Lundi 19 février 2007
Les 26 et 27 février 2007 se déroulera, au tribunal correctionnel d’Orléans, le jugement des «32 de Villereau» suite au fauchage d’un champ de maïs OGM à Villereau (Loiret). 9 d’entre eux comparaîtront également pour leur «refus de se soumettre au prélèvement destiné à l’authentification de leur empreinte génétique». Inquiète de la dérive sécuritaire que constitue cette disposition de la loi sur la Sécurité Intérieure de mars 2003 dite «loi Sarkozy», la CNT appelle à une mobilisation générale.
    Ces 9 réfractaires au fichage ADN encourent une peine d’un an de prison et 15000€ d’amende. Refuser de donner son ADN est un «délit continu». Le procureur peut engager des poursuites tant que ceux-ci refuseront de se soumettre au fichage.
    D’abord limité aux auteurs de crimes sexuels et de violences, le fichage ADN est étendu aux suspects de tous poils : syndicalistes, faucheurs volontaires, déboulonneurs de publicité… Les contestataires à surveiller côtoient dorénavant les criminels et les violeurs dans des fichiers conservés de 25 à 40 ans.

    La loi Sarkozy a été renforcée par la loi Perben 2 de 2004. Aujourd’hui sont susceptibles d’être fichées ADN toutes les personnes impliquées dans une enquête, les témoins par exemple. Ce fichage trouve sa «justification» (comme la vidéosurveillance) dans la lutte contre l’insécurité et la violence.
    S’il permet la résolution de quelques crimes, le fichage génère des dommages co-latéraux. En effet, il constitue un moyen de coercition comme l’illustre ce procès. C’est une atteinte à l’expression de toutes formes de contestations sociales.
    Pour la CNT, le fichage ADN est un dispositif supplémentaire dans l’arsenal législatif pour contrôler, discriminer, les bons citoyens des mauvais, les serviles des rebelles. C’est la raison pour laquelle la CNT appelle à une forte mobilisation durant le procès à Orléans.

Rennes, le 7 février 2007

Confédération Nationale du Travail

Dimanche 18 février 2007
Deux obsessions travaillent cette campagne présidentielle : la débâcle environnementale et la croissance économique. Ces deux obsessions sont irréconciliables, la croissance économique ne pouvant que se nourrir de la destruction de l’environnement. Cela commence à se savoir : il n’y a pas plus de développement durable que de roue carrée.
    Tous les candidats à l’élection présidentielle croient pourtant inventer cette roue carrée grâce à la recherche et développement (R&D). Celle-ci, en fait, représente tout leur espoir de sauvetage de la croissance. D’où leurs multiples courbettes devant la corporation des chercheurs, et leurs promesses de mannes budgétaires. C’est ainsi qu’en septembre, L. Fabius, D. Voynet, O. Besancenot, M.-G. Buffet et F. Bayrou, venaient faire allégeance aux assises de «Sauvons la Recherche». En février, Sarkozy annonçait une enveloppe de 4 milliards d’euros et Royal une augmentation annuelle de 10% du budget, plus des aides fiscales à la recherche privée.
    Foin de recherche fondamentale, les scientifiques eux-mêmes s’indignaient à l’unisson en janvier que le rapport de l’Inspection générale des Finances, de l’Éducation nationale et de la Recherche puisse mettre en cause la faible part de la recherche publique et privée dans le Produit Intérieur Brut national.
    Heureusement, dans cette écœurante unanimité de science à but lucratif, un groupe de jeunes chercheurs, étudiants, chômeurs, «anciens croyants en la capacité de l’Université à {les} sauver de tâches idiotes et irresponsables», fait entendre une critique claire et concise du programme des technosciences : voici ci-dessous leur «plateforme critique de la recherche scientifique».


LE FUTUR TRIOMPHE, MAIS NOUS N’AVONS PLUS D’AVENIR

Plate-forme critique de la recherche scientifique

Le modèle de la science conserve aujourd’hui une grande force, image d’universalité et de puissance dans un contexte de dérèglement climatique et de délabrement social globalisé. Au milieu de tous ces progrès dans l’absurdité de la vie, de la brutalité croissante des sociétés, la Recherche est bien le seul domaine qui donne l’image rassurante d’une continuité avec les époques antérieures. Un domaine qui semble à peu près à l’abri de la mesquinerie des rapports marchands. Un domaine où, quand tout s’écroule par ailleurs, ça continue d’avancer. Illusion funeste.
    Certes, un corpus de connaissances rigoureusement établi sera toujours indispensable, tout comme l’élaboration de techniques au service des communautés humaines. Mais tout cela est très marginal au sein de ce que l’on appelle aujourd’hui la Recherche, et sert le plus souvent à justifier le reste. La bonne conscience naïve rejoint le pire cynisme dans ses effets, laissant le champ libre à toutes les aberrations imaginables. On ne se sauve pas en servant de soutien idéologique aux pires atrocités.
    En cette période troublée où, tant dans la bouche des chercheurs que dans l’imagerie collective, la technoscience s’affiche comme seule apte à définir notre avenir commun, nous, jeunes étudiant(e)s, chercheurs(euses), chômeurs(euses), ancien(ne)s croyant(e)s en la capacité de l’Université à nous sauver de tâches idiotes ou irresponsables, avons décidé de nous organiser en vue d’un bouleversement radical que nous avons choisi de ne pas attendre.

Nous dénonçons la collaboration active des chercheurs avec les pouvoirs militaires et industriels qui les financent, définissent leurs objectifs et utilisent les connaissances et les techniques issues des laboratoires. Cette collaboration remonte aux origines de la science moderne : les progrès des sciences ont toujours entretenu d’étroites relations avec ceux des techniques de guerre. Mais elle a connu un saut quantitatif et qualitatif décisif avec la Seconde Guerre Mondiale. Aujourd’hui, la plupart des recherches scientifiques servent avant toute chose à accroître la puissance militaire et économique, et non à faire avancer les connaissances. La volonté de savoir est l’alibi qui sert à faire accepter la course à l’armement et la compétition économique internationale.
    À l’heure où ce goût pour la puissance vient clore tout questionnement sur le monde, nous tenons à dénoncer les mythes qui viennent légitimer ou occulter cette collaboration :
    ❏ Le mythe du Progrès est de moins en moins crédible à mesure que se multiplient, surtout pour les plus pauvres, les conséquences catastrophiques du développement économique. Les recherches les plus nauséabondes et intéressées ont toujours prétexté qu’elles allaient guérir et nourrir le plus grand nombre, améliorer les conditions de vie. Mais à la place de ces avancées, on constate que la modernisation a causé un tel désastre écologique que les choses les plus élémentaires sont maintenant devenues du luxe : eau et air purs, alimentation saine, végétation. De plus, l’idée d’un progrès continu des conditions d’existence grâce au perfectionnement technique dissimule la soumission des individus à des phénomènes qui s’imposent à eux, les rendant quotidiennement dépendants des nouvelles technologies et des satisfactions compensatoires qu’elles pourvoient.
    Dans le cas de la science, la vision progressiste de l’histoire se berce encore de l’idée que toute avancée des connaissances est intrinsèquement bonne, même quand dans l’immédiat elle est associée au pire. Il est pourtant urgent de comprendre que les dégâts induits par la frénésie scientifique sont souvent irréversibles. Principale responsable de leur multiplication, la technoscience ne pourra rien (ou si peu) face aux radiations, aux cyclones ou aux cancers, qui sont et resteront des catastrophes. Prétendre les résoudre par des solutions techniques revient à s’enfermer dans une fuite en avant absurde. Quant à l’idée d’une éventuelle réappropriation de cet ensemble technologique, elle est aussi aberrante que celle de vouloir faire d’une aire d’autoroute un lieu de convivialité.
    ❏ Le mythe de la «Recherche publique» dessine l’image d’une recherche qui obéirait à des critères fondamentalement différents de ceux de la recherche privée. Or les deux sont depuis longtemps inextricables, tant au niveau de l’organisation et du financement des programmes que du type de questionnement en vigueur. Dans l’ensemble, elles participent du même projet d’artificialisation de la vie et de mécanisation des relations humaines. Nous voyons ceci explicitement confirmé, depuis quelques années, dans la recherche publique, où se trouvent mises en avant les valeurs et les pratiques des secteurs les plus «dynamiques» de l’économie marchande (start-up, PME de pointe, etc.).
    ❏ Le mythe de la «science pure» est né précisément au moment où l’imbrication de l’industrie et de la science était définitivement scellée. Depuis ses débuts, la science moderne consiste essentiellement à produire des faits à partir de machines : c’est une technoscience. Le mouvement même des techniques et des savoirs rend aujourd’hui insensée la croyance en une science qui serait pure connaissance, à côté d’une science dite «appliquée». Dans les sciences dures, les faits sont informulables en dehors de tout l’appareillage technologique qui les sous-tend, préside aux expérimentations et structure le rapport à la réalité des chercheurs. Dans les sciences prétendument humaines, les rares chercheurs refusant de gérer et d’instrumentaliser les populations ne pèsent rien face aux techniciens du social et finissent le plus souvent par travailler pour eux.
    Il faut donc rompre avec le projet des sciences modernes, tel qu’il s’est cristallisé au XVIIe siècle (et qui est encore aujourd’hui une référence indépassable, malgré les précautions parfois prises). Il consistait à établir une connaissance totale et objective des phénomènes grâce aux mathématiques et à en acquérir la maîtrise technique immédiatement associée, pour le plus grand bonheur de l’humanité. Les progrès de la science ont d’eux-mêmes confirmé l’inanité de cette religion de substitution : la science, aussi avancée soit-elle, n’atteindra jamais l’objectivité absolue et ne fournira pas de réponse aux interrogations fondamentales de l’être humain. Quant au versant pratique, le XXe siècle a consacré l’échec du point de vue de l’ingénieur : loin de servir le bonheur et la liberté, le formidable accroissement de puissance permis par la Recherche a surtout contribué à dissoudre les sociétés humaines à coup d’assujettissements et de dépendances, et à mettre en péril les conditions minimales de notre survie. Débarrassée de tous les freins sociaux et politiques, la gestion quantitative du monde se révèle catastrophique. Elle ne continue à donner l’illusion de sa maîtrise qu’en étendant toujours plus loin son champ d’expérimentation, ses initiatives réductionnistes et ses équations hors de propos. Dans leurs désirs d’omnipotence et de manipulation, les gestionnaires continuent de faire «comme si» cette maîtrise était réelle, persistant, par des pratiques frauduleuses et des expérimentations dangereuses, à faire entrer de force dans leurs modèles mécanistes tout ce qu’ils ont renoncé à comprendre. Jusqu’à en arriver à produire une vie en bulle, dans laquelle personne ne dispose plus des points de repère permettant de réfléchir et de juger.

À rebours de tous les projets politiques, de gauche ou de droite, qui souscrivent encore à ce projet de maîtrise totale du vivant et ne proposent que de s’y engouffrer un peu plus, nous pensons que le point de départ de toute réflexion politique devrait résider dans ce double constat :
    ❏ L’effondrement de plus en plus rapide des conditions biologiques de notre survie (et corrélativement, la mainmise de la technoscience sur la survie et la reproduction de tous).
    ❏ L’impuissance grandissante des êtres humains sur le cours de leur existence, vidant de leur substance les concepts de raison et de liberté.

Partir de ce double constat, c’est saisir les difficultés dans lesquelles nous nous trouvons pour lutter. D’une part, la précarité des conditions de vie, toile de fond de tous discours et projets politiques, sert de plus en plus à justifier la passivité et à détruire les initiatives qui vont dans le sens de l’autonomie. D’autre part, la réduction de tous au statut de rouage dans les structures de production et d’échange nous a largement désappris ne serait-ce que l’usage de la parole pour réfléchir ensemble. Nous croyons pourtant que la raison critique et la sensibilité, aussi atrophiées soient-elles aujourd’hui, nous rendent malgré tout irréductibles à du bétail, des marchandises ou des machines. C’est en nous appuyant, entre autres, sur ces facultés, que nous pourrons maintenir une indépendance critique, et cultiver des réflexions et des savoir-faire qui ne donnent pas prise aux États, aux industries et à leurs marchandises. S’en prendre à la Recherche signifie se placer à côté de tous ceux et toutes celles qui essaient de se réapproprier leur vie.

Tant de choses sont à faire pour mener une telle offensive :
    ❏ Prendre conscience qu’il y a déjà des lignes de fracture au sein de la Recherche, que le malaise lié à la vie dans les laboratoires, aux conceptions qui y sont cultivées et au sentiment de participer à l’écrasement des gens est bien réel, et qu’il n’est pas seulement un problème de caractère, de psychologie individuelle.
    ❏ Approfondir l’analyse, dans chacun des domaines que nous connaissons, recenser, actualiser et mettre en commun les critiques de la science moderne, pour rompre avec la spécialisation et l’isolement qui ont cours dans les laboratoires.
    ❏ Comprendre comment des mouvements de contestation forts dans les années 1970, comme par exemple les luttes contre la recherche militaire ou le nucléaire, se retrouvent aujourd’hui complètement anéantis, noyés sous le déferlement technologique.
    ❏ Diffuser cette critique de la Recherche et du monde industrialisé partout où il est encore possible de faire entendre une voix discordante, et mettre fin, là où l’on peut, à l’insupportable impunité de l’obscurantisme scientiste.
    ❏ Dénoncer sans ambiguïté toutes les procédures pseudo-démocratiques (forums hybrides, conférences de citoyens, sondages sur internet...) qui consistent à faire valider par le plus grand nombre des décisions déjà prises, et qui, par-là, intègrent, neutralisent et discréditent la critique.
    ❏ Être partout, en somme, où se déploie la dictature ordinaire de la vérité des experts, afin de rappeler les vérités dont ils s’agit, quelles usurpations et quel type de monde ils défendent.

Nous appelons à établir les liens encore possibles entre toutes les personnes qui, issues ou non du milieu scientifique, parfois s’ignorent et entendent résister en acte à l’avancée de la technoscience. La question n’est pas de rapprocher la science du citoyen, mais de casser la logique de l’expertise, de dénoncer le mensonge de la neutralité de la recherche et d’empêcher la science contemporaine de contribuer, au jour le jour, à détruire la politique, la remplaçant par une affaire technique.

Si nous aimons la curiosité et le souci de compréhension, nous pensons qu’ils seraient bien mieux employés à l’encontre de ce qui nous arrive.

21ter, rue Voltaire - 75011 Paris
Mercredi 14 février 2007
Ce message est destiné à toutes les personnes en Europe qui veulent s’opposer activement aux OGM, au clonage, aux nano-technologies, à la biométrie, au fichage ADN, aux expérimentations industrielles sur les animaux, au Brevet sur le vivant et plus généralement à la politique des multinationales agro-chimiques.
    Si vous avez la possibilité de prendre quelques jours de congé du 9 au 14 mars 2007 et l’opportunité de vous déplacer à Lyon (France), nous vous invitons à participer au Contre-sommet Biovision/Biosquare.
    Le Forum Biovision/Biosquare est le plus gros Forum européen et l’un des trois plus grands Forums mondiaux, sur les Biotechnologies.
    Ce Forum a lieu toutes les années impaires à Lyon. Il est double et regroupe une plate-forme de propagande (Biovision) en faveur des biotechnologies et un marché (Biosquare) où des scientifiques se proposent de vendre des applications industrielles à des entreprises du secteur. Les années paires Biosquare se déroule dans une ville suisse (Genève en 2006, Bâle en 2004, Zurich en 2002) tandis que Biovision se tient désormais dans une grande ville d’un pays du sud (en 2006 à Alexandrie, Egypte).
    Au fil du temps, ce Forum s’est doublé d’une activité de lobbying à plein temps en faveur des biotechnologies. Elle vise à la création d’emplois à hauts revenus dans ce secteur dans la région et à décider de notre avenir.
    Si comme nous vous choisissez de vous opposer aux biotechnologies nous vous invitons à nous contacter et à nous rejoindre. Nous pourrons loger un certain nombre de personnes, mais il sera peut être plus agréable pour vous de loger à l’hôtel si vous en avez les moyens ou chez des amis locaux éventuels (voir aussi le site d’hébergement solidaire). Il y aura moyen de garer des camping-cars ou des bus.
    Si vous n’avez pas la possibilité de vous déplacer, une cybermanif va être mise en place.


Diese Nachricht richtet sich an all jene, die sich aktiv gegen genmanipuliertes Saatgut, Klonen, Nanotechnologie, Biometrie, DNA=Rasta, industrielle Tierversuche, die Patentierung von Lebendem oder ganz allgemein gegen die Politik der multinationalen Pflanzenschutz=, Pharma= und Chemiekonzerne stellen wollen.
    Wenn Ihr die Möglichkeit habt Euch vom 9. bis zum 14. März 2007 einige Tage frei zu nehmen und nach Lyon (Frankreich) zu kommen, laden wir Euch herzlich ein, Euch am Gegengipfel Biovision/Biosquare zu beteiligen.
    Das Forum Biovision/Biosquare ist das grösste europäische Forum zum Thema Biotechnologien und eines der drittgrössten der Welt.
    Dieses Forum findet alle zwei Jahre (1999=2007) in Lyon statt. Einerseits dient es rein propagandistischen Zwecken (Biovision) und der Aufpolierung des angeschlagenen Images der Branche, andererseits ist es ein Markt (Biosquare), wo Labors und Forschungsinstitute lukrative Aufträge von Politik und Wirtschaft erhalten. In den Jahren, wo Biovision/Biosquare nicht in Lyon abgehalten wird, findet man Biosquare in einer schweizer Stadt (2006 Genf, 2004 Basel, 2002 Zürich) und Biovision in einer grossen Stadt des Südens (2006 Alexandria, Ägypten).
    Inzwischen übt das Forum immer einflussreichere Lobbyarbeit aus , v. a. mit dem Argument hoch bezahlter Arbeitsplätze für die Region.
    Wenn Ihr wie wir gegen Biotechnologien kämpfen wollt, laden wir Euch ein uns zu kontaktieren und Euch uns anzuschliessen. Solltet Ihr nicht die Mittel haben bsp. in einem Hotel o.ä. wohnen zu können und wenn Ihr nicht privat unterkommen könnt, wird für Unterkunft gesorgt sein … z.B. in einem grossen lyonnaiser Squad. Für Camper, Busse, etc. gäbe es einen grossen Stellplatz.
    Solltet Ihr nicht kommen können, dann haltet trotzdem Ausschau : Ihr könnt Euch in jedem Fall beteiligen, bsp. an einer geplanten cyberaktion.

This message is adressed to all people in Europe who want to resist actively GMO’s, cloning, nano-technologies, biometrics, ADN registration, industrial experiments upon animals, BioPatent and more generally agrochemical multinational policy.
    If it is possible for you to take a few days off between the 9th and the 14th of March, 2007 and if you have the means to come to Lyon (France), we invite you to take part in our Summit against Biovision/Biosquare.
    The Biovision/Biosquare Forum is the biggest European Forum and one of the three biggest worldwide on Biotechnologies. This Forum takes place every odd year in Lyon. On the one hand it is an instrument of propaganda (Biovision) in favour of biotechnologies and on the other a market (Biosquare) where scientists propose to sell industrial applications to companies of the sector.
    The other years Biosquare is held in a Swiss city (Geneva in 2006, Basle in 2004, Zurich in 2002) while Biovision is held from now on in a large town of a country of the south (in 2006 in Alexandria, Egypt).
    By the time, this Forum has become a full-time lobbying machinery in favour of biotechnologies. It aims to the creation of jobs with high incomes in the area and to decide our future.
    If you choose to oppose to biotechnologies as we do, we invite you to
contact and to join us. We will be able to accommodate a certain number of people, but it can be more pleasant for you to pay hotel rooms if you can or to stay at a friend’s house. It will be possible to park caravans or buses. Also we would appreciate all kind of help, for instance if you could come one week in advance.
    If you cannot come, watch out : a cyber-action is already being planned.
Dimanche 14 janvier 2007
Contre l’identification électronique des animaux et des humains

Cet été, j’étais berger. À deux, nous gardions un troupeau de 1700 brebis dans les Alpes de Haute-Provence. Cinq éleveurs et éleveuses rassemblés en groupement, qui envoient leurs bêtes à 2000 mètres d’altitude de fin juin à mi-octobre. Au final, les brebis ne dorment en bergerie que de janvier à mai.

    Les brebis nées avant 2006 portent à l’oreille une boucle en plastique qui indique le numéro de l’exploitation où elles sont nées et leur numéro personnel. Idem pour celles nées en 2006, sauf qu’elles portent deux boucles, une à chaque oreille, et que la numérotation a changé [Nouvelles règles d’identification et d’enregistrement des ovins de juillet 2005, en application du règlement ovin européen 21/2004 du 17/12/2003]. Je savais déjà qu’un jour il ne s’agirait plus d’un simple «bouclage», mais d’un dispositif électronique, peut-être implanté sous la peau. Beaucoup d’éleveurs attendent cette réforme avec impatience, vu le côté contraignant et inesthétique des boucles aux oreilles (les trous aux oreilles s’infectent fréquemment, la numérotation des boucles a récemment changé et beaucoup d’éleveurs ne comprennent pas pourquoi on les embête avec ces satanées boucles). Il paraît que les puces électroniques vont permettre d’en finir avec ces boucles. Peut-être. En tous cas, cette réforme sera mise en place dans un an seulement, en janvier 2008.
    Un sujet monopolise toutes les discussions de bergers, toutes les conversations dans les foires et les tee-shirts édités par les chambres d’agriculture. Ce sujet c’est le loup. Pourtant je crois que ces puces devraient bien plus inquiéter les éleveurs. Parce que «mille milliards de mouchards» [Selon le terme du Monde (02/06/2006) à propos des puces RFID] sont peut-être beaucoup plus dangereux que quelques gros prédateurs.
    Je ne suis pas éleveur, juste un berger occasionnel. Peut-être que ça ne me concerne pas directement. N’empêche, ça me tracasse. Je voulais vous expliquer pourquoi, alors j’ai pris le temps d’écrire ce texte. Ne vous attendez pas à un catalogue de toutes les raisons de refuser ces puces : j’ai simplement mis des mots sur mon refus.
    L’identification électronique des animaux (domestiques ou d’élevage) consiste à associer à chaque animal une puce électronique miniature. Il s’agit d’une puce électronique un peu particulière, appelée «transpondeur RFID» (pour Radio Frequency Identification Device, du nom de la technologie utilisée). À la différence d’une puce de carte bancaire ou de téléphone, pas besoin de coller le lecteur contre elle pour lire les données : une puce RFID est lisible «à distance», de quelques centimètres à plusieurs centaines de mètres. Souvent comparée à un code-barre amélioré, «il s’agit en fait d’un minuscule ordinateur communicant, d’une puissance équivalente à celle des PC produits en 1985» corrige Le Monde [«Mille milliards de mouchards», Le Monde, 02/06/2006].
    L’identification des carnivores domestiques (chiens, chats et furets) est obligatoire sous peine d’euthanasie [Lois de 1991 et 1999]. En juillet 2001, deux arrêtés ont fixé les moyens d’identification : l’un pour le tatouage classique, l’autre pour la puce électronique (implantée sous la peau). Pour les animaux domestiques le puçage est donc possible, mais non obligatoire. On constate cependant que l’identification électronique prend le pas sur le tatouage : en France 1,5 million d’animaux domestiques sont pucés électroniquement. Cela représente un animal sur deux. De plus, le nombre de puçages augmente chaque année (200.000 en 2002, 500.000 en 2005). C’est le syndicat des vétérinaires qui gère le fichier.
    Mais alors, pour les animaux d’élevage ? Avec l’augmentation de la taille des troupeaux et les scandales alimentaires récents (vache folle, grippe aviaire…) la «traçabilité», s’impose comme incontournable [Sur la traçabilité universelle, lire Pièces et Main d’Œuvre, Nanotechnologies, maxiservitude, L’Esprit Frappeur, 2005]. La loi imposera bientôt aux éleveurs de pucer leurs bêtes, sous peine d’interdiction de vente, comme aujourd’hui pour les boucles. Ainsi en janvier 2008 pour les ovins et les chevaux [Dans le cadre du programme européen IDEA : Identification Électronique des Animaux d’Élevage]. Les modalités de cette identification électronique ne sont pas encore fixées. «Différents supports de ces transpondeurs ont été développés pour s’adapter aux diverses caractéristiques des animaux et des produits consommés. La solution la plus simple en élevage consiste à intégrer un transpondeur aux marques en matières plastiques traditionnelles placées à l’oreille des animaux et lisibles par l’éleveur. Le second système, davantage utilisé pour les animaux de compagnie, consiste à injecter, sous la peau de l’animal, le transpondeur intégré dans une enveloppe en verre ou en matière plastique inerte. Un troisième système, spécifique aux ruminants, est désigné sous le terme «bolus». Le bolus est un cylindre en céramique (haute densité) de masse et de taille variables selon les espèces qui est placé par intubation dans les pré-estomacs du ruminant où ils y restent séquestrés. Enfin un quatrième système, utilisé chez les porcins, consiste à injecter un transpondeur dans la cavité péritonéale. À terme, tous les animaux d’élevage de la Communauté Européenne devront être identifiés par un des quatre types de support» [Description d’un «Procédé et dispositif de détection automatisée des chevauchements entre animaux», sur le site de l’Office Européen des Brevets].
    La technologie semble efficace, quoique le professeur Gilbert Mouthon (École vétérinaire de Maison-Alfort) prétende que les puces soient facilement sabotables [http://perso.orange.fr/bouledoguefrançais.cdlb/puceelectro.htm]. De nombreux pays européens l’ont déjà rendue obligatoire pour les animaux domestiques.
    Actuellement, chiens, chats et furets se font implanter la puce à la base gauche du cou. Par contre, les tests «grandeur nature» menés sur le cheptel ovin français consistent à poser des boucles électroniques aux oreilles des animaux [Projets pilotes menés par le Comité de pilotage national de l’identification électronique (FNO, Office de l’élevage, Ministère de l’agriculture, Assemblée permanente des Chambres d’agriculture et Institut de l’élevage) dans 110 élevages, sept centres d’allaitement, un marché et dix abattoirs, pour 110.000 boucles en 2005. Plaquette L’identification électronique ovine en France, disponible sur le site de l’Institut de l’élevage], c’est-à-dire des boucles comme celles d’aujourd’hui, qui conserveraient le même numéro, avec une puce RFID à l’intérieur contenant elle aussi ce numéro. Quoi qu’il en soit, les éleveurs hériteront de lecteurs, fixes ou portables, qui leur permettront «d’identifier» chaque animal.
    Je me rappelle de Blanquette, la seule chèvre avec notre troupeau de 1700 brebis. Elle avait sa petite boucle no4013 à l’oreille. Pour ce grand troupeau, les boucles ne me choquaient pas (pas facile de distinguer la 3065 et la 3075 sans regarder leur boucle), mais pour Blanquette le ridicule et l’absurdité de cette «traçabilité» industrielle et bureaucratique sautaient aux yeux : on la connaît par
son nom, c’est notre copine (elle nous réveille quand on fait la sieste et que les brebis se barrent en douce), elle est la seule chèvre à des kilomètres à la ronde… Pourquoi lui avoir foutu une boucle comme ça à l’oreille ? Ridicule, absurde... mais aussi inquiétant, quand on sait que la manière dont les humains traitent leurs animaux préfigure souvent la manière dont ils vont se traiter entre eux.
    Pour me faire comprendre, je vais vous faire quitter le monde de l’élevage un instant. En Grande-Bretagne, le Ministère de l’Intérieur a annoncé en juillet son intention de pucer certains criminels sexuels pour suivre leurs déplacements par satellite. Réservées aux volontaires, les puces utilisées seront également capables de suivre le taux de pression sanguine et le rythme cardiaque des individus. On a fait appel à une entreprise qui produit déjà des dispositifs de suivi de voitures par GPS. Arguments des promoteurs du projet : «Si nous sommes préparés à suivre les voitures, pourquoi ne suivrions nous pas les individus ?» [Ken Jones, responsable du projet, http://www.timesonline.co.uk, juillet 2006], mais surtout «des puces de repérage similaires sont déjà utilisées de manière intensive sur les animaux et le bétail» [William Harwin, département de cybernétique de l’université de Reading, http://www.timesonline.co.uk, juillet 2006].
    Pour moi, le cœur du problème est là. On commence par nous encourager à pucer les animaux. Aucun inconvénient, que des avantages. Puis on nous propose de pucer les humains. Pas seulement les pédophiles, l’entreprise américaine Applied Digital Solutions s’étant fait une spécialité du puçage des humains avec sa puce sous-cutanée VeriChip. «Début 2006, plus de 2000 personnes avaient un VeriChip dans le bras» [Le Monde, 17/04/2006]. Clients de boîtes de nuit à Barcelone et Amsterdam, policiers à Mexico, personnes hospitalisées aux États-Unis et à Rome… la liste est longue. Aux États-Unis, Mickey Sklar, 28 ans, qui habite Brooklyn, a choisi de vivre avec un chip RFID dans la main gauche. «C’est un modèle bas de gamme, un peu gros, fabriqué en série pour le bétail. Je l’ai payé 2 dollars, et les lecteurs 40 dollars pièce. (…) J’ai connecté un lecteur RFID à mon Macintosh. Il se met en marche dès que j’approche la main du clavier. J’ai aussi fabriqué un petit écran sans fil : quand je passe la main devant, il me reconnaît et affiche mes e-mails ou mes sites favoris» [Le Monde, 11/04/2006]. Un modèle «fabriqué en série pour le bétail ?» Oui : même pour son fameux VeriChip, Applied Digital Solutions «a simplement amélioré un système couramment utilisé aux États-Unis pour marquer le bétail et les animaux de compagnie» [Le Monde, 17/04/2006]. Simplement.
    Un jour il s’agit d’un puçage volontaire pour le dossier médical dans certains hôpitaux, un autre jour d’un puçage obligatoire mais restreint à certaines catégories (criminels, sans-papiers…) puis sans doute, au final, d’une pratique généralisée à chacun et chacune d’entre nous. «Imperceptiblement, notre société se transforme et elle va se réveiller engluée dans un réseau de fichiers et de contrôles, et au final, on aura laissé amputer notre vie privée et notre identité» [Politis, 02/11/2006, qui boit les paroles de M. Türk sans émettre une seule critique sur le rôle de la CNIL]. Celui qui tient ces propos n’a rien d’un contestataire. Il s’agit d’Alex Türk, sénateur non-inscrit de la majorité, également président de la Commission Nationale Informatique et Libertés (CNIL), l’institution chargée d’officialiser chaque nouveau réseau, chaque nouveau fichier, chaque nouveau contrôle et de tirer de temps en temps la sonnette d’alarme. À aucun moment nous n’aurons été consultés, et nulle part ni vous ni moi n’aurons trouvé le courage ou l’énergie de nous insoumettre à ce totalitarisme rampant, fait de petites choses qui s’additionnent et se multiplient «simplement» les unes les autres…
    J’exagère ? Vous trouvez ça absurde ? Vous êtes convaincus que jamais nous n’en viendrons à pucer l’ensemble de la population ? Vous pensez que ce n’est pas parce qu’on puce les animaux, quelques criminels dangereux, et que quelques férus de technologie choisissent de se faire implanter des mouchards sous la peau que ce modèle se généralisera à toute la population ? Vous pensez que la CNIL, les comités d’éthique et les consultations citoyennes nous protégeront des éventuelles «dérives»? Je voudrais bien croire ça. Mais j’ai fait quelques recherches, et des exemples historiques m’ont rendu sceptique.

Exemple 1 : comment la carte d’identité s’est généralisée.
    Les papiers d’identité sont une invention récente, concomitante du développement des grandes villes et des moyens de déplacements. Au XIXe siècle, la pièce d’identité unique n’existait pas. Il était courant de voir des gens, pour justifier leur identité, produire passeport intérieur, livret ouvrier, livret militaire, livret de famille, permis de chasse, acte de naissance, certificat d’identité, certificat de bonne vie et mœurs, certificat de domicile, puis carte d’usager de chemin de fer, carte d’association d’étudiants...
    En 1880, Alphonse Bertillon du service de l’Identité Judiciaire, invente l’anthropométrie, technique qui mesure les particularités dimensionnelles des personnes. Il ajoutera les empreintes digitales à ses fiches anthropométriques en 1890. Dans le même temps, en 1888, obligation est faite aux étrangers de se déclarer en mairie. Quelques années plus tard, le carnet anthropométrique est imposé aux nomades (1912) puis aux étrangers (1917). De la même manière, le bertillonage qui concernait initialement les délinquants récidivistes, s’étend à tous les délinquants puis à tous les prévenus du dépôt. Bertillon, qui est à l’époque un scientifique aussi honoré que Pasteur, suggère de ficher «tous les adultes sans exception».
    L’idée d’une «carte d’identité» qui permettrait de distinguer les vagabonds des honnêtes gens se dessine ainsi tout au long de la Troisième République. Elle est partiellement appliquée par le préfet de police de Paris en septembre 1921.
    C’est le 18 août 1940 que l’idée d’une Carte d’Identité de Français va vraiment prendre forme sur tout le territoire. Ce jour-là, les autorités allemandes imposent une carte d’identité préfectorale à tous les français de la zone occupée. En zone française, le régime de Vichy va lui aussi rendre la carte d’identité obligatoire, mais il peinera à l’imposer. Sous la pression des autorités allemandes, qui voient d’un œil intéressé l’instauration de cette carte, elle est imposée en priorité dans les zones où peuvent se trouver juifs et hommes mobilisables.
    Aujourd’hui la carte d’identité est pleinement rentrée dans les mœurs en France, et on oublie souvent qu’elle n’est toujours pas obligatoire, les citoyens étant simplement tenus de pouvoir «justifier leur identité». Ces habitudes sont très récentes : le XIXe siècle voyait parfois d’honnêtes ouvriers affronter les gendarmes qui osaient leur demander leurs papiers. Au Royaume-Uni (où la carte d’identité n’existe pas encore) le National Council for Civil Liberties a dénoncé en 1995 le projet de carte nationale d’identité britannique comme «une intolérable atteinte à la liberté individuelle des Anglais et comme un encouragement au développement des pires instincts autoritaires de l’État». Même l’association des Chiefs Police Officers s’est montrée défavorable au projet [Les informations ci-dessus sont tirées de Histoire de la carte nationale d’identité de Pierre Piazza, Odile Laffont, 2004 et de Du papier à la biométrie. Identifier les individus, sous la direction de Xavier Crettiez et Pierre Piazza, Presses de Sciences Po, 2006. On se reportera à ces ouvrages pour une histoire plus complète]. Mais les parlementaires britanniques ont tranché durant l’été 2005 : en 2007 ou 2008 leurs concitoyens auront bien une carte d’identité électronique, biométrique et obligatoire.
    En un siècle, cette idée absurde, cette «intolérable atteinte à la liberté individuelle», cet «encouragement au développement des pires instincts autoritaires de l’État» est devenue une évidence.

Exemple 2 : comment le Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques s’étend.
     À sa création, ce fichier génétique de la police concernait exclusivement les délinquants sexuels. C’est d’ailleurs bien le caractère révoltant des agressions sexuelles qui, seul, pouvait être utilisé comme cheval de Troie pour mettre en place ce nouveau type de fichage de la population. Comme chaque fois, il ne s’agissait que d’une exception : seules 1300 personnes étaient fichées, déjà condamnées pour crimes sexuels. Mais l’usage s’est vite élargi. Premier temps : le vote de la LSQ, en 2001 (Daniel Vaillant, PS). Le champ d’application s’est étendu aux terroristes, meurtriers et auteurs de braquages et vols avec violence (23.000 personnes). Deuxième temps : la LSI (votée en mars 2003, appliquée par les décrets de mai 2004). Le fichage a alors passé un cap : «Avant [cette date], seul le profil des personnes définitivement condamnées étaient conservé. Ceux des suspects étaient comparés avec ceux des échantillons non identifiés prélevés sur la scène d’infraction et ceux des individus déjà dans le FNAEG. Depuis, ils sont tous insérés dans la base et conservés de vingt-cinq à quarante ans. De plus, les crimes et délits sont presque tous intégrés.» [Intérieur Magazine, juin 2005]
    Ainsi, on peut aujourd’hui se faire prélever son ADN lors d’une garde à vue, pour un vol en supermarché ou même pour de simples soupçons. Des personnes se retrouvent ainsi fichées sans avoir commis de délit. Au 31 octobre 2006, le FNAEG comptait près de 350.000 profils [Le Monde, 24/11/2006]. Objectif affiché par le gouvernement lors du vote de la LSI : en obtenir 700.000, y compris ceux des mineurs de 13 à 18 ans. «Il faudra recruter du personnel» avait-on alors judicieusement fait remarquer à l’Assemblée Nationale. Certes.
    Mais pourquoi s’arrêter à 700.000 personnes alors qu’on est si bien lancé et que la population ne se plaint guère? Toujours lors du vote de la LSI, Jean-Christophe Lagarde (député UDF) déclarait à l’Assemblée Nationale : «À l’origine, le groupe UDF souhaitait déposer un amendement tendant à étendre le FNAEG à l’ensemble de la population. (...) Nous avons cependant renoncé au dépôt d’un tel amendement car nous ne disposons pas aujourd’hui des moyens — financiers et autres — nécessaires. Mais je souhaite que le Gouvernement y réfléchisse pour l’avenir.» [Discussion générale du projet de loi «Sécurité Intérieure» (LSI) à l’Assemblée Nationale, séance du 16/01/2003]

Fichier génétique, carte d’identité : au début réservés à des populations «marginales» (pédophiles, terroristes, récidivistes, étrangers,…), ces dispositifs s’étendent en quelques années à l’ensemble des crimes et délits et, pour finir, à l’ensemble de la population. Ceci malgré toute l’attention des commissions d’éthique et autres conférences de citoyens. Il en sera sans doute de même pour les puces RFID sous-cutanées.
    Vous rappelez-vous de William Harwin, ce chercheur cité au début qui se voulait rassurant en nous expliquant que «des puces de repérage similaires sont déjà utilisées de manière intensive sur les animaux et le bétail» ? Je voudrais vous présenter un des ses collègues du département de cybernétique de l’Université de Reading : Kevin Warwick. Il s’est lui-même fait implanter, en 1998 et 2002, des puces sous la peau, pour qu’à son approche certaines portes s’ouvrent et que la lumière s’allume. Son épouse s’étant fait elle aussi implanter une puce, les deux tourtereaux échangent maintenant leurs émotions électroniquement. Et il affirme «[qu’] à long terme cette technologie permettra de communiquer par la pensée. C’est la prochaine étape de l’évolution. Les puces implantées vont améliorer l’homme et augmenter ses capacités. (…) Je pense qu’il y aura un monde à deux vitesses, avec une sorte de sous-espèce : ceux qui n’auront pas ce type d’implants seront laissés pour compte» [Kevin Warwick, Ça m’intéresse, 02/2005]. Un monde à deux vitesses qui fait terriblement penser à l’effrayant «Meilleur des Mondes» décrit par Aldous Huxley [Aldous Huxley, Le Meilleur des Mondes, 1932]. Après les eugénistes, voici le mouvement «transhumaniste», qui prétend dépasser l’espèce humaine. Au lieu de quoi il va simplement ravaler l’humanité au rang de bétail. Pendant ce temps, on prend doucement l’habitude de traiter les animaux comme des machines à viande.
    Alors, que penser de tout cela ? Pucer les animaux est-il finalement plus choquant que d’élever des centaines de brebis pour abattre et manger leurs petits ? Personnellement, je ne mange pas de viande. Je frissonne déjà quand des gens parlent d’abattre un lapin ou une poule. Mais ce que j’ai appris cette année, c’est que certains éleveurs font leur métier de façon plus humaine que d’autres. Connaissent chacune de leurs bêtes, leur donnent des noms. Sont prêts à arpenter la montagne pendant des heures plutôt que de se dire qu’ils en ont perdu une. Et se foutent bien que les brebis bouffées par les loups soient remboursées X euros. C’est peut-être ça la différence entre «paysan» et «exploitant agricole». Ces éleveurs-là accepteront-ils de pucer leurs animaux ?
    Le puçage des ovins deviendra obligatoire en janvier 2008. C’est mauvais signe pour les paysans, qui se laissent petit à petit imposer des choses dont on n’a pas besoin (OGM, élevages de poules en batterie, agriculture intensive…). Et petit à petit le monde agricole disparaît...
    Mais ça signifie surtout que le filet se resserre autour de moi, autour de nous. Cette mesure s’ajoute à bien d’autres dispositifs (technologiques ou administratifs) et au contexte politique et juridique actuel. C’est une maille de plus dans une société déjà bien quadrillée, où celles et ceux qui n’ont «rien à se reprocher» se retrouvent tracés, surveillés, contrôlés comme les pires criminels. Où tout comportement anormal, tout regroupement collectif, toute initiative subversive est qualifié de «terroriste». Cette normalisation de la société va-t-elle dans le sens d’une humanisation ou d’une animalisation ? Les bénéfices de cette pacification seront-ils pour la population, ou plus sûrement pour les élites qui gouvernent notre oligarchie ? [«Nous ne vivons pas dans des démocraties. Nous ne vivons pas non plus dans des camps (…). Nous vivons dans des États de droit oligarchiques, c’est-à-dire dans des États où le pouvoir de l’oligarchie est limité par la double reconnaissance de la souveraineté populaire et des libertés individuelles». C’est-à-dire un régime où quelques élites politiques et économiques exercent le pouvoir de «police», tandis que les mouvements démocratiques doivent constamment se battre pour conserver ou élargir la sphère de la «politique». Selon Jacques Rancière, La haine de la démocratie, La Fabrique Éditions, 2005] Sommes-nous prêts à sacrifier toutes nos libertés pour vivre en sécurité ? Dans ce cas il faudra arrêter d’employer le mot de démocratie, reconnaître le caractère totalitaire de ces tendances à la normalisation et nous demander quelle «sécurité» nous aurons gagné.
    Mon oncle Philippe, éleveur de brebis à la retraite, me disait que cette «traçabilité», bonne pour le bétail, devient dangereuse utilisée sur des humains. Je crois qu’il se trompe : la question à poser n’est pas celle des usages, mais celle des mondes. Je m’explique. Bien sûr, toutes ces technologies ont leurs côtés «positifs» et leurs côtés «négatifs». Mais elles ne sont pas neutres : elles sont indissociables du monde qui les produit et qu’elles viennent renforcer : le monde moderne, gouverné par la marchandise. Ici, les sciences et les techniques servent avant tout à renforcer le pouvoir de la classe dominante. Elles sont mises au service de la production aliénée et du contrôle social. Tous les dispositifs qui s’appliquent au bétail s’appliqueront un jour aux humains, avec pour objectif que le troupeau humain se comporte normalement, et non librement. Voulons-nous d’un monde prêt à pucer les humains?
    Moi je n’en veux pas. Parce que j’ai des rêves plus grands que cette vie «sans frottement, sans arrêts ni incidents, dépourvue de toute saute d’intensité, (...) [sans] aventures, [sans] rencontres non plus» [Tract Détruisons les caméras, Lyon, octobre 2006], la seule vie que ce monde nous autorise encore. Une vie qu’on nous impose, à coups de caméras, de puces RFID, de fichage ADN. Une vie misérable que nous intériorisons, à force de travail salarié, de télévision abrutissante, de relations sociales normées. C’est au nom de mes rêves que je refuse les puces RFID et le monde qui les produit et qu’elles viennent renforcer.
    Mais comment s’opposer à ce pouvoir diffus ? Comment savoir à quoi faire front, à qui, à quel moment ? Il est si facile de se dire qu’on a déjà tout accepté, alors pourquoi pas ça ? Oh, et puis finalement ce n’est pas si grave, on s’opposera quand ce sera vraiment dangereux, franchement totalitaire. Hélas, de nos jours même le totalitarisme n’est plus franc, tout fout le camp. Mieux vaut donc prendre les devants.
    Nous opposerons-nous quand il faudra faire pucer les enfants à la naissance ? Eh non ! Ce ne sera pas plus scandaleux que le fichage ADN ou le puçage des animaux aujourd’hui, car on s’habitue à tout.
    Il est possible de refuser de pucer ses animaux, comme d’autres refusent le prélèvement ADN malgré les poursuites judiciaires [http://refusadn.free.fr]. Mais si nous ne réagissons pas, si pour commencer les éleveurs ne réagissent pas, il y a gros à parier que dans une dizaine d’années ce texte fera sourire. «Ah bon ? En 2007, tous les humains n’étaient pas pucés?»

Nicolas Bonanni
Janvier 2007

Pour Micheline, Marcelline, Gwendoline, Blanquette, Peugeot, Loulou, Princesse, Marylin, Choupette, Mona et quelques autres.
    Et pour Fréderic.
Dimanche 14 janvier 2007
Il est 8h00. Le réveil tire Nicolas du sommeil. Il émerge lentement, et se rappelle avec plaisir qu’aujourd'hui est une journée tranquille. Il doit aller s’acheter le dernier jeu vidéo, et aller consulter les offres d’emploi. Il ne travaille qu’à temps partiel, et doit donc prouver qu’il consulte d’autres offres au moins une fois par semaine. Ce sera rapide : il n’aura qu’à passer le portail-lecteur de l’agence, qui lira aussitôt les données contenues dans sa puce d’identité ; puis attendre qu’un des terminaux appelle son nom ; puis répondre aux offres personnalisées qui s’afficheront. Comme d’habitude il répondra presque au hasard, puisque les offres seront parfaitement adaptées à son profil : compétences, capacités physiques, lieu d’habitation, disponibilités, contre-indications médicales, casier judiciaire. Toutes ces informations sont contenues dans sa puce d’identité universelle. Une simple formalité. Ensuite il pourra passer sa journée à découvrir le nouveau jeu chez lui, tranquillement, confortablement.

En sortant de son lit, il ressent une légère douleur à la base gauche de son cou, à l’endroit où sa puce d’identité est implantée. Elle est grosse comme un grain de riz, à peine perceptible au toucher. Il se masse, la douleur s’atténue. C’est bizarre, il n’avait jamais eu mal à cet endroit.
    Quelque chose le surprend à son entrée dans la cuisine : la cafetière est bien en route, mais la lumière et la télé ne s’allument pas, les volets ne s’ouvrent pas, comme ils devraient pourtant le faire. Il se rapproche du lecteur, qui est censé détecter la présence de sa puce dès qu’il passe devant. La diode verte est allumée, il a l’air de fonctionner. Bizarre… Le voilà contraint d’utiliser la télécommande pour mettre en route manuellement télé, lumière et volets. Il va devoir appeler le réparateur pour savoir ce qui cloche. Décidément la journée commence très mal.

Il s’engouffre dans le métro. Perdu dans ses pensées et regardant le sol, il se présente devant un des portiques en marchant à grands pas. Soudain un bip sonore lui fait relever la tête, juste à temps pour ne pas se cogner à la porte vitrée, fermée. Un message clignote en rouge devant ses yeux : «pas de crédit détecté, veuillez recharger votre compte». Il jure entre ses dents. Il est pourtant presque sûr d’avoir suffisamment de crédit, qu’est-ce qui se passe encore? Il fait demi-tour, et affronte le regard lourd de reproches des usagers pressés qui le bousculent.
    Peut-être s’est-il trompé au moment de recharger son compte «transports» ? Après tout il le fait tellement automatiquement, il devait avoir la tête ailleurs. Il va demander le prélèvement direct sur son compte, ça lui évitera ce genre de situations pénibles.
    Mais un doute affreux commence à le ronger : et si quelque chose ne marchait plus dans sa puce ? Impossible, ils le disent tous les jours à la télé, c’est une technologie hyper-fiable, hyper-sécurisée. N’empêche, s’il ne peut pas pointer à l’agence pour l’emploi aujourd’hui, il recevra la menace de radiation dans deux jours. Il y a bien encore un employé à l’agence, mais il n’a pas pris sa vieille carte d’identité externe avec lui. En fait il ne sait même plus où il l’a rangée, c’est tellement inutile depuis que la puce universelle est généralisée…
    Il faut vite qu’il se remonte le moral : il va d’abord aller acheter son jeu. Il pourra payer, car il utilise encore une carte de crédit. Plus pour longtemps : il compte payer bientôt avec sa puce d’identité. C’est tellement plus sûr contre le vol, ils l’ont dit à la télé.

Il entre dans le magasin, et se dirige vers le rayon «jeux». Il ne peut s’empêcher de jeter un œil aux dernières nouveautés bioniques : casques audio-visio-olfactifs, combinaisons tactiles multisensorielles, électrodes corticales de surface, micro-injecteurs d’adrénaline … autant de merveilles qui lui permettront de s’immerger de plus en plus totalement dans l’univers virtuel du jeu. Enfin, quand il aura les moyens, dans de nombreuses années. Il soupire…
    Une main sur son épaule interrompt brusquement ses rêveries : «Bonjour Monsieur, veuillez nous suivre s’il vous plaît». Abasourdi, il ne parvient pas à articuler un seul mot avant d’être dans le bureau de la sécurité : «Mais enfin, qu’est-ce qui se passe ? Vous croyez que j’ai volé quelque chose ?»
    Un des deux vigiles répond : «C’est très simple. Nous sommes équipés d’un portail à vérification de puçage : le lecteur de puces est couplé à une caméra qui compte les individus qui entrent, ça permet de vérifier en temps réel que chacun a bien sa puce d’identité, et d’appréhender ceux ou celles qui n’en ont pas. Vous comprenez, c’est pour nous protéger des non-pucés. Ce sont eux qui volent le plus, ou qui effectuent des opérations de sabotage. Notre magasin fait partie de leurs cibles favorites.»
     — Mais je ne suis pas un non-pucé, regardez, ma puce est là !
     — Peut-être, mais le lecteur n’arrive pas à la lire. Donc rien ne nous prouve que vous ne l’avez pas volontairement désactivée. De toute façon vous expliquerez ça à la police, ils arrivent. C’est plus notre problème.

Il est dans le fourgon de police. C’est illégal de ne pas avoir de puce d’identité en fonctionnement. La police doit vérifier son identité et lui implanter immédiatement une puce provisoire. S’il ne se présente pas dans deux jours pour l’implantation de sa nouvelle puce universelle, il entrera dans le fichier national des personnes recherchées. Pour le délit grave de «non-puçage», passible de 10 ans de prison. C’est la nouvelle procédure. Bien sûr ils vont aussi prélever son ADN, puisqu’il est né avant 2015, date à laquelle le prélèvement est devenu automatique à la naissance.
    Il est rassuré maintenant. Tout s’explique. Une puce sur 10.000 peut avoir un défaut de fabrication : c’est tombé sur lui, pas de chance. Mais dans deux jours tout sera rentré dans l’ordre. Les menottes lui font un peu mal aux poignets. Le plus dur, c’est le regard suspicieux des policiers, qui le prennent pour un non-pucé, pour un terroriste. Quelle horreur, lui qui n’a jamais rien eu à se reprocher.

Derrière lui dans le fourgon, il y a une grande cage avec un chien. Le chien regarde Nicolas d’un air interrogatif, il a l’air gentil. Nicolas demande à l’agent assis à côté de lui : «Vous l’avez trouvé où ? Il n’a pas de propriétaire ?»
    — On n’en sait rien, sa puce est illisible. Du coup on ne peut pas non plus savoir si ses vaccins sont à jour, alors on l’emmène directement au centre de piquage. C’est la procédure, pour la protection de la Santé Publique.
    Le policier s’adresse au chien en rigolant : «Pas de chance, hein mon pote ? T’as sans doute plein de puces, mais t’as pas la bonne !»
    Nicolas se dit qu’après tout, ça vaut sans doute mieux pour le chien. Vivre sans maître, ça ne doit vraiment pas être facile.

Texte écrit par Lucas pour la pièce «NanoVent»,
jouée à Grenoble le 11 décembre 2006.
Dimanche 14 janvier 2007
À défaut d’être «réaliste», le refus radical des nano-technologies a le grand avantage d’être satisfaisant intellectuellement et de s’éloigner un peu de la bassesse des discours ambiants.

Quelle bassesse de vouloir créer des «objets intelligents» destinés à rendre les gens de plus en plus débiles.
    Quelle bassesse de voir en la propagation du «high tech» une «évolution positive», quand elle ne fait que réduire les parts d’autonomie individuelle.
    Quelle bassesse de se cacher derrière l’étiquette d’expert et de ne pas prendre position en échange de quelques sous et miettes de reconnaissance sociale.
    Quelle bassesse d’en être réduit à inventer une nouvelle technologie pour réparer les dégâts causés par la précédente.
    Quelle bassesse de ne parler que des éventuels risques environnementaux et sanitaires des nanos, alors que les principaux enjeux sont éthiques et sociaux.
    Quelle bassesse de se contenter de répéter que «c’est bien, parce que ça va créer de l’emploi et de la croissance» ; ou que «si l’on ne le fait pas, d’autres le feront».

C’est bas, c’est petit, c’est moche.

Nous ne prétendons être ni haut, ni grand, ni beau.
    Juste d’avoir des points de vue véritablement différents à propos de ce qui vaudrait à une vie d’être vécue. Ainsi pensons-nous que les «yaourts communicants», «Organismes Atomiquement Modifiés», «maisons intelligentes», «puces sous-cutanées» et autres «drones miniatures» sont désespérants de non-sens et d’absurdité. Qu’une quête d’émancipation et d’épanouissement personnel a tout à redouter de ces avancées technologiques.

Nos rêves n’emprunteront jamais les chemins bouseux des technologies convergentes.

À bas l’Économie, Vive la Poésie !

(un grenoblois, novembre 2006)
Mardi 12 décembre 2006
PUTAIN D’ORTIE PURIN D’IDÉES
Savoirs ancestraux bannis !

Hier : Gâteaux maison à l’école, interdits !
Aujourd’hui : Eau bouilante & purin d’ortie interdits !
Demain : Taureau reproducteur interdit !
Après demain : Pourquoi pas l’interdiction des compotes de mémé ?

La loi d’orientation agricole (LOA) de 2006 interdit par son article 70 la mise sur le marché,
l’utilisation et la détention de produits phytosanitaires s’ils ne bénéficient pas d’une autorisation de mise sur le marché (coûtant de 30.000 à 100.000 euros). Elle interdit également toute information au sujet de ces mêmes produits. Tout contrevenant s’expose à 2 ans de prison et 75.000 euros d’amende.
    On pourrait se féliciter d’un peu de vigilance vis à vis des dangereux pesticides, insecticides et engrais de synthèse… Malheureusement ceux-ci ont, malgré leur nocivité reconnue, toutes les homologations nécessaires. Ce sont donc les recettes artisanales (ex. : purins d’ortie, de consoude ou de prêle) qui sont visées par ce texte de loi.
    Le 31 août 2006, Eric Petiot, paysagiste, formateur, et coauteur du bouquin Purin d’ortie et compagnie, subit une descente de la répression des fraudes et de la protection des végétaux. Il voit saisir ses cours, ses documents pédagogiques et ses données informatiques. On lui signifie également l’interdiction d’enseigner les recettes de produits naturels non homologués, et de ramasser des plantes sauvages lors de ses stages de formation.
    Pourquoi l’État frappe-t-il aussi fort pour aussi peu? La clef de l’histoire réside-t-elle dans une quelconque toxicité des produits, dans une concurrence aux trusts de l’agrochimie, ou dans la chasse à la gratuité (au profit de la sacro-sainte transaction marchande)?
    Comment l’État pense-t-il mettre en pratique cette interdiction? Allons nous être fliqués jusque dans nos jardins par une «police verte»? Big brother va-t-il installer une vidéosurveillance potagère?
    Tout savoir ancestral populaire risque-t-il d’être censuré et monopolisé par le capital? Cette répression va-t-elle aboutir à des autodafés? Où est notre liberté de choix, notre droit de faire autrement? Quelle liberté d’expression va-t-on conserver demain?
    La mobilisation autour de cette affaire a poussé le ministère de l’agriculture à tenter de calmer les esprits par un communiqué (qui n’a pas valeur de loi) contredisant la LOA, de même un projet d’amendement devrait (sans certitude) être voté en janvier. Aujourd’hui l’article de loi est cependant toujours en vigueur.
    Orties et ses copains, collectif sortant du nid, en appel aux soutiens et à la mobilisation, s’engage à ne pas respecter cette loi, à soutenir ceux qui seront poursuivis et à lutter jusqu’à l’abrogation de cet outrage au bon sens.

Bataillons pour préserver le sens que l’on veut donner à nos vies, notre liberté ! Rejoignez nous samedi 16 décembre autour d’une soupe d’ortie, Cours Sully à Lons pendant le marché !


Ne pas jeter sur l’agent public - INPS

LE PURIN D’ORTIE
Récolter 1kg de feuilles fraîches d’ortie avant floraison.
Laisser macérer dans l’eau pendant 8 jours. La fermentation est alors terminée.
Filtrer avec un tissu, mettre en bouteille, stocker au frais.
Utiliser au fur et à mesure des besoins.
    UTILISATION :
Dilution à 5% en pulvérisation pour protéger les plantes contre pucerons et maladies.
Dilution à 20% pour un excellent engrais et régénérateur du sol.
    ATTENTION :
Ne jamais utiliser pur.
Passé 3 semaines de fermentation, le purin dégage une odeur pestilentielle.
Ne pas déverser sur moquettes, costumes & nappes de repas d’affaire.

VELOUTÉ D’ORTIE
    INGRÉDIENTS :
200g de feuilles d’ortie sauvage, 30g de beurre, 1 oignon blanc, 200g de pommes de terre, 2 gousses d’ail.
    PRÉPARATION :
Ébouillanter les orties dans un demi litre d’eau.
Les égouter et les faire revenir à la sauteuse avec le beurre et l’oignon.
Mouiller avec l’eau du blanchiment. Ajouter l’ail, assaisonner.
Ajouter les pommes de terre. Faire cuire à feu doux, 12 à 15 minutes.
Mixer et remettre sur le feu 1 minute. Ajouter 4 cuillières à soupe de crème fraîche.
Servir chaud.

L’ortie n’est pas qu’un bio-stimulant, ni qu’une idée gourmande, elle aurait également comme de nombreuses plantes des propriétés thérapeutiques.

Extrait fermenté de CONSOUDE
Faire macérer 1kg de feuilles fraîches de consoude dans 10l d’eau.
Une quinzaine de jours à 18-20°C suffisent pour que le purin soit prêt.
    Distribué dilué à 20% à l’arrosoir, au sol ou dilué à 5% en pulvérisation foliaire, comme engrais sur les semis.

Extrait fermenté de PRÊLE
Faire macérer 200g de feuilles fraîches de consoude dans 10l d’eau, après infusion.
    Utilisé dilué à 5% en pulvérisation.

NB : En divulguant ces informations nous risquons 2 ans de prison et plusieurs milliers d’euros d’amende.


Actions sur le front de l’ortie :
Dimanche 15 octobre 2006
Le Centre culturel d’Oyonnax devait accueillir le 13 octobre une conférence animée par Éric Petiot : « Les plantes pour soigner les arbres ». Conférence annulée en prétextant le « désistement » du conférencier, entrepreneur paysagiste de son état. En réalité, c’est la loi d’orientation agricole du 5 janvier 2006 qui organise la prohibition de tout jardinage non assujetti au commerce industriel. La complicité de la Mairie dans cette affaire n’est pas restée sans réplique bien longtemps, à en juger par l’inscription relevée par les soins de l’unE de nos correspondantEs dans l’Ain et reproduite ci-dessous :

Tracée le soir même par une « Ortie libre »

… sur la façade de l’Hôtel de Ville …

… puis effacée le lendemain par des agents municipaux.
Lundi 5 juin 2006
Salut à toutes et tous,

Comme je vous l’avais annoncé, avait lieu à Grenoble jeudi dernier une manifestation contre l’inauguration de Minatec, et contre le monde nécro-technologique que nous préparent les nanotechnologies.

Comme on pouvait s’y attendre, le dispositif policier était impressionnant. Comme on pouvait l’imaginer depuis les manifestations anti-CPE de Grenoble, la police a eu le lacrymo et le Flash-ball faciles : une jeune manifestante a été défigurée par un tir dans la joue et opérée le soir-même, alors qu’elle était assise sur un banc au
milieu d’un rassemblement pacifique.