Mercredi 11 novembre 2009
Tarnac, la défense contre-attaque
Un an après, le dossier semble au point mort. La défense démonte un PV de police, le principal atout de
l’accusation.
Le 11 novembre 2008, à l’heure du laitier, quelque 150 gendarmes et policiers armés et encagoulés investissent la ferme du Goutailloux, dans le petit village de Tarnac, en Corrèze. Au même moment, même
scénario à Paris, Rouen, et dans la Meuse. Au total, une vingtaine de personnes sont interpellées, dix placées en garde à vue. Trois jours plus tard, neuf seront mises en examen par le juge
Thierry Fragnoli pour «association de malfaiteurs en liaison avec une entreprise terroriste », puis placées en détention provisoire.
Il est 10h30 quand Michèle Alliot-Marie convoque la presse. La ministre de
l’Intérieur se
réjouit du démantèlement d’un groupuscule «d’ultragauche, mouvement autonome». La Cellule invisible, c’est son nom, et son «chef» est Julien Coupat. Une enquête «très fouillée» les met en cause dans les actes de sabotage commis la
semaine précédente sur des lignes SNCF. Le procureur de Paris, Jean-Claude Marin, y va à son tour de sa conférence de presse pour renchérir : «Le but de leur entreprise est bien
d’atteindre les
institutions de l’État et de parvenir par la violence à troubler l’ordre politique, économique et social.»
De la chancellerie, de Matignon, de l’Élysée, les félicitations pleuvent sur les forces de l’ordre, leur «mobilisation», leur «efficacité».
Un vrai-faux PV ?
Un an plus tard, ces mâles assurances sonnent le creux. Pas sûr que les journalistes soient invités ce matin place Beauveau pour le premier anniversaire de l’«affaire» de Tarnac. Le parquet de Paris est
silencieux, le juge Fragnoli aussi. Les détenus ont recouvré la liberté les uns après les autres, au bout de quelques jours pour les uns, de quelques mois pour Julien Coupat et sa compagne,
Yldune Lévy, et le dossier semble au même point qu’il y a douze mois. C’est-à-dire au point mort.
La parole est maintenant à la défense. C’est elle qui tient désormais la vedette dans les médias. Les nouveaux avocats des neuf mis en examen, Jérémie Assous et Thierry Lévy,
ont adressé lundi une note au juge d’instruction pour lui rappeler «son obligation d’instruire à charge et à décharge». Ils lui demandent notamment de «confronter les enquêteurs à leurs contradictions» afin de
déterminer quel crédit on peut apporter à leurs investigations.
Est visé ce que Me Assous qualifie de «socle de l’accusation» : le procès-verbal de police qui atteste de la présence de Julien Coupat et d’Yldune Lévy à Dhuisy (Seine-et-Marne), la
nuit où la ligne du TGV-Est fut endommagée par un fer à béton accroché à une caténaire. «En analysant le rapport des policiers de la Sdat (Sous-direction antiterrorisme) qui les filaient ce
soir-là, on s’aperçoit qu’il est totalement incompatible avec la réalité du terrain. Soit le PV ne décrit pas la réalité, soit cette réalité s’est abstraite des règles de physique les
plus élémentaires !»
L’avocat
s’est rendu sur
place pour se livrer à sa propre reconstitution. La ligne LGV est en hauteur, c’est une longue ligne droite, et par nuit claire «c’est un véritable théâtre d’ombres», dit-il. «Si les policiers étaient
effectivement en planque, comment expliquer qu’ils n’aient rien fait ? Pour poser le fer à béton là où il était, il faut escalader deux grilles hérissées de barbelés, parcourir 530
mètres et grimper un pylône de 7 mètres, le tout à l’aller et au retour. Et ils n’auraient rien vu, rien entendu ?»
D’autres
incohérences truffent le procès-verbal, selon Me Assous. La chronologie de la filature, telle qu’elle est minutée par les policiers, signifierait que l’antique Mercedes de Julien Coupat et de sa
compagne a battu des records de vitesse sur les petites départementales de Seine-et-Marne. Aucune trace de pneu de la même Mercedes n’a été relevée à l’endroit où elle est censée avoir stationné.
Pas plus, d’ailleurs, que de la voiture de la Sdat. «Et comment se fait-il que les policiers disent avoir alerté leur hiérarchie dès 5h10 alors que la SNCF, elle,
n’a été prévenue
qu’à 9h55 ?»
Conclusion ? «Ni Julien et Yldune, ni les policiers de la Sdat n’étaient présents sur les lieux du sabotage.» Mais c’est sur la foi de ce procès-verbal qu’ils ont été jetés en prison pendant six
mois.
Pas de commémoration
Aujourd’hui à
Tarnac, aucune autre commémoration que celle de l’armistice n’est prévue. Sans doute l’épicerie sera-t-elle ouverte, ainsi que le bistrot, auxquels ceux du Goutailloux ont
redonné vie.
Son gérant en titre ne sera pas là. Benjamin Rosoux, comme les huit autres mis en examen, est soumis depuis sa sortie de prison à un contrôle judiciaire très strict. Assigné à domicile chez sa
mère, en Normandie, il a retrouvé un emploi tout récemment dans un bar-librairie. «Jusqu’à il y a encore trois semaines, j’étais obligé de pointer tous les jours à la
gendarmerie. Le contrôle a été assoupli sur ce point, mais c’est bien le seul. Je n’ai toujours pas le droit de retourner à Tarnac. J’attends que tout ça se finisse au plus vite.
Et ça fait un an que ça dure.»
Leur presse (Pierre-Marie Lemaire, Sud Ouest), 11 novembre 2009.
Tarnac : un an après les sabotages, la qualification terroriste en question
Le 11 novembre 2008 au petit matin, la police antiterroriste interpelle une dizaine de jeunes présentés comme
proches de l’ultra-gauche et soupçonnés d’avoir saboté des lignes TGV. Un an après, leurs avocats dénoncent une «opération politique» menée au nom de
l’antiterrorisme.
Réunies sous le terme générique de «groupe de Tarnac», du nom d’un village corrézien qu’ils habitaient, neuf personnes âgées de 24 à 35 ans sont poursuivies depuis le 15
novembre pour ces sabotages de voies ferrées. Des actes qualifiés de terroristes par le juge d’instruction, Thierry Fragnoli, soutenu par le parquet, car ils visaient des transports
publics.
Certains ont connu la détention provisoire, dont celui qui est présenté comme le «cerveau» du groupe, Julien Coupat, brillant étudiant issu d’un milieu très aisé, qui passera six mois en
prison.
La police s’intéressait en fait à ce petit groupe depuis début 2008 et un voyage à New York de Coupat et de sa compagne, Yldune Levy, au cours duquel ils avaient participé à une
manifestation devant un centre de recrutement de l’armée.
Placés depuis leur libération sous de stricts contrôles judiciaires, les membres de ce petit groupe n’ont jamais formellement nié les faits mais dénoncent depuis le début de
l’enquête «un
dossier vide placé sous le sceau de l’antiterrorisme», selon les termes de Me Irène Terrel, qui défend quatre de ces jeunes, dont Coupat.
«Cette enquête est le résultat d’une opération politico-médiatique et non juridique», tempête Me Terrel, rompue aux dossiers mêlant extrême-gauche et terrorisme.
Pour Me Terrel, comme pour l’opposition et des associations, qui voient dans ce dossier un emblème des menaces qui pèsent selon elles sur les libertés publiques, cette enquête «mal ficelée est le résultat
direct de la crainte exprimée par Michèle Alliot-Marie lorsqu’elle était place Beauvau de voir resurgir une ultra-gauche radicale» de type Action directe.
«L’antiterrorisme a
bon dos», relève Me Terrel, énumérant les «atteintes aux libertés comme les contrôles judiciaires que l’on impose à ces jeunes qui sont pour certains assignés à résidence chez leurs parents
ou ne peuvent plus se rendre à Tarnac où ils avaient pourtant du travail».
«On tente de créer un ennemi intérieur pour masquer les carences du dossier», ajoute à l’AFP Me Terrel, dénonçant «une criminalisation des écrits», en référence à
L’insurrection qui
vient, un ouvrage signé d’un mystérieux «comité invisible» et attribué par les enquêteurs à Coupat, ce
qu’il nie. «On est
allé jusqu’à mettre
sur écoute Éric Hazan, l’éditeur de ce livre», dénonce-t-elle.
Les enquêteurs estiment de leur côté s’appuyer sur des éléments tangibles pour maintenir leurs poursuites contre le «groupe de Tarnac».
Coupat et sa compagne, suivis ce soir-là, ont ainsi été aperçus près d’une voie sabotée le soir des faits. Des expertises informatiques ont permis en outre de mettre la main sur un manuel de
fabrication de bombe et des matrices de faux documents d’identité. «Et puis les sabotages ont cessé depuis leur interpellation», relève un enquêteur.
Policiers et magistrats passent également au peigne fin les éventuels contacts qu’auraient pu entretenir ces jeunes avec des groupes allemands et grecs. «Le dossier
évolue, même s’il
n’était pas
forcément mûr au début», assure un enquêteur. L’instruction pourrait être close avant l’été 2010.
Leur presse (AFP), 11 novembre.
Ces criminologues qui murmurent à l’oreille de MAM
L’arrestation de Coupat a permis à l’État de mettre en
avant deux théoriciens du «décèlement précoce» du terrorisme : Raufer et Bauer.
Michèle Alliot-Marie, en février 2009, justifiait l’énergie déployée pour monter le spectacle appelé «Affaire de Tarnac» par «la résurgence de groupes très radicaux et souvent violents». Et
d’inviter ses interlocuteurs à l’aider dans la lutte contre des gens qui «contestent l’État, contestent l’autorité».
Mais à qui demandait-elle de «créer de la part de l’opinion publique un rejet de ces groupes» ? Au «Mouvement Initiative et Libertés» (Mil), devant lequel elle s’exprimait à l’occasion de ses
assises nationales. Créé en 1981, le Mil a accueilli les transfuges et les dirigeant du très à droite Service d’Action Civique (Sac), peu après la dissolution de celui-ci en 1982, à la suite de
la fameuse tuerie d’Auriol, commise par certains de ses membres. En 2009, la ministre de l’Intérieur invite donc les «milistes» (je n’ai pas dit «miliciens») à jouer sur le besoin d’État qui
travaillerait la population. Les gens, selon elle, seraient «mieux disposés» à «isoler» ceux qui attaquent l’État. «À condition d’y croire. Je dis bien à condition d’y croire.»
Pour produire cette croyance dont la ministre expose avec insistance la nécessité, le duo Xavier Raufer-Alain Bauer s’est depuis longtemps imposé. Binôme bien dans l’air du temps : Raufer (de son
vrai nom Christian de Bongain) vient d’Occident et des réseaux de la guerre froide, tandis que Bauer a commencé du côté de Michel Rocard et du Grand Orient de France. Le premier a créé au sein de
l’Institut de criminologie de l’Université Paris II (avec l’aide d’un prof du Front National) le Département de Recherches sur les Menaces Criminelles Contemporaines (Drmcc), tandis que Bauer a
eu droit récemment à une chaire de criminologie créée spécialement pour lui au Conservatoire des Arts et Métiers. L’un et l’autre enseignent dans ces hauts lieux démocratiques que sont, en Chine,
l’École supérieure de police criminelle et le Centre de recherche sur le terrorisme et le crime organisé. Bauer, dont la société de conseil en sécurité accumule les contrats juteux avec les
collectivités locales et les entreprises, se flatte d’avoir attiré l’attention d’Alliot-Marie sur Coupat.
Voilà longtemps que l’on sait à quoi s’en tenir sur la «science» du duo. En 1998, leur Que sais-je ? intitulé Violences et insécurités urbaines était déjà remarquable par la prédominance
de l’idéologie sur l’analyse empirique, alors même que les auteurs prétendaient s’en tenir aux faits. Ils ont persévéré dans La Face noire de la mondialisation, publié aux prestigieuses
éditions du CNRS, avec un discours similaire et une supposée «trouvaille», la seule : le «décèlement précoce». On a eu une démonstration de ce qu’ils entendaient par là avec l’affaire de
Tarnac. En avril 2009, Bauer expliqua, sur France 2, que les «prémisses étaient les mêmes» entre les gens de Tarnac, Action Directe et les Brigades rouges ! Le 19 octobre,
le même s’exprimait — en qualité de président du groupe de contrôle des fichiers de police et de gendarmerie — dans Libération à propos de la volonté affichée par Hortefeux de créer deux
nouveaux fichiers : «Il s’agit de fichiers de renseignements sur des personnes qui n’ont pas commis d’actes répréhensibles mais qui sont susceptibles de le faire» (sic). Décèlement
précoce, là encore !
Et une fois ce décèlement opéré, une fois les personnes susceptibles de commettre des actes répréhensibles dûment fichées, que fait-on ? Dans leur livre, nos experts proposent rien moins que de
«nettoyer» le «terrain criminel», c’est-à-dire l’ensemble du «cadre social et économique». «Infiniment plus efficace que la démarche consistant à saucissonner l’ensemble en mille procédures
tatillonnes, pathétiquement lentes et finalement inutiles, selon des codes dépassés…», assurent-ils.
Telle est la pensée qui inspirait la ministre de l’Intérieur, aujourd’hui ministre de la Justice, quand elle s’adressait à une organisation connue pour mener la chasse aux grévistes et aux
gauchistes. Et qui, en 1968, dressaient des plans pour regrouper les gens de gauche dans des stades…
Leur presse (Serge Quadruppani, Siné Hebdo no 61), 4 novembre.
Mercredi 11 novembre 2009
La nuit du 8 au 9 novembre en région parisienne, plusieurs entreprises liées à l’enfermement ont été
visées :
— Eiffage (une des plus grandes entreprises de BTP qui construit de la même manière les villes que les prisons) rue de
Watt (13e), où deux engins de chantiers ont été sabotés avec du sucre dans leur réservoir, avec un tag à côté : «Eiffage construit des prisons pour enfermer les pauvres. Sabotons
Eiffage».
— L’Institut de criminologie de la Fac de Droit rue Cujas (6e) a été tagué d’un «Feu aux prisons», «Crève
l’État et son droit».
— L’APIJ (Agence Publique pour l’Immobilier de la Justice, organisme du ministère de la Justice chargé des appels
d’offres) rue du Château-des-Rentiers (13e) a été tagué d’un «Ici l’État (APIJ) programme la construction de nouvelles prisons. Attaquons-le(s)».
— IOSIS (cabinet d’ingénierie dédié à la construction et la rénovation des taules) rue Dolores-Ibarruri (Montreuil, 93)
a été tagué d’un «IOSIS travaille à l’enfermement. Liberté pour tous !»
— La boutique Orange (qui s’enrichit sur le travail des taulards) place Jeanne-d’Arc (13e) a eu ses 8 vitrines brisées,
accompagnées du tag «Exploiteur de prisonniers».
Ces actions s’inscrivent dans le cadre de la semaine anticarcérale contre les longues peines et tous les enfermements. À bas toutes les prisons et ceux qui en profitent. Continuons à les harceler
chacun à sa manière au-delà de cette semaine d’agitation, c’est facile et ça pourrait leur coûter cher…
Publié dans : Feu aux prisons
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Mercredi 11 novembre 2009
Le troisième arrondissement de Lyon autour du quartier de la Guillotière fait l’objet d’une répression policière
qui s’est intensifiée depuis un an, date de l’ouverture du commissariat de police place Bahadourian. Au travers de récents événements, nous pouvons constater la volonté de contrôle de la
population. Cela se traduit par le fait d’éviter tout débordement.
Des précédents
Dans la nuit de jeudi à vendredi 6 novembre, un groupe d’étudiants s’est réuni rue Vendôme dans un cadre festif. Suite à des plaintes de voisins, la police arrive et leur demande de se
déplacer. Les étudiants se dirigent alors place Guichard. Ils sont suivis par une voiture de la BAC. Les premières discussions avec les policiers se passent de manière sereine. Suite à leur
départ une heure plus tard, deux étudiants subissent un contrôle d’identité musclé (pris à la gorge, ils sont poussés violemment). Cette scène alerte deux de leurs ami(e)s qui se rapprochent afin
de négocier leur départ avec les policiers. Sans sommation, les premiers coups des policiers tombent. Le reste du groupe s’attroupe autour des policiers. Les coups se mettent alors à pleuvoir,
suivis de gaz lacrymogène. Un des membres du groupe situé en retrait se fait interpeller, frapper au visage et sur le corps à de multiples reprises une fois au sol. Il est sorti samedi après 36
heures de garde à vue. Résultat : un crâne ouvert, un bras cassé et de multiples ecchymoses, soit une soixantaine de jours d’ITT cumulés et une accusation de violences aggravées sur agents
de la force publique. Finalement, les policiers reviennent sur leur plainte et la substituent en une simple rébellion. Les policiers ont reconnus s’être «blessés» aux phalanges et aux genoux en
frappant. Verdict le 8 décembre en Maison de Justice.
Premier récit de l’expulsion du Komifo
Samedi soir, dès 22 heures une boum, en soutien au squat du Komifo contre sa fermeture, était organisée dans les lieux. Vers 2 heures du matin, un lourd dispositif policier (une
cinquantaine de policiers de différents corps, des chiens) se met en place dans le but de mettre fin à la soirée et de vider les lieux. Après l’infiltration de trois agents, les participants
réagissent en accourant vers la porte afin de contenir la police. De nombreux tirs de lacrymogène fusent, la pression policière se fait sentir. Une barricade se monte rapidement. Cependant, la
police parvient à rentrer à l’aide de flash-balls. Les participants sortent par derrière entourés d’un cordon de CRS n’hésitant pas à frapper à l’aveuglette. Ils les alignent le long d’un mur et
les laissent repartir direction rue de Créqui. Les différents groupes se font charger et certains sont passés à tabac. Étrangement, aux vues des violences policières, aucune interpellation mais
surtout de nombreuses blessures (dents cassées, arcades ouvertes, hématomes…). Et des policiers qui, selon plusieurs témoins, regrettaient de «ne pas avoir pu plus
s’amuser».
Second récit de l’expulsion du Komifo
Samedi soir, la soirée se passe pour la dernière fois au squat le Komifo, ça part avec un open-mic avec des gens du quartier, des camarades, ceux qui testent de prendre le micro,
l’ambiance est bonne, y a du monde, parce que faut pas oublier que le Komifo a brassé beaucoup de gens, on s’y est rencontré, on s’y sent bien. Quand la boom est lancée, il est déjà tard, on a de
l’énergie, on veut faire la fête ensemble, on se connait pas tous mais on est tous et toutes venus.es avec des potes ou on en retrouve sur place — excepté le gars louche qui ressemble à un deck
et qui fourre son nez un peu partout (bizarrement les premiers flics en uniforme déboulent 5 min après son départ). Les corps et les esprits se chauffent et les premiers murs commencent à tomber,
le Komifo, destiné à être détruit par la Mairie après l’expulsion, va l’être en partie pendant cette soirée. Cette énergie, si elle en déçoit certains, les scandalise ou les pousse dans leurs
retranchements moralisateurs et méprisants, cette énergie est pourtant contagieuse et bientôt ce sont les toilettes, le toit et les murs qui sont soit mis à terre soit repeints par des phrases
anti-flics, un fumi craqué dans le jardin contribue à l’ambiance ; quelques vitres et bien sûr le bar font les frais de cet élan de joie et de rage ; ils nous expulsent, on va pas non
plus leur dérouler le tapis rouge…
Sur ces entre-faits, trois porcs de la nationale débarquent par la porte ouverte, laissée sans surveillance, et se dirigent directement vers le dancefloor où on les invite à regagner la sortie.
C’est une escorte d’une quinzaine de personnes insultant et crachant sur les flics qui les ramènent à la porte… laquelle était alors fermée. Scène surréaliste, les flics sont coincés entre les
portes du Komifo et des gens très énervés qui, décidément, n’apprécient pas leur présence. Malgré l’alcool et la rage ils s’en sortent, ils ont eu chaud. Des gens paniquent, ne se sentent pas en
sécurité et décident de se faire la malle avant que la maison ne soit bouclée, très vite on entend ceux qui sortent par l’arrière : «Y a la BAC dans la rue». De toute évidence on se retrouve
à plus d’une quarantaine à rester, à se dire qu’on veut être soudés et solidaires face à ce qui se passe. On cherche nos potes dans la confusion, on se tient. Une barricade est improvisée devant
la porte à travers laquelle passent mollards et bris de verre jetés sur les decks par ceux qui tiennent l’entrée, les porcs se décident à gazer puis à entrer boucliers anti-émeutes aux bras après
avoir défoncé la porte en quelques coups de pompes. Des objets sont balancés, pêle-mêle : plot de circulation, barbecue, balançoire… Un tir de flashball retentit, on se regroupe dans le fond
du jardin, prêts à entamer une sortie collective, on commence à sortir sur le trottoir pendant que ceux qui assurent les arrières se font défoncer, les chiens sont lâchés. Jusque-là, on nous dit
qu’on va nous laisser partir sans contrôles mais qu’il va y avoir des arrestations. On se décide à bouger ensemble pour se disperser ensuite, on s’en va en gueulant «Flics ! Porcs !
Assassins !» Certains groupes s’en sortent, d’autres se font courser et certains rattraper.
Les flics sont énervés ce soir, ils ne veulent ni arrêter, ni contrôler mais juste mettre des coups, pour le plaisir. Le mot passe on se cale un rencard et une ou deux heures plus tard, on se
retrouve dans un appart’, au chaud. Contents de se retrouver, de se tenir ensemble. On fait le bilan : pas d’arrestations (à notre connaissance), de très rares contrôles d’identité, de
nombreuses blessures, mais surtout, une impression d’avoir vécu quelque chose de fort à relativement nombreux, un désir de ne pas en rester là.
Alors voilà, la suite au prochain épisode…
Conclusion
Ces deux événements ne sont pas isolés et s’inscrivent dans une politique de répression et de gestion policière du quartier populaire et immigré de la Guillotière. Après l’opération
«quais tranquilles», cela passe notamment par la Mission de Coordination des Actions de Sécurité et de Prévention développée par la Mairie du 3e arrondissement, qui vise notamment à un
renforcement des effectifs de police pour assurer «la tranquillité des habitants et la lutte contre le sentiment d’insécurité». Pour autant, l’installation du plus gros commissariat de Lyon place
Bahadourian, le «nettoyage» de la place du Pont, l’expulsion violente du Komifo, s’inscrivent plus dans une politique de répression sociale et de gentrification (exclusion des classes populaires
du centre-ville) que de sécurisation de ses habitants. En somme, il s’agit de l’expulsion programmée de toutes les populations indésirables du quartier de la Guillotière. La hausse de la violence
des interpellations conduit à des situations comparables à la répression subie lors de manifestations sauvages. Il paraît urgent de s’organiser afin de combattre le sentiment d’impunité dont
jouissent chaque fois plus les forces de police lors de leurs opérations de «sécurisation».
Mercredi 11 novembre 2009
À Lyon comme ailleurs,
régularisation des travailleurs sans-papiers
Alors que plus de 5000 travailleurs sans-papiers sont en grève depuis plusieurs semaines en Ile-de-France pour
obtenir leur régularisation, ce mercredi 11 novembre des militants du syndicat CNT Interco et de l’Union départementale du Rhône de la CNT se sont rassemblés devant le restaurant «La Route des
Pâtes», rue Mercière pour réclamer la régularisation d’un salarié travailleur sans-papier de l’entreprise.
Celui-ci travaille depuis 5 ans dans l’établissement et est présent en France depuis 10 ans. Il a décidé de porter le problème sur la place publique pour défendre ses conditions de travail,
réclamer sa régularisation et l’application du droit du travail.
Après une heure et demie de négociation, un accord a été trouvé avec l’employeur qui s’est engagé à faire toutes les démarches nécessaires pour obtenir sa régularisation. Cette action montre
l’intérêt de se mobiliser dans toutes les luttes.
La solidarité des travailleurs finira par payer !
Texte du tract distribué :
Aujourd’hui, mercredi 11 novembre 2009, le syndicat CNT Interco 69 a décidé d’occuper le restaurant «La Route des
Pâtes», 49 rue Mercière à Lyon, en soutien à l’un de ses syndiquéEs, commis de cuisine dans le restaurant. Depuis 5 ans il travaille là, sans-papiers.
Aujourd’hui il a décidé de sortir de l’ombre et de lutter pour sa régularisation et pour de meilleures conditions de travail. Il rejoint ainsi les quelques 5000 travailleurs sans-papiers d’Ile de
France en grève depuis plusieurs semaines dans les restaurants, les entreprises de nettoyage, sur les chantiers du BTP, etc. Plus largement, leur lutte rejoint celle de toutes les travailleuses
et travailleurs, avec ou sans-papiers, qui se battent pour leur dignité et pour défendre leurs intérêts de salariés face à des patrons sans scrupule !
Refusons l’hypocrisie
L’État présente les sans-papiers comme des clandestins et des profiteurs et veut en faire les boucs émissaires de la crise. Alors qu’ils produisent des richesses, qu’ils travaillent, qu’ils
cotisent aux différentes caisses de sécurité sociales et d’assurances chômage mais n’en bénéficient pas. Les patrons et les politiciens qui les servent tiennent un discours qui vise à diviser les
travailleurs, en opposant travailleurs français et immigrés, avec et sans-papiers.
Alors que ce sont les patrons qui licencient ! Ce sont les patrons qui précarisent ! Ce sont les patrons qui baissent ou gèlent les salaires ! Cela pour empocher des profits. C’est contre eux et
leur politique qu’il faut lutter, pas contre nos camarades travailleurs sans-papiers !
Patrons et politiciens font croire que la politique de répression de l’immigration préserve les travailleurs français de la prétendue concurrence des travailleurs migrants. En réalité, cette
politique ne fait que sur-précariser les travailleurs migrants. C’est de cette situation de précarité que profitent les patrons pour imposer des horaires et des conditions de travail indignes,
illégales, en tirant ainsi la situation de tous les travailleurs vers le bas.
C’est donc au contraire la régularisation des travailleurs sans-papiers : qui cassera cette dynamique de nivellement vers le bas qui créera les conditions d’une lutte commune de tous les
travailleurs afin de stopper la politique de régression sociale menée par le patronat.
Soutenez la lutte des travailleurEs sans-papiers !
Défendez vos intérêts de travailleurs !
Prenez contact avec les syndicats.
Publié dans : Racisme d'État
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Mercredi 11 novembre 2009
«À bas la France !»
Le ministre de l’immigration, de l’intégration et de l’identité nationale vient d’annoncer l’ouverture d’un «grand
débat sur les valeurs de l’identité nationale» qui «devra permettre de valoriser l’apport de l’immigration à l’identité nationale, et de proposer des actions permettant de mieux faire partager
les valeurs de l’identité nationale à chaque étape du parcours d’intégration». Le sujet étant de retour sur le devant de la scène politique et médiatique, nous publions deux extraits de textes
qui nous semblent constituer des pièces importantes à verser au dossier. D’abord, des notes rédigées par Guy Debord en 1985 sur «la question des immigrés». Ensuite un épisode de l’histoire du surréalisme relaté par Maurice
Nadeau.
Guy Debord :
«Tout est faux dans la “question des immigrés”, exactement comme dans toute question ouvertement posée dans la société actuelle ; et pour les mêmes motifs : l’économie — c’est-à-dire l’illusion
pseudo-économique — l’a apportée, et le spectacle l’a traitée …
» Faut-il donc les assimiler ou “respecter les diversités culturelles” ? Inepte faux choix. Nous ne pouvons plus assimiler personne : ni la jeunesse, ni les travailleurs français, ni même
les provinciaux ou vieilles minorités ethniques (Corses, Bretons, etc.) car Paris, ville détruite, a perdu son rôle historique qui était de faire des Français. Qu’est-ce qu’un centralisme sans
capitale ? …
» La diffusion du spectacle concentré ne peut uniformiser que des spectateurs …
» On se gargarise, en langage simplement publicitaire, de la riche expression de “diversités culturelles”. Quelles cultures ? Il n’y en a plus. Ni chrétienne ni musulmane ; ni socialiste ni
scientiste. Ne parlez pas des absents. Il n’y a plus, à regarder un seul instant la vérité et l’évidence, que la dégradation spectaculaire-mondiale (américaine) de toute culture …
» Certains mettent en avant le critère de “parler français”. Risible. Les Français actuels le parlent-ils ? Est-ce du français que parlent les analphabètes d’aujourd’hui, ou Fabius
(“Bonjour les dégâts !”) ou Françoise Castro (“Ça t’habite ou ça t’effleure ?”), ou B.-H. Lévy ? Ne va-t-on pas clairement, même s’il n’y avait aucun immigré, vers la perte de tout langage
articulé et de tout raisonnement ? …
» Ici, nous ne sommes plus rien : des colonisés qui n’ont pas su se révolter, les béni-oui-oui de l’aliénation spectaculaire. Quelle prétention, envisageant la proliférante présence des
immigrés de toutes couleurs, retrouvons-nous tout à coup en France, comme si l’on nous volait quelque chose qui serait encore à nous ? Et quoi donc ? Que croyons-nous, ou plutôt que faisons-nous
encore semblant de croire ? C’est une fierté pour leurs rares jours de fête, quand les purs esclaves s’indignent que des métèques menacent leur indépendance ! …
» Et tous collaborent pour considérer cette question comme si elle était la plus brûlante, presque la seule, parmi tous les effrayants problèmes qu’une société ne surmontera pas. Le ghetto
du nouvel apartheid spectaculaire, il est déjà là, dans la France actuelle : l’immense majorité de la population y est enfermée et abrutie …
» Il vivra des gens sur la surface de la Terre, et ici même, quand la France aura disparu. Le mélange ethnique qui dominera est imprévisible, comme leurs cultures, leurs langues mêmes. On
peut affirmer que la question centrale, profondément qualitative, sera celle-ci : ces peuples futurs auront-ils dominé, par une pratique émancipée, la technique présente, qui est globalement
celle du simulacre et de la dépossession ? Ou, au contraire, seront-ils dominés par elle d’une manière encore plus hiérarchique et esclavagiste qu’aujourd’hui ? Il faut envisager le pire, et
combattre pour le meilleur. La France est assurément regrettable. Mais les regrets sont vains.»
Le 2 juillet 1925, un banquet en l’honneur de Saint-Pol-Roux deviendra le théâtre d’un épisode important de l’histoire du surréalisme, relaté par Maurice Nadeau :
«Au cours du banquet, Rachilde se laisse aller à dire, répétant les termes d’une interview donnée précédemment, et assez fort pour que toute l’assemblée l’entendît, “qu’une Française ne peut pas
épouser un Allemand”. Or, les surréalistes étaient à ce moment fort amoureux de l’Allemagne ; d’abord parce que ce pays représentait pour les bourgeois français l’ennemi héréditaire
incomplètement vaincu que les chaînes du traité de Versailles n’empêchaient pas de vouloir se relever, le mauvais payeur des Réparations que Poincaré avait exaspéré en occupant la Ruhr, ensuite
parce qu’il était, selon Desnos, de ces forces à l’Orient qu’on appelait à détruire la civilisation occidentale, enfin parce que, comme l’avait dit Aragon : “Nous sommes ceux-là qui donneront
toujours la main à l’ennemi.” À la suite de la déclaration de Rachilde, André Breton se lève, très digne, et fait remarquer à Mme Rachilde que le propos qu’elle tient est injurieux pour son ami
Max Ernst, justement invité à ce banquet.
» Soudain un fruit, lancé par on ne sait qui, vola dans les airs et vint s’écraser sur la personne d’un officiel, tandis que des cris : “Vive l’Allemagne !” étaient vociférés. Le tumulte
devient bientôt général et tourne à la bagarre. Philippe Soupault suspendu au lustre dont il se sert comme d’une balançoire, renverse du pied plats et bouteilles sur les tables. Au dehors, les
badauds s’attroupent. Les coups tombent de droite et de gauche. Rachilde prétendra plus tard qu’elle fut frappée d’un coup de pied au ventre par un grand escogriffe à l’accent tudesque (elle
voulait naturellement désigner Max Ernst lui-même) …
» L’occasion est trop bonne de réduire à néant ces “provocateurs surréalistes”. Et comme on n’en peut venir à bout, on a recours aux défenseurs naturels de la poésie bafouée : les
policiers, à qui on désigne ceux qu’il faut passer à tabac. Tandis qu’on entend les cris : “Vive l’Allemagne ! Vive la Chine ! Vive les Riffains !”, Michel Leiris, ouvrant une fenêtre qui donne
sur le boulevard, crie à pleins poumons : “À bas la France !” Invité par la foule à venir s’expliquer, il ne s’en fait pas faute : la bagarre continue sur le boulevard du Montparnasse. Leiris
continuant à défier la police et la foule, manque d’être lynché. Emmené au commissariat, il y est copieusement rossé. Le scandale fut énorme. Les journaux, avec ensemble, crièrent haro ! sur les
surréalistes …
» Les surréalistes ne s’en tinrent pas là. Ils publiaient en même temps la “Lettre ouverte à Paul Claudel, ambassadeur de France”. Son Excellence, en effet, dans une interview à
Comœdia, n’avait rien trouvé de mieux que de traiter l’activité surréaliste de “pédérastique”, ajoutant, détail inattendu dans ce débat, qu’il avait bien mérité de la patrie pour avoir,
durant la guerre, permis la vente par l’Amérique de “grosses quantités de lard” à la France en guerre. La réponse fut virulente : “… Nous saisissons cette occasion pour nous désolidariser
publiquement de tout ce qui est français en paroles et en actions. Nous déclarons trouver la trahison et tout ce qui, d’une façon ou d’une autre, peut nuire à la sûreté de l’État plus
conciliables avec la poésie que la vente de «grosses quantités de lard» pour le compte d’une nation de porcs et de chiens…”»
[Maurice Nadeau, Histoire
du surréalisme, p. 79-812]
Publié dans : Racisme d'État
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Mercredi 11 novembre 2009

Dans la nuit du 4 au 5 novembre, le lycée Théophile-Gauthier (49 rue de Charenton, Paris 12e) a été pris pour cible
dans le cadre de la semaine anticarcérale contre les longues peines.
Ce lycée
professionel s’est spécialisé dans la formation des futurs flics et matons. Les portes ont été bloquées avec des chaînes. La façade a été recouverte d’affiches (cf. plus bas et pièce
jointe) et de nombreux tags : «Attention, ici on forme les futurs flics», «Le maton te guette», «Saccage ta cage», «Plutôt pauvre et insoumis que flic ou maton»…
À noter qu’on trouve ce type d’établissements dans toutes les académies, et que vue la rapidité avec laquelle les
traces de notre passage ont été effacées, il est clair qu’ils ne souhaitent aucune publicité autour de leurs sinistres activités.
Alors que certains mineurs croupissent en prison,
D’autres apprennent à devenir flics ou matons
Chacun le sait, l’adolescence est propice au désœuvrement qui conduit bien vite à la délinquance si rien ne vient l’enrayer. Heureusement, l’État s’occupe de la jeunesse et multiplie les
initiatives afin de protéger, d’accompagner et d’insérer les citoyens qui formeront la France de demain. Ainsi, les premiers EPM (établissements pour mineurs) ont-ils ouvert depuis deux ans pour
enfermer et isoler ceux qui représentent un danger pour la société.
Dans le même temps, le pouvoir a décidé d’opérer une sélection précoce de ces futurs serviteurs en
uniforme. C’est dans cette logique que le bac professionnel Sécurité et Prévention a été mis en place en 2006. En plus de préparer les futurs travailleurs à l’exploitation, l’Éducation nationale
devient pourvoyeur de main d’œuvre pour le secteur florissant de la sécurité privée. La création de ce bac pro quelques mois après les émeutes de banlieue répond aussi à la nécessité d’y apporter
une réponse selon la vieille méthode consistant à recruter parmi les populations potentiellement dangereuses les éléments dociles qui seront chargés du flicage et du contrôle de ceux qu’il n’est
plus question d’intégrer. Et il s’agit toujours de présenter les parcours de chacun comme une succession de choix individuels, séparés de toute réalité sociale (bosse et paie ton crédit ou deale
et paye ta dette). Ce qui est sûr en tout cas, c’est que ceux qui se sont habitués tranquillement à la grisaille pénitentiaire des couloirs de l’école n’auront pas de mal à s’adapter dans un
commissariat ou dans une prison.
Le lycée Théophile-Gauthier s’est spécialisé dans l’offre sécuritaire : bac pro et CAP sécurité, formation des cadets de la République. Nous souhaitons le rendre visible afin de bousculer la
petite fabrique quotidienne du contrôle et de l’humiliation, de l’autorité et de la domination. De la débrouille pour sortir des galères matérielles aux formes de révoltes collectives, la
délinquance est avant tout une catégorie créée par l’État pour lui permettre de légitimer son pouvoir. Face aux illégalismes, la prison et la police sont autant une réponse immédiate qu’une
menace qui pèse sur tous ceux qui n’ont comme seul horizon qu’un travail de merde payé des miettes.
Nous sommes contre la prison et la police parce qu’elles sont nées et se sont développées pour défendre les
privilèges des riches et gérer la misère.
Nous sommes contre la prison et la police parce que nous voulons changer radicalement cette société pas nous
intégrer pacifiquement dans ses villes, dans ses usines, dans ses casernes, dans ses supermarchés.
Nous sommes contre la prison et la police parce que ce monde n’en a que trop besoin.
Publié dans : Feu aux prisons
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