Dimanche 10 avril 2011 7 10 /04 /Avr /2011 13:43

 


Un épisode très grave et d’une proportion assez exceptionnelle, même pour un pays très fortement répressif comme l’Italie, a eu lieu hier matin dans la péninsule. Plus de 300 flics ont fait des descentes chez au moins une soixantaine de camarades proches de la mouvance soi-disant «insurrectionnaliste» à Bologne, Ferrare, Modène, Rome, Padoue, Trento, Reggio Calabria, Ancona, Turin, Lecce, Naples, Trieste, Gêne, Teramo, Forlì, Ravenne et Milan.
Le bilan est très lourd : 27 d’entre eux sont mis sous enquête et le procureur a ordonné des limitations de la liberté personnelle contre 12 personnes (dont 5 incarcérations). En outre, le Centre Social FuoriLuogo (Bologne) a été fermé et cadenassé.

 

L’opération policière a été largement médiatisée. Les flics parlent d’antagonistes qui avaient cristallisé leurs luttes sur des cibles clés : l’Eni (l’entreprise italienne du pétrole, complice de Khadafi), les forces de police, des cibles du pouvoir économique, des groupe politiques (la Lega Nord, le parti populiste du Nord de l’Italie) ainsi que les symboles des politiques gouvernementales qu’ils combattaient (les centres d’identification et d’expulsion pour migrantEs).

 

Les enquêteurs ont déclaré que les anarchistes se coordonnaient grâce à un dangereux journal qu’ils diffusaient à travers toute l’Italie et qu’ils (les flics) ont d’ailleurs cherché avec acharnement pendant les perquisitions. Il ne s’agit de rien d’autre que de l’excellent Invece dont on vous avait proposé quelques extraits il y a quelques temps.

 

Libertà per Stefi, Anna, Martino, Nicu, Bob e Strego

 

Pour celles et ceux qui voudraient écrire aux personnes arrêtées :

Martino Trevisan Robert Ferro Nicusor Roman Stefania Carolei Pistolesi Anna Maria
c/o Casa circondariale via del Gomito 2 40127 Bologna

 

Le Réveil, 7 avril 2011.

 


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Dimanche 10 avril 2011 7 10 /04 /Avr /2011 12:36

Retour en photo sur la manifestation antifa du 9 avril à Lyon

 

Plus de 2000 personnes ont participé samedi 9 avril à la manifestation contre le fascisme appelé à Lyon par le Collectif 69 de vigilance contre l’extrême-droite pour pointer la recrudescence des violences fascistes et demander la fermeture du local néo-nazi de Gerland.
Pour le contexte lire : Retour sur 2 ans de lutte à Lyon contre l’extrême-droite et ses agressions

 

Sous un soleil esti­val, le cor­tège parti de la place Bellecour a rapi­de­ment avalé le (petit) par­cours jusqu’à la place Jean Macé. La mani­fes­ta­tion a moins mobi­lisé que l’année der­nière mais parais­sait plus déter­mi­née.

 

Les orga­ni­sa­tions poli­ti­ques et syn­di­ca­les étaient moins repré­sen­tées que la mani­fes­ta­tion de l’année der­nière suite à l’agres­sion de mili­tants syn­di­ca­lis­tes. Mais le dyna­misme des cor­tè­ges anti­fas­cis­tes radi­caux, par­ti­cu­liè­re­ment four­nis, a lar­ge­ment com­pensé.

 

Après une arri­vée à Jean Macé où les mobi­les blo­quaient toute pro­gres­sion vers le local néo-nazi, une grosse partie du cor­tège est repar­tie vers la place Bellecour, puis vers les Terreaux. Finalement ce bout de manif impro­vi­sée fût le plus réjouis­sant, et les rues plei­nes de pas­sants du samedi aprèm ont vibré aux sons des «Alerta Antifascista» et autres «Lyon Antifa»…

 

 

 

 

 

 

Un bon nombre de CRS blo­quait la rue par­tant de Jean Macé en direc­tion de Gerland, va savoir pour­quoi… En tout cas ils avaient car­ré­ment sorti les bar­riè­res grilla­gées !

 

 

 

Le cortège du retour, bien rempli !

 

 

Rebellyon, 9 avril 2011.

 

 

Lyon : 2000 personnes manifestent contre l’extrême-droite

 

À l’appel du Collectif vigilance 69, organisations politiques, syndicales et associatives ont réclamé la fermeture d’un local «néonazi» et dénoncé la recrudescence d’agressions fascistes.

 

 

«Moi je suis habillé normalement», explique portable à l’oreille un jeune homme qui s’apprête à être rejoint. Face à lui, des représentants du mouvement anarchiste tout de noir vêtus, parfois cagoulés et porteurs de drapeaux aux manches de bonne dimension. Max, 24 ans est l’un d’eux. Ce demandeur d’emploi souligne être là «pour répondre aux diverses attaques faites par des groupes fascistes. On a des potes qui ont été agressés.» Le jeune homme brocarde en outre «le racisme d’État et tout ce qui est fait contre l’immigration et qui sert à faire diversion face à une politique antisociale». Il ne demande pas mais «exige la fermeture du local néonazi de Gerland». C’est en effet l’une des revendications principales des participants en plus de «la multiplication des agressions fascistes à Lyon».

 

Mathias étudiant en droit de 25 ans et membre du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) demande lui aussi la fermeture de la salle de concert où se retrouvent des crânes rasés. Mais au-delà c’est «le racisme décomplexé» qui l’inquiète, «et cette droite populaire qui n’en finit pas de lâcher des petites phrases».

 

Ainsi, c’est aux cris de «Pas de fachos dans nos quartiers» ou encore «le fascisme c’est la gangrène» que le cortège d’environ 2000 personnes, à l’appel de partis, associations et syndicats de gauche et d’extrême-gauche, est allé de Bellecour à Jean Macé, sans passer par l’impasse de l’Asphalte où, selon nos informations, quelque 200 sympathisants de l’extrême-droite étaient rassemblés. Déception d’une partie du cortège découvrant que l’avenue Jean-Jaurès était coupée par un barrage de CRS.

 

«On voulait faire halte au local de Gerland mais la préfecture nous a interdit d’y passer», soulignait un membre du service d’ordre.

 

Au-delà des banderoles de la CGT, de SUD, du NPA, du PCF, de la Gauche unitaire, d’Europe Écologie-Les Verts, de la Fédération syndicale étudiante, des voix se sont fait entendre dont celle d’Armand Creus, conseiller régional Front de Gauche disant «la détermination à ne pas lâcher, jusqu’à faire rentrer les fachos dans leur terrier».

 

La manifestation s’est dispersée sans incident. Le dispositif policier moins visible qu’efficace a tout fait pour éviter les heurts avec les groupes d’extrême-droite.

 

Leur presse (Dominique Menvielle,
Le Progrès), 10 avril.

 

 

Lyon : manifestation anti extrême-droite

 

Quelque 2000 personnes ont manifesté cet après-midi à Lyon contre «l'extrême-droite» et «le fascisme», à l'appel de partis, associations et syndicats de gauche et d'extrême-gauche, a constaté une journaliste de l'AFP.

 

Partis de la place Bellecour, les manifestants — environ 2000 selon la police et les organisateurs — ont défilé sous le soleil jusqu'à la place Jean-Macé, derrière des banderoles proclamant «fachos hors de nos vies» ou encore «écrasons les fascistes !»

 

Dans le cortège flottaient des drapeaux ou des banderoles de la CGT, de SUD, du NPA, du PCF, de la Gauche unitaire, d'Europe Écologie-Les Verts (EELV), de la Fédération syndicale étudiante (FSE) ou encore de mouvements anarchistes.

 

Les manifestants, jeunes pour la plupart, se sont dispersés en fin d'après-midi. «Il n'y a pas eu d'incident», a indiqué la police, qui avait mobilisé un «dispositif assez massif» pour éviter d'éventuels heurts avec des groupes d'extrême-droite.

 

Organisée par le Collectif de vigilance contre l'extrême-droite du Rhône, qui regroupe plusieurs dizaines d'organisations politiques, syndicales et associatives, cette manifestation visait à dénoncer en particulier la «recrudescence des agressions fascistes à Lyon» et l'implantation d'un «local néo-nazi» dans le quartier de Gerland.

 

Leur presse (AFP), 9 avril.

 


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Dimanche 10 avril 2011 7 10 /04 /Avr /2011 10:07

 

 

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Samedi 9 avril 2011 6 09 /04 /Avr /2011 17:53

 

Le 6 avril, à l’université de Paris Dauphine M. Masuda, ancien directeur à l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA) devait parler de «la catastrophe nucléaire de Fukushima du 11 mars et ses suites». Une vingtaine d’individus s’est invitée à la conférence, a lancé des œufs de peinture, insulté les participants, éclaté quelques boules puantes et laissé une cinquantaine de tracts (voir ci-joint).

 

Spéciale dédicace aux compagnons italiens que l’État aimerait mettre au pas. Ce même jour en effet, dans 16 villes d’Italie, 300 flics menaient 60 perquisitions parmi des compagnons, sous l’accusation d’«association de malfaiteurs à finalité terroriste», la presse parlant de diverses attaques contre l’ENI (équivalent italien d’EDF), contre des entreprises et associations humanitaires collaborant à la machine à expulser, contre divers groupes d’extrême-droite… 5 personnes ont été incarcérées, 26 personnes mises en examen, et le local anarchiste Fuoriluogo à Bologne a été mis sous séquestre.

 

Leur répression n’arrêtera pas la lutte ! Contre le nucléaire et son monde et tous ceux qui voudraient nous enchaîner !

 

Voici le texte laissé à la conférence :

Indymedia Lille, 9 avril 2011.

 

 

Le Président de VALMERE porte plainte contre des activistes anti-nucléaires

 

Un groupe d'activistes anti nucléaires a fait irruption dans l'amphi Raymond Aron de l'Université Paris Dauphine lors de la conférence organisée par le Centre de Géopolitique de l'Énergie et des Matières Premières (CGEMP) sur la crise nucléaire de Fukushima, le 6 avril 2011. Le professeur Tatsuo MASUDA avait remercié la France pour son aide et évoquait depuis une demi-heure l'enchaînement de la tragédie du Fukushima et les conséquences possibles lorsque, vers 18h30, la dizaine d'activistes aux visages masqués a fait irruption dans cette salle du 2e étage de l'Université. Les militants ont crié des slogans anti nucléaires et ont jeté divers projectiles, de la peinture verte indélébile et des tracts anonymes sur les participants. Le service de l'ordre et le Président de l'Université, Laurent Batsch, sont intervenus rapidement, sans pourtant identifier et maîtriser les agresseurs.

 

«Ce coup de force est consternant», a déclaré Louis Boisgibault, Président de VALMERE, un cabinet de conseil dans les énergies renouvelables, et chargé de l'enseignement de cette matière au sein du Master Énergie Finance Carbone de Dauphine. «Le Centre de Géopolitique de l'Énergie et des Matières Premières de Dauphine devient aussi une référence pour l'enseignement et la recherche dans les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique. Il a toujours été un lieu de débat sur les politiques énergétiques. Le professeur Tatsuo Masuda, ancien Vice-Président de la Japan National Oil Corporation, a été directeur à l'Agence Internationale de l'Énergie et non à l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique comme l’indiquaient les tracts. C’est une personnalité japonaise francophile, très fidèle au Centre depuis des années, qui est un spécialiste reconnu mondialement du secteur de l’énergie. Il n'avait pas besoin de ce type de contradiction à un moment où il est lui-même très affecté par les évènements qui se passent au Japon. Toute l’équipe est sous le choc. Ce n’est pas par la violence que l’on va modifier le mix énergétique de la France !»

 

Louis Boisgibault a porté plainte contre X, avec des collègues, pour atteinte à l’intégrité physique, ayant été directement touché par les projectiles et la peinture verte.

 

Leur presse (Communiqué de VALMERE - News-eco.com), 7 avril.

 


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Samedi 9 avril 2011 6 09 /04 /Avr /2011 17:23

Mobilisation pour la dissolution de la BAC à Millau

 

Quelque 150 Millavois se sont rassemblés hier soir sur le plateau de la gare pour demander la dissolution pure et simple de la Brigade anticriminalité de Millau (BAC).

 

 

«Cette brigade est à l'origine de pas mal d'incidents, et si nous nous rassemblons ce soir c'est parce-que nous sommes scandalisés par son comportement indigne», expliquent Sabine Bouquié et Serge Rolland, militants du Nouveau parti anticapitaliste (NPA). «Il faut savoir qu'à Millau, ces policiers ont créé une atmosphère absolument détestable, en provoquant avec une agressivité qui n'a pas lieu d'être. Nous rappelons que la dissolution de la BAC était au programme des municipales de la liste NPA. Il aura fallu longtemps pour que les autres se réveillent. La police est indispensable, mais pas dans de telles conditions. La BAC a créé une peur qui n'existait pas : c'est désagréable de vivre dans cette atmosphère.»

 

«C'est le monde à l'envers : les honnêtes gens se sentent en situation d'insécurité», s'indigne pour sa part Dominique Gonzales, conseiller général et conseiller municipal socialiste de Millau. «Les jeunes sont systématiquement soupçonnés de délinquance ; on plaque des gens contre les voitures, ce n'est pas un comportement digne. Je dénonce le régime hypersécuritaire dans lequel nous nous trouvons.» Pour l'élu, la seule solution à la question est la dissolution de la BAC.

 

De son côté, Inaki Aranceta, l'un des leaders du NPA millavois, dénonce le dysfonctionnement du service public. «Millau est une trop petite ville pour avoir un hôpital qui aurait les moyens nécessaires, mais Millau n'est pas une petite ville lorsqu'il s'agit d'avoir une brigade anticriminalité. C'est complètement incohérent.»

 

Leur presse (La Dépêche), 2 avril 2011.

 

 

Témoignage : «Je demande le départ du commandant»

 

Une centaine de personnes a participé, hier soir, à un rassemblement contre la Brigade anticriminalité. Une première à Millau, en Aveyron, voire même dans toute la France. Au-delà du nombre de manifestants, et parfois des témoignages qui éclairent d'un jour funeste cette unité de la police millavoise (lire par ailleurs), c'est la sortie de Jean-Dominique Gonzales qui fera sûrement date elle aussi.

 

 

Présent aux côtés des jeunes et souvent de leurs parents, l'adjoint au maire, fraîchement réélu conseiller général, s'en est pris violemment à la Bac et au commandant de la circonscription de Millau. «Je suis très content que cette manifestation ait lieu. Cela fait des mois et des mois que les Millavois sont maltraités par la Bac. Les honnêtes gens se sentent en insécurité. Cette brigade ne sait plus faire la distinction entre les honnêtes gens et les délinquants.»

 

Ce préambule livré à la presse, Jean-Dominique Gonzales ne s'est pas arrêté là. «Le commissaire et le commissariat se coupent de la population. J'en veux simplement pour preuve l'épisode du Mondial de pétanque au cours duquel les associations de la cité ont été considérées comme des délinquants. J'en ai assez de cette dérive sécuritaire. Adolescent, je passais mes vacances en Espagne, sous Franco. Et, à l'époque, je n'ai rien vu de tel.»

 

Le visage grave, le conseiller municipal s'est alors fendu d'un dernier coup de griffe : «Je demande la dissolution de la Bac et le départ du commandant Delchambre.» Joint après coup par téléphone, ce dernier n'a pas souhaité réagir «sous le feu de l'action». Un peu plus tôt dans l'après-midi, le patron des policiers millavois avait renouvelé son soutien aux quatre hommes de la Bac.

 

Leur presse (Dominique Mercadier,
Midi Libre), 2 avril.

 

 

Manif anti-Bac : cafouillage en mairie

 

Pas de commentaire. Depuis la manifestation, vendredi soir, contre la Brigade anticriminalité de Millau, c'est le black-out total au commissariat. Personne ne souhaite réagir à ce rassemblement, à la création d'un collectif  «contre les abus de la police» et aux 450 premières signatures d'une pétition anti-Bac. Personne non plus pour répondre aux propos particulièrement violents de l'adjoint au maire, Jean-Dominique Gonzales.

 

 

Présent avant-hier aux côtés des manifestants, l'élu a tout bonnement demandé «la dissolution de cette unité et le départ du commandant Delchambre». Invité à répondre à ses attaques, le patron des policiers millavois n'a pas souhaité jeter un peu plus d'huile sur le feu. «Passez me voir lundi matin», a-t-il précisé avant de prendre congé.

 

Selon nos informations, Éric Delchambre devrait recevoir au même moment le soutien du sous-préfet Paul Boulvrais. «En effet, je serai lundi matin au commissariat de Millau pour apporter le témoignage de ma considération et faire part de la confiance de l'État envers tous les policiers.»

 

Concernant la sortie de Jean-Dominique Gonzales, le représentant de l'État dans le Sud-Aveyron se dit «un peu surpris. En dix-huit de responsabilités dans diverses préfectures, c'est la première fois que je vois un élu mettre ainsi en cause nominativement un agent de l'État.» Et Paul Boulvrais de s'interroger. «Jean-Dominique Gonzales parlait-il en son nom ou au titre de la collectivité ? J'attends désormais que le maire se manifeste.»

 

Le communiqué de Guy Durand (lire ci-contre) s'apparente à une main tendue à l'autorité. Après un sacré bras d'honneur !

 

Guy Durand : «Dialogue»
Au lendemain des propos de Jean-Dominique Gonzales, prononcés lors de la manifestation contre la Bac, le maire souhaite apporter la mise au point suivante : «Ces propos n'engagent que leur auteur et ne sauraient engager la Ville. Une chose est de dénoncer la politique ultra-sécuritaire du gouvernement, une autre est de s'en prendre personnellement à des fonctionnaires de police. Le commandant Delchambre et son équipe ont tout notre soutien dans leurs difficiles missions. Nous avons besoin d'une police de proximité dans tous les quartiers de la commune. La Ville entend les inquiétudes suscitées par la Bac auprès de concitoyens qui ont subi une interpellation qu'ils jugent disproportionnée. Elle mesure aussi le travail réalisé par le commissariat pour garantir la sécurité des biens et des personnes. La responsabilité de la mairie est d'œuvrer à l'apaisement et au dialogue républicain entre la population et sa police. J'appelle chacun à s'engager sur ce chemin.»

Syndicat : «Inadmissible»
Côté syndical, Unité SGP police - Force ouvrière a décidé de réagir : «Hier, à Millau, lors de la manifestation demandant la dissolution de la Brigade anticriminalité, que nous ne pouvons que condamner, M. Gonzales, adjoint au maire, a tenu contre les policiers de ce service, des propos totalement inadmissibles. Unité SGP police - Force ouvrière condamne fermement les propos de cet élu qui assimile les policiers de la Bac à une police franquiste. Les policiers effectuent tous les jours, 24 heures sur 24, leurs missions dans des conditions de plus en plus difficiles et de plus en plus dangereuses. Unité SGP police - Force ouvrière saisit immédiatement le ministre de l'Intérieur pour lui faire part de sa plus vive indignation à l'encontre de cet élu et se réserve le droit d'engager des poursuites judiciaires…»

 

Leur presse (Dominique Mercadier,
Midi Libre), 3 avril.

 

 

Manif contre la BAC : retour de flammes

 

La manifestation de vendredi soir, contre la brigade anticriminalité (BAC) de Millau, n'en finit pas d'émouvoir élus et syndicat de police. Oubliant les 150 Millavois réunis sur le plateau de la gare, tout comme les 450 signatures collectées par la pétition demandant la dissolution de la BAC, les réactions se concentrent sur les propos d'un des élus contestataires : Jean-Dominique Gonzales.

 

Lors du rassemblement, ce conseiller municipal et général socialiste est allé trop loin de l'avis général, en déclarant : «Adolescent, je passais mes vacances en Espagne, sous Franco. Et à l'époque, je n'ai rien vu de tel», en référence à «cette dérive sécuritaire» de la BAC millavoise.

 

Conséquence prévisible de tels rapprochements historiques : dès le lendemain le syndicat Unité SGP police - Force ouvrière condamnait les propos indiquant qu'il se réservait le droit d'agir en justice. Entrant à son tour dans la polémique, le sous-préfet du sud-Aveyron a prévu de soutenir les policiers millavois devant la presse ce matin.

 

La municipalité socialiste, est, elle, plus gênée qu'autre chose. Dans un communiqué envoyé hier, le maire Guy Durand prend du recul par rapport à Jean-Dominique Gonzales, déclarant que ses propos n'engagent que lui. Allant plus loin, l'élu défend les policiers : «Une chose est de dénoncer la politique ultra-sécuritaire du gouvernement Sarkozy-Fillon, une autre est de s'en prendre personnellement à des fonctionnaires de police». Et d'ajouter que «le commandant Delchambre (dont Jean-Dominique Gonzales avait demandé le départ, N.D.L.R.) et son équipe ont tout notre soutien dans leurs difficiles missions».

 

Dans cette chamaillerie politique, qu'en est-il du problème de fond, à savoir les protestations de plusieurs Millavois contre les méthodes «musclées» des agents de la BAC ?

 

Leur presse (La Dépêche), 4 avril.

 

 

Millau : Le sous-préfet au secours des policiers

 

Le sous-préfet de Millau et le directeur départemental de la sécurité publique affichent un soutien sans faille à la BAC et au commandant du commissariat de la Cité du gant après les propos de Jean-Dominique Gonzales qui réclame son départ.

 

 

«J'apporte aux fonctionnaires de police de Millau, dont les personnels de la brigade anticriminalité, et au commandant Delchambre, le soutien et la confiance sans réserve des autorités de l'État.» Le message délivré ce lundi matin par le sous-préfet Paul Boulvrais, accompagné du directeur départemental de la sécurité publique (DDSP) Laurent Coindreau, est limpide. La BAC de la Cité du gant ne sera pas dissoute — «C'est évidemment hors de question», a lancé le haut fonctionnaire — et, tout comme le commandant de police Éric Delchambre, elle ne mérite pas les critiques qui lui ont été adressées, vendredi dernier (cf. nos précédentes éditions), notamment par Jean-Dominique Gonzales.

 

Pour Paul Boulvrais, les propos tenus par le conseiller général de Millau-ouest — ce dernier a comparé la BAC de Millau aux milices de Franco — sont «scandaleux». «C'est un amalgame injurieux qui relève de l'analphabétisme historique et on atteint là le degré zéro de l'analyse politique», a ajouté le sous-préfet. Il n'est d'ailleurs pas exclu que le ministre de l'Intérieur (son cabinet a été informé) engage des poursuites contre l'élu millavois.

 

«Que les mécontents de la BAC portent plainte»

 

Quant au problème de fond soulevé lors de la manifestation de la fin de semaine dernière — le fonctionnement de la BAC à qui des comportements de «cow-boy» sont reprochés — le représentant de l'État et le DDSP sont formels : il n'y a rien à dire. «On ne peut pas se limiter à des incriminations générales et anonymes et à des injures. Si les policiers commettent des infractions, que ceux qui s'en plaignent témoignent précisément et saisissent le procureur de la République. Et si les faits sont avérés, les policiers seront poursuivis en interne et en externe», annoncent les deux hommes. À ce jour, les quelques plaintes déposées ont été classées sans suite.

 

Reste que la façon dont les agents de la BAC mènent leurs contrôles d'identité ne passe pas à Millau. «Si on était dans le monde des “Bisounours”, les interpellations de nuit se feraient avec des bouquets de fleurs. Mais nous sommes dans la vraie vie et la BAC, qui a des missions particulières, effectue un travail dangereux. Et lors d'un contrôle, les agents ne savent jamais à qui ils ont affaire», rappelle Paul Boulvrais en reconnaissant que «les contrôles de nuit ne sont pas un exercice de convivialité».

 

Bref, la BAC de Millau est irréprochable. D'autant plus que ses statistiques de lutte contre la délinquance sont «excellentes»…

 

La balle dans le camp du maire

 

Paul Boulvrais, le DDSP Laurent Coindreau et le commandant Delchambre sont formels : «Nous continuerons à travailler avec la mairie de Millau». Ce qui n'empêche pas le sous-préfet d'«observer» que «le maire a désavoué son adjoint (Jean-Dominique Gonzales, N.D.L.R.). Il faudra donc qu'il tire les conséquences de son communiqué public. La balle est désormais dans son camp», a lancé Paul Boulvrais qui, hier après-midi, recevait Guy Durand. Ce dernier s'expliquera sur ce dossier lors du conseil municipal, jeudi soir.

 

Leur presse (Denis Slagmulder,
La Dépêche), 5 avril.

 

 

Le sous-préfet au soutien de la Bac et du commandant É. Delchambre : «Envie de rester»

 

Comme il l'avait annoncé samedi, Paul Boulvrais est venu apporter son soutien aux policiers millavois hier matin. Le sous-préfet entendait ainsi réagir aux propos particulièrement violents prononcés vendredi par Jean-Dominique Gonzales et à la manifestation anti-Bac.

 

 

«Cette unité doit être dissoute et le commandant doit partir.» Difficile de lancer une attaque plus frontale. Depuis, Guy Durand, le maire de Millau, s'est désolidarisé de son adjoint appelant pour sa part au dialogue entre la police et la population. Une mise au point nécessaire, selon le représentant de l'État, qui se devait toutefois de mettre les pieds dans le plat à son tour.

 

Entouré de Laurent Coindreau, le directeur départemental de la sécurité publique, d'Éric Delchambre, le commandant de la circonscription de Millau, et du capitaine Lefèvre, Paul Boulvrais est d'abord revenu sur les conditions du rassemblement : «L'appel a été lancé par des tracts anonymes et sur les réseaux sociaux. Loin des règles démocratiques qui régissent d'habitude une manifestation. Ceci étant, je tiens ici à apporter aux fonctionnaires du commissariat de Millau le soutien et la confiance sans réserve des autorités de l'État.»

 

«Le ministère de l'Intérieur se réserve le droit de poursuivre M. Gonzales…»

 

Ce propos liminaire assené, le sous-préfet s'est ensuite occupé du cas Jean-Dominique Gonzales. Il a tout d'abord insisté sur «le caractère scandaleux du ciblage nominatif du commandant Delchambre». «C'est bien là, a-t-il ajouté, une connaissance lacunaire des institutions. La police exerce son travail sous le double contrôle de l'État et du parquet. S'en prendre au commandant Delchambre dans ce cas précis c'est aussi intelligent que de reprocher au postier le prix du timbre. Nul ne conteste à qui que ce soit le droit de critiquer, de mettre pourquoi pas en cause la politique de sécurité du gouvernement, ça fait partie du débat républicain. Là, ce n'est pas le cas. Quand on fait l'amalgame avec la police de Franco, c'est vraiment le degré zéro de la politique. Le ministère de l'Intérieur a été saisi. Il se réserve le droit de poursuivre M. Gonzales pour diffamation, voire pour dénonciations calomnieuses.»

 

Pas le pays des Bisounours

 

Concernant le travail de la Brigade anticriminalité, Paul Boulvrais n'a pas transigé : «Nous ne sommes pas au pays des Bisounours. Elle intervient le plus souvent la nuit, ça ne se passe pas avec un bouquet de fleurs. C'est risqué, dangereux. Ce n'est pas un exercice de convivialité. Pas question de la dissoudre.»

 

Plaintes et pétition

 

On évoque alors les plaintes, les 450 signataires de la pétition anti-Bac, un certain malaise au sein du commissariat, un audit de commandement opéré récemment, le (lourd) silence de certains syndicats habituellement très prompts à en découdre avec la presse (lire aussi par ailleurs)… La réponse fuse : «Que ceux qui se plaignent témoignent. Qui, où, quand, comment, dans quelles circonstances ? Ils peuvent saisir le procureur de la République directement. S'il existe des faits en contradiction avec le code pénal ou la déontologie de la police, ils seront sanctionnés. Dans le cas contraire, s'ils sont imaginaires et dispensés de façon injurieuse, les contrevenants seront poursuivis…»

 

Les Millavoises et les Millavois savent désormais ce qu'il leur reste à faire. Ou pas ! 

 

Dominique Mercadier

 

Syndicat Alliance : «Il faut un changement de cap» 
Très discret jusqu'ici, le syndicat Alliance est sorti de son silence, hier soir. S'il «tient à faire part de son indignation à la suite des propos tenus par un élu de la République, comparant la Police nationale millavoise aux milices franquistes et prônant la dissolution de la Bac», son appréciation de la situation éclaire d'un autre jour la vie au sein du commissariat de Millau.  
«La politique sécuritaire locale menée par le chef de circonscription trouve désormais ses limites, peut-on lire dans le communiqué transmis hier à la presse. La course aux résultats telle qu'elle est menée, organisée, privilégiant le quantitatif au qualitatif a, certes, contribué à améliorer les statistiques mais elle a surtout réussi à exaspérer une partie de la population.» 
Et Alliance de préconiser «plutôt qu'une dissolution de service, un changement de cap de la part du chef de la circonscription, pour une gestion plus adaptée à la nécessité de lutter contre les véritables délinquants de cette ville. Alliance Police nationale réclame depuis fort longtemps l'arrêt à la course aux résultats, contre-productive. Pour Alliance, les policiers doivent se recentrer sur leurs missions de cœur de métier (protection des personnes et des biens, lutte contre les délinquants et autres trafiquants). La population millavoise doit à nouveau pouvoir compter sur sa police nationale.» 
Cette fois, ce n'est pas un élu mais un syndicat policier qui met directement en cause Éric Delchambre.

 

Un vrai malaise…
Si l'on en croit Laurent Coindreau, le directeur départemental de la sécurité publique, il n'y a pas de problème avec la Bac. «Elle est très dynamique et il faut s'en féliciter», prévient-il. Le malaise de la population ? «Sociologiquement, ajoute-t-il,   le Sud-Aveyron a toujours eu l'esprit rebelle.»
Même son de cloche du côté du syndicat Unité SGP : «C'est une unité qui dérange car elle fait du bon boulot. Le métier de policier, vous savez, n'est pas facile. 10'000 agents sont blessés chaque année…»
Problème de commandement. Sous couvert de l'anonymat, d'autres évoquent en revanche des dysfonctionnements. Une histoire bien différente : «Il y a eu des plaintes mais à chaque fois elles ont été minorées ou classées sans suite. Allez voir les gendarmes. Eux aussi ont reçu des plaintes. Ce n'est pas les collègues qu'il faut blâmer mais un véritable problème de commandement qui contribue à des interventions limites.»
Et maintenant ? En dépit du discours de façade des autorités, le malaise semble bel et bien réel dans le huis clos du commissariat de Millau.
Éric Delchambre, aussi soutenu soit-il par sa hiérarchie, est-il encore l'homme de la situation ? En coulisses, certains en doutent déjà. Quid ensuite des policiers de la Bac, après l'attaque en règle dont ils font l'objet ces derniers jours ? Particulièrement délicate, leur mission s'annonce désormais encore plus compliquée.

 

Leur presse (Midi Libre), 5 avril.

 

 

Jean-Dominique Gonzales n'a «rien contre la police nationale de Millau»

 

Jean-Dominique Gonzales, conseiller général de Millau ouest, est critiqué pour ses propos sur la BAC de Millau.

 

Maintenez-vous vos propos de vendredi dernier ?

 

Oui. Mais je précise une nouvelle fois que je n'ai rien contre la police nationale de Millau. Au contraire, je pense qu'elle fait bien son travail et je respecte ce service public. En revanche, je suis formellement opposé à la brigade anticriminalité dont je demande la dissolution.

 

Pourquoi cette sortie ?

 

En tant qu'élu, je me suis fait le porte-parole de tous ces gens qui se sont fait contrôler, plaquer contre leur voiture et fouiller au corps alors qu'ils n'avaient rien à se reprocher. On est à Millau, pas dans les quartiers nord de Marseille, il faudrait s'en rendre compte. On a franchement l'impression que les agents de la BAC sont incontrôlables. Quant au commandant Delchambre, c'est lui le responsable de la police à Millau. C'est donc à lui de faire en sorte que les choses changent.

 

Comparer la BAC à la police sous Franco, tout de même…

 

Mais cela ne me choque pas car quand je vois comment les Millavois se font interpeller, cela me fait penser à un État policier. Je suis un politique (…)

 

Propos recueillis par Denis Slagmulder
Leur presse (La Dépêche), 6 avril.

 

 

Millau demande une inspection de la BAC

 

Hier soir le conseil municipal de Millau a demandé une évaluation des méthodes de la Brigade anti-criminalité. Elle en appelle à une enquête de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN).

 

La démission de Jean-Dominique Gonzales de son poste d'adjoint au maire semblait aller dans le sens de l'apaisement. Le conseiller général avait mis le feu aux poudres en comparant la Brigade anticriminalité (BAC) de Millau aux milices de Franco, donnant à la manifestation anti-BAC une nouvelle dimension.

 

Aujourd'hui Jean-Dominique Gonzales assure qu'il avait envisagé cette démission «au lendemain des Cantonales». Soit. Et peu importe : elle tombe à pic pour dissocier la municipalité du conseiller général, et offrir un apaisement des relations entre la ville et ses policiers.

 

Hier soir, en séance du conseil municipal, c'est également par «souci d'apaisement» que les conseillers municipaux ont voté une motion (l'opposition a voté contre) demandant une enquête de l'IGPN (via la préfète). Et là, le doute est permis : les policiers accueilleront-ils cette demande comme un signe «d'apaisement» ? Rien n'est moins sûr…

 

Certes les conseillers municipaux reconnaissent le «sens aigu du devoir» et les conditions de travail «souvent difficiles», «accentuées par le manque d'effectifs et de moyens» ; ils reconnaissent le «travail, souvent couronné de succès» des policiers. Mais ils prennent également en considération les propos de certains administrés (et leur manifestation) qui «se sont émus des conditions de leur contrôle» par la BAC de Millau.

 

Pour les élus millavois, seule une enquête de l'IGPN permettra «une évaluation impartiale des méthodes» de la BAC.

 

Millau imagine qu'ensuite «la confiance entre la population et sa police» pourrait être restaurée à travers un «dialogue républicain», «respectueux», «dépassionné», dans le cadre du Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD), coprésidé par le sous-préfet et le maire.

 

Pourquoi pas. Mais en attendant cette ambiance «dépassionnée», ce «débat républicain» et ce climat de confiance, c'est le rapport de force qui perdure : d'un côté les policiers de la BAC soutenus par leurs confrères et leur hiérarchie ; de l'autre les élus millavois qui ne manquent pas de rappeler dans leur motion quelques points du Code de déontologie de la police.

 

Leur presse (La Dépêche), 8 avril.

 

 

La manifestation contre la Bac fait déjà des vagues

 

Le fait est suffisamment rare pour être signalé. Un appel à manifester contre la Bac (brigade anticriminalité) de Millau a été lancé ces derniers jours. Les réseaux sociaux ont fait le reste. Et si l'on en croit les échos du web, le rassemblement, prévu cet après-midi, à partir de 18 heures, devant la gare, pourrait réunir plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de personnes.

 

Les griefs contre la Bac ne sont pas nouveaux. Régulièrement, ils remontent jusqu'à nos oreilles. Dans le même temps, le commandant Delchambre se félicite du travail de cette unité, indispensable, selon lui, pour assurer la sécurité en ville. Le patron des policiers millavois met également en avant l'absence de plaintes ou de preuves tangibles qui pourraient justifier une enquête interne.

 

Devant cette montée en puissance de la contestation, la riposte n'a d'ailleurs pas tardé. Dès hier, Unité SGP police et le Snop ont tenu à apporter leur soutien (lire ci-contre) à leurs camarades. Tout cela ne serait, selon eux, que fantaisies et contre-productif «dans le difficile contexte de progression des atteintes physiques aux personnes, phénomène impossible à enrayer depuis des années et dont se plaint une grande partie de la population». Visiblement, tout le monde ne partage pas ce point de vue.

 

Leur presse (Dominique Mercadier,
Midi Libre), 1er avril.

 

 

À Millau, la brigade anticriminalité devient motif de manifestation

 

De prime abord, et vu la date choisie, l'information pouvait inciter à pencher pour un «poisson d'avril». Mais pour le syndicat Unité SGP Police, l'appel à la manifestation, ce vendredi, à 18 heures, sur le plateau de la gare de Millau est bien réel.

 

Ce soir, en effet, plusieurs personnes ont prévu de se retrouver pour manifester «contre la brigade anticriminalité (BAC) de Millau». Ils entendent ainsi protester contre ce qu'ils appellent des provocations régulières et le «caractère mineur» des motifs d'interpellation avancés par ces agents. Pour quelques Millavois, cet appel «n'est pas étonnant». Beaucoup, notamment un groupe sur le site internet Facebook, évoquent un «comportement de cow-boy» de la part de ces policiers.

 

Ce que, bien évidemment, conteste le syndicat qui, dans un communiqué, entend protester «contre ce genre d'actions fantaisistes». Dans son rôle, Unité-SGP Police affirme son «total soutien» à cette unité du commissariat millavois «qui, tout au long de l'année, réalise de nombreuses affaires et interpellations liées à des crimes et délits».

 

Une chose est sûre pour Patrice Ricard, secrétaire régional adjoint de l'organisation : «les méthodes de la BAC ne peuvent pas être contestées car les agents, qui sont tous des policiers confirmés, respectent le code de déontologie», assure-t-il.

 

Suffisant pour convaincre les Millavois de ne pas manifester ce soir ?

 

Leur presse (La Dépêche), 1er avril.

 


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Samedi 9 avril 2011 6 09 /04 /Avr /2011 16:09

Radioactivité : quels risques pour notre santé ?

 

Alors que le nuage radioactif rejeté par les réacteurs de la centrale en perdition de Fukushima a fait le tour du globe, quels sont les risques en France ? Quels comportements adopter ?

 

 

Vingt-cinq ans après la catastrophe de Tchernobyl, chaque citoyen du monde a pu suivre sur internet ou à la télévision la progression spectaculaire du nuage radioactif émis par les réacteurs endommagés de la centrale nucléaire japonaise Fukushima-Daiichi. Un nuage qui a fait le tour de l'hémisphère nord et a impacté la France dont le gouvernement a, dès le départ, pris le contre-pied de l'attitude de déni en vigueur jadis pour Tchernobyl. Avec un leitmotiv : informer les Français et les rassurer quant aux risques réels des retombées radioactives. Avec d'un côté l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) ; et de l'autre la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (Criirad), l'information délivrée quotidiennement permet de répondre aux nombreuses questions que l'on se pose. La Criirad a ainsi reçu plus d'un millier de demandes…

 

Depuis le 24 mars, l'IRSN a mis en place un plan renforcé de surveillance environnementale radiologique de l'impact des rejets. De l'iode 131 a ainsi été mesurée en Tarn-et-Garonne mardi ; de l'iode 135 a été repérée près de Lourdes. La surveillance en temps réel de la radioactivité ambiante via les 170 sondes du réseau Téléray, ou par des prélèvements d'échantillons (aérosols, herbe, lait, légumes, eau…) a permis d'établir les concentrations en iode 131, césium 134 et 137 qui sont «conformes aux prévisions».

 

«Les concentrations en radionucléides artificiels mesurées en France dans les différents milieux surveillés sont très faibles : entre quelques dixièmes de millibecquerels et quelques millibecquerels d'iode 131 par mètre cube d'air», explique l'IRSN, qui assure que ces niveaux de concentrations «ne présentent aucun danger environnemental ou sanitaire, même en cas de persistance dans la durée». Toutefois, des précautions peuvent être prises pour les enfants en bas âge et les femmes enceintes.

 

Reste que le dispositif de surveillance renforcé — des contrôles sont en cours dans les stations de traitement de l'eau potable — sera en place encore longtemps, l'autorité de sûreté nucléaire japonaise (NISA) estimant que les rejets continueraient pendant plusieurs semaines…

 

 

Accumulation avec Tchernobyl

 

L'accumulation des retombées radioactives issues de Fukushima à celles de Tchernobyl est une évidence, particulièrement en ce qui concerne le césium 137, dont la durée de vie est de quelque 30 années. Peu mobile, il s'enfonce lentement dans le sol et il voyage aisément à travers la chaîne alimentaire tout en continuant à émettre ses rayonnements. Cependant, les récentes études ont montré que le niveau de césium était revenu à celui d'avant Tchernobyl.


Le chiffre : 1000 fois moins > que pour Tchernobyl. L'accumulation qui sera mesurée dans les mois à venir montrera que la radioactivité sera 1000 ou 10'000 fois plus basse que celle de Tchernobyl.
«Nous avons réalisé des mesures dans l'air et on trouve très peu de radiations. Maintenant, il faut s'attendre à une accumulation.» Roland Desbordes, président de la Criirad, Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité.

 

Les réponses aux questions que vous vous posez

Le risque d'irradiation par les masses d'air contaminé est négligeable. - VRAI. Les différentes mesures réalisées par l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) ou par la Criirad ont validé les hypothèses. Selon les âges, la quantité incorporée en respirant varie entre 4 Bq (enfant en bas âge) et 23 Bq (adultes). Ce qui correspond à des doses de rayonnement inférieures à 0,4 µSv, soit quelques pour cent du seuil de 10 µSv/an à partir duquel la réglementation européenne considère que les niveaux de risque ne sont plus négligeables et qu'il convient d'examiner les moyens de diminuer les expositions. Ces valeurs représentent une fraction encore plus faible de la limite de dose de 1 mSv/an (inférieure à 0,02 %).

 

On doit rester chez soi pour se protéger. - FAUX. Rentrer chez soi pour se protéger de ces très faibles niveaux de contamination n'est ni justifié ni utile. Dès lors qu'une contamination atmosphérique se prolonge sur plusieurs jours, a fortiori sur plusieurs semaines, le confinement n'est pas une réponse appropriée. Il est même déconseillé de se confiner chez soi. Le risque radiologique est négligeable, bien inférieur aux problèmes posés par l'accumulation d'air vicié.

 

Consommer de l'eau est dangereux. - FAUX mais… Les gouttelettes d'eau présentes dans les nuages et les gouttes de pluie tombant au sol peuvent capter une partie des radionucléides en suspension dans l'air. Les niveaux de concentration attendus et observés dans l'eau de pluie sont sans risques pour les différents usages de l'eau recueillie en citerne (arrosage, alimentation…). Concernant les eaux de surface (rivières, fleuves, lacs…), les concentrations seront encore beaucoup plus faibles que celles des eaux de pluie en raison de l'effet de la dilution, estime l'IRSN. En revanche, note la Criirad, si l'eau recueillie doit servir de source principale d'alimentation sur 15 jours ou 3 semaines, la dose reçue pourrait atteindre, voire dépasser le seuil à partir duquel le risque n'est plus considéré comme négligeable (10 µSv/an), en particulier si les consommateurs sont de jeunes enfants. Il s'agit de niveaux de risque très faibles mais qu'il vaut mieux éviter. Si vous ne pouvez pas éviter d'utiliser l'eau récoltée sur votre toit pour l'arrosage de votre jardin potager, veillez à arroser la terre et non pas les feuilles des légumes, précise la Criirad. Pas de problème pour consommer l'eau de distribution qui fait l'objet de contrôles poussés.

 

Lait, légumes, viande, poissons peuvent être consommés sans risques. - VRAI mais… Il y a deux catégories d'aliments à risque, note la Criirad : ceux qui sont contaminés par dépôt direct et ceux qui sont contaminés par transfert (lait et viande). Les végétaux à larges feuilles type salades, blettes, épinards, choux… font partie des aliments les plus exposés (sauf s'ils sont cultivés sous serre). L'activité en iode 131 de ces végétaux devrait atteindre quelques becquerels par kilogramme, voire quelques dizaines de Bq/kg. Le lait, les fromages frais et la viande provenant de troupeaux encore en stabulation ne posent pas problème, estime la Criirad, qui note toutefois que lorsque les animaux ingèrent des particules radioactives, une partie est éliminée, mais une partie se fixe dans leurs organes. L'iode radioactif se concentre dans la thyroïde mais il est également fixé par les glandes mammaires et transféré au lait, indique la Criirad. Mais, compte tenu du délai entre l'abattage des animaux et la consommation, l'iode 131 ne devrait pas être mesurable dans les viandes consommées, assure l'IRSN, qui indique par ailleurs qu'en raison du stade végétatif actuellement très précoce des grandes cultures céréalières, fruitières et viticoles, ces productions devraient être épargnées par ces faibles retombées radioactives. Enfin, pour le poisson, les risques sont faibles. «Avec le temps de transfert des masses d'eau, la dispersion et la dilution des éléments dans l'océan, les concentrations radioactives devraient être très faibles dans les espèces marines situées à distance», explique Jean-Marc Peres, de l'IRSN.

 

Il faut changer son régime alimentaire. - FAUX Mais… Même si les expositions actuelles sont très faibles et les denrées ne seront pas significativement affectées, il est cependant facile de limiter les expositions à des niveaux négligeables en veillant à ce que les aliments à risque ne constituent pas, tout au long du mois d'avril, la base de l'alimentation de la famille, conseille la Criirad. On peut ainsi préférer pendant quelques semaines le lait «longue conservation» au lait frais, ne pas faire d'excès avec les fromages frais au lait de brebis, les blettes ou les épinards. Ceci concerne tout particulièrement les enfants, les femmes enceintes et les mamans qui allaitent.

 

L'expert : «Tout l'hémisphère nord est touché»

 

La catastrophe de Fukushima a-t-elle des conséquences sur la radioactivité dans notre pays ?

 

Roland Desbordes, président de la CRIIRAD. Pour l'instant, nous relevons des valeurs très faibles. Ce qui, scientifiquement, est différent de zéro. Nous avons réalisé des mesures dans l'air et on trouve très peu de radiations. Maintenant, il faut s'attendre à une accumulation. Des dépôts liés à la pluie et des dépôts secs. Aussi, nous commençons à analyser la concentration de radiation dans les aliments, ce qui pousse en ce moment, les épinards, les salades… Et puis il y a l'herbe, donc on mesure ce qu'il y a dans le lait. Les niveaux restent très faibles et ne remettent pas en cause la consommation pour les adultes et les enfants.

 

L'État a décidé de faire contrôler la radioactivité des eaux potables, que faut-il en penser ?

 

C'est surtout l'eau de pluie qui est contaminée, or en général, dans notre pays, on ne boit pas l'eau de pluie, elle ne rentre pas dans le circuit d'eau potable qui est très réglementé. Il peut y avoir de rares exceptions, du ruissellement dans des lacs collinaires dont on se sert pour l'eau potable, des citernes dans certaines zones arides. Mais l'eau de pluie est peu recommandable, car elle ramasse toutes les pollutions atmosphériques. Vérifier la radioactivité des eaux potables n'est pas une mauvaise idée, on devrait d'ailleurs le faire plus souvent, c'est une obligation depuis 2004.

 

Que va-t-on trouver ?

 

On va trouver des traces de radioactivités en provenance de Fukushima. Dans les mois à venir, on trouvera une accumulation comme on en avait trouvé une au moment de Tchernobyl, seulement là, la radioactivité sera 1000 ou 10'000 fois plus basse que celle de Tchernobyl. Ce qui est remarquable, c'est que cette pollution se soit diffusée sur tout l'hémisphère nord. Pour Tchernobyl, on peut comprendre, des particules ont été éjectées à plus de 3000 mètres. Mais à Fukushima, c'était une explosion basse et je suis étonné de trouver des particules venant d'aussi loin !

 

Recueilli par Dominique Delpiroux
Leur presse (La Dépêche), 7 avril 2011.

 

 

Grand Sud : De la radioactivité décelée dans la région

 

À l'occasion des événements de la centrale nucléaire de Fukushima, la surveillance de la qualité de l'air ainsi que les analyses sur l'environnement ont été renforcées, notamment dans le Tarn-et-Garonne où, depuis 1989, le Conseil général du Tarn-et-Garonne, à travers son laboratoire vétérinaire départemental et par sa participation à la commission locale d'Information de la centrale de Golfech, s'est fortement investi dans l'observation des phénomènes radioactifs dans l'environnement.

 

Il s'est doté de moyens indépendants de surveillance, afin de rendre compte le plus justement possible, aux Tarn-et-Garonnais, de la présence ou non de radioactivité dans leur environnement. Cette surveillance repose sur trois balises atmosphériques, situées à Valence d'Agen, Montauban et Agen, donnant les mesures en iode, alpha, bêta et radon, ainsi que sur des prélèvements dans l'environnement (eaux, végétaux, produits agricoles…).

 

C'est dans ce cadre que les analyses d'hier, mardi 5 avril, ont révélé, pour la première fois depuis le début de la surveillance par le Conseil général de Tarn-et-Garonne, la présence d'iode 131.

 

Bien que les niveaux soient faibles dans l'air, voire très faibles dans l'eau, cette présence a été mise en évidence : d'une part sur la balise atmosphérique de Valence d'Agen pour la période du 25 au 30 mars 2011 (4,8 +/- 0,8 mBq/m3), et d'autre part dans l'eau de pluie de Montauban pour la période du 27 au 31 mars (0,7 +/- 0, 4 Bq/l).

 

La réglementation en vigueur en France impose une protection particulière dès lors que l'exposition dépasse une dose d'1 millisievert par an.

 

Ainsi les doses analysées ce mardi 5 avril correspondraient, si on respirait cet air pendant un an, à une exposition mille fois inférieure.

 

Le Conseil général, au travers du Laboratoire Vétérinaire Départemental, renforce sa vigilance et tiendra informé la population de toute évolution de la radioactivité (www.cg82.fr).

 

De l'iode 135 dans les Hautes-Pyrénées

 

Par ailleurs, des prélèvements d'herbe et de lait effectués à Lourdes montrent une progression des quantités d'iode 131 due à Fukushima. Ces taux ne sont pas dangereux selon l'institut de radioprotection et sûreté nucléaire (IRSN). Des mesures ont également été effectuées dans l'Aude et le Lot-et-Garonne. Enfin dans l'Ariège, les champignons sont sous surveillance.

 

Leur presse (La Dépêche), 6 avril.

 

 

Hautes-Pyrénées - Radioactivité : de faibles traces

 

Des mesures effectuées dans le cadre du dispositif de surveillance ont révélé, à Lourdes, des traces d'iode 131 dans les végétaux et le lait. Mais les concentrations sont très faibles, révèle l'IRSN.

 

Que les Haut-Pyrénéens se rassurent. Le nuage radioactif venant du Japon sera sans impact pour leur santé. Dans le cadre des mesures de radioactivité qu'il effectue après l'accident de Fukushima, l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) pousse d'ailleurs loin la transparence et la précision. Allant jusqu'à faire état, dans son bulletin mis en ligne le 4 avril, de la présence de 3,6 becquerels par kilo de végétaux frais et 0,17Bq/l dans le lait. C'est ce que révèlent les mesures réalisées à Lourdes le 31 mars. (Contre < 0,65 pour les végétaux le 25 mars). Ajoutons que cette collecte des mesures, réalisée à l'échelon national, s'accompagne d'un commentaire indiquant que l'on retrouve, certes, des traces d'iode 131 dans l'eau, les végétaux et le lait, mais que «ces concentrations en radionucléides artificiels sont très faibles».

 

«10.000 fois plus faibles que Tchernobyl»

 

Responsable du service surveillance et environnement au sein de l'IRSN, Jean-Marc Perès rappelle que 8.000 Bq sont mesurables dans le corps humain. S'ajoute la radioactivité ambiante (dans l'air et dans le sol), représentant 30% de celle à laquelle on est exposés. 10% proviennent d'aliments, 30% d'inhalations et encore 30% relèvent des actes médicaux. «Pour un atome venant de Fukushima, on respire entre 10.000 et 100.000 atomes radioactifs autour de nous», résume cet expert. «Certes, il y a une contamination de l'air, mais quand elle arrive en Europe, elle est très diluée.» Quant au docteur Serge Chamoiseau, spécialiste de médecine nucléaire, il juge lui aussi l'impact biologique «négligeable ou dérisoire» (ci-dessous).

 

On apprend également que le niveau de radioactivité varie selon les régions. Au niveau naturel, il est moyen dans le Pyrénées, «le plus faible est enregistré dans le bassin parisien et le plus élevé dans le Massif central».

 

Selon ce spécialiste, il y a fort à à parier que d'ici quinze jours, les mesures ne seront plus les mêmes. Ces rejets sont bien moindres que ceux de Tchernobyl, «10.000 fois plus faibles». Des gens anxieux ou qui ont de la famille au Japon appellent l'IRSN, qui informe puis rassure la population.

 

Docteur Chamoiseau : «Pas d'impact thyroïdien»
«Que pèsent 3Bq face à 8.000 Bq mesurables naturellement dans le corps humain, ou face aux milliards de milliards de milliards de noyaux d'atomes d'oxygène et d'hydrogène contenus dans toute l'eau du corps d'un être humain ?», interroge le docteur Serge Chamoiseau, spécialiste de médecine nucléaire. Et d'ajouter : «Il ne saurait y avoir, en l'état et au vu de ces résultats, d'impact sanitaire quelconque et notamment thyroïdien, du fait de la présence de 3Bq d'iode 131 par kilo de végétaux, à Lourdes notamment.» Ce médecin insiste que le fait qu'il est «totalement inutile, à ces niveaux de contaminations dérisoires (et qui baissent spontanément de moitié tous les 8 jours), de prendre de l'iode en comprimés ou en gélules. Et d'ailleurs, en l'état, les pouvoirs publics ne le préconisent pas.» Par ailleurs, le docteur Chamoiseau se dit «très favorablement impressionné par l'extrême sensibilité de ces appareils pour des niveaux de contamination extrêmement faibles eu égard à la radioactivité ambiante et naturelle».
Leur presse (Josiane Battoue,
La Dépêche), 6 avril.

 

 

Ariège : Pas de champignons radioactifs

 

Depuis Tchernobyl, des contrôles permanents sont effectués par les services de l'État et les laboratoires agréés par l'IRSN. En Ariège, Les champignons sont surveillés.

 

La crise nucléaire japonaise incite à la prudence, c'est pourquoi des échantillons de produits naturels sont testés régulièrement pour vérifier qu'ils sont consommables en toute sécurité. Notre département a sa spécificité en Midi-Pyrénées : ce sont les champignons qui sont vérifiés. Imaginez des champignons «nucléarisés» ! L'image a de quoi faire frémir les chercheurs de morilles qui sont actuellement sur les dents : les délicieux cryptogames pointent en effet le bout de leur chapeau en ce moment. Rassurez-vous : des services veillent sur notre santé. La Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations dirigée par Véronique Castro est responsable d'un dispositif de contrôle permanent depuis 1986, année de Tchernobyl : «Les instructions nationales viennent de la Direction générale de la concurrence, consommation et répression des fraudes (DGCCRF) ; chaque région a un plan qui est décliné ensuite par département.» En Provence-Côte d'Azur on va tester le thym et la lavande capable d'absorber beaucoup de nucléides. Mais nous, en Ariège, ce sont les champignons qui sont dans le collimateur, et cela toute l'année. Les échantillons partent dans des laboratoires spécifiques agréés par l'IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire). Les résultats actuels sont négatifs.

 

«En revanche, il y a maintenant des contrôles renforcés pour tous les produits qui sont importés du Japon, précise Véronique Castro. En Midi-Pyrénées les douanes sont mobilisées. Les douaniers ont pour tâche de vérifier les certificats de non-radioactivité de chaque produit importé du Japon. Mais ici, en Ariège, peu de produits arrivent jusqu'à nous ; il n'y a pas de magasins spécifiques. Et il n'y pas eu d'alertes des douaniers qui sont chargés de nous signaler les importations.»

 

Récemment les services départementaux de la répression des fraudes, sous la responsabilité de Véronique Castro, ont effectué des prélèvements de céleri, autre grand consommateur de radioactivité comme les épinards. Il s'agit de rechercher des traces de césium 137. Le résultat d'analyse est négatif. Même chose avec le lait. Ce sont les services vétérinaires qui s'en chargent et l'on prélève directement au sortir du pis de la vache, pour être sûr que l'herbe ingérée n'a pas été contaminée. «Les contrôles en la matière sont importants, mais pour l'instant rien d'anormal.» Donc, on pourra aller aux champignons.

 

Leur presse (Jean Martinet,
La Dépêche), 6 avril.

 

 

Pourquoi le puy de Dôme est impacté par le nuage nucléaire de Fukushima

 

Avec deux prélèvements révélant des traces d'iode 131, le puy de Dôme et ses environs figurent régulièrement dans les zones touchées par les conséquences de la catastrophe de Fukushima. Explications.

 

Le puy de Dôme est-il radioactif ? Alors que le célèbre volcan et ses abords immédiats (Laschamps) sont apparus deux fois en dix jours dans les communiqués d’associations relevant l’impact du nuage nucléaire de Fukushima sur nos verts pâturages, la question peut se poser.

 

Le 27 mars, c’est dans une prairie, à Laschamps, au pied du Puy de Dôme que l’Association pour le contrôle radioactivité dans l’ouest (ACRO) a relevé la présence d’iode 131. Selon son communiqué, publié lundi (voir notre article), «l’herbe était faiblement contaminée», ce qui a suscité quelque émoi dans la localité.

 

«Les habitants sont un peu inquiets, soulignait, hier, le maire de Saint-Genès-Champanelle, Roger Gardes. Mais il faudrait des taux des centaines de fois supérieurs à ceux constatés pour que le seuil d’alerte soit mis en œuvre. Il n’y a aucune raison de montrer Laschamps du doigt.»

 

L’ACRO, implantée à Caen, le confirme bien volontiers. Pour effectuer les mesures qui ont mis Laschamps au centre de l’attention, l’association s’est appuyée sur les bénévoles de Greenpeace France.

 

Par hasard

 

Or, d’après son coordinateur clermontois, Philippe Flasquel, le village a été choisi «complètement par hasard» par les ressortissants de Greenpeace à Clermont. «Il fallait que ça soit un endroit isolé, pas entouré d’arbres», explique-t-il. Une description, assez vague, à laquelle ce hameau a eu le malheur de correspondre. La mesure serait passée inaperçue, si le 24 mars, des traces d’iode 131 n’avaient pas été relevées sur le sommet, tout proche, du puy de Dôme.

 

Encore le hasard ? Presque : la géographie et la météo. Le détecteur qui a relevé la présence de 0.012 mBq/m3 d’iode 131, le 24 mars dernier, était placé en haut du puy de Dôme, «pour étudier les masses d’air en altitude». Le capteur étant l’un des plus élevés de France, il a été le premier à signaler la présence d’iode 131 dans l’atmosphère.

 

«C’est en raison de l’altitude que c’est apparu là un jour plus tôt que partout ailleurs en France, explique Roland Desbordes, président de la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD). Comme c’était pendant une période sèche, les dépôts sont descendus très lentement et ont été relevés d’abord en altitude. S’il avait plu, les résultats auraient été différents.»

 

Dans les semaines qui viennent, d’autres mesures de l’ACRO devraient être effectuées aux abords du sommet puydomois. Mais «non, non, non, il n’y a aucun risque sur le plan sanitaire, conclut Jean-Marc Perés (IRSN). Ce sont vraiment des traces. Et elles ne sont pas plus fortes en Auvergne qu’ailleurs.»

 

Leur presse (Sébastien Dubois,
La Montagne), 6 avril.

 

 

Yvelines : Des traces d’iode radioactif détectées dans l’herbe

Le drame de Fukushima a beau se dérouler à 15 000 km du département, ses effets sont mesurés jusqu’ici. Pour preuve, la découverte dans un champ de Vaux-sur-Seine de traces d’iode 131.

 

 

Pour ceux qui en doutaient, le nuage de Fukushima a bel et bien traversé la France. Des relevés effectués par l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (Acro) ont permis de retrouver des traces de contamination à l’iode radioactif dans cinq villes de l’Hexagone. En Ile-de-France, seule la commune de Vaux-sur-Seine a été testée «positif».

 

De l’iode 131 a été détecté dans un pré situé sur les hauteurs de Vaux, près de la forêt de l’Hautil, à la suite d’un prélèvement effectué le 27 mars par un correspondant local de l’Acro.

 

Si l’herbe est bien radioactive, les quantités retrouvées (1,1 Bq/kg frais) correspondent au seuil minimal de détection. Elles sont sans danger pour l’homme et n’empêchent pas de consommer des fruits et légumes de son jardin. «Trouver ces dosages à 15'000 km des lieux de l’accident montre que les rejets au Japon ont été massifs. Mais chez nous, ces mesures sont pour l’instant faibles. Les habitants n’ont pas à s’inquiéter. Ils ne doivent pas bouleverser leur quotidien, précise David Boilley, président de l’Acro. Elles pourraient toutefois augmenter du fait de l’accumulation croissante des rejets.» Selon M. Boilley, la contamination par cet isotope relève sans aucun doute de l’accident nucléaire japonais.

 

Hier, à l’annonce de cette nouvelle, les riverains ne semblaient pas particulièrement angoissés. Annie a tondu sa pelouse, comme prévu. Son voisin Patrick a fait preuve d’un stoïcisme évident : «On ne peut rien y faire. Donc il est inutile de s’inquiéter», confie cet habitant des bords de Seine. Et Michèle, pharmacienne, a relativisé la présence d’iode dans sa commune : «Ça ne m’inquiète pas moins que Tchernobyl.» S’il est tout aussi serein, le maire (SE), Julien Crespo, a promis d’être vigilant, notamment sur une éventuelle contamination des nappes phréatiques.

 

Leur presse (Mehdi Gherdane,
Le Parisien), 6 avril.

 

 

De l'herbe faiblement contaminée en Alsace

 

Leur presse (Dernières Nouvelles d'Alsace), 5 avril.

 

 

Fukushima : de l’herbe «très faiblement contaminée» détectée à Caen

 

Basée à Hérouville-Saint-Clair (Calvados), l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (Acro, cinq salariés) a trouvé de l’herbe «très faiblement contaminée» par le panache radioactif japonais dans cinq des dix-sept endroits en France où des prélèvements ont été effectués. Soit à quelque 15'000 km du lieu de l’accident nucléaire japonais.

 

Les seuils de détection de l’iode 131 étaient dépassés le 27 mars à Varces (Isère), Vaux-sur-Seine (Yvelines), Strasbourg (Bas-Rhin), Lashamps (Puy-de-Dôme) et le 31 mars, à Caen. Dans la capitale bas-normande, le prélèvement a été effectué près de la Colline aux oiseaux, un parc de promenade situé au nord de la ville. Dans les cinq lieux, les valeurs sont de quelque 1,1 Becquerel par kilo de produit frais d'iode 131, alors que le seuil limite pour la consommation est de 100 Bq/kg.

 

Les valeurs trouvées seraient, selon ce laboratoire indépendant d’analyse de la radioactivité, «sans conséquences majeures pour la santé». Les fruits et légumes des régions concernées peuvent être consommés après avoir été lavés. Selon l’Acro, les différences d’un lieu à l’autre s’expliquent par les différences de conditions météo.

 

Depuis le 12 mars, le panache radioactif qui résulte des rejets des réacteurs nucléaires accidentés de la centrale de Fukushima se déplace, tout en se diluant, dans les courants atmosphériques de l’hémisphère nord. Selon une modélisation de sa dispersion dont dispose l’IRSN, Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, le panache a atteint la France métropolitaine le 23 mars. L’IRSN présente régulièrement des résultats des mesures de radioactivité qu’il effectue en France métropolitaine et en outremer.

 

Leur presse (David Adémas,
Ouest-France), 5 avril.

 

 

Gradignan (Gironde) : Quand les chercheurs pistent la radioactivité

 

Le Centre d'études nucléaires de Bordeaux-Gradignan se fait un devoir de surveiller les retombées radioactives venues de la centrale nucléaire de Fukushima.

 

 

«C'est une contribution pour l'information du public.» Christine Marquet, chercheuse en physique nucléaire et Frédéric Perrot, enseignant-chercheur, travaillent au Centre d'études nucléaires de Bordeaux (CENBG), sis sur la commune de Gradignan depuis la fin des années 1960.

 

Depuis dix jours, soit l'arrivée du «nuage» venu de la centrale nucléaire de Fukushima (Japon), ces chercheurs, à l'instar de plusieurs de leurs collègues, ont décidé de consacrer une partie de leur travail à la recherche de traces de radioactivité dans notre environnement immédiat. «Ne pas faire ces mesures serait manquer à un devoir», ajoute Christine Marquet. Près d'Agen d'autres chercheurs … ont trouvé des traces de radioactivité dans l'herbe.

 

Physique, biologie, chimie

 

Depuis un an et demi, le Centre dispose en effet de la plate-forme Prisna (Plate-forme régionale interdisciplinaire de spectrométrie nucléaire en Aquitaine), qui permet de mesurer de très faibles niveaux de radioactivité. «Cette plate-forme découle de notre activité de recherche fondamentale. Il existe très peu de centres comme le nôtre, capables d'intervenir sur une faible radioactivité.»

 

Le CENBG est le seul laboratoire de recherche en physique nucléaire du Grand Sud-Ouest. Cette unité dépend du CNRS et de l'Université de Bordeaux 1. On y effectue de la recherche fondamentale en physique nucléaire sur le noyau atomique, mais aussi de la recherche appliquée pluridisciplinaire, en lien avec la biologie et la chimie, liée à l'environnement, à la santé, au retraitement des déchets.

 

Les pluies des 27 et 28 mars

 

Philippe Hubert, chercheur émérite, participe aussi à cette démarche de recherche appliquée : «Dès qu'on a su que le nuage allait arriver, nous avons commencé à faire des mesures à Gradignan, mais nous n'avons rien trouvé, sauf quand il a plu, lors du week-end du 27 au 28 mars ; le lundi, nous avons pris des mesures sur l'eau, la terre et l'herbe, grâce à notre détecteur de rayons gamma. Dans les trois, nous avons vu apparaître des pics gamma signant la présence de l'iode 131 (NDLR élément de radiocativité). Tous les jours, quand il pleut le matin, nous prélevons l'eau. Mais ce que nous avons trouvé jusqu'à maintenant est inférieur à la radioactivité naturelle du sol.»

 

Désormais, le CENBG transmet toutes ses mesures à l'Institut national de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), lequel se charge d'une large diffusion.

 

«Aucune inquiétude»

 

Tout le monde s'est précipité pour avoir des informations lors de l'arrivée du nuage portant la radioactivité de Fukushima, voilà quinze jours. Reste que cette radioactivité continuera d'être amenée par les vents, tant que les effluves de la centrale n'auront pas été maîtrisés.

 

Hormis les conséquences sur les populations locales, les chercheurs du Centre gradignanais se veulent rassurants quant aux retombées sur le territoire français. «Le nuage est très diffus. Pour nous, en France, il n'y a aucune inquiétude.»

 

Et d'ajouter que «chaque noyau de particule a sa propre durée de vie : trente ans pour le césium 137, deux ans pour le césium 134, huit jours pour l'iode 131. Au terme de chacune de ces échéances, la radioactivité se divise par deux. À Tchernobyl, il n'y a plus que du césium 137, les autres ont disparu. Cela dépend aussi de la dose initiale.»

 

À titre de comparaison, «aujourd'hui, ici, nous avons reçu mille fois moins de radioactivité qu'avec Tchernobyl !»

 

Leur presse (Patrick Faure,
Sud-Ouest), 5 avril.

 

 

Lot-et-Garonne : Radioactivité dépistée dans l'herbe agenaise

 

Une contamination radioactive «sans risque» a été relevée par les équipes de l'IRSN, qui étudient l'impact à longue distance des rejets de la centrale japonaise. En Gironde, on piste également.

 

 

Le premier indice de la présence en France de radionucléides [Soit la concentration de radioactivité] remonte au 24 mars. Au sommet du Puy de Dôme, l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) détectait la présence d'iode 131 sur un prélèvement de particules atmosphériques… Dans les jours qui suivent, d'autres stations réparties sur le territoire confirment la persistance de sa présence dans l'air français. En Gironde, à Bordeaux-Gradignan, on piste également la radioactivité.

 

Quotidiennement, les chercheurs publient une synthèse de surveillance environnementale qui se veut très claire : «Les concentrations […] sont très faibles et ne présentent aucun danger environnemental ou sanitaire», même si elles s'installent dans la durée. Un constat qui vaut aussi pour les relevés positifs effectués dans l'air agenais et sur des échantillons d'herbe fraîche fauchée à Sainte-Colombe-en-Bruilhois, dans une exploitation laitière, par les équipes du laboratoire agenais de l'IRSN, basé sur le site du centre hospitalier.

 

Iode 131, césiums 134 et 137

 

Dans le cadre de la surveillance de l'impact à très longue distance des rejets de l'accident de Fukushima, des prélèvements des végétaux ont été réalisés depuis le 21 mars sur une dizaine de sites en France. Le 28 mars, seuls quatre d'entre eux, dont l'échantillon d'herbe provenant de Sainte-Colombe, présentaient «une activité en iode 131».

 

C'était aussi le seul sur lequel les équipes du laboratoire de Cadarache (Bouches-du-Rhône), où ils sont analysés, ont également été détectées des traces de césiums 134 et 137. Le 25 mars, les taux présents étaient trop faibles pour être détectés. Trois jours plus tard, le 28 mars, l'iode 13 représentait l'équivalent de 3,617 becquerels par kilo frais (Bq/kg frais). La présence de césiums 134 et 137 détectés en infime proportion (respectivement 0,211 Bq/kg et 0,157 Bq/kg) confirme cependant «la présence en France d'éléments radioactifs rejetés lors de l'accident de la centrale de Fukushima», indique l'IRSN.

 

Ce même jour, les mesures des concentrations en iode 131, sous forme gazeuse (dans l'air, NDLR), prélevé par des cartouches de piégeage à charbon actif réalisées sur la station d'Agen étaient de 7,369 mBq/m³ (microbecquerels par mètre cube), selon le laboratoire de l'IRSN du Vésinet (Yvelines).

 

De simples traces

 

«En tant que scientifiques, on ne peut pas s'inquiéter de tels niveaux, indique Jean-Marc Peres, responsable du service de surveillance de l'IRSN. Les gens demandent de l'information, c'est normal, alors nous en diffusons.» Pour le scientifique, dont la mission première est de rechercher pour alerter en cas de problème, il s'agit bien là d'une «contamination», puisqu'il n'y avait rien avant, mais qui «ne présente aucun risque pour la santé».

 

Pour preuve, selon lui, ces taux sont «10'000 fois plus faibles que la concentration en éléments radioactifs à l'état naturel. À exposition constante, nous avons en effet l'équivalent de 8000 becquerels en nous…»

 

Le site de Sainte-Colombe a donc été choisi en raison de la proximité avec le laboratoire agenais. L'herbe quant à elle, représente «une bonne surface de collecte». Une surface au contact direct avec la pluie, tombée en quantité depuis le début de la période de prélèvements.

 

Origine japonaise

 

Le nuage qui en était à l'origine était juste plus chargé que d'autres. Pas de raison de s'inquiéter, donc. Surtout qu'à l'état «naturel», le césium 137 reste présent, en Lot-et-Garonne comme ailleurs en France, «depuis l'accident de Tchernobyl et les essais nucléaires réalisés en atmosphère». Ce dernier, à la différence du césium 134, a une durée de vie longue. «Le césium 134 ne vit que deux ans, poursuit l'expert. S'il est mesuré, c'est donc qu'il vient du Japon.»

 

Ses taux étant quasi similaires à ceux du césium 137, ce dernier a donc la même origine. Les prélèvements doivent se poursuivre dans les semaines à venir. Si les taux relevés continuent encore à baisser, comme c'est actuellement le cas, leur fréquence va diminuer. Le 30 mars, l'un d'eux ciblait des échantillons de lait. Des traces d'iode 131, moins d'un demi-becquerel par litre, ont été mesurées à Sainte-Colombe-en-Bruilhois. A priori, les vaches peuvent donc continuer à brouter en paix. Et les consommateurs, en fonction de leur âge, à boire du lait au petit-déjeuner ou en biberon.

 

Leur presse (Julien Pellicier,
Sud-Ouest), 5 avril.

 

 

De l'iode 131 présent durablement dans l'Aube

 

À défaut d'être spécialiste des questions nucléaires, comme la quasi-totalité de la population, la raison conduit vers les sites internet des organismes fiables afin de trouver les renseignements relatifs aux conséquences de l'accident de la centrale de Fukushima.

 

L'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) est considéré comme tel. Et dans sa synthèse qu'il actualise toutes les quatre heures depuis le drame japonais, l'IRSN évoque très clairement «la présence généralisée de traces d'iode 131 en France».

 

Dans son bulletin daté du 31 mars, cet institut évoque «la persistance d'iode 131 dans l'air en France à des concentrations variant entre quelques dixièmes de millibecquerels et quelques millibecquerels par mètre cube d'air (mBq/m3)». Il indique par ailleurs que ce niveau de concentration dans l'air «et son maintien dans la durée sont conformes aux prévisions effectuées par l'IRSN avec l'aide de Météo-France».

 

Toutes les régions métropolitaines sont concernées, sans exception. La Champagne-Ardenne se situe dans les moyennes des doses relevées, tandis que l'Auvergne, la Corse et le Limousin arrivent largement en tête.

 

Les chiffres sont toutefois évolutifs. Ainsi à Saclay, près de Paris, entre le 30 et le 31 mars, la dose de césium 137 a augmenté de 50%.

 

Niveau faible dans les légumes et le lait

 

Plus précisément, l'institut évoque des traces d'iode 131, élément à forte radioactivité, à hauteur de 0.27 à 0.76 mBq/m3 sur tout le territoire. Il note la présence de cet iode 131 dans l'eau de pluie, résultat du lessivage des masses d'air par les précipitations, ainsi que sur des végétaux. «Des traces de césium 137, césium 134 et de tellure 132 continuent également à être détectées, notamment sur la station de prélèvement de particules atmosphériques d'Orsay», indique encore l'IRSN.

 

Toutefois, les concentrations en radionucléides artificiels sont encore considérées comme «très faibles et ne présentant aucun danger environnemental ou sanitaire, même en cas de persistance dans la durée».

 

Même point de vue en ce qui concerne les aliments «les plus directement exposés aux radionucléides rejetés lors de l'accident de Fukushima, à savoir les légumes à feuilles et le lait». L'institut est formel : «Les niveaux de concentration sont très largement inférieurs à ceux observés dans l'est de la France en 1986 après l'accident de Tchernobyl qui avait atteint plusieurs centaines et plusieurs milliers de becquerels.»

 

Mais jusqu'à quand ?

 

Rayonnement gamma dans l'Aube
Résultat des mesures de rayonnement gamma dans l'air ambiant, transmises par les sondes du réseau Téléray.
Les relevés du 1er avril
Soulaines (site Andra) : débit de dose : valeur 90 nanoSievert par heure (moyenne 2010 : 85 + ou - 30%).
Bar-sur-Aube : valeur 110 nanoSievert par heure (moyenne 2010 : 107 + ou - 30%).
Nogent-sur-Seine : valeur 70 nanoSievert par heure (moyen-ne 2010 : 78 + ou - 30%).
Nogent-sur-Seine (EDF) : valeur 50 nanoSievert par heure (moyenne 2010 : 60 + ou - 30%).

 

Leur presse (Jean-François Laville,
L'Est-Éclair), 3 avril.

 

 

Le panache sur la France équivaut au tir chinois de 1980

 

Les retombées radioactives ne sont pas les mêmes lorsqu'il s'agit d'essai nucléaire ou d'accident dans une centrale.

 

 

Les retombées radioactives de l'accident de Fukushima sont très faibles en France. «Le panache correspond à ce qui a été mesuré lors du dernier essai nucléaire chinois, le 16 octobre 1980», note Philippe Renaud, de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire. «Cela ne veut pas dire que la radioactivité totale dégagée par l'installation japonaise correspond à l'essai chinois», ajoute le chercheur qui a étudié l'impact sur le territoire français de la catastrophe de Tchernobyl et des 500 essais nucléaires atmosphériques effectués de 1945 à 1980 par l'URSS, les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France et la Chine.

 

En effet, les zones proches de la centrale japonaise vont sans doute être fortement contaminées tandis que l'impact radioactif d'une explosion est localement limité, sauf incidents lors de l'essai, comme cela est arrivé plusieurs fois. Les quantités de matières fissiles en jeu ne sont pas du tout les mêmes. «Il y en a plusieurs tonnes dans les réacteurs nucléaires alors que les bombes atomiques ont une charge de quelques kilogrammes», souligne Daniel Heuer, physicien nucléaire au CNRS. La charge moyenne — classée secret défense encore aujourd'hui — est estimée en moyenne à 10 kilogrammes.

 

De plus, lors des essais atmosphériques, l'explosion dégage une telle puissance thermique que les radioéléments sont projetés dans la stratosphère. Ils tournent alors autour de la Terre et mettent plusieurs années avant de se déposer au sol. Paradoxalement, les retombées radioactives d'une explosion de faible puissance sont plus importantes car les radioéléments restent à basse altitude et 100% d'entre eux se déposent sur les sols, souligne Philippe Renaud.

 

Pression des savants

 

Dans le cas de Fukushima, il en va tout autrement : la radioactivité due aux fuites ou aux relâchements volontaires de vapeur retombe dans les zones proches de la centrale, au gré des vents et des précipitations. Autre différence notable, une bonne partie des produits de fission d'une bombe atomique ont une durée d'activité de quelques secondes comme, par exemple, le magnésium 27. Ce n'est pas le cas avec les réacteurs des centrales où le césium 134, très abondant, a une période de radioactivité d'une trentaine d'années. La pollution dure donc plus longtemps.

 

Un point commun, en revanche, ce sont les régions de l'hémisphère nord comprises entre le nord de la France et le Maroc qui ont reçu le plus de dépôts radioactifs lors des essais de 1945 à 1980 car les vents dominants dispersent les radioéléments autour de la latitude du tir. Cette large bande de territoire a reçu aussi le panache de Tchernobyl et, maintenant, celui de l'accident de Fukushima.

 

C'est sous la pression de savants comme Einstein, Sakharov ou Bertrand Russell que les essais nucléaires ont été interdits. Le strontium 90 rejeté par les explosions (et les accidents de centrale) peut en effet provoquer des cancers des os ou des leucémies.

 

Leur presse (Yves Miserey,
Le Figaro), 1er avril.

 

 

Des traces du panache radioactif de Fukushima détectées en Aquitaine

 

Il ne s'agit que de traces infimes, dont la présence ne présente aucun danger pour la santé.

 

 

En 1986, des chercheurs installés sur le campus de Talence avaient détecté le nuage radioactif engendré par la catastrophe nucléaire de Tchernobyl (lire ci-dessous). Les scientifiques du CNRS et des universités de Bordeaux scrutent à nouveau la radioactivité ambiante en Aquitaine, après la récente catastrophe japonaise et ses conséquences dramatiques sur la centrale nucléaire de Fukushima. Des traces d'un isotope artificiel — dont la durée de vie n’est que de huit jours — ont été détectées dans l'eau et dans la terre.

 

Les équipes du CENBG de Gradignan [Le Centre d’études nucléaires de Bordeaux-Gradignan (CNRS - UMR 5797) est une composante de l’Institut national de physique nucléaire et de physique des particules (IN2P3)] ont en effet mis en évidence la présence d'Iode 131 qui ne peut provenir que du panache radioactif de Fukushima. L’analyse et la quantification sont du ressort de l’ASN. Le physicien Philippe Hubert n’hésite cependant pas à dire que les quantités mesurées sont tout à fait infimes, de simples traces, comme celles mises en évidence dans d’autres régions de France. «Moins que la radioactivité naturelle de la terre, issue notamment d’isotopes du potassium.»

 

Le panache est cependant  bien là. Et il ne semble pas près de partir, si l’on en croît les projections (mises à jour au 30 mars) de l’Institut de radioprotection et de sureté nucléaire (IRSN), créé juste après … la catastrophe de Tchernobyl, et de Météo France.

 

Quand l’ombre de Tchernobyl planait sur Bordeaux
«Je me doutais que vous appeliez pour ça.» Pierre Guibert sourit au téléphone. Le panache radioactif de Fukushima survolant Bordeaux renvoie l’actuel directeur du CRP2A [Le Centre de recherches en physique appliquée à l’archéologie est l’une des composante de l’Institut de recherche sur les archéomatériaux (IRAMAT CNRS - UMR 5060)], laboratoire de recherche CNRS-Université basé sur le campus de Bordeaux III, à presque 25 ans en arrière. Ingénieur, il était déjà chercheur en poste en mai 1986. Le panache généré par la catastrophe de Tchernobyl survolait alors la France, malgré les assurances contraires données par les autorités de l’époque. L’équipe en avait suivi l’évolution.
En 2011 cependant, les choses sont différentes. Les doses relevées en 1986, dans une région relativement épargnée par le nuage qu’est l’Aquitaine, étaient déjà négligeables pour la santé. Les conséquences du nuage de Fukushima sont encore moindres, pour ne pas dire nulles. «Nous n’avons rien détecté dans l’air, explique Pierre Guibert. D’abord parce que nos instruments ne sont pas fondamentalement fait pour ça. Mais aussi parce que les conditions sont très différentes. Le type d’incident, la distance qui nous sépare, la dilution…»
La surprise avait été totale pour les chercheurs du CRP2A, spécialisés dans la datation d’objets archéologiques. L'appareillage de spectrométrie gamma à bas bruit de fond, mis au point afin de mesurer la radioactivité naturelle d'échantillons provenant de fouilles archéologiques, donnait des résultats surprenants. Les mesures mettaient en évidence la présence dans l’atmosphère d’iode 131 et de Césium 134 et 137. Des éléments artificiels produits par la centrale nucléaire ukrainienne. Le silence était de rigueur à l’époque. Les chercheurs ont respecté l'embargo qui leur avait été imposé. Ils ont cependant étudié le phénomène, dont ils ont publié les résultats un an plus tard, communiqués devant l'Académie des Sciences (page 148).

 

Leur presse (Philippe Belhache,
Sud-Ouest), 31 mars.

 

 

De nouveaux relevés confirment la présence du panache radioactif en France

 

Ces traces «ne représentent aucun danger environnemental ou sanitaire», souligne l'Institut de Radioprotection et de Sûreté nucléaire.

 

De nouveaux relevés ont confirmé la présence en France du panache radioactif émis par la centrale japonaise de Fukushima à des niveaux restant sans danger pour la santé et l'environnement, a indiqué dimanche l'Institut de Radioprotection et de Sûreté nucléaire (IRSN).

 

En revanche, l'association la Criirad (Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité) a estimé samedi que  le niveau de radioactivité révélé par l'IRSN est «très probablement sous-évalué».

 

Des traces d'iode 131 ont été mesurées sur des prélèvements de particules atmosphériques réalisés entre le 24 et le 25 mars par la station de l'IRSN installée à Cherbourg-Octeville (Manche) et entre le 25 et le 26 mars par la station installée à Orsay (Essonne).

 

Ces traces «confirment la présence en France d'éléments radioactifs rejetés lors de l'accident de la centrale de Fukushima», indique l'IRSN dans un communiqué.

 

La valeur de ces traces est «plus faible que celles observées le 23 mars en Europe du Nord» et «ne représente aucun danger environnemental ou sanitaire», souligne l'Institut.

 

Les autres radio-nucléides présents dans les rejets de l'accident de Fukushima, notamment le césium 137, n'ont pas été détectés «car leur concentration dans l'air reste encore inférieure aux limites de détection», ajoute-t-il.

 

Tous les résultats de mesure de prélèvements effectués sur les autres stations de l'IRSN sont inférieurs aux limites de détection.

 

Par ailleurs, un échantillon de mousse prélevé à Saint-Pierre-et-Miquelon le 18 mars et des échantillons de lait prélevés à Pélussin (Loire), Marcouria (Guyane) et Taravao (Tahiti) présentent des traces de césium 137 correspondant à des niveaux «souvent observés dans ce type de produit», en raison des effets des essais nucléaires en atmosphère et de l'accident de Tchernobyl.

 

Leur presse (Sud-Ouest), 28 mars.

 


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Samedi 9 avril 2011 6 09 /04 /Avr /2011 15:49

Nouvelle manifestation place Tahrir au Caire, l'armée visée

 

Des manifestants qui ont résisté à l'intervention de l'armée égyptienne dans la nuit de vendredi à samedi sur la place Tahrir, au Caire, ont réclamé samedi que les militaires rendent le pouvoir à la société civile et exigé le procès de Hosni Moubarak.

 

 

Des centaines de milliers de personnes s'étaient rassemblées la veille sur la place devenue le symbole de la révolution égyptienne pour réclamer des poursuites judiciaires contre l'ancien président et reprocher aux autorités militaires, qui ont pris les rênes du pays, leur lenteur dans la lutte contre la corruption.

 

Dans la soirée, des incidents ont éclaté alors que les forces de sécurité intervenaient, tirant en l'air et faisant usage de pistolets paralysants et de matraques, pour disperser les derniers manifestants et faire respecter le couvre-feu, en vigueur entre 02h00 et 05h00.

 

Mais plusieurs centaines de militants sont restés sur les lieux, défiant les forces de l'ordre. Plusieurs véhicules de l'armée ont été incendiés et des pierres ont été lancées par les manifestants.

 

De sources médicales, on indique que deux hommes ont succombé à des blessures par balles après l'intervention de l'armée.

 

Celle-ci a démenti avoir tiré à balles réelles sur les manifestants qui refusaient de partir et affirme que son intervention n'a entraîné aucune mort d'homme.

 

Quoiqu'il en soit, ces incidents illustrent le ressentiment croissant d'un noyau dur de la révolution à l'égard des forces armées, soupçonnées de collusion avec les derniers réseaux du régime de Moubarak.

 

«Le conseil militaire fait partie intégrante du régime corrompu. Il est constitué de chefs militaires qui ont tiré profit de Moubarak et de ses trente années de vol au détriment du peuple égyptien», dénonçait samedi matin Abdallah Ahmed, 45 ans, croisé place Tahrir.

 

L'armée a pris directement les commandes du pays, au départ de Moubarak le 11 février dernier.

 

Le Conseil suprême des forces armées a programmé des élections législatives en septembre. Un scrutin présidentiel suivra, en octobre ou novembre, et l'armée a annoncé qu'elle remettrait alors le pouvoir à un gouvernement civil.

 

L'ancien président, âgé de 82 ans, et sa famille vivent eux dans la station balnéaire de Charm el Cheikh depuis leur départ du Caire. Il leur est interdit de quitter l'Égypte.

 

En début de matinée, samedi, aucun signe de présence de l'armée n'était plus visible autour de la place. «Grâce à Dieu, nous leur avons tenu tête et nous sommes toujours là», a dit un manifestant.

 

De plusieurs centaines, le nombre de manifestants a augmenté dans la matinée. À la mi-journée, ils étaient plus de 2.000 sur la place-symbole de la contestation qui a abouti au départ du raïs après dix-huit jours de mobilisation.

 

La participation à la manifestation de vendredi organisée par les collectifs formés de jeunes cyberactivistes, à la pointe de la révolution égyptienne, dans le cadre d'un «Vendredi de la purification et des responsabilités», en fait l'une des plus importantes depuis la chute de Moubarak.

 

«Nous resterons ici tant que Moubarak n'aura pas été jugé», a promis Mahmoud Salama, qui travaille dans une agence de voyage.

 

D'autres réclamaient la démission du maréchal Mohamed Hussein Tantaoui, inoxydable ministre de la Défense sous Moubarak qui dirige aujourd'hui le Conseil suprême des forces armées.

 

«Soit le maréchal Tantaoui traduit ces gens — Moubarak, son fils Gamal et les autres — en justice, soit il quitte son poste et laisse quelqu'un d'autre le faire. Car la lenteur du processus rend les gens soupçonneux à l'égard du commandement militaire», résume Achraf Abdel-Aziz, un commerçant de 36 ans.

 

L'armée a déjà dispersé par la force une précédente manifestation sur la place Tahrir après le renversement de Moubarak. Elle avait présenté des excuses le lendemain, affirmant qu'aucun ordre n'avait été donné pour cette intervention.

 

«L'armée est dans une position difficile. Ce qui s'est produit vendredi résulte d'erreurs d'appréciation de l'armée sur la manière de conduire la révolution, mais pas d'une complicité avec l'ancien régime», analyse l'universitaire Hasan Nafaa, spécialiste des sciences politiques très impliqué dans le «printemps égyptien».

 

«L'armée, ajoute-t-il, tente de parvenir à un équilibre entre mise en œuvre de réformes, purge de l'ancien système et maintien de la stabilité économique et politique. L'armée sait bien que de nombreuses personnalités issues de l'ère Moubarak contrôlent l'économie et sont profondément ancrées dans la société. Elle agit par conséquent par étapes mesurées.»

 

Leur presse (Reuters), 9 avril 2011.

 

 

L'armée disperse les manifestants avec violence

 

Deux personnes ont été tuées et au moins 18 blessées dans la nuit de vendredi au Caire sur la place Tahrir, tandis que des militants ont mis le feu à un bus militaire.

 

 

Deux hommes ont été tués par balles au Caire où des incidents ont éclaté dans la nuit sur la place Tahrir, après l'intervention de l'armée égyptienne pour disperser des manifestants, a-t-on appris samedi de source médicale.

 

L'armée a démenti avoir tiré à balles réelles sur les centaines de manifestants qui refusaient de partir et dit que son intervention n'a entraîné aucune mort d'homme. Mais dans un hôpital du Caire, on précise qu'une quinzaine de personnes ont été admises pour des blessures par balles, dont deux qui ont succombé à leurs blessures.

 

Bus brûlé

 

Des manifestants ont mis le feu à un bus militaire et à un camion civil sur la place Tahrir au Caire, où quelques 200 personnes étaient encore réunies samedi matin pour réclamer le départ du chef de l'armée, le maréchal Hussein Tantaoui, selon un journaliste de l'AFP.

 

La police militaire a déployé des barbelés aux abords du rassemblement.

 

Certains manifestants étaient armés de gourdins, et des traces de sang étaient visibles par endroits. Un camion de l'armée à moitié brûlé se trouvait également à proximité de la place.

 

 

 

Ces affrontements témoignent d'une récente montée des tensions et des controverses autour du rôle de l'armée, en charge du pays depuis le départ de M. Moubarak il y a deux mois, après une période de large consensus.

 

Sur la place Tahrir

 

Des manifestants ont affirmé vouloir rester place Tahrir jusqu'au départ du maréchal Tantaoui, qui dirige le Conseil suprême des forces armées (CSFA), dépositaire du pouvoir depuis la chute du président Hosni Moubarak le 11 février.

 

Le maréchal Tantaoui, 75 ans, a été pendant 20 ans ministre de la Défense du président déchu.

 

«Je suis venu place Tahrir parce que nous assistons à une contre-révolution», a affirmé un étudiant venu manifester, Malik Asam.

 

Visages de l'armée et du peuple

 

«J'attendais de voir l'autre visage de l'armée. Si elle continue comme cela, elle va voir l'autre visage du peuple», a déclaré un autre étudiant, Anas Mohamed.

 

Selon des témoins, la police militaire égyptienne a tiré en l'air à l'arme automatique samedi à l'aube pour disperser ces manifestants qui se trouvaient encore place Tahrir, au lendemain d'un rassemblement de dizaines de milliers de personnes réclamant le jugement de M. Moubarak et d'autres ancien responsables.

 

Les lieutenants prennent la parole

 

Vendredi, bravant des consignes de leurs supérieurs de ne pas manifester en uniforme, sept lieutenants avaient également pris la parole sur une tribune pour réclamer «le jugement des corrompus» et une épuration de l'armée.

 

Les jours précédents, plusieurs vidéos étaient apparues sur le site internet Youtube, dans lesquelles des personnes se présentant comme d'anciens officiers accusaient le CSFA de trahir les idéaux de la révolte populaire.

 

L'armée est très populaire en Égypte, en raison en particulier de la retenue dont elle a fait preuve face à la foule pendant la révolte qui a provoqué la chute de M. Moubarak. Mais son image a été ternie ces dernières semaines par des accusations de violences et de tortures, et par les incertitudes et les désaccords qui persistent sur les modalités du retour à un pouvoir civil.

 

L'armée a promis de rendre le pouvoir aux civils vers la fin de l'année, après des élections législatives et présidentielle.

 

Leur presse (20 Minutes), 9 avril.

 

 

 

 

 

L'armée disperse par la force des manifestants en Égypte

 

L'armée égyptienne a dispersé par la force vendredi soir plusieurs centaines de manifestants restés sur la place Tahrir du Caire, a rapporté un témoin. Les forces armées ont notamment tiré en l'air et fait usage de matraques.

 

Des centaines de milliers de personnes se sont rassemblées vendredi sur cette place, épicentre de la contestation ayant abouti le 11 février au départ du président Hosni Moubarak.

 

Les manifestants souhaitaient ainsi exhorter l'armée, qui a pris les rênes du pays, à répondre à leurs revendications, notamment en ce qui concerne des poursuites judiciaires contre l'ancien chef de l'État.

 

Dans la soirée, les forces de sécurité égyptiennes ont encerclé la place, ont tiré en l'air, ont fait usage de pistolets paralysants et de matraques et ont procédé à des arrestations pour disperser les derniers manifestants, selon un témoin interrogé au téléphone par Reuters.

 

«Ils s'approchent de nous avec une force particulièrement agressive, je vois des gens courir dans toutes les directions», a déclaré Mohamed Fahmi, tandis que résonnaient derrière lui des cris et des coups de feu, tirés en l'air par la police selon ce témoin.

 

Un soutien en déclin

 

L'armée bénéficie d'un large soutien au sein de la population depuis qu'elle a pris directement les commandes du pays en promettant de remettre le pouvoir à un gouvernement civil issu d'élections. Elle est aussi de plus en plus contestée et il lui est surtout reproché une lenteur dans la mise en œuvre des procédures judiciaires contre Hosni Moubarak.

 

L'armée a déjà dispersé par la force une précédente manifestation sur la place Tahrir après le renversement de Moubarak. Elle avait présenté des excuses le lendemain, affirmant qu'aucun ordre n'avait été donné pour cette intervention.

 

L'ancien président, âgé de 82 ans, et sa famille vivent dans la station balnéaire de Charm el Cheikh depuis leur départ du Caire. Il leur est interdit de quitter l'Égypte.

 

Leur presse (ats), 9 avril.

 

 

 

 

 

Manifestation monstre au Caire contre la corruption

 

Près de 200'000 Égyptiens se sont rassemblés place Tahrir pour demander des poursuites judiciaires contre Hosni Moubarak.

 

Jusqu'à 200'000 Égyptiens sont retournés vendredi place Tahrir, au Caire, pour réclamer des poursuites judiciaires contre Hosni Moubarak et reprocher aux autorités militaires leur lenteur dans leur lutte contre la corruption. «Maréchal, nous avons été très patients», ont-ils scandé à l'adresse du maréchal Mohamed Hussein Tantaoui, chef du Conseil suprême des forces armées (CSFA) qui a pris les commandes du pays après le départ de Moubarak, le 11 février. «Si Moubarak n'est pas poursuivi, nous irons à Charm el-Cheikh», pouvait-on lire sur une banderole brandie au milieu de drapeaux égyptiens. L'ex-président s'est réfugié dans cette station balnéaire sur la mer Rouge.

 

En fin d'après-midi, la foule place Tahrir était estimée à 200'000 manifestants, soit l'une des principales mobilisations depuis la chute du raïs, au terme de dix-huit jours de contestation. Avocats et juges ont organisé une parodie de procès de Moubarak et d'anciens proches collaborateurs, poursuivis pour «avoir corrompu l'Égypte, politiquement et économiquement, commis la torture et privé le peuple de ses droits». Les manifestants ont réclamé, en outre, la destitution de responsables encore en poste nommés sous Moubarak. Ils ont aussi pris pour cible la justice égyptienne et ses «procureurs endormis».

 

«C'est un message fort, le signal que la révolution n'est pas encore terminée, qu'elle se poursuit et qu'elle ne calmera pas tant que ses objectifs n'auront pas été atteints», a estimé Hassan Nafaa, professeur de sciences politiques et figure de proue du mouvement réformateur. Les collectifs formés de jeunes cyberactivistes, à la pointe de la révolution égyptienne, avaient appelé à cette nouvelle manifestation contre la corruption dans le cadre d'un «Vendredi de la purification et des responsabilités». Les militaires égyptiens ont programmé des élections législatives en septembre. Un scrutin présidentiel suivra, en octobre ou novembre, et l'armée a annoncé qu'elle remettrait le pouvoir à un gouvernement civil.

 

Leur presse (Le Point), 8 avril.

 

 

Manifestation géante place Tahrir pour réclamer des poursuites contre Moubarak et les siens

 

Des dizaines de milliers de personnes, brandissant des drapeaux, ont investi vendredi la place Tahrir, dans le centre du Caire, pour réclamer que le président déchu Hosni Moubarak et sa famille soient jugés pour corruption présumée.

 

Cette manifestation était l'une des plus importantes depuis la chute du «raïs» il y a deux mois, signe de la frustration croissante de la population face à la lenteur du pouvoir intérimaire à traduire en justice les membres de l'ancien régime.

 

Les militaires au pouvoir semblent chercher à accélérer le mouvement : jeudi, ils ont annoncé l'interpellation de l'ancien directeur de cabinet de Moubarak, Zakariya Azmi, le plus haut dignitaire arrêté à ce jour. Ils ont aussi fait savoir qu'un autre haut responsable, Safwat el-Sharif, ancien chef du parti au pouvoir, allait bientôt être interrogé, également pour corruption.

 

Place Tahrir, les manifestants ont réclamé que la justice s'en prenne à Moubarak et à ses fils, y compris Gamal, hommes d'affaires et successeur présumé du «raïs».

 

«Tantaoui, protèges-tu Moubarak ?», pouvait-on lire sur une banderole, à l'adresse du maréchal Hussein Tantaoui, ministre de la Défense et chef du Conseil des forces armées, qui dirige actuellement le pays.

 

«Nous ne partirons pas tant que Moubarak ne sera pas jugé», a lancé un orateur, la foule scandant «le peuple veut juger le président déposé», comme un rappel du slogan des 18 journées d'occupation par la foule de cette même place, qui avaient débouché, le 11 février, sur la démission du «raïs», en résidence surveillée depuis dans un palais de Charm el-Cheikh, station balnéaire sur la Mer rouge.

 

Leur presse (AP), 8 avril.

 


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Samedi 9 avril 2011 6 09 /04 /Avr /2011 14:21

Affaire Boukrourou : Une longue et minutieuse reconstitution

 

Hier, rue Carnot, à Valentigney (Doubs), s’est déroulée une longue reconstitution pour éclairer la justice sur les circonstances précises dans lesquelles Mohamed Boukrourou, 41 ans, a trouvé la mort lors de son interpellation musclée, le 12 novembre 2009, dans le fourgon de police où il avait été traîné de force.

 

 

Débutée à 14 heures, hier après-midi, la reconstitution de l’interpellation tragique de Mohamed Boukrourou, décédé dans le fourgon de police où il avait été traîné de force par quatre policiers, s’est poursuivie jusqu’à une heure très avancée de la soirée dans la rue Carnot bouclée par un impressionnant dispositif policier : pas moins de soixante-dix CRS et une noria de fonctionnaires en tenue et en civil du commissariat de Montbéliard ont tenu les badauds à distance pour permettre le bon déroulement des opérations placées sous l’autorité de deux juges du pôle de l’instruction de Montbéliard cosaisies du dossier, Mmes Sophie Baghdassarian et Isabelle Mendi. Sur place, on notait la présence de Thérèse Brunisso, procureure de la République de Montbéliard, du commissaire principal Christophe Charles et des fonctionnaires de l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN) qui ont mené l’enquête.

 

«Une interpellation non justifiée»

 

Vers 20 heures, seule la première phase de la reconstitution, celle concernant les événements survenus à l’intérieur de la pharmacie de la rue Carnot ainsi que la sortie de force de Mohamed Boukrourou traîné par les policiers jusqu’au fourgon avait été réalisée. «On remarque aussitôt que les conditions de cette interpellation ne sont pas légales du tout. Car il faut qu’il y ait eu commission d’une infraction ou volonté d’en commettre une. Ce qui n’a pas été du tout le cas», commentait le bâtonnier belfortain Me Alain Dreyfus-Schmidt. L’avocat, qui assiste la famille Boukrourou aux côtés de Me Thierry Mudry, associé de Gilbert Collard, du barreau de Marseille, et Me Jean-Louis Pelletier, du barreau de Paris, ajoutait que «la disproportion des moyens employés par la police saute aux yeux quand on voit le gabarit des trois colosses masculins qui l’ont saisi par les bras et les jambes. Même la policière est très athlétique. Certes, Mohamed Boukrourou pesait près de 100 kg pour 1,80 m. Mais on ne peut pas parler d’usage de la force strictement nécessaire.» Pour Me Dreyfus-Schmidt, «il n’y avait aucune raison d’interpeller cet homme et de le traîner de force dans le fourgon. On a bien vu, dans la pharmacie, qu’il tenait des propos incohérents, mais surtout qu’il était calme à l’arrivée de la police. Ce qu’il lui fallait, c’était le Samu et un médecin.» Pour la seconde phase, la plus délicate puisqu’elle s’est achevée par la mort de Mohamed Boukrourou, les juges ont préféré attendre la tombée de la nuit pour recréer les conditions de lumière proches de ce 12 novembre tragique. Comme il pleuvait ce soir-là, le fourgon a même été arrosé d’eau pour que les vitres offrent les mêmes conditions de visibilité de la scène qui se déroulait à l’intérieur et que des témoins ont aperçue depuis l’extérieur.

 

«Des contradictions dans les versions des policiers»

 

D’après les policiers, assistés par MMe Randall Schwerdorfer, du barreau de Besançon et Richard Belin, du barreau de Belfort, la victime a succombé accidentellement, sous l’effet du stress. Les quatre policiers, qui n’ont jamais été mis en examen, ont été entendus par les fonctionnaires de l’IGPN avant d’être auditionnés, sous statut de témoins assistés par un juge instructeur. Pour l’heure, le dossier, toujours à l’instruction, se nourrit en outre de plusieurs expertises médicales censées établir si le cœur de la victime a pu défaillir sous l’effet d’une pathologie cachée. Or, de récentes conclusions (le Pays de jeudi) affirment qu’il n’en est rien. «Le cœur de notre frère a lâché sous l’effet d’un stress physique et émotionnel intense. Ce qui veut dire qu’il est mort sous les coups des policiers», estime Abdelkader Boukrourou, porte-parole de la famille, qui espère beaucoup de cette reconstitution : «Le dossier laisse apparaître des contradictions, non seulement entre les déclarations des différents policiers impliqués, mais aussi dans les propres versions de chacun. Nous espérons que la justice va admettre la réalité et la gravité des coups portés par les policiers, comme l’ont affirmé les témoins extérieurs, et procéder enfin à leur mise en examen», commentait, hier, le frère cadet de Mohamed Boukrourou.

 

Leur presse (José Gonzalvez,
Le Pays), 9 avril 2011.

 

 

Les «failles» de l’interpellation

 

Montbéliard. Cette reconstitution était importante pour la famille de Mohamed Boukrourou, ce Boroillot de 41 ans décédé le 12 novembre 2009 dans un fourgon de police à Valentigney : «Nous l’avions demandée. Elle a été acceptée. Nous allons revenir sur certaines déclarations contradictoires entre les différents témoins, les policiers et les pompiers», confiait Thierry Mudry (collaborateur de Gilbert Collard), représentant les parties civiles, à son arrivée à la gare de Montbéliard.

 

 

 

Quatre heures sur l’interpellation

 

Hier, dès 14 heures, un important dispositif de sécurité a été installé au centre-ville de la commune. Une compagnie de 70 CRS a été déployée sur place. Tous les axes attenants à la rue Carnot, là où s’est noué le drame, ont été interdits à la circulation, à la surprise, souvent, des habitants. Et le comble, le jour du carnaval des écoliers (lire encadré).

 

Pendant près de quatre heures, la phase de l’interpellation a été répétée. Cet après-midi du 12 novembre, où vers 16h30, le pharmacien (Farge) alerte les policiers pour un homme «excité» car on a lui proposé des médicaments génériques auquel il n’est pas habitué. «À l’arrivée des forces de l’ordre, l’homme est calme, assis. C’est au moment où les policiers lui demandent de sortir, où ils l’empoignent qu’il s’énerve. Il ressort de cette reconstitution que l’interpellation était illégale, car elle n’était pas motivée par une infraction ou une tentative d’infraction», assène Me Dreyfus-Scmidt, qui intervient aussi pour le compte de la famille. Quant à l’emploi d’une force disproportionnée pour le traîner dans le fourgon, l’avocat belfortain n’en doute pas : «Sur ces quatre policiers aujourd’hui présents (N.D.L.R. : hier), deux ont un physique de rugbymen. Pour figurer la victime, les enquêteurs ont fait appel à un collègue boxeur de 110 kg. Pas le profil de la victime. Le Boroillot avait l’air costaud, mais il était légèrement handicapé, pas carré d’épaules, du gras au ventre.»

 

Cette reconstitution d’envergure, conduite par les juges d’instruction Sophie Baghdassarian et Isabelle Mendi, a peut-être mis en exergue, si besoin est, une «erreur d’appréciation», la non prise en compte de la fragilité de Mohamed : «Le pharmacien s’en veut énormément. Il aurait pu alerter le SAMU. Les témoins réaffirment aujourd’hui que Mohamed Boukrourou hurlait, dans la rue, alors que les policiers tentaient de le maîtriser, Au secours, Appelez les policiers. D’ailleurs, ces derniers, dans le fourgon, ont contacté les secours en disant qu’un homme faisait une crise de démence.»

 

Vers la mise en examen ou non

 

Vers 20 heures ce vendredi, la scène du fourgon où le décès est survenu (un soir d’hiver), a été reproduite devant deux membres de la police des polices (IGPN) en charge de l’enquête. Cruciale, qui a été également longue. La reconstitution permettra peut-être aux deux juges d’instruction de trancher : aller vers la mise en examen des quatre policiers pour homicide involontaire ou non. La famille espère que leur responsabilité soit reconnue. «Mon frère a été frappé par les policiers», confie encore son frère Abdelkader Boukrourou. S’est-on, pour autant, approché de la vérité ?

 

Troisième avocat des familles, Me Jean-Louis Pelletier, du barreau de Paris, se montrait prudent : «Dans une reconstitution, on ne fait qu’essayer d’imager ce qui s’est passé de manière objective. C’est presque une habitude, elle est parfois essentielle, d’autres fois non. Je ne dirige pas la procédure mais nous pourrons, en tant que parties civiles, faire des requêtes, soulever, si besoin est, l’incompétence du tribunal, demander une requalification criminelle.» Mais chaque chose en son temps…

 

Leur presse (Aude Lambert,
L’Est républicain), 9 avril.

 

 

Mort de Mohamed Boukrourou : la reconstitution, un espoir de vérité…

 

La famille Boukrourou place beaucoup d’espoir dans la reconstitution qui sera organisée par la justice, vendredi, pour comprendre le mécanisme qui a conduit à la mort de Mohamed dans un fourgon de police, le 12 novembre 2009, à Valentigney.

 

Reconstitution sous haute surveillance, sans doute, vendredi, à Valentigney, sur la place du centre-ville proche de la pharmacie où Mohamed Boukrourou, 41 ans, avait trouvé la mort dans un fourgon de police, au cours de la soirée du 12 novembre 2009. Un décès qui reste inexpliqué un an et demi après le drame. La famille de Mohamed mène, depuis ce jour, un combat exemplaire de par sa dignité pour que la vérité soit dite sur les circonstances de la mort tragique de ce père de famille sans histoire.

 

Est-il mort des suites d’une défaillance cardiaque ou sous l’effet des coups que lui ont portés quatre policiers lors d’une interpellation musclée ? Abdelkader, frère cadet de Mohamed, assure que la famille ne demande qu’à faire confiance à la justice pour établir la vérité. «Mais on a l’impression qu’elle travaille surtout à décharge des policiers», déplore celui qui se retrouve être l’aîné de la fratrie depuis le décès de Mohamed.

 

À l’appui de ses doutes, la famille produit les résultats de récentes analyses médicales sur l’état de santé des tissus du cœur de la victime. «Les conclusions sont claires et nettes : mon frère ne souffrait d’aucune pathologie cardiaque. Son cœur s’est arrêté de battre sous l’effet d’un stress physique et émotionnel intense. Pour nous, il est évident qu’il a succombé sous les coups que lui portaient les quatre policiers, dont deux femmes. Les fonctionnaires nient avoir frappé notre frère, mais des témoins affirment le contraire. La justice dispose de tous les éléments pour mettre les quatre fonctionnaires en examen. Nous ne comprenons pas pourquoi la procédure traîne ainsi en longueur. Mais on dirait que l’enquête cherche à disculper les policiers», déplore Abdelkader, qui ignorait, hier encore, que les policiers avaient finalement été entendus sous statut de témoins assistés par l’une des deux juges du pôle de l’instruction de Montbéliard co-saisies du dossier.

 

La famille sera présente, vendredi, à Valentigney. Désormais assistée par trois avocats, MMe Gilbert Collard, du barreau de Marseille, Jean-Louis Pelletier, du barreau de Paris et Alain Dreyfus-Schmidt, bâtonnier du barreau de Belfort, elle place de l’espoir dans cette reconstitution qui permettra de confronter les témoignages des uns et des autres et de, peut-être, enfin dissiper le voile d’incertitudes qui subsiste aux yeux de la justice.


Leur presse (José Gonzalvez,
Le Pays), 7 avril.

 


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Samedi 9 avril 2011 6 09 /04 /Avr /2011 13:21

 

 

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Samedi 9 avril 2011 6 09 /04 /Avr /2011 12:43

 

Dès les premières constructions de centrales nucléaires, le Mouvement anarchiste, dans son ensemble s’y est opposé. Bien avant les écologistes devrions-nous dire, et surtout avec une critique beaucoup plus globale. Critiques plurielles mettant en cause le côté pernicieux et dangereux de l’électricité nucléaire, le côté totalement centraliste (étatiste) et «centralisateur» de ce type de choix énergétique, l’adéquation entre énergie nucléaire et politique sécuritaire et enfin le lien objectif entre nucléaire civil et nucléaire militaire.

 

 

C’est donc à un choix alternatif de société que notre rejet du nucléaire nous conduisait. C’est encore, toujours le cas aujourd’hui, même si les choses se sont largement dégradées depuis nos premières luttes entamées dans les années «70» à Paluel, La Hague, Creys-Malville, Chooz, Le Bugey, Valence d’Agen etc. etc. La France est aujourd’hui le deuxième pays nucléarisé de la planète sans que personne ne s’en émeuve, au delà des militant-e-s habituel-le-s : libertaires et évidemment écologistes. Mais l’essentiel de ces derni-ers-ères, se trouve trop souvent confronté à des errements politiciens et, pour dire les choses simplement, le cul entre deux chaises, car en période dite «normale» le rejet du nucléaire n’ayant pas fait florès, les écologistes votards en sont arrivés à réviser leur position à la baisse, en la limitant au «tout» nucléaire. Le ver une fois dans le fruit et les couleuvres encombrant les estomacs des politicien-ne-s «verts», nous avons assisté à un assoupissement généralisé de cet aspect de la contestation.

 

Seuls les accidents de Three Miles Island, Tchernobyl et aujourd’hui le Japon ont redonné, à échéances régulières, une actualité brûlante à cette contestation du nucléaire civil. Puisque la catastrophe survenue au Japon a rappelé la dangerosité de ce type de choix énergétique, nous pensons qu’il est nécessaire de s’engouffrer dans la brèche ainsi ouverte et d’entrer en résistance contre tous les aspects liés à la production de ce type d’énergie, que cette production soit destinée au Civil ou au Militaire.

 

Sur le plan politique, le rejet du nucléaire doit se conjuguer avec le rejet d’une société centraliste et autoritaire et, au contraire, doit se diriger résolument vers une société fédéraliste et libertaire. La gestion des besoins en matière d’énergie comme dans les autres domaines de la vie en société ne doit avoir de principe que celui qui découle de l’autogestion : autogestion des ressources, autogestion des productions, autogestion des besoins…

 

Sur le plan économique, le coût de l’électricité ne doit pas se faire en fonction d’une simple question de production et donc de dépendance ou d’indépendance énergétique, mais il doit satisfaire, avant tout, la demande des individus et des familles et donc des besoins. L’alternative que représentent les énergies dites «douces» et non polluantes doit être l’axe privilégié des politiques énergétiques futures, à la condition bien évidemment de ne pas laisser le Capitalisme et l’État s’approprier le marché de ces énergies alternatives et, une fois de plus, d’en déposséder, pour leurs seuls intérêts (politiques, sociaux, économiques, podéreux…), les usagers.

 

Sur le plan environnemental, tout doit être fait pour répondre à la demande de consommation des ménages et, parallèlement, une information constante doit être mise en œuvre pour arriver à baisser les seuils de consommation et donc les gaspillages.

 

Sur le plan social, la mise en adéquation de la production énergétique entre d’une part les producteurs et d’autre part les usagers, doit conduire le Syndicalisme à un retour sur ses terres d’origine, c’est-à-dire à prendre toute sa place dans le processus de relations et d’échanges entre la demande énergétique et l’offre correspondante sur la base d’un fonctionnement sociétaire égalitariste, solidaire et communiste libertaire. Les Unions locales et départementales doivent prendre leur responsabilité en matière de production en relation étroite avec les organisations d’usagers. Le fédéralisme, à l’image de ce que nous proposait Pierre Besnard [Militant CGT syndicaliste révolutionnaire et anarcho-syndicaliste – fondateur de la CGT-SR en 1926], peut être réactualisé dans sa forme mais doit en revanche suivre le même rail anti-étatique et anti-politique [Lire anti-politicien] que la CGT de 1895 à Toulouse, de 1904 à Bourges ou de 1906 à Amiens avait pris.

 

Groupe Puig Antich - Perpignan
Coordination des Groupes Anarchistes, le 29 mars 2011.

 


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Samedi 9 avril 2011 6 09 /04 /Avr /2011 11:59

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Samedi 9 avril 2011 6 09 /04 /Avr /2011 07:17

 

Mercredi 6 avril 2011, après une diffusion de tracts à la sortie du Lycée Jean-Paul Sartre de Bron, des militants ont été très violemment agressés par trois fascistes armés. Communiqué du collectif 69 de vigilance contre l’extrême-droite.

 

Communiqué de presse

Nouvelle agres­sion par des jeunes fas­cis­tes, lors d’une dif­fu­sion de tracts appe­lant à la manifestation antifasciste unitaire de ce samedi 9 avril

 

Mercredi 6 avril 2011, après une dif­fu­sion de tracts à la sortie du Lycée Jean-Paul Sartre à Bron, des mili­tants ont été très vio­lem­ment agres­sés par trois fas­cis­tes armés.

 

Après les avoir arro­sés de gaz lacry­mo­gène, les nervis ont sortis des matra­ques téles­co­pi­ques, puis ils les ont visés et ont tou­chés l’un d’entre eux avec un gomme-cogne (arme de caté­go­rie 7, sorte de mini-fla­sh­ball très puis­sant). Cette nou­velle agres­sion prouve une fois encore que l’appel à la mani­fes­ta­tion anti­fas­ciste uni­taire du col­lec­tif de vigi­lance contre l’extrême-droite et à sa vio­lence (voir l’appel sur Rebellyon.info) n’est pas anodin.

 

Les dis­cours racis­tes du gou­ver­ne­ment, les pseudo-débats sur l’iden­tité natio­nale ou la laï­cité et la bana­li­sa­tion d’un FN tou­jours ancré dans des idées sécu­ri­tai­res et hai­neu­ses ne font que ren­for­cer les fas­cis­tes, qui n’hési­tent plus à atta­quer y com­pris à proxi­mité d’établissements sco­lai­res.

 

Les trois fas­cis­tes sont actuel­le­ment placés en garde-à-vue.

 

Il est inac­cep­ta­ble que de telles vio­len­ces, qui nous révol­tent, puis­sent se pro­duire et nous les condam­nons fer­me­ment. Leurs atta­ques ne nous feront pas flan­cher.

 

Toutes et tous à la mani­fes­ta­tion du 9 avril 2011 à 14h30 place Bellecour.
Le col­lec­tif 69 de vigi­lance contre l’extrême-droite

 

Pour com­pren­dre le contexte lyon­nais, voir Retour sur deux ans de lutte à Lyon contre l’extrême-droite et ses agres­sions.

 

Rebellyon, 7 avril 2011.

 

 

4 mois de sursis pour l’un des agresseurs néo-nazis de mercredi

 

Mercredi 6 avril, suite à l’agression de deux personnes qui diffusaient des tracts pour la manifestation antifasciste de samedi 9 avril, trois néo-nazis ont été arrêtés et placés en garde à vue.

 

Les néo-nazis étaient notamment armés d’un «gomme-cogne» [Voir par exemple ici], flingue tirant des balles de caoutchouc, nécessitant un port d’arme et impliqué dans plusieurs meurtres.

 

Les perquisitions menées chez les trois ont permis de découvrir la panoplie du parfait petit néo-naze, des drapeaux nazis, des portraits d’Hitler, armes telles que gomme-cogne, matraques télescopiques en grand nombre ou lance-pierre.

 

L’un d’entre eux, le seul majeur, Cédric L., est passé en comparution immédiate aujourd’hui. Résultat : 4 mois de prison avec sursis, 5 ans d’interdiction de port d’arme et obligation de suivre un «stage de citoyenneté».

 

Rebellyon, 8 avril.

 

 

L’extrême-droite radicale à Lyon : le retour de bâton

 

Le nombre d’agressions liées à la présence de membres d’une extrême-droite particulièrement violente est en augmentation. Au-delà, le phénomène de bandes proches des mouvements néo-nazis s’amplifie.

 

Un rassemblement lors des manifestations contre la réforme des retraites,

en marge des violences urbaines

 

«Sujet sensible.» À la préfecture du Rhône, l’extrême-droite est un sujet tabou. Pas de communication des responsables de la police départementale, pas de commentaires. Lyon porte un double héritage qui rend la question douloureuse. La capitale de la Résistance et le foyer d’une extrême-droite la plus radicale. C’était dans les années quatre-vingt-dix. L’époque des affaires Notin, Plantin, accusés de développer des thèses négationnistes dans leurs travaux universitaires.

 

Alors que l’on pensait le mal asphyxié, la plaie s’est à nouveau infectée. Car, selon nos informations, le nombre d’agressions liées à l’extrême-droite est effectivement en augmentation. Difficile néanmoins à quantifier. Plusieurs faits divers récents viennent rappeler que les franges les plus dures de l’extrême-droite ont repris du service. Le 15 janvier dernier, à Villeurbanne, c’est un couple qui s’est littéralement fait lyncher — et le terme n’est pas trop fort — par plusieurs individus armés de battes de base-ball. C’était à la sortie d’un concert. Ambiance anar. Le couple regagnait un parking quand subitement, sans un mot, ils ont été violemment frappés. La jeune femme recevra un coup de batte sur le crâne. Au moins 60 jours d’ITT. Le jeune homme qui l’accompagnait a tenté de la protéger. Il a été roué de coups de pieds, de poings, et là encore, de batte. Des expertises sont toujours en cours pour évaluer une incapacité qui pourrait être permanente pour l’une des victimes.

 

Les auteurs présumés, neuf au total, ont été interpellés par les services de police. Quatre ont été écroués. Des récidivistes, mis en examen pour violences aggravées, et qui risquent vingt ans de prison. À leurs domiciles, les policiers retrouveront des tracts explicites sur l’extrême-droite, une clef USB contenant des photos de séances de taggages dont les slogans ne laissent aucune ambiguïté sur leur caractère extrémiste. Par ailleurs, plusieurs clichés pris lors de manifestations permettent de reconnaître les individus arrêtés. Par ailleurs, trois d’entre eux ont, par le passé, été interdits de stade. Deux ont été condamnés pour des violences à caractère raciste. «Derrière la violence gratuite, commente Bertrand Sayn, l’avocat des victimes, on trouve une organisation. Ils se téléphonent, se retrouvent, et ont un dessein. Ils ont laissé leurs victimes dans une marre de sang.»

 

Dans ce dossier, les auteurs présumés ne reconnaissent pas tous l’agression : «Chacun se rejette la balle», commente Hervé Banbanaste, avocat de l’un des individus incarcérés. «Ce sont des jeunes qui ne sont pas encartés au FN, ils n’ont pas de structure idéologique très profonde.» Reste que la plupart de ces auteurs présumés ont été identifiés dans plusieurs manifestations associant l’extrême-droite. Ce qui démontre les connexions entre les différentes «familles». Lors des manifs contre les retraites, du kiss-in de Saint-Jean… les mêmes.

 

Cette agression n’est pas un cas à part. Le 6 avril dernier, des militants, qui diffusaient des tracts pour appeler à la manifestation contre l’extrême droite prévue cet après-midi, ont été pris à partie et frappés à la sortie du lycée Jean-Paul-Sartre, à Bron. Chez l’un des auteurs présumés de l’agression, les policiers ont retrouvé diverses armes (poing américain, 22 Long Rifle…), des talkies-walkies et un drapeau à l’effigie d’Hitler.

 

Ils seraient plus de 300 à Lyon à porter haut les couleurs brunes agglomérées autour des standards de la famille extrémiste : au programme, musique Oï, un style musical fédérant punks et skinheads, matchs de l’OL. Plusieurs sont issus des rangs des indépendants, ou encore du militantisme outrancier. Ils ont leurs codes vestimentaires, leurs coupes de cheveux réglementaires, parfois des tatouages, et des termes qui leur sont propres. Rarement des idéologues, ils sont le plus souvent issus de classes populaires, employés, chômeurs, voire étudiants ou lycéens. Et se radicalisent.

 

Manifestation aujourd’hui à 14h30 place Bellecour organisée par le collectif vigilance 69 contre l’extrême droite.

 

Leur presse (Geoffrey Mercier,
Le Progrès), 9 avril.

 


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Vendredi 8 avril 2011 5 08 /04 /Avr /2011 19:41

Égypte : «La révolution ? Quelle révolution ?»


Deux mois et demi après le début de la «révolution» égyptienne, l'armée a repris le pays en main. Interpellations, tortures et jugements expéditifs d'opposants se multiplient.

 

 

Sur le grand drapeau égyptien qu'il agite tous les soirs sur le grand rond-point de la place Tahrir, symbole de la «révolution du 25 janvier», Amin, 32ans, a inscrit ces quelques mots : «Le combat continue». Comme lui, ils sont une centaine à venir crier que la révolution n'est «pas terminée». Révolution ? Le mot arrache sourires ou soupirs. «Une révolution, ça fout en l'air un système. En Égypte, le régime est toujours là. Rien n'a changé», tranche Rabha Attaf, journaliste franco-algérienne rencontrée au Caire.

 

5.000 interpellations

 

Pour cette spécialiste du monde arabo-musulman, «la véritable épreuve de force commence maintenant». «C'est le retour de la terreur», estime-t-elle, pointant du doigt «la multiplication des disparitions d'opposants» dans le pays. Et quand ils ne disparaissent pas, ils sont arrêtés, souvent torturés, et jugés de manière expéditive par des tribunaux militaires. Plusieurs sources avancent le chiffre de 5.000 interpellations [Les estimations du CEDEJ font état de 1.000 à 2.000 tués pendant la révolution et près de 12.000 blessés graves.] depuis la révolte de février. Le 9 mars dernier, au lendemain d'une manifestation qui aurait rassemblé près de 500.000 personnes, la place Tahrir a de nouveau été évacuée de manière violente par une centaine d'hommes en civil. L'armée a arrêté près de 200 manifestants. Parmi eux, dix-huit femmes qui demandaient à être plus représentées dans les instances qui préparent l'avenir de l'Égypte. «Pour les faire passer pour des prostituées, l'armée leur a fait subir des tests de virginité, assure une autre journaliste. C'est la pire des insultes pour une femme et une famille. Il n'y avait pas meilleur moyen pour intimider et dissuader…»

 

Gangs armés

 

La terreur prend aussi d'autres formes. «On assiste à une montée impressionnante de l'insécurité, témoigne, au Caire, Marc Lavergne, directeur du Centre d'études et de documentations économiques, juridiques et sociales (CEDEJ), une structure financée par l'État français. Avant, Le Caire (20 millions d'habitants) était probablement l'une des métropoles les plus sûres au monde. Aujourd'hui, on constate que des petits groupes armés font irruption dans les quartiers et pillent les habitants. Sur les routes, des voitures sont arrêtées et volées. Les enlèvements contre rançon se multiplient aussi, égrène-t-il. Du coup, les gens n'aspirent qu'à une chose : que le calme et l'ordre reviennent.» Et l'ordre, c'est l'armée. «L'économie, c'est l'armée. La corruption, c'est l'armée. Tout nous ramène à l'armée. C'est elle qui contrôle tout», martèle Rabha Attaf. Au sein de la population, les militaires jouissent pourtant d'une très bonne cote. «Ils ont fait le coup du gentil (l'armée) et du méchant (la police), analyse la journaliste. Mais les gens commencent à comprendre…» Une dizaine de candidats a déjà émergé pour les futures élections présidentielles. Pour Rabha Attaf, «tout est pratiquement joué d'avance». «Ici, pas besoin de bourrer les urnes. On bourre les têtes», commente-t-elle, évoquant les quelque 40% d'analphabètes que compte le pays. Amin, lui, a un diplôme d'informaticien. Il n'a pas de boulot, mais ses convictions sont inébranlables. «Les choses peuvent encore bouger, il faut maintenir la pression.»

 

Leur presse (Hervé Chambonnière,
Le Télégramme), 8 avril 2011.

 

 

Le régime du Caire resserre la vis

 

Plus de deux mois après la révolution, le pays connaît encore des protestations sporadiques. Et l'armée durcit le ton.

 

Un soir ordinaire au Caire. La capitale égyptienne n'a pas sommeil. Son cœur bat fort et ses poumons s'encrassent. La pollution pique toujours le nez, le concert des klaxons n'en finit pas d'assourdir, les piétons doivent encore danser dangereusement entre des milliers de voitures folles. Même la nuit tombée, rien ne semble devoir s'éteindre dans cette mégapole tentaculaire de 20 millions d'habitants. Tout comme cette révolution de janvier, plus de deux mois après la chute de Moubarak. Au moins en apparence.

 

Lorsque l'on s'approche de son épicentre historique, la très symbolique place Tahrir, la révolution est encore partout. On l'expose sur des affiches. On la vend sur des tee-shirts célébrant son tout récent anniversaire, entre 1 et 2 euros pour les touristes, quand d'autres marchands à la sauvette distribuent des drapeaux contre une petite pièce. En Égypte, la fierté nationale n'est pas qu'une formule. Mais un sentiment partagé. Elle est palpable, ce soir-là, place Tahrir.

 

Arrestations musclées

 

Une centaine de personnes circulent en son milieu, sur l'immense cercle de terre battue filmé par les caméras du monde entier. Étrange regroupement, comme impromptu, où l'on chante, grignote, proteste et où l'on parle, surtout, par petites grappes humaines. Tahrir est ainsi devenue la place des palabres. Sur un seul sujet : la révolution et ses conséquences. Le ton monte souvent, mais l'atmosphère reste bon enfant. Sauf quand l'armée intervient tous les deux ou trois jours afin de vider sans ménagement les lieux.

 

Des occupants plutôt jeunes, désœuvrés comme la plupart des habitants du Caire, une ville dont la population semble toujours en quête de quelque chose à faire. Le chômage de masse mine la société. 40% des Égyptiens vivent avec moins de 2 dollars par jour.

 

Entre les marchands de thé, de pain et de graines, assis paisiblement, il y a là Oussam, 32 ans, étudiant en informatique sans travail. Le sourire un brin nostalgique, il persiste à venir de temps à autre, sans raison bien précise, à Tahrir, après avoir participé activement aux journées historiques entre le 25 janvier et le 11 février. Amin, lui, a le visage radieux lorsqu'il soulève son drapeau. «Pour célébrer la victoire.» Et pour le plaisir de pouvoir commenter et critiquer librement. Ce qui était impossible quelques mois avant.

 

Mais pour un certain nombre d'Égyptiens, en dépit du référendum récent sur la réforme constitutionnelle et des élections à venir, le gouvernement de transition piloté par les militaires a surtout durci le ton.

 

Les rassemblements sur la place Tahrir sont de moins en moins acceptés par les autorités. L'un des derniers, le 9 mars, s'est terminé par des arrestations et plusieurs cas de passages à tabac rapportés par des témoins. Sur les 18 femmes embarquées ce jour-là, plusieurs se sont plaintes d'avoir été maltraitées et pour certaines violées. Des cas de disparitions mystérieuses sont aussi rapportés par des organisations de défense des droits de l'homme. En tout, 5000 personnes ont été arrêtées et traduites de façon expéditive devant des tribunaux militaires depuis que Moubarak a démissionné.

 

Mona Seif, jeune Égyptienne aux allures européennes, militante infatigable et blogueuse réputée, confirme le durcissement du gouvernement : «J'ai personnellement vu un homme se faire battre après la dispersion d'une manifestation par l'armée. De nombreux militaires ont gardé une certaine loyauté envers l'ancien régime, et, je pense aussi, certaines habitudes répressives. Je mène en fait aujourd'hui un nouveau combat contre l'attitude de l'armée. Mais je reste optimiste. Nous ne sommes pas encore une démocratie, mais le processus est en marche.»

 

Un avis qui reste pourtant très minoritaire au Caire et en Égypte. Autant la police, corrompue et détestée, commence à peine à réapparaître dans les rues, autant l'armée est respectée pour sa neutralité bienveillante envers la révolution.

 

Rabha Attaf, spécialiste du monde arabe installée au Caire, rappelle que «l'armée joue un rôle majeur dans la société égyptienne». «Elle a le pouvoir économique, une bonne image dans la population. Elle a cédé en surface, mais rien sur l'essentiel.» Pour cette journaliste indépendante qui a rencontré de nombreux activistes, il ne fait aucun doute que la révolution «ne fait que commencer». «C'est maintenant que les rapports de force s'installent.»

 

Reflux comme après Mai 68

 

Une manifestation est d'ailleurs organisée ce vendredi place Tahrir, par un ensemble hétéroclite de petits groupes d'Égyptiens critiques envers les ambiguïtés du gouvernement, l'attitude de l'armée, et la corruption. Dans un pays où les fonctionnaires gagnent une trentaine d'euros par mois, elle reste une pratique courante. Difficile de savoir si ce nouvel appel mobilisera davantage que les 10'000 personnes de vendredi dernier.

 

Pour Marc Lavergne, directeur d'un centre d'études installé au Caire (Cedej), «l'heure est au reflux, comme après Mai 68 en France». «La société égyptienne est assez conservatrice. La population a vécu dans l'insécurité. Elle approuve maintenant un certain retour à l'ordre. Elle veut être surtout rassurée.» Les partis installés pourraient tirer leur épingle du jeu dans ce contexte encore un peu chaotique, y compris les Frères musulmans, au sein d'une coalition. Et les derniers protestataires de la place Tahrir pourraient alors retourner définitivement chez eux.

 

Leur presse (Bruno Béziat,
Sud-Ouest), 8 avril.

 


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Vendredi 8 avril 2011 5 08 /04 /Avr /2011 18:01

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Vendredi 8 avril 2011 5 08 /04 /Avr /2011 12:15

Lettre de Christine, depuis la prison…

 

Jeudi 7 avril

 

Salut camarades !

 

J’ai reçu trois lettres postées hier, de vous, de J… et de C…. ça m’a fait super plaisir et ça m’a étonné aussi. Je pensais que, en tant que prévenue, le juge allait bloquer le courrier, et puis je n’ai pas encore eu de courrier des potes bergers et de ma famille…

 

Comment avez-vous été au courant ? Des potes à G… devaient venir aider à la tonte hier, mais ça fait bien rapide ! Et vu la teneur de la lettre de J…, je vois que vous êtes au courant du déroulement de l’histoire : RDV avec le JAP le 31 et prise de bec, GAV pour outage à magistrat, mandat de dépôt à Valence et frousse des matons, 24 heures sanglée sur le lit aux urgences, quatre jours au Valmont à Montélimar avant la levée de l’HO, transfert à la Talaudière.

 

Je suis ici depuis trois jours. Bizarrement, je trouve ça assez facile comparé à la GAV ou à l'HP. Ici, il n'y a pas de volonté d’humilier. Ils nous parquent, c’est tout. Grâce à mon statut d’emmerdeuse j’ai même une petite marge de manœuvre : j’ai refusé la biométrie à l’entrée et ils n’ont pas insisté et ils n’insistent pas quand je refuse de répondre à leur «bonjour».

 

Ceci dit, je passe quand même en commission de discipline demain… ! Hier matin à la promenade, j’ai eu envie de voir si le nid qui était à plus de 3 mètres dans le seul arbre de la cour était habité alors j’y ai grimpé. Le brigadier veut jouer la confiance et une peine de mitard obligerait un transfert car il n’y en a pas au quartier femme ici. Donc, je ne m’inquiète pas trop.

 

Merci pour le mandat mais ne gachez pas le fric du collectif pour ma seule pomme. Ma famille peut assumer les 80 euros mensuels dont j’ai besoin pour le tabac et la télé. Je ne veux pas cantiner de la bouffe sinon je vais devenir un estomac sur pattes : bouffer ça occupe et ça compense. Par contre, continuez à envoyer des timbres pour que je puisse vous répondre. Gardez le fric pour faire des photocopies : il y a un beau barouf à faire le 14 juin à 16h30 au tribunal de Valence pour refus de don d’ADN. Vous pouvez contacter mon avocat, Proust, de Valence pour ça. Payez de l’essence et venez nombreux que je vous entende du dépôt ! Les seuls anars que je connaisse sur Valence, c'est le Laboratoire. Organisez-vous et foutez le feu !

 

Cet après-midi, je vois le JAP en visio-conférence pour qu’il fasse péter un an de sursis récupéré le 19 juillet. Il y a aussi un autre an de sursis pour violences contre les condés. Et puis le délibéré du 17 mai. Et puis un procès à Lyon le 27 mai pour rébellion contre les municipaux. Bref ils ont de quoi m’emmerder pour un moment…

 

Je vais poster cette lettre tout de suite pour qu’elle parte aujourd’hui. J’écrirai à C… pour raconter l’audience avec le juge et à J… pour raconter le prétoire de demain. Passez-vous les infos entre vous.

 

Merci d’être là les poteaux. Ne vous en faites pas, je ne suis pas suicidaire : je veux retourner pisser dans l’herbe le plus vite possible.

 

HASTA LA VICTORIA SIEMPRE !

 

Christine

 

P.-S. : Y a-t-il une radio locale qui ait de la gueule par ici ? RCF c’est bien le dimanche seulement… !

 

 

Répression dans le Vaucluse :
Un communiqué du Comité 84 contre la répression

 

CHRISTINE EN PRISON

 

Nous venons d’apprendre que Christine vient d’être incarcérée.

 

Convoquée à la gendarmerie pour l’un de ses jugements — écopé pour insoumission à l’autorité — elle a refusé le suivi psy qui était demandé et après avoir passé une journée en HP elle a été transférée à la maison d’arrêt de saintÉtienne sur décision du tribunal de Valence.

 

Ainsi, dans notre chère République, comme au bon vieux temps de l’URSS de Brejnev, si vous êtes réfractaire à l’autorité, on ne vous laisse comme choix que : «LA CAMISOLE OU LE GOULAG». C’est à croire que quelles que soient ses formes politiques, l’appareil d’État retrouve toujours ses instincts primaires.

 

Christine est une femme LIBRE, bergère habituée à vivre au grand air. Sur Avignon, nous la voyons participer à tous les combats, à toutes les luttes. Elle aime «trop» la liberté pour supporter toute forme d’enfermement. Aussi nous craignons pour elle car nous savons que l’incarcération lui sera particulièrement insupportable. Aussi, en l’enferment, le pouvoir sait ce qu’il fait, il cherche à détruire un individu particulièrement libre et réfractaire à toutes formes d’autorité.

 

Vous pouvez agir et exprimer votre solidarité avec Christine :

 

— L’urgent est de briser l’isolement, vous pouvez lui envoyer un petit mot amical (pas besoin de faire long), l’administration pénitentiaire lit les lettres adressées aux détenues de ce fait elle saura aussi que Christine n’est pas seule.

Voici son adresse :

Christine RIBAILLY
Écrou N34068
Maison d’arrêt de saintÉtienne,
rue de la Sauvagère
BP 25
42350 Saint-Étienne Cedex 2

 

— Pour la solidarité financière (tout se paie en prison, même le PQ) : mandat cash seulement.

 

— Vous pouvez aussi agir, en faisant circuler cette info. C’est aussi un moyen d’alerter sur les atteintes aux libertés, car comme Christine, d’autres personnes sont en prison, ou menacées de l’être pour avoir pris part à des luttes, pour des actes de rebellion ou simplement pour avoir exprimé leur insoumission.

 

Rebellyon, 7 avril 2011.

 


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