Dimanche 29 novembre 2009
Précarité : la mairie de Morlaix toujours occupée en vue de la marche régionale

Depuis vendredi, la mairie de Morlaix est occupée nuit et jour par une vingtaine de chômeurs et précaires. Vu la mobilisation qui reste confidentielle, ce ne pouvait pas être un coup de force. Plutôt un coup de gueule ou un cri d’alarme. «On remercie les Brestois de nous avoir poussé à agir sur Morlaix» indiquait Gilles Guéguen, membre du comité, lors de la première assemblée générale du mouvement. Sur la vingtaine de participants, une dizaine s’est relayée pour passer la nuit au sein de la mairie, avec l’accord de la municipalité pourtant réticente au départ. Personnel et adjoints ont fait une rotation 24h/24 pour assurer la sécurité des locaux en lien avec la police.

À différents moments, des dizaines de personnes sont venues apporter leur soutien. «Des commerçants du marché ont même offert des légumes.» Et une odeur inhabituelle de choux a envahi l’espace public, qui du reste, a été respecté. «Toutes les familles sont touchées, on vous comprend» lançait cette passante aux distributeurs de tracts à l’heure du marché samedi matin. D’une manière générale, le public s’est montré bienveillant.

Au fil du week-end, les problématiques ont fini par se focaliser sur les personnes les plus en difficulté. L’histoire de la ville avec le déplacement de l’Espace accueil de la rue de Brest située au centre, vers la zone de La Boissière sur les hauteurs de la ville, n’est toujours pas digérée. Pas plus que les grilles qui interdisent désormais l’accès des marginaux à un espace public dans cette même rue de Brest.


Lancé au niveau national, le mouvement s’inscrit dans le cadre de revendications plus directement liées à l’emploi. Le droit à un travail et à un revenu décents en font partie. Il est beaucoup question aussi des «pressions faites aux chômeurs à travers les radiations». L’action de Morlaix, toute confidentielle soit-elle, s’inscrit dans le cadre de la constitution d’un réseau régional. «Le 5 décembre, les collectifs constitués au niveau des villes convergeront vers Rennes à l’occasion de la marche organisée contre le chômage, la précarité et les licenciements.» Ce dimanche à 16 heures, une dernière assemblée générale décidera de la suite à donner à l’occupation de la mairie que les «renforts» brestois ont quittée ce matin.

Morlaix : une deuxième nuit doccupation de la mairie sur le thème de la précarité
Un vote à main levée a décidé du maintien de loccupation de la mairie entamée vendredi soir. Une demi-douzaine de personnes sapprête à passer une seconde nuit dans lhôtel de ville. En principe jusquà la rencontre avec la maire, Agnès Le Brun mardi. Le comité de chômeurs à lorigine du mouvement a indiqué ne «plus vouloir être moteur de laction même sil en reste solidaire». Des revendications sur lemploi, le transport, le logement, le débat sest rapidement focalisé sur la grande précarité.

Leur presse (Ouest-France), 29 novembre 2009.
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Dimanche 29 novembre 2009
Une manif anti-OMC qui ne finira jamais

La manifestation appelée par différentes organisations n’a pas pu terminer son chemin initialement prévu, coupé par l’action policière. Il y a eu 33 arrestations selon le bilan policier. Malgré tout, le peu de parcours qui a pu être fait a permis que tout le monde s’exprime à sa façon.

Éviter les pièges avant manif


En ville de Genève dès la fin de matinée on peut remarquer, à partir de la gare Cornavin, une occupation des lieux névralgiques de la ville. En particulier les accès aux rues commerçantes sont bien bouclées. La gare est le lieu à éviter
car un comité d’accueil spécial est là au cas où des militant-e-s auraient décidé de venir groupés en train comme c’est l’habitude en Suisse. Du coup il y a eu quand même 12 arrestations dans cette gare. De plus des Coréens qui venait aussi contester l’OMC ont été retenus plusieurs heures à l’aéroport.


Le plus difficile à Genève : démarrer une manif

Point de départ de la manif : place Neuve où le monde arrive pour 14 heures des différentes issues de la place. Pour une grosse manif comme celle qui se prépare peu d’accès sont filtrés, en effet ici on a vu pire !


On doit se rappeler que dans cette même ville, en début d’année, il n’avait pas été possible de manifester contre le WEF (World Economic Forum dont le siège est à Genève). Le déploiement de flics avait été massif pour empêcher toute possibilité de départ de manif. D’ailleurs à Genève c’est un vrai enjeu que des manifestations puissent avoir lieu même avec autorisation. En effet, les décideurs genevois ont bien compris qu’une ville qui réunit autant de sièges d’organisations internationales et d’intêrets financiers divers ne doit pas devenir un point de la contestation mondiale du capitalisme. Le plus étrange aura été que les politiques comme la presse n’ont pas trop dénoncé à l’avance les «méchants casseurs» comme c’est leur habitude. Ils se rattrapent maintenant…


Bref, on voit des clowns activistes de ci-de là, les tracteurs sont au rendez-vous, une prise de parole des étudiants qui occupent un amphi de l’université de Genève a lieu, on trouve les Grüne alias les Verts qui sont venus se faire voir, Attac est là aussi et il y a pas mal de Français venus d’un peu partout. Soit, c’est bien une manif altermondialiste, tout le monde est là.


Le cortège s’élance bien tranquillement dans les rues de Genève, les passants nous regardent comme si on était des vaches suisses sans être forcément hostiles. Le cortège anticapitaliste se distant entre un avant tout d’un bloc et la célèbre GipfelStürmi mascotte des manifs anti-WEF. Mais en fait c’est en plusieurs points de la manif que l’on retrouve des camarades.


On avance jusqu’à des quais (quai des Bergues) qui longent le Rhône. Là on trouve le premier 4×4 cassé et ensuite la première vitrine étoilée. La part du cortège anticapitaliste dont nous faisons partie avance un peu étonnée, mais au fur et à mesure on se réjouit de l’application employée à attaquer les symboles capitalistes tel un hôtel bien huppé ou un Starbuck. Virage après les berges direction la gare routière et l’on découvre une bagnole en feu ! La manif commence à avoir de la gueule.


Continuer malgré tout

Après la gare routière, on est place des Alpes, on remarque que les tracteurs sont tous arrêtés là. Vraisemblablement la manif officielle ne continue pas, d’ailleurs les organisations traditionnelles avec leurs drapeaux sont sur les côtés. Tant pis, le cortège anticapitaliste continue…


Et ça suit, tout le monde s’engouffre dans la large rue des Pâquis direction l’OMC qui est encore bien loin. On est proche de la gare et devant commence à se dessiner un barrage de flics. En fait on apprendra plus tard que les flics ont scindé la manif en deux et que certain-e-s ont réussi à aller jusqu’à l’OMC ! Mais dans quelles conditions ?


À 100 mètres les flics tirent des lacrymos en cloche. Les gens refluent un peu prématurément dans la mesure où les flics ne sont pas assez proches pour nous atteindre en cas de charge ni même avec le canon à eau. Tout de même ces derniers insistent et il faut prendre sa respiration pour traverser le nuage de lacrymos. Du coup les CRS chargent dans le vide et remontent ainsi la rue des Pâquis. Pas de résistance très marquée.


Quelques centaines de mètres et nous revoici place des Alpes où l’on retrouve nos chers tracteurs et une scène embarquée avec un chanteur/guitariste tout pourri. Sur cette estrade quelqu’un prend la parole pour dire que la manif ayant été attaquée par la police les organisateurs ont décidé de la dissoudre. Belle logique face aux autorités…


Rebellyon, 29 novembre 2009.


La rue nous appartient
     
Le samedi 28 novembre 2009 a eu lieu le coup d’envoi des premières actions anti-OMC, dix ans après la bataille de Seattle, réunissant 4 à 5000 personnes dont 500 à 1000 autonomes et camarades des quartiers populaires. Si le Sommet commence officiellement le lundi 30 novembre, les réseaux anticapitalistes n’ont pas attendu et ont ouvert les hostilités face à ce nouveau Sommet de la domination, de l’exploitation et du capital.

À cette occasion, le Centre Autonome de la place des Volontaires (qui existe depuis 20 ans) s’est aménagé en Centre Info Point ; et l’université Uni-Mail occupée depuis deux jours contre la privatisation de l’enseignement supérieur (dans le cadre du grand mouvement européen de résistance des facs) s’est ouverte aux militants et activistes internationaux.
     
14 heures, place Neuve, un bon millier de personnes sont déjà rassemblées et le cortège partira vers 15 heures avec 5000 personnes, notamment après l’arrivée de leaders paysans contestataires sud-coréens bloqués quelque temps à la frontière.

S’ensuivront plus de trois heures de guérilla, de saccage de sièges de boîtes d’assurance, de banques, de boutiques de luxe (Louis Vuitton, Rolex, etc.), de voitures de luxe (énormes BMW, Mercedes, Porches, etc.) dont au moins trois ont brûlé, d’affrontements avec la police, etc.

Ce qui est intéressant à noter est la détermination des autonomes à tenir la rue, car malgré la première scission du cortège par de violentes attaques latérales de la police appuyées par des blindés canons à eau assez rapidement, un bon millier de personnes s’est regroupé dans un parc afin de se rendre directement au siège où se tiendra le Sommet de l’OMC. Malgré les violentes répliques des policiers anti-émeute, différents cortèges sont passés par les quartiers populaires à proximité où plusieurs centaines de jeunes habitants prolétaires ont rejoint l’action.

Malgré l’armement policier (emploi massif de grenades lacrymogènes, quatre blindés canons à eau, flashball, voltigeurs…), les révolutionnaires ont gardé l’initiative jusqu’à 18 heures.

La répression policière avait une tactique clairement affichée : laisser les plus offensifs aller de l’avant, attaquer latéralement, scinder au maximum les groupes pour diviser les cortèges et isoler les militants-activistes. Pour cela, plutôt que de se positionner en lignes fixes et lourdement armées, la police a utilisé les tactiques de petits groupes mobiles (30 flics maximum) intervenant rapidement latéralement ou à revers au corps à corps (pas de boucliers, juste matraques et flashball). À l’avant les flics repoussent les émeutiers à coups de gaz, et les petits groupes mobiles de flics d’intervention rapide surgissent lors du reflux.

Si ces tactiques policières se révélèrent redoutablement efficaces, il est intéressant de noter la détermination des autonomes à toujours tenter de se regrouper pour attaquer de nouveau en direction du siège de l’OMC, puis de tenir la rue (surtout dans le quartier de la gare), avant enfin d’adopter eux-mêmes les tactiques de petits groupes mobiles harcelant la police et s’attaquant aux cibles capitalistes dans tout le centre-ville.

Militairement parlant, il n’y a pas de réel vainqueur. Ce n’est que vers 18h30 que les flics contrôlent enfin le terrain en quadrillant systématiquement toute la ville, notamment à l’aide de brigades de voltigeurs.

Ainsi, la police suisse, à la différence des flics français lors de l’Otan notamment, ne cherchent pas l’intimidation spectaculaire et le contrôle tout azimut du moindre mouvement de la population, mais à intervenir strictement lors de l’action.

Lesdits «pacifistes» qu’ON cherche à distinguer des partisans de l’action directe, contrairement aux dires de la gerbe médiatique, sont restés solidaires, dénonçant exclusivement le dispositif policier et sa violence d’intervention sans distinction (gaz dans les tramways, dans les boutiques, enfants blessés au niveau de la gare par flashball lors de la répression globale). La Brigade des Clowns Activistes et de la Batucada ont aidé à dissoudre complètement cette division d’État entre «pacifistes» et «casseurs». De même, la «population» n’a pas cherché à s’interposer contre les émeutiers.

Le plus notable est la réussite de la jonction avec les quartiers populaires.

Le temps d’une après-midi, la rage mêlée à la joie, nous avons détourné les flux du quotidien, nous avons donné un nouveau plan de consistance aux combats de rue desdits «banlieusards», nous avons brisé les fibres de ce faux réel.

Nous avançons, et découvrons soudainement ces rues que nous croyions si bien connaître, ces avenues autrefois celles du quotidien castrateur et assassin de la Machine que nous huilions de nos pas résignés, et qu’à présent nous enrayons de notre force offensive.

Nous découvrons subitement l’importance d’une rue trop large ou trop étroite, celle des ruelles et des impasses, de l’importance stratégique et tactique de tel nœud de carrefour, de tel agencement, et nous savons tout autant l’importance de notre action à dérégler ces flux : nous voyons enfin en le créant l’urbanisme révolutionnaire.

Détruis ce qui te détruit.
Pas de justice, pas de paix.

G., un enragé
Indymedia Suisse romande, 29 novembre 2009.

 

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Dimanche 29 novembre 2009
Une brève description de cette journée anti-OMC à Genève

Genève, samedi soir, difficile d’avoir des informations. Une journée éprouvante : à 13h30 un premier cortège part de la fac «Uni-Mail» récemment occupée pour rejoindre à le départ de la manif officielle, place Neuve. Là se mélangent des orgas institutionnelles, des brigades de clowns, batuc, des gens commencent à se masquer. La manif part en direction du centre ville (hôtels de luxe, bijouteries…). Très vite, des vitrines sont cassées, des slogans marqués sur les murs, des voitures de luxes incendiées. Puis une charge de flics lance le début de plusieurs heures de course poursuite. En infériorité numérique (environ 5000) face à une armada sur-organisée de poulets bourrés aux hormones, la manifestation est dispersée, toute tentative de regroupement étant neutralisée rapidement (et violemment). Désormais lune des principales préoccupations pour les manifestants est de sen sortir dans ce merdier. Mais les opposants nont pas dit leur dernier mot. Les organisateurs décrètent la fin de la manif mais une part non négligeable de manifestants prennent la route du parc des Cropettes. Là bas, à proximité dun quartier populaire le face à face recommence. De nombreux jeunes nous rejoignent alors. Cest à laide dun gazage massif et de lutilisation de plusieurs canons à eau que la résistance cédera. Un groupe de manifestants est isolé. Un autre tente une barricade enflammée (avant d’être eux-mêmes dispersés au bout dun quart dheure). Les flics entourent le parc, ressortent lacrymos et tonfas et traquent les irréductibles jusquà la gare où la violence atteint son apogée (Tasers, balles en caoutchouc en tirs tendus, gaz assez forts…). Globalement, on peut clore ici la manifestation. Il y aurait beaucoup darrestations. Nous ne sommes pas en mesure dapporter plus de précisions pour le moment, la situation est très confuse.

Indymedia Suisse romande, 29 novembre 2009 - 1h28.



Genève, les voltigeurs attaquent

Plusieurs milliers de personnes étaient présentes à la manifestation contre l’OMC cet après-midi à Genève. Après un cortège mou, quelques vitres éclatées (hôtel, banque, starbucks, bijouteries, etc.) et des incendies de voitures, les flics ont chargé le cortège au bout d’une heure seulement, avant d’envoyer des anti-émeutes en moto.

À l’heure actuelle, des personnes sont rassemblées au parc des Cropettes, et des patrouilles poursuivent des personnes autour de la gare de Cornavin.

Bilan à 18h30 : La police affirme avoir dispersé l’ensemble des groupes de manifestants et a arrêté 33 personnes.

Rebellyon, 28 novembre - 17h13.




Genève : les casseurs font dégénérer une manifestation anti-OMC


Une manifestation anti-OMC a très vite dégénéré lorsque des casseurs se sont déchaînés samedi sur des commerces, des banques et des véhicules à Genève, où doit commencer lundi une réunion ministérielle de l’organisation emblématique de la mondialisation.

La manifestation, annoncée comme «pacifique et festive» par les organisateurs, a dû se dissoudre avant même de parvenir aux abords du siège de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), sur les bords du lac Léman.

À peine le cortège sétait-il ébranlé quenviron 200 membres des groupes extrémistes «Black Blocks» — casqués et cagoulés, répartis en trois groupes parmi les manifestants, selon la police — ont commencé à sacharner à coups de pics, de masses et de marteaux sur des vitrines de commerce de luxe, dagences bancaires et dun hôtel cossu du centre-ville.


Les casseurs s
en sont également pris aux voitures les plus luxueuses. «Au moins quatre véhicules» ont en outre été incendiés, selon M. Patrick Puhl, un porte-parole de la police genevoise.



Plusieurs charges de police — à grand renfort de tirs de grenades lacrymogènes et de balles en caoutchouc, et avec le soutien d
une auto-pompe — ont alors disloqué le cortège de plusieurs milliers de manifestants (3000 selon la police, 5000 attendus par les organisateurs).

Les affrontements n
ont fait «aucun blessé», a assuré en début de soirée la police genevoise.


Des affrontements sporadiques ont continué entre des groupes de manifestants et les forces de police après que les responsables de la «Coordination Anti-OMC 2009» eurent décidé la dissolution prématurée de la manifestation en raison des violences.

Des «voltigeurs» — des motards ayant pour passager un policier armé d
une matraque —, et des policiers anti-émeutes continuaient encore en début de soirée à sillonner le centre-ville près de la gare de Cornavin. «Nous avons déjà procédé à plusieurs interpellations et nous continuons à rechercher les casseurs pour les arrêter», a expliqué le porte-parole de la police.

Par ailleurs la police s
employait samedi soir à disperser les groupes épars de manifestants par des charges et en tirant des grenades lacrymogènes, ont constaté les journalistes de lAFP sur place.


Trente-trois manifestants ont été interpellés, dont 14 «Black Blocks» qui seront déférés à la justice pour «émeute» et quatre autres trouvés en possession d
objets pillés dans les magasins qui devront répondre de «vol et émeute», selon un bilan provisoire communiqué en début de soirée par un porte-parole de la police, M. Éric Grandjean.



La grande majorité des manifestants n
a pas participé aux affrontements mais la compréhension dominait dans le cortège.

Un jeune manifestant déguisé en vampire a déclaré à l
AFP «comprendre la colère des gens avec la crise qui a frappé très fort». Une femme âgée a renchéri : «Cest vraiment dommage que ça dégénère comme ça, mais avec la crise, il y a matière à être fâché.»


Pour un autre anti-OMC, Roberto, «la police aurait dû intervenir plus tôt». Alessandro, lui, mettait aussi en cause les organisateurs : «Il aurait fallu un vrai service d
ordre pour les isoler dès le départ», a-t-il commenté.

Interrogés mercredi dernier sur les risques de violences, les organisateurs de la «Coordination Anti-OMC 2009» avaient expliqué avoir mis en place un «simple service d
accompagnement» des manifestants, refusant lidée dun «service dordre».

Les policiers anti-émeutes sont intervenus «un quart d
heure seulement après le début de la manifestation. Afin de ne pas les mettre en danger, ils ont attendu que les manifestants pacifiques se séparent des casseurs», a expliqué à lAFP M. Grandjean.

Leur presse (Alexandra Troubnikoff, AFP), 28 novembre.





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Dimanche 29 novembre 2009

Grenoble, septembre 2007
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Dimanche 29 novembre 2009
Valerio Lucarelli est l’auteur de Buio Rivoluzione. Sur son site, il examine de nombreux faits obscurs entourant lhistoire des Brigades Rouges. Il y démontre notamment le caractère intenable de la version officielle de lenlèvement d'Aldo Moro. Lauteur a résumé son propos à travers quinze petits textes éclairants. Certains de ces récits ont été traduits en français. Nous nous sommes contentés de reprendre ici ces traductions, en leur apportant néanmoins quelques indispensables corrections. Nous traduirons nous mêmes les textes restants. Il nous paraîtrait en effet regrettable que le public français ignore ces aperçus démystificateurs à lheure où divers imposteurs continuent à amuser le tapis sur cette question du terrorisme italien manipulé des années de plomb. C'est ainsi, quaprès tant de révélations, le duo des politiciens naïfs Persichetti et Scalzone pouvait encore écrire, dans La Révolution et l’État, de la thèse dune manipulation du «parti armé» :

«[Elle] se fonde sur la conviction dune “complicité inconsciente”, en particulier des Brigades rouges considérées comme manipulées de lextérieur par des puissances occultes. Au lecteur qui voudrait se documenter sur certaines formes de psychopathologie du mensonge historique, nous recommandons : Sergio Flamigni, La tela del ragno. Il delitto Moro, Ed. Associate, Rome, 1988. Soutenu par dobscures commanditaires, le même auteur récidive dix ans plus tard in Convergenze parallele, Kaos edizioni, Milan 1998. La “Préface à la quatrième édition italienne de la Société du Spectacle” de Guy Debord témoigne des effets dévastateurs de ce syndrome dobsession du complot et du méta-complot (in Commentaires sur la Société du Spectacle, “Folio”, Paris, Gallimard, 1997, pp. 133-147). Voir aussi Gianfranco Sanguinetti, Du terrorisme et de l’État, Paris, 1980 (1re éd. : Milan, 1979). Cf. chap. V et Bibliographie.»

Nous savions depuis longtemps que pour toutes sortes de gens les situationnistes relevaient de la psychiatrie. Mais,
à lheure où Le Monde du 8 novembre présente Scalzone comme un «homme très respecté dans le milieu [autonome]», la lecture des textes de Lucarelli permet incidemment de réfuter la psychologie en toc de ce désinformateur et dautres individus opérant sous la même livrée.

Jules Bonnot de la Bande, 16 novembre 2009.


1. Frère Mitraillette et les infiltrés des BR
2. Mara Cagol
3. Antonino Archonte, agent G71
4. Mino Pecorelli et l’OP
5. L’escorte d’Aldo Moro
6. Hypérion et le Superclan
7. Le mémorial d’Aldo Moro
8. Le faux communiqué et le lac de la Duchessa
9. Prodi et la séance de spiritisme
10. Mario Moretti et la cache de la via Gradoli
11. Mario Moretti
12. Guido Rossa
13. Via Fracchia
14. Walter Tobagi
15. …
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Dimanche 29 novembre 2009
Dimanche : ni dieu, ni patron, ni caddie !

Depuis les années 90, le travail dominical a étendu considérablement son emprise. Aujourd’hui, de façon régulière ou occasionnelle, plus dun quart des travailleurEs va au turbin le dimanche. En 2008, 12,1% des salariéEs bossaient habituellement ce jour-là contre 10,2% en 2002. Une énorme proportion (96%) de celles et ceux-ci va également au boulot le samedi, est en plus soumise à des horaires quotidiens variables imposés par le patron et travaille très souvent de nuit. Plus dun tiers na même pas de repos compensateur. (Source : DARES, octobre 2009.)

Triste tableau. Tristes dimanches

Estimant probablement que cette évolution était trop lente, l
État a souhaité laccélérer par la législation. La loi 2009-974 du 10 août 2009 a assoupli, en faveur des patrons, les conditions de travail dominical en supprimant les autorisations préalables en zones touristiques et thermales et, pour les unités urbaines de plus dun million dhabitants, en donnant la possibilité aux autorités de délimiter un «périmètre d’usage de consommation exceptionnel» sur lequel louverture des commerces et donc le travail le dimanche seraient facilités.


La consommation règne. Le peuple trinque

Au-delà du flou et des subtilités de la loi — qu
il faut pourtant maîtriser pour se défendre — cest la question dun choix de société qui se pose. Le pouvoir crée les conditions pour une civilisation où production et consommation nauront plus de limite. Le dimanche est jusque-là encore le moment où beaucoup peuvent ne rien foutre, se reposer, exercer un sport ou une pratique artistique, se balader, sortir, bricoler, se retrouver avec leurs proches, leurs familles, leurs amiEs, se cultiver ou se divertir… Bref, vivre à lécart des contraintes salariales. Désormais dans le cycle hebdomadaire, les politicards et les patrons profitent de la précarisation pour imposer une machine à consommer, servir et produire qui ne sarrête jamais.

L’ensemble est empaqueté dans une propagande à base de volontariat, de ré-affirmation des garanties et de consommateurs-électeurs à satisfaire. Mais lintention est claire ! Maintenant le dimanche, le populo devra faire des sacrifices aux dieux du capital, de lÉtat et de la marchandise après sêtre fait sermonner pendant des siècles par les curés. Les vitrines réservées à la bourgeoisie sont toujours plus rutilantes pendant que les plus pauvres sont poussés au sur-endettement.

Face à de telles perspectives, il convient de résister en demandant le retrait de cette loi. En boycottant les établissements commerciaux ouverts le dimanche. En informant les travailleurEs de leurs droits, en les incitant et en les aidant à se défendre collectivement face aux patrons qui exigent le travail dominical.

Afin de donner à chacunE la possibilité de vivre sa vie et de s
émanciper hors de lexploitation salariale et de la consommation abrutissante, le syndicat CNT Interco du Rhône revendique une répartition des richesses et du temps de travail dans un but dégalité sociale.

La liberté et l’entraide
ne s
’achètent pas dans les supermarchés !

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Dimanche 29 novembre 2009


Ne plus payer le journal

Rebetiko se distribue gratuitement ou contre une participation libre. Dans les bars, dans la rue, les librairies, les médiathèques, les facultés, sous les lits, dans les toilettes publiques des aires d’autoroute, chez les coiffeurs… partout où circule la plèbe. La distribution est diffuse, et a vocation à se densifier quand la situation le requiert.

Les 200 premières demandes envoyées à
Rebetiko accompagnées d’une adresse postale bénéficieront d’un abonnement gratuit. Envoi en toute discrétion ! Il est possible d’en faire parvenir un paquet pour une diffusion locale. Toute bonne adresse où laisser des stocks pourra également être approvisionnée.

Rebetiko no 3, automne 2009
Chants de la plèbe.


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Samedi 28 novembre 2009
Des têtes de policiers mises à prix

La tension monte entre forces de lordre et jeunes émeutiers. Après les accusations de maltraitance de policiers envers des détenus à la prison de Forest et les émeutes de vendredi soir à Anderlecht, plusieurs policiers sont menacés de mort.

Des policiers de la zone Bruxelles-Midi ont été menacés de mort à la suite du rapport faisant état de maltraitance au sein de la prison de Forest et des émeutes à Anderlecht. Les menaces lancées contre un policier sont tellement graves qu
il ne peut désormais plus faire que du travail de bureau et doit garder son arme sur lui 24 heures sur 24, indique Het Laatste Nieuws.

Selon plusieurs agents de la zone, les gangsters avaient deux objectifs : incendier le commissariat de Cureghem et tuer cet inspecteur de quartier. «Ils ont réussi le premier point. Maintenant, c
est au tour du collègue. Il est lui-même dorigine étrangère et il semble que ce soit pour cela quil est prioritairement visé», disent-ils.

«Ce rapport n’est que pure idiotie»

C
est un rapport de la Commission de surveillance sur les agissements de certains policiers à la prison de Forest qui a mis le feu aux poudres. Les agents auraient notamment frappé plusieurs détenus. «Ce rapport nest que pure idiotie», affirment deux policiers de la zone suspectés de graves faits de violence.

Les agents ont, depuis ce rapport et après les émeutes à Anderlecht, reçu des menaces de mort. «Dans notre zone, c
est la guerre. On craint pour notre vie», insistent-ils.

Leur presse (RTL Info), 24 novembre 2009.
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Samedi 28 novembre 2009
Grenoble : 140 bornes de compostage de tickets de tramway dégradées

Quelque 140 bornes de compostage de tickets de tramway ont été endommagés par de l’acide dans le centre de Grenoble, dans la nuit, a-t-on appris de source policière.

Selon la société des transports en communs de l’aggomération grenobloise, qui a porté plainte pour acte de vandalisme et mise en danger d’autrui, le préjudice est estimé à 140.000 euros.


Certaines bornes ont pu être remises en service, a-t-on précisé. En avril 2008, une centaine de bornes avaient déjà la cible de dégradations similaires. Les auteurs n’avaient pas été retrouvés.


Leur presse (AFP), 13 novembre 2009.


Trams grenoblois : mais qui met de l’acide dans les valideurs ?


Début 2008, l’affaire avait mis la pagaille sur le réseau des transports en commun grenoblois et, d’après les estimations de la Sémitag, provoqué «pour 100.000 euros de dégâts» et «un manque à gagner de 50.000 euros». L’affaire ? Une centaine de machines servant à composter les tickets sur les quais du tramway avaient été bousillées par un ou plusieurs individus versant de l’acide dans lesdites machines, principalement sur la ligne B. Avec une dernière vague de dégradations début avril 2008. Des analyses. Une enquête. Un sentiment : «Que ça part du campus». Mais le (ou les) coupable(s) qui cour(en)t toujours. Car depuis, plus rien.


Jusqu’à la dernière nuit. Selon les informations de Grenews.com, dans la nuit de jeudi à vendredi, il y a eu de nouvelles dégradations, au centre-ville cette fois, sur les lignes B (arrêts «Île Verte», «Notre-Dame/Musée», «Sainte-Claire/Les Halles»), mais aussi A («Albert Ier de Belgique», «Chavant», «Verdun», «Dubedout», «Victor-Hugo», «Alsace-Lorraine») et C («Hôtel de Ville», «Chavant», «Gustave-Rivet», «Foch-Ferrié»). Soit quelque 140 bornes en tout. «On va attendre les analyses, mais c’est sans doute le même procédé que la dernière fois et donc de l’acide qui a été versé», réagit le président de la Sémitag Jacques Chiron. «On a déjà déposé plainte (pour acte de vandalisme et mise en danger d’autrui), évidemment. Il y aura une nouvelle enquête et on regardera ce qu’ont filmé les caméras aux arrêts, sans trop d’espoirs car je suppose que l’auteur n’en ignorait pas la présence (…) Vraiment, je suis en colère. D’une part, parce que tout réparer va prendre du temps et représenter un coût élévé (le préjudice est estimé à 140.000 euros). Et puis bien sûr, parce que celui qui fait cela est un inconscient. C’est un idiot qui ne mesure pas ce qu’il fait. C’est de l’acide, alors imaginez qu’un gamin touche la machine puis se frotte les yeux…»


Depuis très tôt ce vendredi matin, des agents réparent et remettent en marche des machines sur chaque quai. Et posent des autocollants «Valideur hors service» sur les autres, «le temps que les pièces commandées arrivent».


Selon nos dernières informations, des analyses ont déjà été pratiquées et le produit utilisé par le ou les vandales serait décrit comme «très acide».


Leur presse (Grenews), 13 novembre.


Tramway : le retour des «vandales à l’acide»


Le retour des «vandales à l’acide». Cela aurait pu être le titre d’un mauvais épisode d’une série policière allemande des années 80. C’est le constat fait hier matin par les usagers des lignes de Tram A, B et C dans le centre-ville de Grenoble.


Dans la nuit de jeudi à vendredi, de l’acide a été projeté dans au moins 140 valideurs de billets installés dans le centre-ville de Grenoble. Début 2008, les machines de la Sémitag avaient déjà subi le même sort. Pendant plus de quatre mois, entre janvier et avril, presque chaque nuit des machines étaient ainsi la cible de vandales.


Les lignes de tram A, B et C sont donc, cette fois, touchées notamment aux arrêts «Albert 1er de Belgique», «Chavant», «Verdun», «Dubedout», «Victor-Hugo», «Alsace-Lorraine», «Île Verte», «Notre-Dame/Musée», ou encore «Hôtel de Ville», «Chavant», «Gustave-Rivet»…


«Des inconscients»

 

L’opération qui a peut-être ravi quelques usagers qui ont pu se déplacer gratuitement ne fait pas rire du tout la Sémitag. Au contraire.


Au-delà du coût des réparations, plus de 140.000 euros, «les auteurs de cette action sont inconscients et idiots. Ils ont utilisé de l’acide. Imaginez qu’un enfant touche une machine puis se frotte les yeux… il peut devenir aveugle !» s’énerve le président de la Sémitag Jacques Chiron.


«On a déjà déposé plainte, évidemment, expliquait-il hier. Il y aura une nouvelle enquête et on regardera ce qu’ont filmé les caméras aux arrêts, Sans trop d’espoirs car je suppose que l’auteur n’en ignorait pas la présence.»


Hier toute la journée, les agents ont réparé des machines sur chaque quai. Et posaient des autocollants «Valideur hors service» sur les autres, «le temps que les pièces commandées arrivent».


«Des analyses sont en cours afin de déterminer si le produit utilisé dans la nuit de jeudi à vendredi est le même que celui retrouvé sur les machines en 2008.»


Selon nos informations, l’action de la nuit dernière n’a pas été revendiquée.


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Samedi 28 novembre 2009

Le phénomène est apparu il y a plusieurs mois selon la police allemande et ne cesse de s’amplifier au point que cette dernière parle désormais «dactions politiques».

Que se passe-t-il au juste ? Réponse : depuis plusieurs mois, donc, les incendies se multiplient en Allemagne contre les grosses cylindrées, à Berlin et à Hambourg principalement.

Plus de 200 véhicules ont ainsi déjà été incendiés cette année, en Allemagne, en majorité des Mercedes et des BMW, mais aussi des Volkswagen ou encore des Ferrari. Et pour la police, la plupart de ces incendies ont une origine politique. Ils surviennent souvent dans d
anciennes banlieues ouvrières, très prisées désormais par les classes moyennes et supérieures. Des voitures appartenant à des grandes sociétés type Vattenfall ou Deutsche Telekom ont également été touchées. La police soupçonne des groupes dextrême gauche dêtre à lorigine de ces attaques, mais sans évoquer un mouvement coordonné de grande ampleur.

Le retour des Brigades rouges par le feu ?

Leur presse (Yahoo! Actualités), 27 novembre 2009.

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Samedi 28 novembre 2009

Amazigh Kateb
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Samedi 28 novembre 2009


«Le Courrier» lance l’Opération Boomerang


Le Courrier connaît à nouveau une baisse importante de son nombre dabonnés, bien que paradoxalement le chiffre de son lectorat soit en hausse. Pour survivre, le journal doit impérativement trouver de nouveaux lecteurs, et plus encore de nouveaux abonnés.

Il y a deux ans, en septembre 2007, nous avons lancé une campagne de sauvetage du titre. Notre situation financière était telle que nous manquions de liquidités et n
étions plus sûrs de pouvoir assumer les frais inhérents à notre production. Cet appel retentissant a touché un large public. Nous avons reçu de nombreux messages solidaires et, surtout, notre courbe dabonnements est remontée très rapidement au-dessus des 10.000 abonnés. Grâce à cette reprise, la vie du Courrier nétait plus menacée. Malheureusement, une échéance plus tard, les abonnements ont été résiliés en nombre, et nous ne comptons aujourdhui plus que 9401 adhésions. Ce chiffre, trop faible, doit impérativement augmenter sous peine de nous retrouver dans des difficultés insurmontables en 2010. Une nouvelle crise affecterait périlleusement la qualité du journal. Au niveau des ressources humaines, les collaborateurs du Courrier travaillent déjà à «flux tendu» pour un salaire souvent inférieur aux usages, et à des taux doccupation partiels. Sans omettre les bénévoles et les stagiaires qui fournissent une belle part de travail non rémunéré important pour la bonne marche du journal. La poursuite de cette aventure (oui, il sagit bien dune aventure) doit être laffaire de nous tous, autant de celles et ceux qui le produisent que de celles et ceux qui le lisent, unis dans un effort citoyen pour la sauvegarde et le développement dune presse libre et indépendante de tout pouvoir économique et politique. Linformation libre a un prix, et nous le payons tous les jours. Reste que les campagnes de communication atteignent rarement les objectifs visés, et seuls les appels au secours, souvent relayés par les médias, sont entendus du grand public. De plus, communiquer coûte cher et, contrairement aux autres quotidiens, nous navons pas les moyens dutiliser les supports habituels de communication. Dailleurs la vente du Courrier ne se prête guère aux techniques classiques coûteuses de télémarketing intrusif et agressif. Au moyen dune nouvelle campagne dabonnements qui commence aujourdhui, nous voulons sortir des schémas classiques et vous proposer un défi : nous aider à trouver de nouveaux lecteurs. En page deux et trois, nous vous présentons un texte inédit de Joseph Incardona, Boomerang, dont le suspense accompagnera chaque semaine lévolution de notre courbe dabonnés. Pour nous aider, vous avez la possibilité de faire découvrir Le Courrier à une connaissance gratuitement durant deux semaines, ou bien sûr, doffrir des abonnements payants. Si chacun-ne sengage à trouver, dans sa famille, dans son cercle damis, connaissances ou collègues, un-e futur-e abonné-e, le but de 1000 nouveaux abonnés deviendra une réalité. En répondant à lappel que nous lançons aujourdhui, vous devenez un des nombreux relais engagés dans la lutte pour la survie du Courrier.

Annelise Carrel Diaz, Frédérique Bouchet,
codirectrices administratives et président de la Nouvelle Association du Courrier
Le Courrier, 14 novembre 2009
Quotidien suisse et indépendant.


Lutopie du journalisme non lucratif

Au moment où Le Courrier enregistre son audience la plus élevée depuis la création dun sondage national sur la presse [Selon la très officielle Organisation de recherche et d’étude des médias publicitaires (REMP), Le Courrier atteint pour la première fois le nombre de 24.000 lecteurs, avec un bond de 15% de l’audience par rapport au sondage précédent. Ce sondage a été publié le 7 septembre dernier.], Le Matin Bleu achève sa météoritique existence. Le gratuit dÉdipresse était un attrape-publicité déguisé en journal dinformation, sur lequel les annonceurs détenaient un droit de vie ou de mort. Aux antipodes de ce «modèle» économique, Le Courrier place entièrement son destin entre les mains de ses lecteurs. Qui le lui rendent plutôt bien, puisque ce journal na jamais été autant lu. Oppressés par la crise et la perte du pouvoir dachat, beaucoup renoncent à poursuivre leur abonnement. Mais ce lien nest pas coupé lorsquil se renouvelle au moyen de dons en argent.

Qu
ils soient abonnés ou donateurs (ils sont parfois les deux), nos lecteurs savent que leur apport sert uniquement à financer linformation, non à rémunérer des actionnaires ou à racheter dautres titres. Quotidien associatif, Le Courrier engage lensemble de ses ressources dans la diffusion de nouvelles et dans lanalyse de lactualité. Il y a là tout le sens du journalisme non lucratif. Le don matérialise la relation particulière que les lecteurs entretiennent avec le journal. Cest pourquoi nous leur adressons régulièrement un bulletin de versement. Si aujourdhui nous accompagnons ce geste par un éditorial, cest parce que nous avons besoin dun substantiel coup de pouce pour terminer lannée, soit un peu plus de 150.000 francs dici à fin décembre.

Affligée par les pires tourments, la presse commence timidement à se tourner vers ce modèle de journalisme philanthropique. Avoir comme actionnaire un organisme à but non lucratif, telle est par exemple l
aspiration de la Société des rédacteurs du Monde qui en appelait, au printemps dernier, cette solution pour garantir son indépendance éditoriale. Mais ce modèle nest pas seulement un bouclier défendant les rédactions de prises de contrôle non sollicitées ou dinfluences politiques et commerciales. Soutenu par la générosité des lecteurs, le journalisme non lucratif permet une diffusion plus ample et donc plus sociale de linformation. Aujourdhui, un exemplaire du Courrier est lu par près de trois personnes, signe que le titre circule de plus en plus largement. Donner, cest aussi partager linformation libre. Une utopie pour les rédactions sous la coupe de managers sans scrupules. Une réalité pour des journaux comme le nôtre, où tout commence et finit par ses lecteurs.

Fabio Lo Verso, rédacteur en chef - septembre 2009.



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Samedi 28 novembre 2009
Rouen : Sept lycéens en garde à vue après des manifestations

Sept lycéens, tous mineurs, qui participaient à des manifestations contre la réforme du Lycée ont été placés en garde à vue jeudi à Rouen (Seine-Maritime) après des heurts avec la police et des dégradations dans une clinique privée de la ville, a-t-on appris de source policière.

Une jeune fille âgée de 17 ans a également été grièvement brûlée aux jambes et au visage au cours de ces événements après avoir tenté d’éteindre un engin incendiaire, a-t-on précisé de même source.

Les manifestations ont eu lieu dans la matinée en deux endroits de l’agglomération rouennaise.

Dans un premier temps, plus de 300 élèves de l’École industrielle de Rouen ont défilé dans les rues puis ont pénétré dans une clinique privée où des dégradations ont été constatées. Quatre jeunes gens ont été interpellés.

Ensuite, c’est au lycée Le Corbusier de Saint-Étienne-du-Rouvray que de violents heurts ont opposé les forces de l’ordre et plus de 200 lycéens. Trois jeunes ont été interpellés, a-t-on expliqué de source policière. La jeune lycéenne blessée par un cocktail molotov a été hospitalisée.

Les lycéens rouennais manifestaient contre la réforme du Lycée présentée jeudi matin dans le détail par le ministre de l’Éducation nationale Luc Chatel.

Leur presse (AP), 19 novembre 2009.
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Samedi 28 novembre 2009
Manzoni Bouchot : Les salariés ont repris le travail

Fin de la grève chez Manzoni Bouchot à Saint-Claude. Après d’âpres négociations, direction et syndicats ont signé un accord au milieu de la nuit en préfecture. L’activité a repris dans la foulée.

Les salariés de la société jurassienne dénonçaient les conditions de travail et les salaires. Convention de chômage partiel, compensations financières liées au chômage, formations, les revendications des salariés ont pratiquement toutes été entendues.

Les salariés ont également obtenu l’amélioration des conditions de travail, nettoyage des locaux, remise en état des chariots élévateurs, mise à disposition de tenues de sécurité.

La Préfète du Jura a annoncé sa venue dans l’entreprise le 15 janvier prochain. À cette occasion, elle mettra en place un comité de pilotage pour assurer le suivi de ce protocole d’accord.

Plein Air, 27 novembre 2009.


Un protocole de fin de grève signé chez MBF Technologies

Après dix jours de grève, un accord a finalement été trouvé entre la direction et les salariés qui réclamaient une amélioration des conditions de travail et une hausse des salaires.

Après dix jours de grève et avec la médiation de la Direction du travail, un accord a fini par être trouvé dans la nuit entre la direction et les représentants des quatre syndicats de MBF-Technologies, ex-Manzoni-Bouchot, le groupe de sous-traitance automobile sanclaudien. L’accord a été trouvé peu après minuit et un protocole de fin de grève officiellement signé hier matin à 10 heures à la Préfecture.

«C
est un événement important, explique François Foucquart, directeur départemental du Travail qui a assuré la médiation des négociations. On sinquiétait vraiment pour la pérennité du site. Après dix jours de grève, léquilibre commençait à être en danger.» Dautant que des dissensions internes étaient aussi en train démerger. La CGT, qui avait dabord refusé de signer, a fini par accepter après que les trois autres syndicats (FO, CFDT et CGC) se sont rétractés au nom du «tous ensemble ou pas».

Ce n
est pas la première fois quun mouvement social secoue le premier employeur privé du bassin sanclaudien. Que ce soit du temps de lactionnariat familial, des fonds de pension, ou même depuis que lentreprise a été reprise par le Groupe Arche en juin 2007. Le mouvement lancé mercredi 18 novembre avait ceci de particulier, quil a été dans un premier temps initié par des salariés hors organisations syndicales. Un ras-le-bol suscité par des conditions de travail dégradées. Auquel se sont greffées des revendications salariales, une augmentation dun euro par heure, que la direction jugeait surréaliste. Il a fallu la médiation des services de lÉtat, pour assurer une médiation entre les deux parties. François Fouquart, le directeur départemental du Travail sest rendu une première fois sur les lieux jeudi 19 novembre, jusquà minuit, il y est retourné avant-hier toute la journée. Le maire, Francis Lahaut, sest également chargé de faire le lien entre les différentes parties. Durant dix jours, des piquets de grève se sont tenus à lentrée des deux sites de lentreprise, sur la zone industrielle, et à Étables. La production était quasiment à larrêt complet.

Les ouvriers ont donc repris le travail à 5 heures du matin. Le protocole garantit qu
il ny aura pas de chômage partiel en 2010 (mais un plan de formation), des avancées sur les revendications damélioration des conditions de travail (remise en état de chariots élévateurs, stock de chaussures dans les pointures courantes, réparation des fuites du toit de lusine, remplacement de léclairage, réparation des portes et progrès dans le nettoyage des locaux).

Sur le plan des salaires, les salariés n
ont pas pu obtenir les un euro par heure daugmentation qu'ils réclamaient ; mais 15 centimes (20 euros par mois) semblent gagnés, en attendant les négociations de février prochain. Chaque salarié ayant chômé se verra attribuer une compensation financière de 200 euros net par personne. «On na quand même pas eu ce quon voulait complètement, mais on est satisfaits à 80%» commentent les représentants des quatre organisations syndicales.

«Je suis très heureuse de vous retrouver tous pour signer ce protocole de fin de grève, a déclaré la Préfète Joëlle Le Mouël. Merci à tous les acteurs de ce partenariat. L
État sera présent à la fois au côté de la direction et des salariés pour que cette convention arrive à son terme ; il sera le garant de son bon déroulement. LÉtat continuera à être au cœur de la médiation.» La Préfète a également annoncé (et cest une mesure assez exceptionnelle) la mise en place dun comité de pilotage au sein de lentreprise. Assuré par le directeur et linspectrice du Travail, ce comité sera officiellement installé, sur place, par la Préfète le 15 janvier prochain.

Le Progrès, 28 novembre.



Le travail a repris chez MBF Technologies à Saint-Claude


Après dix jours de grève, un accord a été signé aujourdhui vendredi en préfecture du Jura entre les salariés et la direction. Un comité de pilotage a été mis en place par la préfète. Dès 5 heures ce matin, le travail avait repris à Saint-Claude.

La direction de MBF Technologies, les salariés et la direction du Travail ont négocié ferme jusque tard jeudi soir. Ce matin, en préfecture du Jura, un protocole d
accord a finalement été signé. Si les salariés ont eu gain de cause sur leurs revendications qui concernaient les conditions de travail, la direction na en revanche pas cédé sur laugmentation dun euro par heure réclamée par les grévistes. De son côté, la préfète a mis en place un comité de pilotage jusquau 15 janvier, dont la mission sera de vérifier que les engagements pris seront bien respectés.


Le Progrès, 27 novembre 2009.


MBF Technologies : les grévistes persistent, la direction ne plie pas


Au sein de MBF Technologies, à Saint-Claude, la grève se poursuit. Le piquet est toujours installé, et la détermination de mise. Certains ouvriers ont malgré tout repris le travail «parce qu’à un moment donné, il faut bien gagner sa vie», tandis que dautres hésitent encore à se désolidariser du groupe de grévistes.

Cela malgré la présence hier matin, sur le site, du maire de la commune, Francis Lahaut, et de François Foucquart, directeur départemental du Travail, qui ont tenté d
appeler les grévistes au compromis.

Mais de compromis, certains ne veulent plus entendre parler, «estimant avoir déjà assez donné». Au sein des syndicats, les avis divergent. Fouad El Yamani, délégué FO, a même tenté de convaincre ses collègues de reprendre le travail. «Je veux que le site de Saint-Claude existe toujours, et je ne veux surtout pas que 450 personnes se retrouvent au chômage.»

Hier soir, le directeur du site, discutait encore avec les grévistes. Les aura-t-il convaincus ? Décision à suivre.

Christelle Lalanne - Le Progrès, 27 novembre 2009.


MBF Technologies : la reprise du travail toujours incertaine


Après une semaine de grève, les négociations sont toujours d'actualité entre les représentants syndicaux, la direction et les salariés de MBF Technogies, le sous-traitant automobile sanclaudien.

Mercredi matin, à l'issue d'une réunion qui aura duré jusqu'à quatre heures du matin, des avancées ont été notées dans un protocole de fin de grève. La Direction s'étant engagée, d'après une source proche du dossier, à réaliser les travaux, finalement estimés nécessaires, dans l'entreprise ; accorder à tous une mutuelle d'entreprise ; signer la convention de chômage partiel à 75% dès l'arrêt du mouvement de grève et réviser rapidement les bas salaires.

Par contre, Patrick Bellity campe sur ses positions et n'envisage aucune augmentation en 2009.

La Préfète, qui recevait hier après-midi les délégués, se serait engagée à faire respecter les points de cet accord.

À l'heure où nous imprimions ces lignes, nous ne savions pas si oui ou non les ouvriers avaient décidé d'accepter ce protocole de fin de grève en reprenant le travail.

PSA aurait en effet effectué une petite pression sur MBF Technologies pour que certaines pièces soient livrées avant vendredi.

Le Progrès, 26 novembre.



MBF Technologies - Saint-Claude (Jura) : la grève qu'il fallait


Saint-Claude, petite ville du Jura, vit en grande partie du travail d'une usine installée depuis longtemps et produisant des pièces en aluminium pour l'industrie automobile, notamment des carters. MBF Technologies emploie au total 450 salariés répartis sur deux sites, et c'est là qu'une grève a démarré mardi 17 novembre.

Alors que des salariés réclamaient pour la énième fois des conditions de travail décentes, le directeur leur a déclaré qu'ils n'avaient qu'à «prendre le portail». Les présents lui ont répondu que c'était à lui de le faire et que, puisque c'était comme ça, ils se mettaient en grève. Le mouvement a été immédiatement suivi par la quasi-totalité des ouvriers, soit 300 personnes qui, depuis, occupent l'usine par roulement.

Il y a effectivement de quoi être en colère : depuis deux ans et demi que l'équipementier automobile Arche a repris l'usine, après que la vieille famille Manzoni-Bouchot qui la détenait depuis longtemps l'a vendue, tout est laissé à l'abandon, aucun entretien, aucun investissement n'est fait. Ainsi il pleut dans les ateliers et l'eau peut même tomber sur un four, ce qui représente un danger mortel, l'équivalent d'une bombe. Tout est dans un état déplorable : il faut amener de chez soi son papier toilette, son savon, ses outils parfois, laver ses bleus chez soi, et tout est à l'avenant...

D'autre part, cette année a été une des plus dures que le patron ait fait vivre au personnel. Outre un plan de 166 suppressions d'emplois en juillet dernier, le patron a aussi imposé du chômage partiel payé seulement à 60% du salaire brut, ce qui a représenté une perte de salaire de plusieurs centaines d'euros. Cela alors que les salaires sont déjà bas : 73 personnes par exemple gagnent moins de 9 euros de l'heure.

Pas étonnant que le groupe Arche soit devenu le numéro un français de la fonderie aluminium pour l'automobile et même «un champion européen» comme il aime se définir, car c'est avec la peau de ses salariés qu'il y réussit.

Les travailleurs demandent un euro de l'heure d'augmentation et l'amélioration des conditions de travail. La direction a proposé une prime de 200 euros, et seulement pour ceux qui ont eu du chômage technique, ce que les grévistes ont refusé. Elle les menace maintenant d'un plan de cent suppressions d'emplois. Guère impressionnés, ils ont décidé de continuer. «La marche arrière est cassée», disent-ils. Pour eux, c'est le bon moment pour exiger leur dû, car PSA et Renault n'ont que quelques jours de stock et, sans leurs pièces, ils devront rapidement arrêter des chaînes. De plus, la direction prévoit de remettre du chômage en janvier.

Mais surtout il y a de quoi être décidé à rendre coup pour coup à cette direction si arrogante. Comme l'a dit un gréviste : «Il y a le monde entier ici, depuis l'Asie jusqu'à la Méditerranée, mais il n'y a pas de différence entre nous et on restera tous unis.»

Lutte ouvrière no 2156, 27 novembre.


Grève chez MBF Technologies : «Illégitime et suicidaire»

Hier soir, sonnait une semaine de grève chez MBF Technologies à Saint-Claude. Une grève initiée par les salariés, «pour réclamer une augmentation générale de un euro/heure et dénoncer leurs mauvaises conditions de travail».

Dans un communiqué, reçu hier, la Direction, qui n'avait pas souhaité, dans un premier temps, répondre à nos questions, indique qu'elle «ne comprend pas la soudaineté de cette grève qu'elle trouve illégitime et suicidaire». D'autant, poursuit-elle «que le Groupe Arche a apporté à son site de Saint-Claude, un soutien sans faille et a même été jusqu'à proposer récemment un plan de formation longue durée afin d'éviter d'aggraver le niveau de chômage dans ce bassin d'emploi sinistré». Quant aux mauvaises conditions de travail, la Direction dément. «À ce jour aucune revendication de cet ordre n'a été signalée à la Direction par les représentants du personnel dans les instances prévues à cet effet.» Et précise également «le plus bas salaire chez MBF est supérieur de 25,4% du Smic».

Christelle Lalanne - Le Progrès, 25 novembre.


La grève continue, les jaunes la ramènent
MBF Technologies : les grévistes toujours sur le pied de guerre

Depuis mardi dernier, les salariés sanclaudiens du sous-traitant automobile, MBF Technologies, sont en grève. Ces 300 ouvriers de la production, se mobilisent pour «une augmentation générale de 1 euro/heure». Dans les rangs des syndicats, les pour et les contre commencent à s'opposer. La CGT a hissé les drapeaux, alors que la CFDT déclare «ne pas cautionner un mouvement qui pourrait coûter le travail à de nombreux employés. Ni l'intimidation exercée sur le personnel non gréviste.»

Le Progrès, 24 novembre.



Le mouvement continue chez MBF Technologies


Les ouvriers grévistes ont maintenu leur piquet vendredi soir, et toute la journée de samedi. Ils continueront ce dimanche se relayant, entre équipes du matin, de nuit, de week-end, pour assurer une présence devant le site de la zone industrielle.

Certains se disent «prêts à perdre leur emploi plutôt qu’à continuer à travailler dans ces conditions», dénonçant le mauvais état des sanitaires, des vestiaires, du réfectoire, des fuites d’eau.


Une équipe de sécurité a été recrutée par la direction pour assurer la surveillance de l’entreprise durant le week-end.

Le Progrès, 22 novembre.



MBF Technologies : Un euro de plus par heure sinon rien

Avec 300 grévistes sur 450 salariés, ce mouvement de grève initié par les ouvriers sanclaudiens, se poursuivra tout le week-end. Et la semaine prochaine si «la Direction n’accorde pas l’augmentation». Ambiance sur place.

«Les promesses y’en a ras-le-bol… Ça fait longtemps qu
on nous en fait… aujourdhui, on veut du concret… et sans attendre.»

Les 300 grévistes de MBF Technologies, sur les 450 que comptent l
entreprise, sur les sites sanclaudiens d’Étables et la Zone du Plan dAcier, parlent dune seule voix.

Et elle n
est pas syndicale.

«Ce mouvement est celui des employés qui depuis trois ans fournissent de nombreux efforts et font confiance, à tort, à une direction, qui les abandonne complètement.»

Les ouvriers en ont marre.

Marre de travailler plus que de raison «pour gagner moins». Marre «de recevoir, à chaque fois qu
’il pleut, de leau sur la tête alors quils travaillent». Marre de «travailler sur du matériel vétuste que personne ne répare». Marre encore «daller dans des toilettes ou personne noserait aller et de faire leur pause dans une salle qui nest pas reposante». Marre enfin, «dêtre obligé de se mettre en grève pour que la direction sengage à améliorer toutes ces conditions de travail».

«On nous parle de pacte social mais on ne nous écoute pas, c
est pour cela quaujourdhui nous sommes si nombreux.»


En effet, 90% de grévistes à la Zone et 60% à Étables, sont des pourcentages que les autres mouvements de grève, n
avaient pas égalés. Celui-ci sannonce également plus coriace, car «la marche arrière est cassée». Cela, bien que de nombreuses réunions se soient tenues entre mercredi et jeudi et que des propositions aient été faites par la Direction. Notamment lamélioration des conditions de travail nommées ci-dessus, prime de 200 euros net pour chaque salarié ayant effectué en 2009 du chômage partiel, pas de plan social et dans le cas où le manque de commandes lobligerait, convention de chômage partiel à 75% contre les 50% pratiqués en 2009. Lissage des horaires de lusinage et de la fonderie, jusquà décembre.

Enfin, révision dès janvier 2010 des plus bas salaires… 73 personnes touchent moins de 9 euros de l
heure chez MBF Technologies. Rien par contre, sur laugmentation générale dun euro/heure, revendiqué dans le préavis de grève. «Cela coûterait à lentreprise 1,6 million annuel, alors quen 2009, à Saint-Claude, elle en a perdu 7», constate François Foucquart, directeur départemental du Travail. «Si le travail ne reprend pas jai des craintes pour la survie de lentreprise.» Hier, la direction aurait déclaré «si le mouvement de grève devait continuer, un plan social concernant 100 personnes pourrait être mis en place. Léquipe de week-end serait quant à elle purement et simplement supprimée.» Une déclaration impossible à vérifier, puisque pour la toute première fois, Patrick Bellity, président du Groupe Arche, s’est refusé à tout commentaire dans nos colonnes.

«Depuis 1972, jen ai vu des crises chez Manzoni»
Fouad El Yamani, Technicien atelier mécanique
Je suis entré chez Manzoni-Bouchot en 1972. Jai donc connu lentreprise familiale. Tout nétait pas rose, et il y a aussi des mouvements sociaux. Je me souviens quon sétait battu pour obtenir des chaussures de sécurité… Trente ans après ce sont la même chose. Ensuite il y a eu lentreprise financière. Du temps de Léman Capital, on nous répétait sans cesse «que largent navait pas dimportance», cétait des belles années. Il y a eu de nombreux investissements et à cette époque nous étions plus de 800 personnes, rien quà la fonderie. Aujourdhui nous avons lentreprise industrielle, et des tas de promesses jamais tenues ni aucun investissement effectué. Pour quune entreprise réussisse il faut quelle sache dépenser, investir et se renouveler.
Délégué syndical FO, je soutiens aujourdhui le mouvement des salariés.

«Faire grève : je ne peux pas me le permettre»

Martial Chabrand, Pilote machine
Je suis depuis 14 ans chez Manzoni-Bouchot. Jai travaillé à la Zone avant de venir travailler à Étables. Jai vu les choses se détériorer au fil des ans et les revendications de mes collègues sur les conditions de travail sont justifiées. Vrai aussi quon nous a promis beaucoup de chose, et que nous navons rien vu venir.
Seulement, nous avons des syndicats pour faire remonter nos revendications à la Direction. Contrairement aux autres, moi je leur fais encore confiance. Et puis de toute façon je ne peux vraiment pas me permettre de faire grève. Ma femme est au chômage, jai une fille à nourrir, plus un crédit de voiture. Moi je suis ici pour bosser, pour fournir les pièces aux clients, que cela plaise ou non aux autres.

Christelle Lalanne - Le Progrès, 21 novembre.



Les salariés de MBF Technologies en grève depuis mardi soir

Les conditions de travail, le chomage partiel rémunéré à 75%, le lissage des horaires fondeur/usineur… Autant de revendications que défendent les salariés sanclaudiens.

Plus habituellement menée par les syndicats, la grève qui secoue, depuis mardi soir, la production de MBF Technologies à Saint-Claude, est une grève spontanée déclenchée par les salariés.

Après le départ volontaire de 75 personnes, en septembre, les ouvriers restant ont du poursuivre le travail.

Et apparemment, «pas dans de bonnes conditions».

Car c’est l
une des revendications de cette nouvelle grève des salariés de la Zone Industrielle et d’Étables.

«Les conditions de travail se sont détériorées au fil des années, mais aujourd
hui, tout part nimporte comment. Loutillage est en mauvais état, on ne le remplace pas…» Les horaires, aussi, semblent poser problème.

«Avec du personnel en moins, c
est autant de travail en plus.»

Alors pour y pallier, en partie, «nous demandons une augmentation générale de un euro de l
heure».

Autre point revendiqué «le lissage entre les horaires de l
usinage et ceux de la fonderie».

Ce point semble résolu, en tout cas, jusqu
à la fin de lannée, puisque la direction a donné son accord.

Par contre, «le chômage partiel payé à 75%» et l
augmentation horaire nont pas trouvé décho favorable auprès de la direction.

Celle-ci aurait cependant fait une proposition, via son directeur des ressources humaines, «une prime de 200 euros net/salariés ayant été au chômage cette année». «Pas assez» ont rétorqué les employés. François Foucquard, directeur de la Direction Départementale du Travail et de l
Emploi était hier à Saint-Claude. Il a tenu à rencontrer les délégués syndicats, du personnel et les salariés. «LÉtat a consenti de nombreux efforts financiers pour aider votre entreprise. Et continue de le faire. Tout a été fait pour que MBF ne soit jamais abandonné. Mais aujourdhui, il vous faut absolument trouver un terrain dentente avec votre direction.»

Hier soir, à l
heure où nous imprimions, François Foucquard était toujours présent dans les murs de lentreprise. Une réunion téléphonique réunissant direction et délégués du personnel, sy tenait pour tenter une fois encore de faire avancer les uns sans trop faire reculer les autres.

Le mouvement de grève était apparemment maintenu à Saint-Claude.

Christelle Lalanne - Le Progrès, 20 novembre.



Mouvement de grève chez Manzoni Bouchot

Depuis mardi soir, les salariés de la production ont lancé un mouvement de grève chez Manzoni Bouchot. Une initiative qui semble très suivie.

C
est cette fois à linitiative des salariés, et non des syndicats, quun mouvement de grève a été déclenché, depuis mardi soir, chez Manzoni Bouchot, à Saint-Claude. Daprès les premiers éléments en notre possession, le mouvement serait très suivi parmi les salariés de la production. À lorigine du mécontentement, les conditions de travail. Ce jeudi après-midi, les délégués du personnel ont rencontré le directeur départemental du Travail.

Le Progrès, 19 novembre.
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Samedi 28 novembre 2009
Deux équipes de CRS en patrouille à Lons-le-Saunier et Dole

Depuis lundi, des fourgons de CRS sillonnent les rues de Lons-le-Saunier.
«On ne cherche pas un dangereux criminel ! précise la Préfecture. Il s’agit d’un dispositif mis en place dans le cadre des priorités gouvernementales et nationales et du Plan de lutte contre la délinquance et les cambriolages lancé en septembre dans le département.
La Préfète a demandé le renfort de deux sections de CRS pendant quinze jours, en opération concertée entre police et gendarmerie. On ne cherche rien de particulier, l’objectif est de mettre plus de monde sur la voie publique.»

Une présence, de 18 heures à minuit, qui n
a pas échappé aux habitants. Plusieurs interpellations ont déjà eu lieu en nocturne, dans les rues de Lons.

Quatre ports d
armes ont été relevés en mardi et mercredi. Les derniers en date : un jeune de 22 ans arrêté alors quil roulait à vitesse élevée et était en possession dun grand couteau dune lame de 15 centimètres et dun cutter et un autre de 17 ans interpellé avec un couteau et un pistolet à billes, réplique dun pistolet.

La Préfecture devrait faire le bilan des résultats obtenus en fin de dispositif.

Leur presse (Le Progrès), 27 novembre 2009.



Les gendarmes du département célèbrent leur sainte patronne

Plus de 150 personnes ont participé hier en fin d’après-midi à lhommage rendu par les gendarmes du département à leur sainte patronne, sainte Geneviève. Une messe a été célébrée à léglise des Cordeliers de Lons-le-Saunier en présence de nombreuses personnalités, des gendarmes et de leurs familles.

La messe a été donnée par le prêtre de la paroisse Saint-Désiré, le père Villet et le vicaire général Adelon, qui représentait l
évêque retenu à Champagnole. Plusieurs gendarmes ont pris la parole pour adresser des prières à sainte Geneviève, également sainte patronne de la ville de Paris, réputée pour avoir réalisé de nombreux miracles de son vivant. Le prêtre a fait appel à lAncien Testament et à lÉvangile pour souligner la mission des gendarmes. «Restez en tenue de service et gardez vos lampes allumées, disait Jésus à ses disciples. Votre tenue de service nest pas un vêtement de parade mais celle de ceux qui servent. Il faut la porter tout le temps et avoir recours à votre conscience, toujours !» Plusieurs chants dédiés à la sainte patronne ont été entonnés et la prière du gendarme chrétien («Même quand je dois armer mon bras, garde mon âme dans la paix») lue.


Au terme de la cérémonie, tous se sont retrouvés au Carcom. Le colonel Xavier Denis, commandant du Groupement de gendarmerie du Jura, a pris la parole. «La Sainte-Geneviève est l
occasion dune réflexion sur le métier de gendarme, une pause pour faire le point sur notre engagement. Cette année, plutôt que de revenir sur la dimension spirituelle de cette fête, je souhaite parler de la Loi du 3 août 2009, qui marque un grand moment de lHistoire de la gendarmerie, en lintégrant à un grand ministère de lIntérieur, et qui rappelle limportance de sa mission et ses devoirs. Cest un texte fondamental. Ceux qui ont peur des réformes sont comme ceux qui doutaient des miracles de sainte Geneviève !» Joëlle Le Mouël, préfète du Jura, a ensuite lu le message national adressé par Brice Hortefeux, ministre de lIntérieur, aux gendarmes. Lui aussi met laccent sur cette loi «historique, la première depuis 200 ans dans la gendarmerie» et assure les forces de lordre de sa «confiance» et de son «attachement» eu égard à «la sincérité» de leur engagement.

Deux gendarmes ont ensuite reçu le diplôme et la médaille du courage et du dévouement pour le risque qu
ils ont encouru cet été à Arbois, pénétrant dans un incendie pour sauver une vieille dame.

Leur presse (Le Progrès), 28 novembre.
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