéen pèche notamment sur un point : le manque d’orientation et d’idéologie claire. En effet ceux d’entre nous qui nourrissent des aspirations révolutionnaires sortent bien souvent aigris des AG, aux forts relents de social-démocratie et de réformisme nauséabond. C’est pourquoi nous appelons les lycéens anarchistes à se rencontrer et à s’organiser. Dans la région Midi-Pyrénées Nord des prises de contacts ont déjà été effectuées entre lycéens de Montauban, Moissac, Caussade, Castelsarrasin, Agen (47)…

Afin de donner une couleur politique à nos combats, nous autres anarchistes devons diffuser nos idées contre le Capitalisme, l’État et la Domination, prôner la lutte globale, l’action directe, l’abstention active

Participons aux comités de luttes pour y défendre nos positions, nos idées et proposer nos modes d’actions. Groupons-nous et agissons dans nos villes et nos lycées. Éditons notre propagande (journaux, tracts, affiches…), organisons des actions, ouvrons des lieux (espaces-co, locaux…).

Mais surtout ne restons pas isolés, contactons-nous, coordonnons-nous ! Rencontrons-nous lors d’Assemblées régionales non-décisionnelles afin de nous coordonner, de rester unis et solidaires mais aussi de préserver l’autonomie des groupes locaux selon le principe du fédéralisme libertaire.

C’est organisés que nous serons une véritable force révolutionnaire.

Retrouvons-nous le samedi 9 février à Toulouse au 7 rue saintRémésy à 15h pour une première Rencontre régionale des Lycéens anarchistes et pour un bilan et perspectives des luttes actuelles. Le couchage peut être organisé sur Toulouse et ses environs pour ceux qui viennent de loin. Il va sans dire que les lycéens n’habitant pas dans la région Midi-Pyrénées sont les bienvenus.

La lutte est à nous, organisons-la !!!

Dimanche 23 décembre 2007
Démantèlement de l’enseignement agricole public

Les établissements agricoles scolaires publics sont 218 en France pour 66.000 élèves — soit une infériorité numérique importante face aux 600 établissements agricoles privés — avec des niveaux de formation qui vont de la quatrième technologique à la licence professionnelle en passant par les BTS et de nombreux bac pro.

Particularité à l’échelle européenne, ces établissements sont depuis leur création au début des années 60, rattachés au ministère de l’Agriculture qui dispose d’une structure complète d’enseignement avec une inspection générale, pédagogique, des services régionaux, des centres de recherche pédagogique, etc.

Petits établissements de 250 à 400 élèves, installés la plupart du temps en milieu rural, ils recrutaient à l’origine un public essentiellement «agricole» pour des formations de production (horticulture, viticulture, etc.) qui progressivement ont été rejointes par des formations organisées et financées de façon mutualisée avec l’Éducation nationale : des quatrième technologique, troisième et les filières services… (à la personne, en milieu rural…), secondes…

Les élèves d’origine urbaine sont maintenant devenus majoritaires aux deux tiers dans les lycées agricoles.

Mais qu’on ne se leurre pas : si l’enseignement agricole a connu son heure de gloire avec un environnement assez familial, des enseignants-militants issus de l’éducation populaire apôtres de la ruralité et des joies de la nature, l’introduction de plages de pluridisciplinarité dans les référentiels, une pédagogie de projets et l’éducation socioculturelle (auto-congratulation), tout cela est bien fini.

Les élèves s’ennuient comme à peu près partout et ne rêvent plus en regardant par la fenêtre : l’exploitation pédagogique s’est transformée en centre de profit, les cours magistraux se succèdent toutes les heures, les enseignants sont pour la plupart démotivés, les ATOSS récemment régionalisés sont déconsidérés et les rares projets innovants, célébrés en fanfare au nom du développement durable, de la coopération internationale… sont le fruit d’une volonté individuelle de quelques enseignants ayant encore des envies malgré la lourdeur frileuse administrative, les restrictions budgétaires et les mesquineries diverses.

Si vous rêvez de devenir l’agriculteur de demain : celui qui parle tous les matins en anglais avec ses voisins expatriés, qui regarde tranquillement son bétail bio-diversifié gambader dans la verdoyante prairie, tout en préparant sa bouillie d’ortie à répandre sur ses cultures extensives lors de la prochaine lune, passez votre chemin…

L’agriculture française et son enseignement est productiviste, intensive et pharmaceutique et déteste plus que tout la permaculture.

Bref, on s’ennuyait ferme dans l’enseignement agricole lorsque le nouveau président, son gouvernement, son ministre de l’Agriculture sont apparus avec leurs recettes-engrais miracles ultra-libérales.

Première pulvérisation : une note de service préparant la rentrée de septembre 2008 avec une réduction annuelle de 3% de la fameuse dotation globale horaire (DGH) à disperser dans les territoires par les services régionaux durant les 5 prochaines années. Le choix a été rapide : fermeture des filières ayant peu d’élèves et retour à l’Éducation nationale des 4e, 2nde et filières services.

D’ou une semaine d’actions locales et syndicales dans les établissements agricoles (du 10 au 14 décembre 2007) qui a culminé avec un rassemblement devant le ministère à Paris. Cette mobilisation ayant au moins le mérite d’avoir fait davantage connaître l’enseignement agricole que ne l’a jamais fait la moindre «campagne» publicitaire.

On pourrait se réjouir de ce mouvement social naissant mais à l’observer en détail il est beaucoup moins séduisant qu’il n’y paraît. D’abord la mobilisation a été très hétérogène suivant tel ou tel lycée affecté ou pas par les réductions : ce qui traduit un état d’esprit centré sur des préoccupations individuelles, à court terme, sur le mode de : «Si je récupère mes 4e tant pis pour l’autre établissement de l’autre département qui les perd maintenant !»

Ensuite on a l’impression que la mobilisation se limite à lutter contre les effets des restrictions budgétaires sans atteindre les raisons libérales qui les animent.

De plus les ATOSS et le agents administratifs se sont peu mobilisés démontrant une division profonde.

Est-ce un un jeu de dupes entre un syndicat surpuissant : le Snetap-Fsu et de l’autre un Ministère ayant lancé un «ballon d’essai» destiné à tester les résistances et instaurer un climat d’inquiétude généralisée ? Les deux ayant de nombreuses arrière-pensées…

Le Snetap-Fsu a mobilisé ses troupes, en se positionnant pour le futur comme organisation de lutte (en réalité partenaire) indispensable des réformes à venir et en passant sous silence une motion votée lors de son dernier congrès à Albi prônant un rapprochement (une fusion ?) avec l’Éducation nationale.

Cette motion le rapproche dangereusement du Ministère qui souhaite certainement la même chose.

Cette idée est pour la quasi totalité des enseignants de l’agriculture cauchemardesque et le Snetap-Fsu du mal à faire avaler la pilule à ses adhérents et sympathisants. Peut-être comme l’ultime solution face au pire ?

De l’autre le Ministère a un projet précis : celui de se transformer à court terme en secrétariat d’État ; pour cela il lui faut réduire les effectifs et les services au plus vite. Pour l’enseignement agricole cela signifie : la fin des filières mutualisées : 4e, 3e, 2nde … Des diplômes recentrés sur uniquement les activités de production agricole au sein de pôles de métiers départementaux … Des bac pro allégés en trois ans … La fin des BEP agricoles … Une refonte des BTS pour les rendre accessibles aux futurs bac pro … Une diminution importante du personnel par les départs en retraite non remplacés.

La ruralité (en simplifiant) offre deux visages : celle d’une certaine innocente joie de vivre, de recherche de sens indolente, de pratiques communautaires sur un territoire donné considéré comme élément naturel à préserver ; et de l’autre un système de valeurs basé sur la propriété de la terre et la famille comme porteuse de traditions fermées, un usage intensif de l’espace et des ressources naturelles. En re-définissant ses missions d’enseignement sur des activités de production, ce Ministère a fait son choix : de l’adaptation pure, simple, rapide de ses élèves à une agriculture mécanique, technologique, inhumaine qui est tout le contraire de ce que nous désirons sans faim…

Hervé PHILIPPE
professeur d’éducation socioculturelle

militant CNT éduc 66
Jeudi 20 décembre 2007
Réaction du collectif des personnels de Lyon II aux pressions exercées sur Alice Verstraeten, étudiante-enseignante, suite à sa prise de position publiée sur Rebellyon concernant les violences policières et des vigiles, le caractère totalement anormal de la manière dont s’est effectuée la reprise des cours.

«Le pilori a été aboli, en France, le 28 avril 1832.»

Au-delà d’une certaine ré-écriture des évènements de protestation contre la loi LRU qui ont eu lieu tout au long du mois de novembre par la présidence de Lyon 2, le communiqué (signé par un vice-président, Jean-Claude Rabier, et diffusé hier, mardi 18 décembre 2007 aux personnels comme aux étudiants) met en cause de façon individuelle une étudiante-enseignante (doctorante, allocataire-monitrice), dont le seul tort est d’avoir exprimé, publiquement, son analyse du mouvement contre la LRU à Lyon II.

Outre que ce communiqué de la présidence témoigne d’une conception unilatérale des moyens de communication, il adresse à chacun-e (dans chaque boîte électronique) une dénonciation dont l’ampleur n’a plus aucune commune mesure avec l’expression initiale incriminée. C’est donc bien à un pilori moderne et électronique que notre collègue est clouée.

Cette tentative d’intimidation est inacceptable et toute tentation de poursuivre par quelque moyen que ce soit la répression du mouvement de protestation contre la loi LRU sous des formes indignes et lâches rencontrera une résistance collective. Nous appelons à la cessation immédiate de ce type de mise en cause, et assurons la Présidence de Lyon II du maintien de notre mobilisation contre la loi LRU et de notre vigilance à ce que personne — quel que soit son statut — ne soit puni d’avoir participé au mouvement, conformément d’ailleurs à l’engagement pris par la présidence de Lyon II durant le mouvement.


PS : Nous demandons la publication de ce message sur le web étu.
Dimanche 16 décembre 2007
Ou de la pratique de la guerre de classe en milieu universitaire…

Interventions policières sur le campus de Rennes II ; mensonges, diffamations, menaces proférées par des membres des administrations universitaires ; vigiles privés armés de matraques à Rennes I ; fichage par l’administration des étudiants grévistes présents sur les piquets de grève à Rennes I ; appel aux étudiants et personnels à se constituer en milices pour déloger les grévistes sur Rennes II.

Le mois de novembre 2007 a vu se dérouler sur les facultés rennaises des événements qui questionnent, en ces périodes de mobilisations contre des lois iniques, que toute la communauté universitaire ou presque considère comme extrêmement dangereuses pour l’enseignement supérieur. Les directions universitaires ont clairement pris le parti de l’État et de la défense de la LRU, mais pas seulement à Rennes II ou Rennes I. Partout, on assiste à une attitude de plus en plus réactionnaire des présidents d’universités et de leurs directions. Si la défense de la LRU entre en ligne de compte, c’est aussi et surtout l’avenir de la lutte qu’il convient de faire disparaître, en frappant fort et partout. Ici comme ailleurs, il va donc s’agir de briser toute forme de résistance au sein des universités, de plomber les mouvements sociaux qui y prennent corps, d’empêcher toute forme de contestation collective. Qu’on ne s’y trompe pas : il n’est pas uniquement question là de lutter contre les syndicats étudiants ou interprofessionnels, mais également de viser l’étudiant non-syndiqué. Pour cela, rien ne marche mieux que la peur de la matraque pour les uns, la peur du gréviste Khmer rouge pour les autres.

Or en allant au clash, en focalisant sur des points relatifs aux modalités pratiques de l’organisation d’un mouvement, on en occulte la substance même. Qu’en est-il du fond, de ce fond que par tous les moyens, on tente de camoufler ? En bref : pourquoi ce mouvement ?

La LRU c’est : le désengagement financier de l’État en faveur d’une plus grande intervention des entreprises par le biais du Conseil d’administration ; un assujettissement de la recherche et des formations au diktat du patronat ; une précarisation accrue des personnels par le recours aux vacataires qui va devenir systématique ; une dévalorisation des conditions d’études (hausse des frais d’inscription, casse de la valeur des diplômes, sélection à l’entrée de l’université, suppression de filières non-rentables…). On assiste alors à une véritable privatisation de l’université, à une mise en concurrence des établissements, à une casse du service public d’enseignement supérieur, sur le modèle de ce qui s’est déjà passé au Canada et dans de nombreux pays européens.

Dans leur grande bonté les «représentants» officiels des étudiants, UNEF en tête, ont arraché au gouvernement 3% du capital d’EDF pour les universités. Ceci ne correspond en rien aux revendications d’abrogation de la LRU et de défense du service public d’enseignement supérieur émises dans les assemblées générales, seules aptes à porter la voix du mouvement.

Voici donc qu’une fois de plus, on nous annonce des avancées extraordinaires, des victoires décisives, des uppercuts foudroyants. En réalité il n’en est rien, bien évidemment. La loi n’est pas retirée, les garanties sont peau de chagrin et l’argent octroyé provient d’autres services publics. On imagine la gueule qu’ils ont tiré à EDF, quand on leur a dit qu’on leur prendrait leur thune pour la mettre à la fac !

Si la LRU est combattue ici c’est parce qu’elle contribue à détruire le système public d’éducation. La défense d’un tel système va de paire avec celle de tout service public et c’est pourquoi les «avancées» du gouvernement sont non seulement insatisfaisantes, mais scandaleuses. Si on doit cependant tirer une leçon de ce recul, certes peu conséquent, du gouvernement, c’est bien que seule la lutte paie. Les négociations entamées avec lui n’ont rien gagnées, c’est bien la mobilisation des universités sur tout le territoire qui a fait pression. La mobilisation naissante dans les lycées, les mouvements interprofessionnels, sur les régimes spéciaux, les franchises médicales, du public comme du privé, sont également autant de signes qui ont incité l’État à lâcher un peu de lest, du moins en apparence. La volonté d’enrayer toute forme de manifestation, l’énergie déployée par le gouvernement et ses médias pour stigmatiser les grèves et les grévistes, cette propagande visant à faire, petit à petit et insidieusement de la grève un délit, montrent les enjeux et les possibles portées d’une mobilisation.

À présent, des salariés commencent à se manifester pour dénoncer la LRU (Paris VIII, Tours, appel de l’organisation Sauvons La Recherche…). La mobilisation doit continuer ; nous appelons pour cela à intensifier les assemblées au sein des filières, réunissant professeurs, élèves et personnels, en vue de discuter les différents points de cette loi et d’informer la communauté universitaire, toute entière concernée, sur ses conséquences.

Il est indispensable de s’y organiser pour construire une opposition ferme à cette réforme afin d’obtenir son abrogation.


La CNT-FAU est le secteur universitaire de la Fédération CNT-Éducation. Elle est née en 1993, et est présente sur plus de 20 campus universitaires. La CNT-FAU, section syndicale des étudiant-e-s, IATOSS et enseignant-e-s à la fac, se bat pour un autre monde et une autre université, en luttant contre le racisme, le capitalisme, l’ordre sécuritaire, le sexisme.
Vendredi 14 décembre 2007
Plusieurs mouvements sociaux récents contestent la longue vague de casse des services publics dont la loi Libertés et Responsabilités des Universités (LRU) fait partie. À Tours, les 5 arrestations des membres du mouvement anti-LRU ne sont pas des évènements isolés mais s’inscrivent dans un contexte de répression nationale. À Nantes par exemple, un lycéen risque de perdre son œil parce que sa présence dans une manifestation «dérangeait» des flics de la B.A.C., qui ont donc tiré au flashball.

L’usage des «forces de l’ordre» a clairement pour objectif de briser toute résistance, toute contestation des choix de société… Par la répression, l’État s’en prend directement à nos droits fondamentaux de réunion, de manifestation, et à toute critique sociale en général. Ainsi les actions politiques contestatrices sont criminalisées ; les acteurs des mouvements deviennent des voyous selon la novlangue sarkozienne.

Nous exigeons dès lors l’arrêt des poursuites de toutes les personnes mises en examen en raison de leur participation au mouvement anti-LRU, en particulier à Tours, où 4 personnes devront passer en procès courant 2008. Notre démarche est avant tout solidaire, et nous répondrons par la mobilisation collective face aux procès visant à réprimer de manière individualisante certains militants. Nous ne nous laisserons pas museler et nous continuerons à nous mobiliser quelle que soit l’ampleur de la répression.

Les contestataires de la LRU se heurtent à un mur consensuel des parlementaires de droite comme de gauche. La gauche caviardisée ne porte essentiellement sa critique que sur les méthodes d’application et non sur le contenu des nouvelles réformes. Le projet de loi a été élaboré avec la Conférence des Présidents d’Universités dont M. Lussault est porte-parole, puis ce projet a été négocié avec l’UNEF, pour circonscrire l’incendie que le gouvernement pensait probable. Ainsi le pouvoir politique trouve un soutien de taille dans la collaboration de certains partenaires sociaux. Le gouvernement a instrumentalisé ces représentants pour mettre en place une illusion de dialogue et ainsi faire passer les contestataires pour des extrémistes. Dès lors tout mouvement politique non institutionnel devient criminel aux yeux du gouvernement et de l’opinion publique. Nous rappelons que nos actions sont politiques et symboliques, jamais «criminelles». C’est pourquoi nous exigeons l’arrêt des poursuites judiciaires, dont l’arsenal légal est souvent disproportionné (poursuite pour «outrage à agent avec arme» pour une accusation d’un lancer de ballon de peinture). La contestation est nécessaire et saine à tout bon fonctionnement démocratique. Pourtant les médias font obstacle à ce que nos revendications accèdent à la scène publique.

En effet, les médias dans leur globalité ne relaient que le discours libéral comme si aucune alternative n’était possible. En réduisant cette grève à un simple blocage, ils occultent le fond politique de notre mouvement. Il s’agit là soit d’un manque d’investigation, soit d’un choix délibéré d’être la courroie de transmission des directives du gouvernement. Le traitement de l’information n’est-il pas influencé par le fait que les médias soient gérés par des grands groupes industriels (Bouygues, Lagardère et Dassault…), qu’ils sont dépendants de leurs annonceurs publicitaires, et fréquentent régulièrement les autorités institutionnelles ? Si les médias étaient aussi neutres qu’ils le prétendent, ils nous informeraient alors plus objectivement de l’activité des luttes sociales et couvriraient un minimum la répression que subit notre mouvement.

Le recours aux forces de l’ordre fait partie de la stratégie politique du gouvernement dont l’objectif est de mater toute contestation en cours, et de se prémunir de tout autre mouvement social, en nous inculquant la peur. Nous avons pu constater que la police utilise des méthodes particulièrement agressives à l’encontre de manifestations classiques (gazages lacrymos, matraquages, interpellations, gardes-à-vue, BACs, Rgs, gardes-mobiles dans certaines universités, «milices» privées…) et n’hésite pas à recourir aussi à de nouveaux moyens répressifs (flashball, fichages multiples, vidéos, menace du Tazer, pression policière hors-manifestation…). Notons cette nouvelle pratique (pour Tours) qui consiste à suivre des militants après leurs actions afin de leur inculquer la peur et parfois procéder à leurs arrestations. Le but de ces interventions est de casser nos grèves ; les lycéens tourangeaux sont même empêchés de mettre en place leurs piquets de grève par d’imposantes présences policières aux abords des lycées et par les menaces d’interpellations.

De la même manière, les administrations universitaires se posent en tant que relais unilatéral du pouvoir politique et se refusent à laisser remonter les problématiques soulevées par les étudiants en lutte. En se conformant à la logique gouvernementale du passage en force des lois, les directions universitaires deviennent actrices de l’appareil répressif : cela se traduit concrètement par les interventions des forces de l’ordre (14 cars de CRS à Tours) dans les universités. Les directions universitaires n’hésitent donc plus à utiliser la force pour nous empêcher de nous organiser par nous-mêmes et de défendre nos revendications. Comme nous avons pu l’observer, des personnels administratifs ont collaboré directement avec la police : accueil des RGs et des BACs dans les locaux universitaires, dénonciations, humiliations et fichages qui ont contribué à l’arrestation de certains étudiants, utilisation de vigiles privés et de chiens.

Ces dérives sécuritaires ne sont possibles que parce que l’opinion publique ne s’indigne pas collectivement contre de telles pratiques ; ces silences individuels sont transformés par le pouvoir en un consentement général. L’efficacité de cette répression n’est possible que par un lien étroit entre les pôles politiques, médiatiques, administratifs et policiers. La peur inculquée tend à isoler les individus, pour casser notre organisation collective. Le mouvement de réformes libérales se corrèle d’une précarisation de nos conditions de vie depuis plusieurs années, ainsi que d’une répression accrue des indociles. Ce climat tend à nous renvoyer à nos préoccupations quotidiennes individualisées et atomisantes. La solidarité et la conscientisation de notre pouvoir collectif nous permettraient pourtant de faire face à ce système répressif, afin de devenir acteurs du changement social. De même que le libéralisme s’étend dans le monde entier, des mouvements réfractaires se multiplient. D’ailleurs, des étudiants en lutte dans des universités étrangères ont exprimé leur soutien international au mouvement anti-LRU en France (Québec, Grèce, Allemagne).

Face à la répression qui tente de nous réduire au silence, nous ne pouvons rester muets ! Face à une répression nécessairement anti-démocratique et à l’augmentation de cette violence banalisée, et légalisée, il est nécessaire de s’unir et s’organiser ! Prendre conscience des logiques sécuritaires et libérales qui nous sont imposées internationalement, nous permettra ainsi de construire un rapport de force suffisant pour en finir avec l’exploitation, la précarisation et l’isolement des individus. C'est dans la rue et par les mouvements sociaux que débute notre résistance !

Décidés à faire face à cette répression générale, nous faisons appel à vos dons, pour soutenir les participants au mouvement anti-LRU sur lesquels pèsent des poursuites.

L’A.G. du mouvement anti-LRU de Tours
Jeudi 13 décembre 2007
Témoignage d’une enseignante de l’Université de Lyon II, envoyé sur la liste de diffusion de la Coordination nationale des personnels mobilisés


Bonjour à tous,

Ma fac (Lyon II) s’enfonce tous les jours un peu plus dans le mépris des étudiants et dans une logique policière qui m’inquiète profondément. Les médias ne nous suivent pas, ne relayent rien, s’autocensurent ou se font censurer. Tout a commencé avec la Loi Pécresse de réforme des Universités, signée dans la précipitation cet été par le président de la fac, Monsieur Journès. Certains étudiants et enseignants s’opposent à cette loi. Les étudiants ont choisi le blocage de l’Université comme mode d’action. On peut être pour ou contre, je ne suis pas sûre que ce choix ai rendu service aux manifestants et à leur image mais aujourd’hui, à la limite, peu importe. On a, pour l’instant, dépassé ce débat.

Depuis quelques jours, le président de l’Université a fait appel aux «forces de l’ordre» : des vigiles privés, très jeunes, non assermentés, arrogants et dépassés par les événements, patrouillent dans la fac avec au bras un brassard orange marqué «sécurité». Ils apostrophent tout le monde, tutoient tout le monde, et nous demandent de justifier de notre présence dans l’Université en montrant notre carte «cumul» (une carte magnétique d’étudiant ou d’enseignant qui sert aussi de carte de bibliothèque et de carte… de paiement dans l’enceinte de la fac… ce qui, en soit, ne me plaît déjà pas beaucoup). Il semble bon de rappeler qu’une Université est, selon la loi, un «établissement public à vocation scientifique et culturelle»… Les étudiants qui manifestaient scandaient à l’encontre des vigiles, hier matin : «Voyous, racailles». Car certains d’entre eux s’amusent à retenir les étudiantes pour les draguer, d’autres en sont venus aux mains avec des étudiants de leur âge, une étudiante a été «étranglée» avec son écharpe pour qu’elle dégage un passage. À l’entrée principale du campus de Bron, et rue Chevreul sur le campus des quais du Rhône, dès 7h30 le matin, tous les jours, les CRS arrivent pour déloger les étudiants qui protestent. 9 cars de CRS devant le campus de Bron, 9 cars de CRS devant le campus des quais de Rhône. Ils sont, régulièrement, soutenus par la gendarmerie mobile.

J’étais là, hier matin. Deux de mes étudiantes m’avaient dit avoir été «molestées» par les CRS la veille et voulaient que j’en sois témoin. Eh bien oui, ils les plaquent au sol, les jettent plus loin, les matraquent dans le ventre et sur la tête. Sur les quais, hier, deux leaders syndicaux étudiants (un de Lyon 2, l’autre de Lyon 3) ont été désignés du doigt par des policiers en civil avant d’être poursuivis dans une rue adjacente par les CRS. Ce qui signifie, nous sommes d’accord, qu’un travail préalable d’«information» a été effectué et que ces arrestations sont ciblées pour détruire les mouvements syndicaux. Les deux hommes sont en garde-à-vue et devraient être déférés à la Justice aujourd’hui même (donc : il existe désormais des comparutions immédiates pour les manifestants, vous serez prévenus). Dans un communiqué odieux et mensonger, la présidence de la fac dit qu’ils sont «extérieurs à l’Université» et que ces arrestations sont survenues après des troubles. Il n’y a pas eu de troubles autres que la manifestation pacifique, nous sommes plusieurs enseigants à en être témoins. Un étudiant a été blessé et, une fois aux Urgences, a hérité de douze points de suture sur le crâne. Des étudiants ont été mis en joue au flashball. Des policiers en civils sont toujours là, dont un homme sur mon campus : de «type méditerranéen», il porte une grosse doudoune noire, un talkie-walkie dans une poche, un appareil photo dans l’autre. Lui et ses camarades filment longuement les manifestants. S’ils ont effectivement été convoqués par le président de l’Université dans le seul but de permettre aux étudiants qui veulent suivre les cours d’entrer dans la fac, pourquoi filment-ils ? Doit-on ajouter la DGSE à la liste des membres du personnel de l’Université ? De notre côté, enseignants ou étudiants, ils nous empêchent un maximum de filmer. Ce qui signifie que les images disponibles sur Youtube et sur Dailymotion ne sont pas à la hauteur de la réalité.

Face à cette situation, plusieurs enseignants, dont je suis, ont refusé de faire cours. Je refuse d’entrer dans une fac investie de forces de police, de gendarmerie et de vigiles privés non assermentés. Je refuse de montrer des papiers d’identité pour me rendre sur mon lieu de travail. Je refuse de me faire bousculer par des CRS. Je refuse de me faire tutoyer avec mépris par des individus que je ne connais pas. Je refuse d’entendre un vigile insulter un de mes collègues (pourtant muni du sac en cuir typique de l’enseignant, pourtant plus honorable que moi dans l’allure avec ses cheveux blancs) en lui disant «J’vais t’fumer toi, j’vais t’fumer». Nous ne sommes pas, que je sache, dans un État policier. Ou alors il faut nous le dire clairement, parce que cela signifie que les règles du jeu ont changé. Je croyais que l’on avait le droit de grève dans notre pays. Je crois que ce qui m’inquiète le plus, c’est de recevoir des communiqués de la Présidence affirmant que la situation est désormais «normale». SI CETTE SITUATION EST NORMALE, JE DÉMISSIONNE.

D’autre part, pour permettre l’action de ces policiers, militaires et vigiles, toutes les sorties de sécurité sont bloquées. Certains enseignants et étudiants s’obstinent à faire cours dans une ambiance délétère et dangereuse. Ce qu’ils risquent purement et simplement, en cas d’incendie, c’est de brûler vifs dans des locaux qui sont déjà vétustes. Je joins à ce message la Lettre ouverte à la Présidence de Lyon 2 rédigée par des enseignants (datée d’avant-hier 5 décembre et déjà dépassée par les événements d’hier), ainsi que le dernier message de la Présidence elle-même, pour que vous puissiez juger vous-même de la mauvaise foi, du mépris et des ronds-de-jambe du langage qui se banalisent dans notre environnement politique et médiatique. Ce message est, bien sûr, à faire passer si vous en ressentez le besoin.

Alice VERSTRAETEN, le 7 décembre 2007
Jeudi 13 décembre 2007
Une quarantaine de personnes ont donc occupé par surprise le Rectorat dijonais mardi 11 décembre, parce que les actions contre la LRU se poursuivent à Dijon malgré la fin du blocage, et qu’il faut soutenir à tout prix ceux qui continuent à bloquer et occuper leurs universités ailleurs en France. Petit compte-rendu factuel…

Une banderole «Rectorat occupé» a été accrochée sur la façade du premier étage, tandis qu’une seconde, «Lutte contre le monde de la LRU», était tenue à l’extérieur où des tracts expliquant l’occupation étaient distribués aux passant-e-s (voir texte ci-dessous).

Peu après le début de l’occupation, du bruit et des sifflets, des négociations se sont engagées sur l’envoi par fax du texte de revendication au ministère de l’Éducation, ainsi qu’à la présidente de l’Université de Bourgogne et aux proviseurs des différents lycées de l’Académie. Simultanément et après quelques déambulations des occupant-e-s, le recteur a fait venir une quinzaine d’«employés à gros bras» pour bloquer l’accès des couloirs.

Puis petit à petit, une quarantaine de policiers sont arrivés d’abord à l’extérieur, puis à l’intérieur du hall où s’étaient regroupé-e-s les occupant-e-s. Au final le hall était bondé, et pour le coup bien bloqué, avec deux pôles antagonistes intimement regroupés et des flics chauds pour l’expulsion. Après deux heures d’occupation, de tractations et des ultimatums du recteur prêt à déclencher la sortie de force, celui-ci a fini par accepter de faire faxer le tract au ministère de l’Éducation nationale. Le débat apparemment crucial de son côté tenait au fait de rayer du fax le titre «Rectorat occupé», sans doute parce que ça faisait mauvais genre, en le remplaçant par «Une trentaine de délégués de l’Université sont venus nous faire parvenir leurs revendications», ce qui est mensonger mais fait plus «paix sociale, on dialogue, on est potes». Manque de bol pour eux, on leur a soufflé en partant, après qu’il l’ait finalement faxé, que l’on spécifiait aussi occuper le Rectorat à l’intérieur du tract, en introduction aux revendications. Ils n’auront qu’à mieux lire la prochaine fois.
À Dijon comme ailleurs, contre la LRU et son monde,
maintenons la pression sur les institutions,
enrayons leur fonctionnement, allons les trouver là où ils sont !


Texte du tract distribué à cette occasion :
À la fac de Dijon comme dans de nombreuses autres universités et lycées en France, la mobilisation contre la LRU continue. Malgré le silence des médias et la désinformation du gouvernement, les grèves, occupations, bloquages d’universités, manifestations et actions diverses se poursuivent.

Le recteur est le représentant direct, dans l’Académie, du ministère de l’Éducation nationale et a autorité sur l’enseignement primaire, secondaire et supérieur. Nous occupons donc aujourd’hui le Rectorat pour demander :
— L’abrogation de la Loi LRU dite loi Pécresse,

— Le retrait des sanctions disciplinaires qu’ont subi les lycéen-ne-s mobilisé-e-s durant ces dernières semaines pour avoir fait valoir leur droit de grève et de manifestation,

— Le retrait des forces policières occupant les campus universitaires pour empêcher la lutte contre la LRU et réprimer les étudiant-e-s,

— La banalisation des TD pour les étudiant-e-s grévistes,

— L’arrêt des expulsions d’étudiant-e-s étrangers.
Nous demandons par ailleurs à ce que ces revendications soient faxées au ministère de l’Éducation nationale, aux présidents d’université, ainsi qu’aux proviseurs des lycées de l’Académie.


Extraits de l’appel de la coordination nationale étudiante
qui s’est tenue ce week-end à Nice :

[…] Nous sommes toujours des centaines de milliers à refuser la logique de la LRU : étudiant(e)s, chercheur(se)s, enseignant(e)s, personnels IATOSS, BIATOSS, lycéen(ne)s… Plus de la majorité des universités, et de plus en plus de lycées sont mobilisés. […]

[…] Le gouvernement répond à notre mouvement par deux moyens : des prétendues «avancées», et la répression. Les annonces du gouvernement ne répondent en rien à nos revendications. Nous nous battrons jusqu’à l’obtention de nos revendications, principalement l’abrogation de la LRU, qui demeure malgré tout dans son intégralité : encouragement du financement privé, contrôle des entreprises ­- «bailleurs de fonds» sur le contenu des diplômes, pouvoirs exhorbitants des président(e)s d’université, précarisation des enseignant(e)s-chercheurs et personnels, sélection à l’entrée de l’université, mécanisme poussant à terme à l’augmentation des frais d’inscription… […]

Derrière les effets d’annonce du gouvernement se développe une répression sans précédent. Fermetures admnistratives, interventions de la police, de la BAC, des CRS, des Gardes mobiles, de vigiles, procès contre les lycéen(ne)s et étudiant(e)s mobilisé(e)s se généralisent. L’objectif de leurs opérations toujours plus violentes est d’intimider et de criminaliser tous ceux et celles qui se mobilisent, pour les isoler et briser le mouvement.

[…] Nous rappelons que la lutte contre la LRU s’inscrit dans un contexte plus global de casse des services publics et des acquis sociaux. Les résistances se multiplient contre ce projet de régression sociale. Nous manifestons toujours notre soutien à tous les secteurs mobilisés, et appellons donc à poursuivre la convergence des luttes avec : les cheminot(e)s, les salarié(e)s d’EDF et GDF, les enseignant(e)s et lycéen(ne)s des lycées pro, les jeunes en lutte, les salarié(e)s de la grande distribution… […]



Texte trouvé sur Indymedia Paris-Île de France, 13 décembre 2007
Mardi 4 décembre 2007
Il y avait une manif ce matin à Grenoble. Une manif «étudiante-lycéenne» qui a rassemblé 500 à 700 personnes en provenance du campus universitaire et de différents lycées de l’agglo, derrière deux banderoles aux propos bien plus étendus que celles qui ouvraient les précédentes manifs «officielles». Il faut dire que cette manif n’était pas déclarée en préfecture (donc non dirigée par l’Unef, totalement absente aujourd’hui) et que ses mots d’ordre n’étaient pas fermés sur la LRU mais concernaient entre autres la répression vécue ces dernières semaines à Grenoble, en particulier dans les facs et les lycées (le matin-même, les flics sont intervenus pour empêcher le lycée Stendhal de bloquer, où finalement les cours n’ont pas eu lieu). Ces deux grandes banderoles de tête affichaient donc : «Tous unis contre l’État et ses flics», «Votre démocratie est une imposture».

C’est donc tout un monde/système qui était critiqué dans cette manif. Un tract intitulé «Pour l’intensification et la convergence des luttes» y était d’ailleurs distribué.

Le grand mouvement social qui nous est passé sous le nez ces dernières semaines n’a pas réussi à se maintenir. Malgré les étudiants et les lycéens, les cheminots en grève et les émeutiers de Villiers-le-Bel et d’ailleurs, ni l’intensification ni la convergence des luttes n’ont réellement pu s’effectuer. Et même si pendant la manif d’aujourd
hui, on pouvait ressentir un certain plaisir dans les complicités des slogans anti-flics (entre vieux étudiants et jeunes lycéens, entre blancs-becs et rebeus, certaines fausses séparations sestompent dans ces moments), la manif aura été encore une fois tâtonnante, à limage dun mouvement étudiant-lycéen qui peine à prendre de lampleur (ce matin-même, les blocages étaient bien compliqués à tenir sur le campus universitaire et la plupart des lycées nont pas été bloqués du tout — ce qui explique aussi que le nombre de manifestants ne soit pas important).

Là encore, ceux qui donnaient le plus d
énergie à cette manif étaient les lycéens, venus avec banderoles et slogans anti-Pécresse. La manif est dailleurs passée devant plusieurs lycées, incitant à quitter les cours pour venir en manif. À Champollion, le portail a cédé aux coups de pieds et un bon paquet de collégiens et de lycéens sont sortis, même si la plupart de ceux qui étaient dans la cour de récré se sont contentés de regarder avec envie ceux qui se mettaient à «sécher» spontanément et collectivement.

Après être passée en centre-ville, la manif s
est dirigée vers le lycée Mounier, mais au niveau du parc Mistral, un ou deux apprentis bureaucrates étiquetés LCR/FSE ont essayé de «détourner» la manif vers les gradins de lanneau de vitesse, pour «discuter»… Pour une fois quune manif pouvait démarrer sans avoir à être guidée par lUnef et sa sono saoûlante, y en avait quand même pour essayer darrêter ça au plus tôt pour «discuter». Pfff…

Entre la préf
et Mounier, quelques panneaux de pub et fenêtres de voitures de bourges ont été brisées : quelques huées dans la foule. Bonjour la diversité des tactiques, vous feriez mieux de siffler la police plutôt que de huer les «casseurs» !

En allant sur Mounier, la manif est alternativement sur les rails du tram et sur la route, bloquant ainsi le tram et les voitures. Mais à mon avis c
était plus de lhésitation quune tactique réfléchie.

Devant Mounier, tout le monde s
arrête devant le lycée et les apprentis bureaucrates reviennent à lattaque en poussant notamment les lycéens à faire demi-tour (encore cette histoire de parc Mistral !). Plusieurs personnes interviennent et la manif reprend sa route, tourne à gauche, se perd un peu dans des coins résidentiels puis se dirige vers le parc Mistral, les apprentis bureaucrates à laffût (accompagnés de deux jeunes apprentis «service dordre» qui essayent de «contenir» la manif devant). Sauf quentre-temps, linfo tourne quun manifestant a été arrêté par la BAC (peut-être même deux ?). Pour la plupart des gens dans la manif, ça ne fait ni une ni deux, il faut aller le soutenir devant le commissariat central !

Mais alors qu
on se retrouve aux bords du parc Mistral, la bande à LCR/FSE retente le coup du «détournement-discussion» : échec total. Personne ne les suit, et la manif continue.

Une espèce d
inquiétude règne malgré tout, vu que la dernière fois quune manif sest terminée devant le commissariat, les flics ont chargé alors que tout le monde était très calme. Mais vu que lun des nôtres est entre les mains de la police, il nous semble nécessaire daller lui montrer du soutien. On fait donc le tour du parc et le mot tourne quil faudra faire bien attention à ne pas se faire prendre entre les griffes des flics, vu quon sera sur leur territoire et quil est évident quils seront présents en force. En plus, ça fait un moment quon manifeste, et ce matin très tôt presque tout le monde bloquait (ou essayait) à la fac ou dans les lycées. Bref, une certaine fatigue se fait sentir.

Arrivée devant le commissariat, la manif a pas mal fondu (on est 200 environ) et des flics en tenue anti-émeute
«protègent» le bâtiment en grand nombre. La BAC rôde dans le coin, ambiance super malfamée. Les manifestants sarrêtent tranquillement devant le commissariat : «Libérez nos camarades !» et autres slogans fusent (entre «Des calins et des bisous» et «Des parpaings et des cailloux», «Police partout, justice nulle part» et compagnie).

Assez rapidement, les flics avancent, boucliers, lacrymos et flashballs en avant. Une, deux, trois sommations sont envoyées et les flics chargent une première fois. Dispersion à l
arrache, ça se rassemble au croisement suivant (dans la direction de lIsère). À ce moment là, les manifestants se retrouvent acculés uniquement dans la rue, avec les flics anti-émeute face à eux. Et derrière, peu à peu, la BAC prend position et sapprête à enfermer complètement les manifestants. Visiblement, les mecs de la BAC approchent dans lintention de bloquer complètement le passage aux manifestants. À ce moment-là, quelques jeunes prennent peur et se barrent en courant, poursuivis par les flics de la BAC. Certains des manifestants se font interpeller dans une cage descaliers (et deux dentre eux sont emmenés au poste, comme par hasard deux petits rebeus… et on retrouve là le racisme ordinaire de la police, quon a déjà bien connu pendant le mouvement anti-CPE). À ce moment-là, le restant des manifestants se dirigent vers limmeuble et trouve la BAC appeurée aux portes de la cage descaliers. Pendant quelques brèves secondes, on a limpression quon va pouvoir faire libérer les jeunes manifestants retenus par la BAC, mais cétait sans compter sur la tonne de flics anti-émeute qui arrivent de tous les côtés en courant, créant une espèce de panique générale suivie dune dispersion progressive. Sale fin de manif : ils enferment nos frères, cest la guerre !

Pour finir, signalons qu
aller aux comparutions immédiates de demain ou daprès-demain peut être un moyen de montrer sa solidarité aux personnes arrêtées qui pourraient passer en procès. Aussi, même si la situation était plus que confuse et emmerdante devant le commissariat, même si les flics étaient super agressifs, cétait à mon avis important daller montrer notre colère suite aux arrestations. La prochaine fois, essayons dêtre plus mobiles, ne nous laissons pas encercler ni enfermer !

Ceci n
était quune étape, mais la rage est toujours là.

Indymedia Grenoble, 4 décembre 2007
Mardi 4 décembre 2007
Après la soirée de vendredi, il est temps pour nous de recadrer les choses.

Comme cela nous l’avait été annoncé par l’administration, bien au courant du fait puisqu’elle s’était réunie derrière les préfabriqués, en cachette, avec les anti-bloqueurs, un appel à un débloquage violent avait été fait pour 21h30. Il était également dit que l’on pouvait craindre la présence de membres d’organisations groupusculaires d’extrême droite. Devant la menace d’attaques fascistes, nous avons décidé de ne pas abandonner l’occupation, et par là-même de ne pas les laisser «gagner». C'est pour cela que nous nous sommes préparés et armés de manches à balai et autres barres, en espérant que ce serait suffisant pour les intimider, et qu’ils ne viendraient pas. Malheureusement, un groupe d’une cinquantaine de personnes, également armées de batons contrairement à ce qu’ont pu dire certains médias, a déboulé sur le campus en chantant la Marseillaise (et ont même été vus en train de faire de splendides saluts nazis…). Les vigiles de l’université ont pu les contenir, alors que la police observait tranquillement le spectacle depuis l’extérieur de l’université…

Alors que les étudiants grévistes se repliaient dans l’amphithtéâtre occupé, suite à une première «dispersion» des anti-bloqueurs, ces derniers sont revenus à la charge, toujours sous les yeux de la police, qui a fini par intervenir, une fois la bataille terminée… Seuls la patience et le calme des grévistes (alors que les anti-bloqueurs ne cessaient de nous provoquer) expliquent qu’il n’y ait pas eu d’affrontements physiques. Nous n’étions pas là pour nous battre, mais pour nous défendre en cas d’agression, agression programmée, rappelons-le.

Le comité de grève condamne également le rôle des médias, et particulièrement de France 3, dans la montée des tensions. À la recherche du sensationnel, ils n’ont pas douté à faire un appel public au débloquage violent au JT régional du vendredi soir, et donner même l’heure du rendez-vous. Où est l’information là-dedans? Quel rôle joue ce média dans le mouvement ? Évidemment, ces mêmes journalistes étaient présents à 21h30 précises et n’ont pas hésité à nous filmer en cachette, après nous avoir promis de ne pas nous filmer. Ce média a fait preuve d’un manque cruel d’intégrité et le comité de grève s’engage à ne plus répondre à ces journalistes, qui déforment et adaptent l’information à leur sauce.

Mais surtout, le comité de grève dénonce l’attitude du président de l’université de Perpignan. Pour son premier mandat, Benkhelil montre son incompétnce en matière de gestion des crises. Il est obnubilé par la reprise des cours, et en oublie les règles minimales de sécurité. Il encourage les étudiants anti-bloqueurs à venir déloger, en faisant usage de la violence, les étudiants qui bloquent… Il ment, sans cesse, aux médias qui l’interrogent sur le mouvement, et ne se tient jamais à ce qu’il dit ou promet… Il refuse de communiquer avec les grévistes et de reconnaître les AG étudiantes, dont le cadre a été fixé après consultation entre anti-LRU, pro-LRU et administration… Il n’hésite pas à menacer ou intimider les grévistes qui occupent l’université, et va même jusqu’à couper l’électricité du bâtiment occupé. Benkhelil applique des techniques de siège, de guerre.

Pour toutes ces raisons, et devant l’évidence de son incapacité à gérer dans le calme et dans le respect une université, nous demandons la démission de Benkhelil, comme de tous les présidents d’université qui ont fait appel aux forces de l’ordre pour évacuer les facs !

Comité de grève étudiant
Perpignan, 1er décembre 2007
Lundi 26 novembre 2007
LYCÉES EN LUTTE : C’EST PARTI !

À NOUS DE JOUER !

Depuis la rentrée, la lutte des classes fait l’actualité : grèves et sabotages ont fait disparaître Sarko dans les coulisses. Les lycéens ne peuvent que se sentir solidaires des travailleurs et des étudiants en lutte contre un gouvernement qui ne défend que les intérêts des plus riches. Même si on ne travaille pas encore, les «réformes» visant à détruire les conquêtes sociales et à dégrader nos conditions de vie nous concernent tous. Les raisons de descendre dans la rue sont nombreuses : les salaires stagnent tandis que les prix explosent, la misère avance à grands pas au profit d’une minorité d’individus ; rien que pour 2006, le bénéfice des entreprises du CAC 40 se chiffre à 100 milliards d'euros.

Pour préserver les véritables privilèges — ceux de la bourgeoisie —, le gouvernement lâche ses chiens, en réprimant par la violence ceux qui refusent sa politique réactionnaire.

Pour casser l’Université sous prétexte de la sauver, la loi Pécresse (LRU) utilise trois armes de destruction massive :
Fin de l’égalité, avec l’introduction déréglée des financements privés,
Fin de l’autonomie, avec l’instauration d’un management autocratique,
Fin de la garantie nationale de l’équivalence des compétences des enseignants et des contenus.

Dans les Lycées professionnels, le ministre vient de décider de supprimer les BEP d’ici 2 ans, pour les remplacer par des Bacs pro en 3 ans. Cette décision va entraîner de faire le même programme en 3 ans au lieu de 4 ans, sans compter la grosse pagaille dans l’orientation des élèves de Collège. Cela touche directement les familles les plus défavorisées.

chat-au-poing-lev--.JPGIl est important de s’organiser et de ne pas se laisser manipuler par les médias du Medef.

Ainsi, il paraît que les usagers sont «pris en otage». Mais quand les ouvriers renoncent à leur salaire en faisant grève, ils font ce sacrifice dans un rapport de forces, pour se défendre. Et si nos parents et arrière grands-parents ne s’étaient pas organisés pour bloquer l’économie, nous serions encore des esclaves travaillant 70 heures par semaine pour des miettes de pain. L’exploitation, on la combat ou on la subit : il n’y a pas d'autre alternative.

On veut aussi nous faire croire que les étudiants bloqueurs sont des «fascistes». C’est pourtant dans ces mouvements-là que vit la meilleure expression de la démocratie : les étudiants débattent et votent les décisions en assemblées générales (AG), pour passer à l’action ensemble.

Aujourd’hui le mouvement s’amplifie : une cinquantaine de sites universitaires et plus de 80 lycées étaient bloqués vendredi pour dénoncer la loi LRU.

Et ici dans le Jura, le lycée du Pré-saintSauveur (saintClaude) a déjà été bloqué jeudi dernier. Une manif y est en préparation cette semaine.

Maintenant il est temps d’accentuer la pression ! Contre le CPE, nous avons montré que seule notre mobilisation peut faire changer les choses.

Bloquer son bahut, bloquer l’économie, c’est loin d’être inutile : et plus on se bouge maintenant, moins on subira plus tard !

CNT-Jura
– BP39, 39200 Moirans –
Tél : 03 84 73 06 12

Permanences les 2e mardis du mois de 17h30 à 19h
au Coffre-Fort - rue de Bonneville à saintClaude


Samedi 24 novembre 2007
Titularisation sans conditions de tous les précaires !

La CNT-FTE, aux côtés des employés «aidés» de l’Éducation nationale depuis de nombreux mois, et aux côtés de tous les précaires, s’indigne des déclarations fantaisistes et insultantes de M. Hirsch, qui feint de ne pas savoir que le gouvernement dans lequel il sévit se nourrit et se délecte de la précarité et de la pauvreté.

M.Hirsch a en effet déclaré : «Parmi les objectifs, nous souhaitons réformer les minima sociaux et les primes diverses, donner l’accès à la formation professionnelle à ceux qui en sont le plus éloignés et faire des contrats aidés non pas des impasses, mais des passerelles vers l’emploi durable.»

C’est parmi les travailleurs paupérisés et précarisés dans leur ensemble que le gouvernement cherche à insérer les plus démunis.

Le gouvernement, le Medef, le patronat ne souhaitent pas la réforme, mais la contre-réforme. Nous savons ce qu’ils entendent par «réformer les minima sociaux». Ils seront satisfaits lorsque nous serons tous précaires, comme le souhaite Mme Parisot, lorsqu’ils pourront à loisir piocher dans un vivier de travailleurs pauvres éternellement interchangeables.

Nous rappelons que dans l’Éducation nationale, les dizaines de milliers de personnes en CAE et CAV embauchés dans le cadre du plan de cohésion sociale de M. Borloo ont servi à truquer les chiffres du chômage en période d’élections, que dans de nombreuses académies, ils n’ont pas reçu les formations promises et qu’ils ont su se rendre indispensables en apprenant seuls et sur le tas, qu’ils doivent se battre pour percevoir les primes qui leur sont dues, et que nombre d’entre eux seront renvoyés aux minima sociaux à partir de juillet 2008.

Nous n’avons pas besoin d’un Grenelle de l’insertion. Nous voulons la titularisation de nos collègues précaires, immédiatement et sans condition.

Vendredi 12 octobre 2007
reforme-2.jpgCette loi du 10 août 2007 a été votée très rapidement sans concertation avec les membres de la communauté universitaire. Les points qui fâchent :

Désengagement financier de l’État :
— Les entreprises pourront désormais investir dans les composantes qui les intéressent par le biais de fondations (ouvrant droit pour elles à des crédits d’impôts)… Pourquoi financer l’Université alors qu’on peut donner au grand patronat les moyens de le faire ? Par exemple les étudiants clermontois pourront suivre un cursus Michelin (une usine Michelin ferme à Toul…). À quand une licence Peugeot ou Maty ?

Gouvernance :
— Le Conseil d’Administration pourra ouvrir et fermer à sa guise des composantes (filières, labos, etc), il faut donc s’attendre à ce que de petites filières ferment pour le bien de l’Université. Gare aux filières non-rentables à court terme : Histoire de l’art, Lettres…
— Le C.A. de l’Université pourra dorénavant décider librement du pourcentage de contractuels (de précaires) à recruter.
— Alors que le C.A. diminue de moitié, les étudiants et les Iatos voient leur représentation amputée jusqu’aux 2/3. À qui profitent ces réductions ?
— Désormais, le président peut exercer un droit de veto sur le recrutement des enseignants, décider de l’attribution des primes et nommer les personnalités extérieures (pour partie des représentants du MEDEF).

Concurrence :
— Pour pallier à la pénurie des fonds publics, les Universités n’auront d’autre choix que de courir après l’argent privé. Comme tout investissement exige retour sur investissement, ne doit-on pas s’attendre à une intériorisation des attentes du marché ? Est-ce que l’autonomie signifie la fin de toute indépendance ?
Il en est de même pour les Universités qui n’ont pas toutes les mêmes cartes en main… Certaines devront regrouper leurs forces pour survivre (ex. : Dijon et Besançon ; à quoi sert d’avoir deux fois Lettres, Psycho… ?) et peut-être mourir…

Il apparaît aujourd’hui important que l’Université de Franche-Comté ;
ses personnels, ses profs et ses étudiants aient le débat qui s’impose :

Assemblée Générale d’information et de débat
SUR LA LOI D’AUTONOMIE
le mardi 16 octobre 2007 de 12h à 14h
à l’amphi Granvelle (Fac de Lettres)

À l’appel de : CNT-FAU, SUD-ÉDUCATION, UNEF
Mardi 4 septembre 2007
cel83.JPG
En ligne sur le site de la CNT-FTE
le Classes en lutte… no83 de septembre 2007.
Merci de le diffuser aussi largement qu’il le mérite.
Le numéro — à agrandir en A3 — est à télécharger.
Classes en lutte… est diffusé par mail.
Pour le recevoir automatiquement.


Lutter plus… Pour gagner plus !
Suppression de postes du primaire au secondaire : Les écoles et établissements vont subir des milliers de suppressions de postes pour la rentrée 2007. Conséquences directes : des projets pédagogiques en moins, des classes surchargées, des élèves en difficulté qui s’enfoncent, moins d’options proposées, la vie scolaire cantonnée au répressif, remplacements non assurés, etc. Cette rentrée annonce ainsi une (…)

Le HCE préconise plus de hiérarchie… La CNT revendique la solidarité et la justice sociale !
Dernier avatar de la loi Fillon (socle commun de connaissances), le Haut Conseil de l’Éducation vient de pondre un rapport sur l’enseignement primaire. Que constate-t-il ? — L’école primaire est incapable de faire progresser les élèves en difficulté — Les méthodes de l’école maternelle restent calquées sur celles de l’école primaire — La formation des maîtres demeure (…)

Nous ne sommes pas des fonctionnaires zélés !
Vous avez été sollicité, ou vous le serez bientôt, pour utiliser dans votre école Base Élèves. C’est un outil présenté comme une «aide à la gestion des élèves pour les directeurs(trices) d’école». Le principe est, pour vous, d’entrer les coordonnées de vos élèves et de leur famille sur un fichier qui fonctionne par internet et dont les données sont stockées sur un ordinateur (à Orléans). Vous entendrez les (…)

Casse de l’Université : promesse tenue !
Depuis plusieurs années, et notamment avec le LMD, la privatisation des universités pointe le bout de son nez. Suppression de filières «non rentables», précarisation des personnels, cadre sécuritaire (personnels contrôlés par la vidéosurveillance, flicage des étudiant-e-s)… l’État continue le massacre. Qu’on se le dise bien : le bouquet final est pour bientôt. Eh oui, le spectacle suit son cours : (…)

EVS - CAE - CAV : la précarité n’a pas d’avenir !
L’angoisse de la fin de contrat pour des milliers de collègues embauché(e)s en CAE et en CAV est terminée. Les contrats ont été massivement reconduits, c’est vrai mais jusqu’à quand ? C’est malheureusement temporaire, comme toujours dans les contrats précaires. Au mieux les salariés en Contrat d’Avenir (CAV) pourront être prolongés dans la limite de 36 mois en tout. Quant aux CAE, (…)

19 septembre 2007 : sortie du no16 de N’Autre écolenae16.JPG
Alors que sort ce numéro de N’Autre école, explorant la notion de «travailleur et travailleuse» de l’éducation, le ministère dresse sa table ronde sur la dérèglementation du métier — dont on devine que rien de bon ne devrait sortir — l’Icem aura tenu son congrès «Pédagogie Freinet et éducation du travail» et le GFEN publiera un numéro de sa revue intitulé Le travail, s’en affranchir ou (…)

Répression : solidarité avec les délinquants du travail social
La fédération CNT santé social & FPT tient à condamner la répression dont fait l’objet Catherine Bernard, assistante sociale de l’association «Solidarité femmes» de Belfort, pour avoir simplement exercé sa profession. En effet, suite à l’aide qu’elle a apporté dans le cadre de ses fonctions à une femme migrante victime de violences conjugales, Catherine Bernard a été convoqué par la PAF (…)

International : Étudiants de la fac de Cauca en grève de la faim
Depuis plusieurs mois les étudiant-es de l’Université de Cauca à Popayan (Sud de la Colombie) sont mobilisé-es contre la privatisation de l’Université et pour la liberté d’expression. Ces étudiant-es sont soutenu-es dans leur mouvement par le syndicat enseignant ASOINCA, un syndicat de lutte de classe très présent dans cette région du pays. Le 31 mai dernier, après plusieurs semaines (…)

Les préavis de grève de la CNT-FTE
La CNT-FTE dépose régulièrement des préavis de grève pour couvrir les mobilisations des personnels. En cette rentrée, il s’agit pour nous de permettre à tous les établissements et collègues le souhaitant, de débrayer rapidement après la pré-rentrée pour protester contre tous problèmes liés aux conditions dégradées de rentrée tant au niveau local que national ainsi que contre la chasse aux sans-papiers qui s’est (…)
Lundi 3 septembre 2007
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Le rouleau compresseur libéral poursuit inexorablement son œuvre de démolition sociale. Inévitablement le nouveau gouvernement ne fait qu’accentuer le mouvement. Celui d’une remise en cause des conquêtes sociales obtenues au siècle précédent, du démantèlement du système de protection sociale et de la casse du service public afin de répondre aux exigences de la mondialisation libérale et des nouvelles normes de gestion capitaliste.FTEweb.jpg
    Après s’être attaqué aux transports, aux postes et télécommunications, à la santé et à l’énergie, c’est au tour du service public d’éducation, de la maternelle à l’université, de se retrouver en première ligne. Celui-ci est à son tour confronté aux choix d’austérité budgétaire, à l’accroissement massif de la précarité et plus largement aux politiques libérales de privatisation. L’ensemble des acteurs du service publique d’éducation, salarié-e-s comme usagers (parents, élèves, étudiants…) vont faire les frais de ces logiques réactionnaires. Le gouvernement a décidé d’aller vite, à l’image de la loi sur l’autonomie des universités passée en plein été afin d’éviter toute mobilisation étudiante, dans le but de limiter au maximum toute réaction et contestation. À nous donc de réagir vite, de nous mobiliser et d’inverser la tendance !

Casse du service public et austérité budgétaire
Avec 11.200 suppressions de postes annoncés dans le primaire et secondaire, le gouvernement taille dans le vif au niveau des personnels.
Cela va bien sûr avoir des conséquences sur les conditions de travail des personnels en place mais aussi sur toutes celles et tous ceux qui aspirent à travailler pour le service public d’éducation. Conséquence logique de cette mesure, le nombre de postes ouverts aux concours de l’Éducation nationale sera réduit et des milliers d’étudiant-e-s vont se retrouver sur le carreau. Plus généralement, c’est la qualité du service public d’éducation offert qui va profondément se dégrader et l’on sait que c’est les classes populaires qui en subissent les plus grands méfaits, renforçant ainsi les inégalités sociales et scolaires et le rôle de reproduction sociale de l’institution.

La précarité pour tous et à tous les étages
Cette logique de casse du service public va encore accroître le développement de la précarité. Le recours aux personnels précaires, pour combler les postes supprimés va augmenter en même temps que se multiplient les types de contrat précaire, divisant un peu plus les personnels dans leurs intérêts, luttes et revendications. Plus généralement, avec la remise en cause du statut de fonctionnaire et des CDI dans le privé, la précarité est en train d’être instituée comme norme de société. Les étudiants, tout aussi diplômés qu’ils soient, et plus généralement l’ensemble de la jeunesse, vont se retrouver confrontés à une société où le salariat rimera encore plus avec précarité.

Politique libérale de privatisation

Tout cela s’inscrit dans une politique générale de casse et de privatisation des services publics. Avec la loi d’autonomie des universités, le renforcement des pouvoirs hiérarchiques des chefs d’établissement, les projets d’établissement du premier degré, le but visé est la mise en concurrence des différents établissements. Petit à petit, va se dessiner une éducation à plusieurs vitesses qui sera le reflet et l’amplificateur du creusement des inégalités sociales. Il en sera alors fini d’une éducation commune au plan national, gratuite et assurée dans le cadre du service public.

La place du service public dans une société est le reflet des choix sociétaires de celle-ci. Aujourd’hui se dessine une société capitaliste de plus en plus inégalitaire et autoritaire. Il est donc plus que temps de se mobiliser et de développer des luttes permettant de faire émerger d’autres choix de société réservant une autre place pour les services publics dans le plus grand intérêt de ses salarié-e-s et de ses usagers. Coopération pédagogique, direction collégiale etc. : les pistes sont nombreuses dans l’éducation.
Réunissons-nous partout en assemblée générale, en réunion d’information syndicale afin de discuter de cette situation et construire une mobilisation et, au-delà des simples journées d’action, construisons un rapport de force qui nous soit enfin favorable. La jeunesse a montré avec la lutte contre le CPE qu’il était possible de faire reculer les lois anti-sociales du gouvernement. Enfonçons le clou !

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Lundi 3 septembre 2007
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Pour une rentrée de lutte !

Suppression de postes : du Primaire au Secondaire
Les écoles et établissements vont subir beaucoup de suppressions de postes pour la rentrée 2007. Les conséquences directes sont : des projets pédagogiques en moins, des classes surchargées, des élèves en difficulté qui perdent pied, moins d’options proposées, la vie scolaire cantonnée au répressif, beaucoup de remplacements non assurés… Cette rentrée annonce ainsi une année difficile pour beaucoup d’entre nous, quelle que soit notre profession.autocollants-precarite-2.jpg
    En 2006-2007, beaucoup d’établissements se sont battus contre la baisse des dotations horaires globales et beaucoup d’écoles contre la fermeture de classes. Des victoires locales ont abouti mais il n’y a pas eu nationalement de création de postes. Or nous en avons besoin, d’urgence.
   
L’année prochaine ce sera pire ! La rentrée 2008 sera catastrophique… si nous ne luttons pas. Le gouvernement a en effet annoncé 11.200 suppressions de postes. C’est la saignée ! Du jamais vu !
   
Cela impliquera une casse des statuts des travailleurs de l’éducation, un chômage plus important, l’explosion des heures supplémentaires ainsi qu’une hausse de la précarité, déjà énorme à l’Éducation Nationale, et ce sous plusieurs types de contrats comme AVS, EVS ou encore assistant pédagogique ou d’éducation… Les dégâts humains produits par cette situation sont déjà considérables. Pour nous l’école ne doit pas reproduire le monde de l’entreprise, mais au contraire favoriser la solidarité, la coopération éducative !

Mise au pas des personnels, répression des élèves et de leurs familles
Dans le Primaire, pour faciliter les suppressions de postes et de classes, les fusions d’écoles, avec globalisation des effectifs, se multiplient.
Cependant ce n’est qu’une étape vers la mise en place des EPEP (Établissement Public d’Enseignement Primaire) où le directeur d’école sera remplacé par un chef d’établissement.
    Cette nouvelle relation hiérarchique au sein des écoles entraîne souvent soumission et perte de liberté pédagogique.
Il s’agit d’une volonté à peine voilée de mise au pas pédagogique et de la casse des solidarités entre les personnels de l’éducation. Les EPEP c’est aussi un conseil d’administration qui donne aux mairies un large pouvoir décisionnel au sein de l’école, tant sur le plan budgétaire que pédagogique.
    Ce pouvoir donné aux maires est déjà renforcé par la loi de prévention de la délinquance et la Base-élèves. La base élèves est un système de renseignements sur les enfants durant tout leur cursus et concernant des données scolaires, familiales, sociales pour la plupart confidentielles. Ce fichier stigmatise les familles fragilisées et dites marginales.
    Il constitue notamment un terrible outil de traque aux sans-papiers dans un contexte de durcissement des expulsions. En effet, la chasse aux sans-papiers s’est intensifiée cet été avec force, violence et brutalité. Un enfant de douze ans s’est retrouvé dans le coma après avoir sauté d’une fenêtre en suivant son père sans papier qui tentait d’échapper à la police. C’est odieux et inacceptable. Mais cela ne suffit pas à Hortefeux qui a déjà annoncé que la traque devait être plus «efficace» au dernier trimestre 2007 pour atteindre leurs objectifs !

Restriction du droit de grève
Enfin, dans le cadre des ces attaques tous azimuts contre les services publics et leurs personnels, le gouvernement veut mettre en place le «service minimum».
    Concrètement, dans l’Éducation Nationale, nous devrions alors prévenir notre chef de service au moins 48 heures à l’avance de notre intention d’être gréviste. Ce dernier pourra alors organiser le remplacement des grévistes (chose illégale dans le privé). Conclusion : toute grève massive deviendra alors impossible. Or elle est bien souvent indispensable pour nous faire entendre.
    La grève reste le seul moyen efficace que nous ayons pour défendre un véritable service public d’éducation au service des élèves, de la population et respectant ses personnels.

    Pour imposer d’autres choix pour l’école et la société, pour gagner et défendre nos libertés syndicales, luttons ensemble : Primaire / Secondaire, enseignants, personnels de vie scolaire, ATOSS, parents et parfois élèves.
    Dès la rentrée, réunissons nous en Assemblée Générale et préparons les conditions d’une grève dure et combative.

Exigeons :
- L’ouverture de poste de titulaires à la hauteur des besoins exprimés par les équipes : c’est nous qui travaillons, c’est nous qui décidons ;
- L’arrêt du recours aux emplois précaires et la titularisation sans conditions de concours ni de nationalité de tous les personnels précaires, y compris des personnels en CAE et en CAV (ce qui nécessitera la création de nouveaux corps de titulaires) ;
- L’abandon de tous les projets qui introduiraient une hiérarchie entre les collègues (EPEP, conseils pédagogiques…) ;
- L’abandon de la base élève, de SCONET : véritable outil de discrimination à l’encontre de nos élèves ;
- L’arrêt des expulsions et la régularisation de tous ;
- L’abandon de tout projet de service minimum (l’exercice du droit de grève doit rester plein et entier).
Battons-nous dès maintenant pour une autre école dans une autre société !

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