Procès de Vincennes

Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /2010 18:32

Les ouvriers grévistes auto-organisés des usines HUICOMA occupent la Bourse du travail de Bamako depuis presque trois mois.



Leur Appel à la solidarité internationale vient d’être lancé par les délégués de la «sous-commission communication et mobilisation» et le comité de soutien animé par le «Mouvement des sans-voix» (que les léninistes maliens ont de toute façon déjà dénoncé comme étant composé de dangereux provocateurs «anarchistes», de «rastaman» ultrarévolutionnaires et autres «faiseurs de coups d’État»).


Dans l’attente d’un hébergement (actuellement en cours) de ce film de vingt minutes, réalisé les 23, 24 et 25 janvier 2010 à Bamako par le collectif des travailleurs licenciés et non licenciés de HUICOMA et son comité de soutien, voici des liens permettant d’en prendre connaissance :





Occupation de la Bourse du travail de Bamako par les travailleurs de HUICOMA

Aujourd’hui, 10 novembre 2009, nous, travailleurs de HUICOMA, licenciés depuis 2005 et non licenciés avons décidé d’organiser un sit-in à la Bourse du travail pour une fois de plus nous faire entendre auprès des autorités de la République du Mali et expliquer à l’opinion nationale et internationale la situation qui prévaut au sein de HUICOMA et des villes (Koulikoro, Koutiala, Kita) qui abritent ses différentes unités industrielles.

Ce sit-in n’est que la suite de la lutte que nous menons depuis bientôt cinq ans contre le groupe Tomota qui a repris 84,13% des actions de HUICOMA détenues par l’État suite au protocole d’accord de cession signé avec prise d’effet le 2 juin 2005.

Pour rappel, le groupe Tomota n’a jamais respecté un seul article du cahier des charges, au grand dam du gouvernement de la République du Mali malgré les multiples avantages (non payement de taxes pendant huit ans, exonérations douanières, baisse du prix de la graine de coton, cession de HUICOMA à 9 milliards alors que celle-ci était estimée à plus de vingt milliards FCFA) que ce dernier lui avait accordés, qui le favorisait et l’assurait de l’avenir même de HUICOMA. Le politique du silence du gouvernement de la République du Mali vis-à-vis du groupe Tomota n’engage-t-elle pas sa responsabilité dans cette tragédie ?

Ce qui nous pousse nous citoyens honnêtes et travailleurs intègres à nous demander si Alou Tomota et son groupe ne sont pas au dessus de la loi ? Ou Alou Tomota et son Groupe seraient-ils des mercenaires venus en mission pour fermer la machine qu’est HUICOMA ?

Tant de questions que nous nous posons à juste titre et dont nous exigeons des réponses de la part de ceux-là qui ont cédé HUICOMA pour une bouchée de pain !

Après la marche du 24 septembre, le meeting du 24 octobre 2009 à Koulikoro et la marche du 6 octobre 2009 à Koutiala, nous avons remis des déclarations au Gouverneur de la région de Koulikoro et au préfet de Koutiala dans lesquelles, nous posions nos revendications afin qu’ils transmettent à qui de droit, exigeant des réactions dans un délai de deux semaines car cela fait déjà cinq ans que nous attendons dans des conditions inhumaines.

Force est de constater que le gouvernement a montré sa bonne volonté en invitant à la table des négociations toutes les parties (Tomota et les travailleurs), mais Tomota qui n’a aucun respect pour le gouvernement et les honnêtes travailleurs qu’il martyrise depuis cinq ans ne s’est même pas donné la peine de répondre à ladite invitation préférant envoyer ses sbires !

Aujourd’hui, nous sommes de retour pour montrer notre volonté et notre détermination à réclamer l’implication des tous les acteurs. Ce sit-in donne le coup d’envoi d’une série d’actions directes que nous projetons jusqu’à ce que Tomota et l’État malien plient et tiennent leurs engagements vis-à-vis des travailleurs tous confondus ainsi que vis-à-vis du peuple malien.

Nous appelons toutes les bonnes volontés (politiques, sociales, individuelles, collectives, religieuses, coutumières) à nous soutenir parce que la question de HUICOMA est une question de taille nationale, et qu’il y va l’honneur et de la dignité du peuple malien ainsi de que son intérêt supérieur.

Nous exigeons :
- La renationalisation sans délai et sans condition de Huicoma ;
- Le paiement sans délai et sans condition du plan social 2003 de la CMDT amélioré, adopté pour les travailleurs de la CMDT et des mesures d’accompagnement à partir de la date du rachat le 16 Mai 2005 ;
- La reprise sans délai et sans condition des activités de l’entreprise.

Nous sommes ouverts au dialogue et à toute initiative visant à résoudre cette question qui a assez duré.

Nous appelons le Chef de l’État, Président de la République à s’impliquer personnellement pour que justice soit rendue à tous les enfants du pays et que nul ne soit traité différemment.

Tomota doit rendre compte de ses actes devant la justice et l’État doit prendre sa responsabilité pour signifier la fin de l’impunité, du laxisme, du népotisme, du clientélisme et de la corruption.

Bamako, le 10 novembre 2009
Les travailleurs et le collectif de soutien

*

Mali : Soutien aux travailleurs de l’HUICOMA


LA CNT se porte aux côtés des travailleurs en lutte de l’Huilerie cotonnière du Mali (HUICOMA).

En raison de la fermeture de cette société qui assurait la production d’huile de coton et de tourteaux destinés à l’alimentation du bétail à partir des graines dans plusieurs usines du pays, les travailleurs de HUICOMA ont décidé d’organiser le 10 novembre 2009 un sit-in illimité à la Bourse du travail de Bamako pour une fois de plus tenter de se faire entendre par les autorités maliennes et expliquer à l’opinion nationale et internationale la situation scandaleuse.

Car ce sit-in est l’ultime épisode d’une saga qui dure depuis de nombreuses années, car la plupart des salariés présents sur le site faisaient partie des quelque 411 licenciements en juin 2006 pour des motifs économiques injustifiés.

Ces licenciements intervenaient dans le cadre de la privatisation de la HUICOMA. (En 2005, l’État malien vendait 84,13% des parts de HUICOMA à des capitalistes maliens, le groupe Tomota, dont la gestion s’est avérée calamiteuse, malgré de nombreux avantages accordés).

Le groupe Tomota, dont une partie des actions appartiennent à la première dame du pays, a constamment violé le cahier de charges et a arbitrairement licencié les travailleurs. Depuis lors les travailleurs se battent pour que justice leur soit rendue. D’autres travailleurs en activité sont sans salaires depuis six mois et l’usine est complètement en arrêt total d’activité.

En tant que syndicalistes révolutionnaires, nous ne pouvons que soutenir la lutte de nos camarades qui n’hésitent pas à recourir à l’action directe. Une nouvelle fois, nous apercevons, d’un continent à l’autre, d’une couleur à l’autre, les mêmes excès, la même exploitation.

Un coup contre l’un d’entre nous, est un coup contre nous.
Solidarité avec les travailleurs licenciés de Huicoma.

À leurs côtés, nous réclamons :
- La reprise sans délai et sans condition de l’HUICOMA par l’État au groupe Tomota ;
- Le paiement sans délai et sans condition du plan social conformément à celui des travailleurs de la CMDT qui a été adopté en 2003 et amélioré tout récemment ;
- La reprise sans délai et sans condition des activités de l’entreprise ;
- Le paiement immédiat des arriérés de salaires des travailleurs qui sont en activité (six mois) et celui des saisonniers ;
- Le versement immédiat des cotisations à l’INPS ;
- La régularisation administrative de la situation des travailleurs (avancement, reclassement) ;
- Le paiement immédiat des indemnités de licenciement des 31 travailleurs arrêtés, emprisonnés en juin 2006 et licenciés après.

Le groupe de travail Afrique
du secrétariat international
de la CNT, 8 décembre 2010.
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Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /2010 17:55
Sabotage : lunettes anti-caméras

La lumière infrarouge est invisible à l’œil humain. Pourtant, pour une caméra, c’est pire que la lumière du soleil.

Des projecteurs infrarouge utilisant des lumières LEDs InfraRouges sont facilement réalisables de facon D.I.Y.

Les lumières LEDs peuvent ensuite être cachés à l’intérieur d’un chapeau, ou encore mieux, montées directement sur des lunettes.

Cette vidéo vous expliquera comment faire des lunettes infrarouges qui brouillent les caméras de surveillance :


Les caméras peuvent même être endommagées par la projection continue de lumière infrarouge en direction de l’œil de la caméra. Cette technique peut donc être utilisé pour des sabotages à condition que la source à infrarouge soit suffisamment puissante (moins bonne est la qualité de la caméra, moins il faudra de puissance d’infrarouge)

Bien sûr, cette technique fonctionne beaucoup mieux de nuit que de jour.

P.-S. : Le gadget pourrait aussi être réalisé en récupérant les pièces d’une télécommande pour télévision ou autre, puisque ces télécommandes utilisent dans 90% des cas la lumière infrarouge.

Dissent!, 4 février 2010.

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Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /2010 17:37

En novembre, Hortefeux présentait sa politique sécuritaire, faisant la part belle à la vidéosurveillance, que les membres du gouvernement préfèrent appeler «vidéoprotection», dans une guerre des mots qui ne nous a pas échappé.

L’objectif affiché, d’ici 2011, est de doter les rues de France de 60'000 caméras, c’est-à-dire de tripler leur nombre actuel. 28 millions d’euros sont débloqués à cet effet. Soixante-quinze villes devraient être équipées en 2010. Le partenariat avec le secteur privé va être étendu. Dans notre région, Wattrelos, Marcq-en-Baroeul, Courrières, Le Touquet font partie de ce premier lot dans lequel l’État cofinance l’installation (à hauteur maximale de 50%). D’autres villes n’attendront pas les subsides de l’État et s’activent déjà : Bondues, Marquette, Linselles, Neuville-en-Ferrain… la liste est longue.

Vidéoprospection

Comme si ça ne suffisait pas, l’État envoie ses militaires en guise de «VRP» de la télésurveillance : ainsi, dans le canton de Wormhout, les maires ont reçu les gendarmes pour être informés sur la mise en service de caméras : «Une installation dissuasive et efficace» [La Voix du Nord, 22.11.2009], Selon les propos de Philippe Sola, commandant de la compagnie de Dunkerque. Sans contredire le bidasse, La Voix rapporte ses propos visant à prouver que ce système apporte toutes les garanties au niveau des libertés individuelles  : «Ce n’est pas un moyen de surveillance, mais une dissuasion à condition que le système soit visible et en fonctionnement.» Ces opérations se sont répétées à Calais ou à Saint-Pol.
L’avant-garde sécuritaire

Par ailleurs, certaines mairies n’ont pas attendu les effets d’annonce pour passer à l’action. Alain Poyart, le patron-maire d’Avesnes, est donc loin d’être isolé. On peut d’ores et déjà compter un bon paquet de villes équipées, de Bousbecque (où c’est le maire qui est derrière les écrans de surveillance !) à Saint-Quentin, d’Arras à Halluin où Christian Vanneste a participé au financement sur son enveloppe parlementaire…

Bien sûr, ce rapide panorama est incomplet, car il faudrait comptabiliser toutes les caméras «privées» ou assimilées qui se multiplient dans nos rues. Ainsi, Transpole et ses milliers de caméras ne sont pas uniques : dès cette année, à Valenciennes, le Tram a lui aussi été équipé de caméras.

En débattre, c’est déjà l’accepter

La guerre idéologique autour de la vidéosurveillance fait rage, mobilisant les chiens de garde. En novembre, La Voix du Nord révélait, suite à un rapport du ministère de l’Intérieur, l’impact «significatif» de la vidéosurveillance sur la délinquance. De l’autre côté, Le Monde relayait cette étude de T. Le Goff et E. Heilmann, sous le titre «Un rapport qui ne prouve rien», qui démontre l’inefficacité de cet outil. Les deux universitaires estiment que le rôle de la vidéosurveillance dans l’élucidation des faits est «marginale». « Dans l’échantillon retenu de 63 gendarmeries, 770 faits ont été élucidés grâce à la vidéosurveillance en 2008, soit 12 faits par an et par brigade, autrement dit un par mois» [Le Monde, «Le gouvernement veut étendre la vidéosurveillance dans toutes les villes de France», 12.11.2009]. C’est sur ce modèle de riposte que se calquent les villes (souvent) de gauche qui refusent ou contestent la vidéosurveillance. Le tout sans exiger sa suppression pure et simple. Et d’embaucher des flics de proximité, comme c’est le cas à Amiens ou à Montreuil.

La Brique no 20, janvier 2010
Infos et enquêtes de Lille et d’ailleurs.
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Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /2010 16:20

En décembre 2004, un texte qui dénonçait la participation de la société Bouygues aux chantiers des centres de rétention et appelait au lancement d’un mouvement contre l’entreprise, dans le cadre de la campagne anti-rétention qui s’est déroulée de novembre 2004 à avril 2005, était reproduit sur les sites CNT, Indymedia, Pajol, Réseau anti-pub. En janvier 2005, la société Bouygues a porté plainte contre la diffusion de ce texte.

Non seulement on poursuit ceux qui luttent pour la fermeture des centres de rétention mais, cinq ans après la campagne anti-rétention, le scandale des centres de rétention et des expulsions s’amplifie puisque dans quelques jours va ouvrir le nouveau centre du Mesnil-Amelot avec ses 240 places dont 40 «réservées aux familles».

Aujourd’hui, après cinq ans d’instruction, quatre personnes, dont les administrateurs techniques des sites Indymedia, Pajol, Réseau anti-pub, sont renvoyés en correctionnelle, pour avoir commis le délit de «provocation directe, suivie d’effet, à la commission de destructions, dégradations et détériorations dangereuses pour les personnes».

Les défenseurs de la cause des sans-papiers, les activistes mobilisés contre la politique d’immigration, sont appelés à manifester leur soutien aux personnes inculpées lors du procès qui aura lieu
Vendredi 12 février 2010 à 13h
à la 17e chambre correctionnelle de Paris
Palais de Justice de Paris, 4 bd du Palais, 75001 Paris (métro Cité).

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Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /2010 14:52
Communiqué des Délégué(e)s du Personnel du CEA à Besançon (Doubs)

Nous, Délégué(e)s du Personnel du CEA, avons appris que la PJJ demandait un extrait d’acte de naissance à tous les collègues nés à l’étranger et uniquement à eux.

Au delà de notre incompréhension face à une telle demande, surtout qu’étant dans le secteur privé il n’existe aucune obligation d’avoir un passeport français pour travailler dans notre établissement, nous tenons à faire part de notre indignation. Cette demande nous semble faire écho à toute la campagne chauvine et réactionnaire du gouvernement autour de la soi-disant «identité nationale». En effet, cette demande arrive dans un contexte où de plus en plus de fonctionnaires zélés vont jusqu’à exiger des certificats de naturalisation de grands-parents pour obtenir certains papiers, créant des situations non seulement kafkaïenne mais révoltantes pour quiconque a un minimum de sentiments humains.

Aussi, en tant que Délégué(e)s du Personnel, c’est-à-dire représentant(e)s de tous les salarié(e)s du CEA, quelle que soit leur nationalité, leur origine ou leur situation administrative, nous tenons à dénoncer non seulement cette mesure mais toute la boue raciste et nationaliste du débat sur «l’identité nationale». En tant que travailleurs salariés, nous n’avons que faire de cette «identité nationale», et rappelons que si nous n’avons aucune identité commune avec les Sarkozy et les Parisot, notre cœur en revanche bat au même rythme que celui de toutes celles et de tous ceux qui partout dans le monde se lèvent contre l’injustice, l’oppression et l’exploitation. Que nous disions «mein Schatz» ou «Habibi» à ceux qui nous sont chers, que nous chantions des berceuses en chinois ou en peul à nos enfants, que nos ancêtres soient enterrés dans les montagnes d’Anatolie ou les plaines de Pologne, nous subissons les mêmes conditions de travail, les mêmes bas salaires et les mêmes politiques antisociales. Le chauvinisme, le nationalisme et le racisme ont toujours été des poisons mortels pour le monde du travail, divisant ses rangs alors qu’il est de plus en plus indispensable d’être unis pour faire face aux attaques du patronat et du gouvernement, et cherchant à nous faire croire que nous aurions quelque chose en commun avec ceux qui nous exploitent.

Contre tous les réactionnaires qui veulent nous enfermer dans de fausses identités nationales, ethniques ou religieuses, nous rappelons que notre seule identité est humaine, de cette humanité qui refuse l’oppression et qui se lève pour construire un monde digne du XXIe siècle, un monde où les frontières nationales qui n’ont plus lieu d’être rejoindront dans les poubelles de l’histoire les anciennes divisions féodales du Moyen-Âge.

Les Délégué(e)s du Personnel SUD et CGT du CEA, 8 février 2010.
CGT ADDSEA

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Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /2010 12:53

Rebetiko no 4, hiver 2010
Chants de la plèbe.
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Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /2010 11:24

Lors du procès des inculpés de l’incendie du centre de rétention de Vincennes, malgré la présence de la presse, d’un collectif d’avocats virulents et d’une mobilisation importante, l’appareil judiciaire ne s’est pas départi du mépris, du cynisme, de la suffisance dus à son pouvoir quasi divin.

Le cadre est imposé : savoir qui a mis le feu. Il faut des noms, des coupables, des peines pour que justice soit faite. Le tribunal préfère ignorer les causes des faits, trop politiques. Pourquoi le centre de rétention a brûlé ? Pourquoi alors que les retenus dénonçaient leur situation depuis des mois, l’État n’a fait que renforcer les dispositifs répressifs rendant toujours plus insupportables les conditions de rétention et nombreuses les expulsions ? Pourquoi Salem Souli un retenu tunisien est mort ? Ces questions resteront sans réponse dans le cadre du procès. D’ailleurs depuis lundi 1er février, la juge Nathalie Dutartre, ses assesseurs et le procureur Gilbert Flam visionnent en continu les 35 heures de vidéo-surveillance, en la seule présence des flics, de leur avocat et de celui de l’État venu réclamer réparation. Les prévenus et leurs avocats ont décidé de quitter les lieux pour ne pas être contraints à assister «ficelés», sans pouvoir réagir à la mise en œuvre de cette justice d’abattage.

Mais lors des trois premiers jours du procès, le cadre implacable et stupide de la répression en exercice a tout de même été quelque peu malmené. C’est du banc des accusés qu’on en a eu la preuve par les faits : le premier jour, l’audience à peine commencée est suspendue car il faut attendre la libération d’Ekma en garde à vue à la gare du Nord suite à un contrôle de papiers ; puis à peine reprise, elle sera à nouveau interrompue car Moïse et sa femme Anaïs reconnaissent en la personne de la juge Dutartre celle qui avait déjà brisé leur vie en mettant le premier en détention provisoire et la seconde sous contrôle judiciaire (pour CR des audiences).

Dès le début l’intention de l’État était claire : condamner le droit à la révolte en jugeant comme «criminels» quelques boucs émissaires pris au hasard. Depuis juin 2008, la mobilisation a empêché que le pouvoir jette les accusés dans ses cachots dans le silence. Aujourd’hui les accusés doivent être relaxés mais quelle que soit l’issue du procès la colère et la solidarité avec les accusés ne tomberont pas.

Résistons ensemble no 83, février 2010
Contre les violences policières et sécuritaires.

TÉLÉCHARGER LE BULLETIN
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Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /2010 10:54

«Le dernier des sondages d’opinion en vogue — Que ferez-vous si des éléments militaires d’extrême droite se risquent à un coup d’État, dont les difficultés grandissantes du colonialisme français créent depuis peu les conditions favorables ?»
Potlatch no 23, 13 octobre 1955.


Une guerre civile en France

«Ce n’est pas Catilina qui est à nos portes, c’est la mort.»
P.-J. Proudhon, à Herzen. 1849.

D
ans les jours où cette revue s’imprimait de graves événements survenaient en France (13 mai - 2 juin). Leurs développements ultérieurs peuvent peser lourdement sur les conditions d’une culture d’avant-garde comme sur beaucoup d’autres aspects de la vie en Europe.

S’il est vrai que l’Histoire a tendance a recommencer en farce ce qui a été tragédie, c’est la guerre d’Espagne qui vient de se répéter dans la comédie de la fin de la IVe République. Le fond politique de la IVe République avait été son irréalité, et sa mise à mort sans effusion de sang fut elle-même irréelle. La IVe République était inséparable d’une guerre perpétuelle aux colonies. L’intérêt du peuple français était d’arrêter la guerre, l’intérêt des secteurs colonialistes était de la gagner. Le Parlement paraissait incapable de l’un comme de l’autre, mais c’est du côté des colonialistes et de l’armée laissée à leur service qu’il avait multiplié les concessions et les démissions depuis des années, et c’est à leur pouvoir qu’il était prêt à céder la place.

Quand l’armée d’Algérie se révolta, comme chacun s’y attendait, le gouvernement républicain eût pu la remettre dans la discipline à peu de frais, et la résistance était encore nécessaire et facile au dernier jour. Mais au début il lui fallait s’appuyer sur le peuple à travers sa majorité parlementaire de gauche. À la fin, après la conquête de la Corse et les menaces des troupes aéroportées contre Paris, il eût fallu s’appuyer sur la force effective du peuple mobilisé (par cette organisation gouvernementale d’une grève générale qui anihila le succès initial du putsch de Kapp, par l’armement de milices). Ce processus révolutionnaire, qui impliquait l’appel aux hommes du contingent, aux équipages de la flotte, contre leurs chefs rebelles, et surtout la reconnaissance de l’indépendance de l’Algérie, parut bien plus dangereux que le fascisme.

Le Parti communiste était dans cette crise le meilleur défenseur du régime parlementaire, et rien de plus. Mais le régime était parvenu à ce point de dissolution précisément par son refus de tenir compte des voix communistes dans une majorité de gauche. Il est resté jusqu’au bout victime de l’unique procédé d’intimidation par lequel la droite minoritaire avait constamment imposé sa politique : le mythe d’un Parti communiste travaillant à s’emparer du pouvoir. Le Parti, qui n’y travaillait aucunement, avait ainsi déçu et désarmé les masses sans jamais réussir une seule opération au Parlement ; et lui aussi, jusqu’au bout, a cherché à faire accepter ses avances par les mêmes responsables de la bourgeoisie. Ceux-ci restèrent dans leur fermeté minérale de sorte que les communistes ne purent enregistrer leur premier succès parlementaire : le régime s’effondra avant. Le 28 mai il apparut qu’il était possible d’entraîner le pays, non le Parlement, dans la lutte anti-fasciste. Au soir du 29 mai la C.G.T. ne lança pas la grève générale illimitée qui en était l’arme principale, et les manifestations du 1er juin ne pouvaient être que de pure forme.

Les masses populaires étaient indifférentes parce qu’on ne leur avait offert depuis longtemps que la fausse alternative parlementaire entre la droite modérée et la modération d’un Front Populaire d’ailleurs utopique puisque les non-communistes le refusaient absolument. Les éléments non-politisés étaient endormis par la grande presse et la radio. Un gouvernement contrôlant et utilisant au mieux ces moyens d’information eût disposé d’un délai suffisant pour alerter le pays, mais le mode d’information capitaliste suivit sa pente naturelle et su dissimuler l’agonie du régime à une grande partie de la population. Les éléments politisés, depuis 1945, avaient pris l’habitude de la défaite et ils étaient à juste raison sceptiques sur les chances d’une telle «défense de la République». Cependant les centaines de milliers de manifestants qui marchèrent ensemble à Paris le 28 mai montrèrent que le peuple méritait mieux, et qu’il s’était levé au dernier moment.

Jusqu’à maintenant cette lamentable affaire ne comporte aucun trait moderne. Le fascisme n’avait ni parti de masse en France, ni programme. La seule force du colonialisme borné et raciste, et d’une armée qui ne voyait pas d’autre victoire à sa portée, a imposé au pays, comme première étape, de Gaulle qui représente l’idée scolaire de la grandeur nationale française du
XVIIe siècle et qui assure la transition vers un ordre moral poujado-militaire. Dans ce pays fortement industrialisé il n’y a pas eu d’action déterminante de la classe ouvrière. On est tombé à un stade d’absence politique de la bourgeoisie et du prolétariat où les pronunciamientos décident du pouvoir.

Où en sommes-nous ? Les organisations ouvrières ici sont intactes ; une partie du peuple est alerté ; l’armée algérienne combat toujours. Pour continuer à régner à Alger les colons, qui commandaient déjà aux gouvernements de Paris avant de les désigner officiellement, sont obligés maintenant de régner sans opposition en France. Leur but reste l’intensification de l’effort de guerre de toute la France à leur profit, et ceci nécessite à présent la liquidation de la démocratie dans ce pays, le triomphe d’une autorité fasciste. Les forces démocratiques en France, si elles peuvent encore renverser le courant, seront obligées d’aller jusqu’au bout de leur attitude : la liquidation du pouvoir des colons sur l’Algérie et sur la France, c’est-à-dire la République algérienne du F.LN. Un choc violent est donc inévitable à brève échéance. Les lâches illusions sur le rôle personnel du général-président, les obstacles apportés à l’unité d’action, une nouvelle hésitation au moment d’engager la lutte pourront affaiblir davantage et même livrer le peuple, mais non retarder le dénouement.

Le 8 juin 1958
Internationale situationniste no 1, juin 1958.
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Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /2010 01:04

«Enfin, sans doute pour complaire à son dernier maître Gurvitch, qui vivait encore, Lefebvre a entrepris sans en rien connaître une apologie de Proudhon, froidement crédité d’être quelque chose comme l’inventeur de l’autonomie ouvrière ! Ce Proudhon, partisan toujours de l’ordre, qui veut améliorer l’ordre existant, dans la propriété privée (par la coopération), et partout ailleurs ; l’apolitique ennemi de toute lutte violente ; l’arriéré qui en plein XIXe siècle n’envisage et ne tolère d’autre choix pour la femme qu’entre l’état de prostituée et celui de ménagère ; l’homme qui a parfaitement résumé toute sa nullité de moraliste en tranchant, précisément contre le minimum de l’autonomie ouvrière existante : “Il n’y a pas plus de droit à la grève que de droit à l’inceste et à l’adultère.”»
«L’historien Lefebvre»,
Internationale situationniste no 10, mars 1966.

«(…) nous avons une grande sympathie pour les principales manifestations anarchistes de l’histoire (à l’exception de Proudhon, dont on comprend assez mal comment la tradition anarchiste l’accepte — mais en y incluant Ravachol ou Bonnot).»
Lettre de Guy Debord
à la revue Noir et Rouge, 28 avril 1966.
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Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /2010 00:37
Avis relatif à l’appel du mécénat d’entreprise pour l’acquisition par l’État d’un trésor national dans le cadre de l’article 238 bis 0 A du code général des impôts

NOR: MCCF1003022V

Le ministre de la culture et de la communication informe les entreprises imposées à l’impôt sur les sociétés d’après leur bénéfice réel qu’elles peuvent bénéficier de la réduction d’impôt sur les sociétés prévue à l’article 238 bis 0 A du code général des impôts égale à 90% des versements qu’elles pourraient effectuer en participant à l’acquisition par l’État, pour la Bibliothèque nationale de France, des archives personnelles de Guy Debord (1931-1994) constituées d’un ensemble de manuscrits et de documents divers, vers 1950-1994.

Revêtant une grande importance pour l’histoire des idées de la seconde moitié du XXe siècle, les archives personnelles de Guy Debord, essayiste et réalisateur français, fondateur de l’Internationale situationniste contiennent l’ensemble des états préparatoires et définitifs des œuvres de l’auteur dont notamment La Société du spectacle (1967). Organisées et sélectionnées par l’intellectuel lui-même, elles illustrent le processus créatif complet de la pensée de Guy Debord et permettent de connaître la genèse de l’œuvre d’un des penseurs contemporains français les plus importants.

Le présent avis d’appel au mécénat d’entreprise porte sur 1'080'000 euros.

Les offres de versement, établies selon le modèle prévu par l’instruction de la direction générale des impôts 4-C-6-02 no 184 du 24 octobre 2002, doivent être adressées au service des musées de la direction générale des patrimoines, 6, rue des Pyramides, 75041 Paris Cedex 01, où les dossiers relatifs aux trésors nationaux peuvent être consultés par les entreprises intéressées.

Leur presse (Journal Officiel), 4 février 2010.


L’État fait la manche pour acheter les archives de Guy Debord


Le ministère de la Culture veut récupérer un million d’euros à travers le mécénat. Objectif : permettre à la Bibliothèque nationale de France d’acquérir les archives du philosophe Guy Debord, convoitées par les Américains et classées trésor national.

Capture d’écran avec Guy Debord (à droite)

Le cocasse de ce «spectacle» aurait-il fait rire Guy Debord ? Et peut-on trouver plus triste signe des temps présents et du désintérêt financier de l’État pour la culture ? Ce jeudi, le quai de Valois a lancé un appel au mécénat portant sur un million d’euros afin de permettre à la Bibliothèque nationale de France d’acquérir les archives du fondateur de l’Internationale situationniste, classées trésor national.

Les archives personnelles de l’écrivain et philosophe français avaient fait l’objet d’une demande d’exportation vers les États-Unis, où une université souhaitait s’en porter acquéreur. Mais, à la mi-février 2009, l’État français a refusé que ces archives quittent la France, considérant qu’elles constituaient un ensemble unique pour l’étude de la genèse de l’œuvre de Guy Debord, l’un des intellectuels français importants pour l’histoire des idées de la seconde moitié du XXe siècle.

Cet «avis d’appel au mécénat d’entreprise porte sur 1'080'000 euros», précise le ministère de la Culture et de la Communication dans un avis publié au Journal officiel.

Ces archives seront considérées comme «trésor national» de manière pérenne et devraient rejoindre le département des manuscrits de la BNF.

Classées par l’intellectuel lui-même, puis par sa veuve, Alice Debord, les archives sont constituées d’un ensemble de manuscrits et de documents divers datant de 1950 à 1994, l’année de son suicide.

Elles comprennent des pièces emblématiques comme le manuscrit de La Société du spectacle (1967), l’un des textes fondateurs de l’Internationale situationniste, qui prône une critique radicale du mode occidental de société.

Les offres de versement par les entreprises intéressées doivent être adressées au service des musées de la direction générale du patrimoine.

Leur presse (Libération), 4 février.


L’État cherche un mécène pour les archives Guy Debord

Pour éviter qu’elles ne quittent la France, les archives de Guy Debord ont été classées «trésor national» en février 2009.


L’annonce est parue au Journal officiel du 4 février dernier. Il s’agit d’un «avis d’appel au mécénat d’entreprise portant sur 1'080'000 euros». Soit la somme nécessaire pour que restent en France les archives du pape du situationnisme Guy Debord, classées «trésor national» par le cabinet de Christine Albanel en février 2009. L’État a depuis cette date trente mois pour faire une offre comparable aux 2 ou 3 millions d’euros que l’Université américaine Yale a proposés à Alice Debord, veuve du philosophe décédé en 1994.

Cet avis d’appel pourrait donc signifier que plus d’une moitié de la somme a été réunie par Bruno Racine, président de la BNF qui cherche à se rendre acquéreur des archives. Celles-ci, qui comprennent le prototype en bronze d’un Kriegspiel inspiré par Clausewitz et un lot important de photographies de l’auteur de La Société du spectacle, sont les objets les plus récents à avoir jamais fait l’objet d'un classement comme trésor national.

Leur presse (Camille Tissot, Laurent Martinet, L’Express), 8 février.


Sur les archives de Guy Debord, 26 février 2009
À propos d’une extravagante récupération étatique, 16 juin 2009
Les pissenlits de M. Racine, 17 juin 2009
Signé Sollers, 25 juin 2009
Les pissenlits de M. Racine (suite), 7 août 2009
La Carte au trésor, 6-9 février 2010
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Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /2010 18:41

Quand je lis les débats sur le foulard ou la burqa (d’ailleurs peu importe les nuances, il s’agit visiblement de «trucs de musulmans»), j’ai souvent une petite contraction inconsciente des mâchoires et le sentiment qu’on est obligé de surnager dans une pensée de type «plat préparé», qui semble avoir fait un tour de trop dans le four à micro-ondes. J’ai également l’impression de revivre les «débats» sur l’insécurité. On retrouve les mêmes ficelles :
On donne le sentiment d’avoir levé un lièvre via un fait divers quelconque (merci l’effet loupe)-> on pousse des cris d’orfraie à droite -> la gauche se dandine mal à l’aise -> «on» est obligé de se positionner sous peine d’être taxé d’angélisme/d’être des couilles molles/crétins.

Pour se positionner dans ces «débats», il faut en accepter les termes, manichéens :
soit on dénonce (quoi d’ailleurs ?) : soit on est naïf (on refuse de voir le problème tel qu’il est).

Ce qu’on dénonce va de
l’islamisation rampante à un «débordement», une sorte de «faudrait pas exagérer amiEs musulmanEs, vous devenez indéfendables».

La dernière position, de gôche, se nourrit
d’une tendance bouffe-curé (on s’est battu contre les cathos, c’est pas pour en accepter d’autres) ; de bonnes intentions (la liberté des femmes) ; d’une vision tronquée de l’engagement dans la religion ou un parti.

Concernant l’histoire de la militante voilée du NPA, on oppose des positions qui seraient incompatibles, comme si l’engagement était le fruit d’une lecture complète des textes (religieux et politiques), lecture qui précèderait un positionnement éclairé, rationnel, personnel (de type homo oeconomicus. Sur le marché des croyances, je prends celle-là, tiens !). Quiconque connaît des croyants ou des militants sait que l’engagement est plus le fruit d’un parcours, d’un héritage familial, que d’un choix en fonction des textes historiques du parti ou de sa religion. Allez demander à un militant socialiste quelle est l’histoire de son parti ou de ses positions politiques, si vous en avez vous-même ne serait-ce qu’une connaissance grossière, vous aurez une sacrée surprise. Mais évidemment, avec une vision de l’engagement en termes de positionnement éclairé par une réflexion creusée de l’histoire du parti ou de sa religion, on ne peut que penser le foulard de la militante comme étant le résultat soit de sa bêtise crasse soit de sa volonté de faire pénétrer l’islam partout en France.

De la pratique intensive du «toutes choses étant égales par ailleurs».
Ce qui n’aurait de sens que si vous mettiez tout le monde en apesanteur sociale, en effaçant le contexte politique, social, et en écrasant l’histoire.  Avec cette posture, il s’agirait de dire qu’on traite les musulmans comme les catholiques, d’une manière neutre et pleine de bonnes intentions, et de débattre des valeurs républicaines. On fait fi des présupposés, du sens que prennent les mots et positions dans le contexte, de sa réception etc. Si vous refusez ce débat, vous êtes complices (de quoi ?). Or, il y a une différence de taille entre le fait de refuser les termes du débat, tels qu’ils nous sont imposés, de questionner le contexte, l’utilisation faite de ce débat, de se demander quel est l’intérêt de cet effet de loupe médiatique, et celui de ne pas avoir le courage de «se positionner». Parlons donc du courage nécessaire à ce positionnement.

La posture de gôche contre le voile ou la burqa se nourrit de ce qui semble être brandi comme du courage politique, celui de se positionner, même si cest compliqué et mal vu par ses camarades.
Je ne suis pas persuadée que d’ajouter sa voix à celle de la meute médiatique, même si on prend des précautions et qu’on montre qu’on n’est pas raciste pour un sou, soit une preuve de courage. On se retrouve exactement dans les mêmes conditions qu’avec le débat sur l’insécurité. Soit on en parlait à gauche, soit on faisait preuve d’angélisme. Ce qui signifiait que : soit on acceptait de voir la réalité telle qu’elle était (sans la questionner ou si peu), soit on refusait de la voir. Il y avait donc LE problème de l’insécurité, LA réalité d’un côté, et de l’autre, les abrutis qui ne voulaient pas la voir par idéologie (on effaçait donc l’idéologie du camp adverse, qui était lui, uniquement pragmatique).

Il me semble assez peu probable que Le Figaro, en relevant «l’affaire» de la militante voilée au NPA ait voulu apporter sa contribution à la réflexion interne au parti. Il me semble également douteux de penser qu’il se préoccupe du sort des femmes, en général, et des musulmanes en particulier. Le Figaro les regarde depuis qu’elles ont l’outrecuidance de tenir, à la place d’un balai, un crayon ou un micro. Il s’inquiète qu’il y ait des arabes partout (même s’il ne le dit évidemment pas comme ça) depuis qu’ils ne nous attendent plus pour qu’on les définisse, ce qu’on s’est pourtant évertué à faire de générations en générations. Tant qu’on le faisait, nous («vous êtes des arabes, et des arabes, c’est comme ça»), cela n’avait rien de menaçant pour la cohésion de la nation, son identité, sa sécurité, bien que nous passions alors tout notre temps à les définir comme différents. Le Figaro s’accommodait fort bien des bidonvilles, de l’usine, et trouvait d’ailleurs peut-être que leur religion avait du bon, si elle leur rendait supportable une misère qui nous permettait de faire croître notre gros PIB.

Comment expliquerai-je à des gamins, dans trente ans, que pendant qu’on explosait notre système social (dont les femmes dépendent en priorité, pour leurs retraites par exemple, pour les gamins dont elles ont la charge majoritairement, pour survivre avec leurs contrats précaires, pour l’accès à l’IVG), pendant qu’ils cassaient cela, nous n’avons rien trouvé de mieux, sur fond de création d’un ministère de l’immigration, de l’intégration et de l’identité nationale, que de prendre position dans l’affaire du foulard d’une militante NPA, affaire révélée par le Figaro. Ils vont rire jaune. Je leur dirais sans doute que ce que nous trouvions le plus directement menaçant à l’époque, ce n’était pas la misère galopante, la casse de la solidarité nationale, mais l’Islam. S’ils me répondent qu’on s’est fait rouler comme des bleus, je ne saurais pas quoi dire d’autre que «tes grand-parents aussi en 81», mais ce sera une bien piètre consolation.

Je suis féministe et je ne parle pas de l’affaire du foulard en me positionnant dans le cadre du débat médiatique, parce que, justement, ce que le féminisme à montré, a débusqué, a fait ressortir d’une manière souvent éclatante, il l’a fait en allant lire entre les lignes, en cherchant à éclairer ce que personne ne voyait, ce qui ne faisait jamais la Une. Il ne l’a pas fait en acceptant les termes des débats imposés (les termes et les débats). C’est en rompant avec la pensée dominante, en cassant les schémas préconstruits qu’il a permis de parler d’autre chose que de «La condition de Lafâme au foyer», libérable grâce à Moulinex.

Je suis athée également, et je ne confonds pas la critique des religions avec le tabassage des croyants, surtout lorsque j’ai conscience que derrière la critique des religions c’est un groupe social dominé, méprisé, stigmatisé en permanence dans les médias, qui est visé.

Les Entrailles de Mademoiselle, 5 février 2010.
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Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /2010 18:08
«La menace. Jeudi dernier, dans une coursive au pied de la tour Balzac de la cité des 4000, à La Courneuve. Ce tag, à la gauche du policier, est présent depuis plus de trois mois : “Les Flash-Ball, c’est rien. Bientôt, c’est à l’explosif ! Et à la kalache.”»
Leur presse (Paris-Match), 28 mai 2009.
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Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /2010 14:01
Petit aperçu de l’exercice de servilité volontaire dans les médias

Pression, répression et autocensure dans les médias. Tout un art du haut en bas.

Soumis, les journalistes ? Pas possible. Mais à qui, à quoi ?

Première résignation : le diktat du capitalisme comme seul modèle. On peut juste envisager des aménagements, des réformes, une «humanisation» des aspects les plus indéfendables. L’acceptabilité a fait son œuvre. Les résistants à la doctrine sont volontiers jugés comme des énervés ou de doux rêveurs, voire d’archaïques nostalgiques d’un temps où les rapports de force de la lutte de classes pouvaient être mis en lumière. Les plus hauts niveaux des hiérarchies des rédactions sont les plus résolus à la défense du capital, même s’ils s’en défendent (un peu). On a sa dignité. Au-dessus, les patrons de presse sont évidemment les plus cul et chemise avec le capitalisme : ils en sont les grands acteurs, vendeurs de béton, d’avions de combat, banquiers. Les salarié-e-s ne peuvent l’ignorer. Le plus souvent, il, elle, est donc au mieux résigné vis-à-vis des lois du marché, comme on dit. D’autant que le média qui l’emploie est avant tout une marchandise, même si certains patrons de presse et leurs relais dans la hiérarchie jouent sur les mots en parlant de «service au public». Une formule qui laisse entendre que c’est presque un service public. Alors que le journal, une station de radio, une télé sont d’abord des produits à vendre qui baratinent sur le fait qu’ils sont «au service de leur public», alors qu’ils sont plus prosaïquement à la recherche de clients tout en développant des stratégies pour ne pas trop en perdre en route.

Ah bon, les médias une marchandise ? Noooon…

Quand on dit clients, cela vaut autant pour les acheteurs au numéro, simples particuliers donc, que pour les annonceurs plus officiels ou les entreprises vantant et vendant leur camelote. Et il y avait jusqu’ici plusieurs catégories d’annonceurs : les encarts de pub, les petites annonces, les annonces légales… La pub classique est fournie par les vendeurs de promos dans leurs rayons de supermarché essentiellement, mais aussi par les concessionnaires de bagnoles, les banques, les promoteurs immobiliers, voire l’industrie du luxe (montres, parfums…) pour les news magazines. Le gros des petites annonces émanait jusqu’ici du particulier vendant sa baraque ou cherchant une bonne occase de canapé, mais aussi des familles de défunts récents passant un faire-part. Les annonces légales sont passées par les collectivités pour présenter les appels d’offres, les marchés publics. Les secteur des annonces des particuliers est en chute libre pour la presse écrite. Un marché récupéré par les sites internet comme leboncoin.fr, où Ouest-France a aussi des billes.

Le traitement pipole enrichit pourtant le journalisme irrévérencieux…

Si les rédactions se montrent tout aussi soumises aux agitations de l’agenda de Sarkozy, il est de bon ton de s’en plaindre. On a sa fierté. Idem pour le relais, et finalement l’orchestration de la pipolisation de la politique. À vrai dire, on ne sait plus très bien qui est à la remorque de qui. Exemple : Carla Bruni n’a pas de rôle politique, mais elle fait vendre. Lors de la sortie de son dernier album, en juin 2008, Libération lui consacre la Une et cinq pages intérieures d’interview insipide. Mais dans la rédaction, on admet que les ventes du quotidien ont bondi ce jour-là de 45%. La distance critique est soluble dans la soumission aux chiffres de vente. D’autres recettes marketing répondent à cette injonction de fourguer du papier en flattant les préoccupations d’une clientèle de classes moyennes, ou CSP + selon la terminologie des statisticiens. Exemples : les palmarès des villes où il fait bon vivre, les dossiers sur l’immobilier, les hit-parades des lycées qui scorent au bac, des meilleurs hostos…

La pub ferait pression pour censurer des articles ? Incroyable.

La pression vient essentiellement des annonceurs achetant des placards ou des spots de pub. Exemple : le Crédit Mutuel a réussi à appliquer des mesures de rétorsion économique directe au quotidien économique les Échos à qui la banque a sucré abonnements et publicité. Son crime : lèse-majesté patronale. En mai 2009, les Échos publient un palmarès des patrons de banque au plus gros revenus de France. Number one du hit parade : Michel Lucas, directeur général du Crédit Mut. Le bonhomme n’est pas que le patron de la banque, il est aussi le plus gros client des Échos : number one des annonceurs publicitaires. Les commandes d’encarts de pub sont donc interrompues en même temps que les abonnements de la banque sont résiliés : 1200 exemplaires perdus pour l’entreprise de presse, soit 2% des abonnés. Pour la prochaine fois, ça fait méditer. Il faut savoir que la presse en France n’est plus une affaire de résistants et des familles qui ont suivi (exception faite de Ouest-France qui est toujours dans ce schéma-là). Désormais, la presse est à l’évidence une affaire de capitalistes, de grands groupes et d’actionnaires, parfois de plus anonymes fonds de pension. C’est donc moderne. Les grands propriétaires de journaux sont connus, marchands d’armes (Lagardère, Dassault) ou de béton (Bouygues) mais aussi des banques elles-mêmes : sans tapage, le Crédit Mutuel est devenu le premier éditeur de la presse régionale, propriétaire direct de quotidiens comme L’Alsace et Le Républicain lorrain, et contrôlant, via le groupe Ebra, Le Progrès, Le Journal de Saône-et-Loire, Le Bien public, Le Dauphiné libéré. À l’autre bout de l’Hexagone, le Crédit Mut a par ailleurs fait une entrée discrète à Ouest-France. Jean Gersin, responsable de la CGT du Livre explique à l’Huma : «Lucas a une mission stratégique : créer le nouveau modèle économique et social de la presse régionale». En poussant l’extension de son «modèle» jusqu’à la servilité volontaire des rédactions.

Comment ça, la servilité volontaire ? Faut pas pousser.

Le plus souvent, la censure autoritaire, verticale, n’a pas besoin d’exprimer directement sa pression pour redescendre jusqu’au rédacteur de base qui sait tout ça. Elle, il l’a intériorisé et s’autocensure en conséquence. À temps. Et s’il est rémunéré à la pige, au coup par coup, elle ou il le sait d’autant mieux. S’il veut qu’on lui recommande d’autres articles, il doit être conforme. Quand on est salarié d’un groupe détenu par un marchand de canons, on ne s’attarde pas à tenter d’enquêter sur les marchés d’armement fourgué à des pays borgnes du globe. Pareillement, aucun-e journaliste à Ouest-France ne s’aventurerait à proposer un sujet sur l’exploitation des précaires salarié-e-s d’Adrexo, filiale du groupe Ouest-France qui fait la distribution des journaux d’annonces gratuites comme Top-annonces et les gratuits d’information comme 20 Minutes (détenu à 50% par Ouest-France). Quand on est à Libération, on ne touche pas à Rothschild, l’actionnaire majoritaire. Pas d’enquête critique sur ses patrons, leurs affaires et leurs intérêts, ou sur leurs amis, n’importe quel journaliste sait ça. Et dans la presse quotidienne régionale, les notables peuvent aussi bénéficier de cette impunité a priori. On attendra que ça passe en justice, si ça en arrive jusque là un jour. Et on ne donnera peut-être pas le nom du notable en question. Ce n’est pas toujours vrai, mais les initiatives d’enquêtes compliquées mouillant les pouvoirs en place, sur de sujets qui fâchent, sont le plus souvent auto-censurées par les journalistes eux-mêmes. Bien avant qu’on leur demande d’oublier ce qu’ils ont commencé à découvrir. Il y a aussi les partenariats qui lient un titre de presse à un évènement et donc à des collectivités. Malversation dans les coulisses d’un festival, ou simplement gros déficit gênant ? Oui mais le festival en question est partenaire du média qui emploie le susdit journaliste. Alors, on garde sous le coude, histoire de ne pas aller au-devant des ennuis.

L’auto-censure, c’est en voiture que ça se passe ?

Quand une association de consommateurs établit un palmarès des hypermarchés les plus chers du coin, on ne cherchera pas à mettre en avant l’information, surtout si l’hyper montré du doigt est un gros annonceur dans les pages du journal. Pas fou. Dans le domaine politique, localement, les rencontres sont régulières, conseils municipaux, conférences de presse, évènements divers. Si on cartonne un élu, il y a le risque qu’il boude les interviews, boycotte le média, ou demande le remplacement du journaliste pour la rubrique. Il vaut mieux le sentir avant de commettre la boulette. Le courage peut ainsi s’amollir de lui même.

Pour acheter un journaliste, comment on fait ? Y’a des tarifs ?

Le plus simple c’est de solliciter la reconnaissance du ventre. Difficile d’asticoter par écrit, sur de vrais sujets qui fâchent, celui qui invite au restaurant, et fournit gratis bons plats et bon pinard. On ne crache pas dans la soupe, ce serait risquer de ne pas être invité au prochain coup. Les petits cadeaux peuvent entretenir l’amitié, stylos, vêtements, produits de l’entreprise visitée, tout un tas de gadgets qui relèvent de la petite corruption de bas étage. Un voyage de presse offre forcément des à-cotés sympathiques, séjour à l’étranger, après-midi libres pour le shopping, soirées off dans des boîtes de nuit. Un séjour partagé avec des journalistes tisse et lisse les relations. Quand on a passé de bonnes soirées ensemble, échangé dans la convivialité, et qu’on s’est fait rincer aux frais de la princesse (entreprise ou contribuable, peu importe), on sait se montrer reconnaissant, arrondir les angles quand il le faut.

Hors de la cuisine interne des médias, il reste une censure d’État ?

Anastasie apparaît lors des conflits armés : pendant la première guerre mondiale, 1914-1918, c’est l’armée qui contrôle avant parution les contenus des journaux. Les quotidiens censurés peuvent paraître avec des passages ou des colonnes entières vides, invisibles pour le lecteur. La légitimité de la censure s’appuie sur le prétexte de ne pas renseigner l’ennemi sur l’état des troupes, leurs positions, leurs mouvements. L’expression «bourrage de crânes» est née. Et le Canard Enchaîné avec. On retrouve la censure sous l’Occupation, et ponctuellement pendant les évènements d’Algérie qui sont en fait la guerre d’indépendance. L’État exerce aussi sa censure avec des critères moraux, de bonnes mœurs, à travers la loi de 1949 sur les publications destinées à la jeunesse. Ce sont surtout les images qui choquent les Pères-la-pudeur de la censure, plus que les textes. Le tri est confié à une Commission de surveillance et de contrôle, qui peut décider l’interdiction pure est simple (l’hebdo Hara-Kiri et sa une «Bal tragique à Colombey, un mort» quand De Gaulle a passé l’arme à gauche), ou l’interdiction à l’affichage (à l’intérieur ou à l’extérieur des kiosques), voire l’interdiction de vente aux mineurs, quand il y a pour le pouvoir trop de violence, trop de poil, de cul ou d’homosexualité. Tarzan, trop nu, trop bestial, a ainsi été visé par la censure dans les années 50.

Pourquoi les journalistes n’entrent pas dans la résistance ?

Le syndicalisme des journalistes dans les médias pourrait servir à résister. À ancrer des résistances, à renforcer les garanties d’indépendance des journalistes, y compris vis à vis de leurs propres directions, comme le prévoit un texte qui a cours en Allemagne. Mais le syndicalisme des journalistes a une forte base corporatiste, et reste très lié aux salarié-e-s permanent-e-s des rédactions, les journalistes mensualisé-e-s. Les autres, les précaires, pigistes en proposition croissante, ou les correspondants locaux de presse qu’utilise la presse régionale, sont mal pris en compte par les syndicats en place. Ces salarié-e-s sont individualisés, souvent isolés, ne formant pas une communauté de travail, ne se rencontrant pratiquement jamais. Elles, ils privilégient des logiques de survie, abandonnant toute idée de faire valoir ses droits, de défendre des points de vue en conflit avec ses commanditaires. Des revendications d’indépendance qui pourraient vite virer à une mise à l’écart de ces précaires de la presse, sans soutien ni solidarité, donc sans capacité défensive pour établir un rapport de force favorable. Donc il vaut mieux se taire, faire gentiment ce qu’on demande et anticiper les axes porteurs en éliminant les sujets qui mettent en danger. Ou alors passer à l’action. Don’t hate the media, be the media !, dit le réseau Indymedia. Ce qui place l’information dans un rapport militant, hors de la logique du travail rémunéré. Ce qui ne gâche rien.

Compte-rendu de l’Université populaire
Syndicats nantais de la CNT, 22 janvier 2010.
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Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /2010 11:51
Internationale unitaire, 4 août 1971.
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Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /2010 10:27

L’existence même du régime islamique d’Iran est incompatible avec la liberté des femmes. La République Islamique d’Iran est un État misogyne, l’architecte de l’apartheid entre les sexes et le responsable de trois décennies des plus odieuses formes d’abus, de discriminations et de violences contre les femmes en Iran. Une société ne peut pas être libre si les femmes ne sont pas libres. Sans le renversement du régime islamique misogyne, les femmes n’obtiendront pas leurs droits en Iran. La République Islamique doit s’en aller ! Tel est le message de Neda Agha Soltan, le symbole de la révolution en cours en Iran ; tel est le décret des courageuses femmes qui, en premières lignes des protestations populaires, ont affronté l’ensemble de l’État islamique ces sept derniers mois.

Il y a trente ans en Iran, le 8 mars 1979, nous, femmes amoureuses de la liberté et hommes épris de liberté, nous nous sommes levé[e]s face aux réactionnaires qui venaient de prendre le pouvoir, et avons crié «non au voile obligatoire !» Aujourd’hui, avec derrière nous l’expérience douloureuse et sanglante de trois décennies d’apartheid entre les sexes, d’esclavage de genre et de répression continuelle des femmes, nous déclarons encore plus clairement et encore plus fort, avec la jeune et progressiste génération d’aujourd’hui, que la République Islamique doit être renversée en tant qu’État misogyne et en tant que régime d’apartheid sexiste. Nous disons que les dirigeants de la République Islamique doivent être arrêtés et jugés pour leurs crimes systématiques contre des millions de femmes, ces crimes contre l’humanité. Voilà le décret de la révolution en Iran. Avec le renversement de la République Islamique, nous tendrons une main solidaire à des millions de femmes dans les pays soumis à l’Islam, qui sont prisonnières des États et des gangs islamistes, des adorateurs de l’honneur et des traditions chauvinistes-mâles islamiques.

Aujourd’hui, le soutien à la révolution en cours en Iran peut et doit devenir un vaste mouvement international. Le 8 mars est la Journée internationale des femmes, qui cette année porte la marque de la solidarité avec les femmes et le peuple en Iran dans la lutte pour renverser le régime islamique. Nous appelons les militantes et organisations des droits des femmes à affirmer leur solidarité avec le mouvement des femmes en Iran, et à se souvenir de Neda en tant que symbole du mouvement révolutionnaire contre la République Islamique. Cette année le 8 mars est la journée de solidarité avec le mouvement du peuple d’Iran pour la liberté !

Nous publions ce Manifeste de la libération des femmes en Iran, et appelons toutes les militantes des droits des femmes et les forces laïques et progressistes à soutenir ce manifeste et à se joindre à la solidarité avec le peuple d’Iran dans la lutte pour le renversement du régime islamique d’apartheid sexiste :

1 – Jugement des dirigeants et responsables de la République Islamique pour crimes contre l’humanité, y compris pour les trente années des plus vils abus, de discriminations et de violences contre les femmes en Iran.
2 – Abolition de toutes les lois islamiques misogynes discriminatoires contre les femmes, égalité complète entre les femmes et les hommes dans tous les aspects économiques, politiques, culturels, sociaux et familiaux.
3 – Séparation complète de la religion de l’État, du système éducatif et de toutes les lois.
4 – Abolition de la ségrégation entre les sexes et de l’apartheid sexiste.
5 – Interdiction du Sighe [«location de femmes» islamique] et de la polygamie ; droit inconditionnel à la séparation [divorce] pour les femmes et les hommes, abolition de toutes les lois qui soumettent les droits civils des femmes [comme le droit de voyager, aux relations sociales, à la participation aux activités sociales, etc.] à la permission du mari, du père ou d’un autre homme de la famille ; égalité complète entre les femmes et les hommes pour les droits et devoirs dans la garde et le soin des enfants après la séparation.
6 – Abolition du voile obligatoire [hidjab] ; interdiction du hidjab pour les enfants ; liberté totale d’habillement.
7 – Abolition de toutes les lois barbares comme la lapidation, la peine de mort, la rétribution [Qesas] et des autres punitions islamiques.
8 – Liberté inconditionnelle d’expression, de protestation, de grève, d’assemblée, d’organisation et de formation de partis.
9 – Libération immédiate de toutes et tous les prisonnier[e]s politiques et de conscience.
10 – Liberté de religion et d’athéisme et liberté de critiquer la religion.

Mina Ahadi, Mahin Alipour, Shahla Daneshfar,
Maryam Namazie - 22 janvier 2010.
Equal Rights Now, Organisation
contre la discrimination des femmes en Iran.
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JL, mode d’emploi


En face, le Medef et la police travaillent, la bourgeoisie s’arme. En ligne depuis le printemps 2006, Le Jura Libertaire est un outil quotidien d’information, de diffusion, d’expression antiautoritaire et autogestionnaire.

C’est un blog qui reflète des activités réelles, des luttes concrètes, en faisant connaître des réalités, en activant des solidarités, et en fournissant des munitions théoriques aux combattantEs, du Jura comme d’ailleurs.

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