Jeudi 12 novembre 2009

Non à la répression
des mouvements sociaux !
Relaxe de tous les inculpés
des 10 et 17 octobre à Poitiers !
Abandon des poursuites
et des instructions en cours !

Le 10 octobre dernier à Poitiers, la manifestation organisée dans le cadre d’une Journée anticarcérale contre l’ouverture de la nouvelle prison à Vivonne s’est conclue par des bris de vitrines appartenant à des multinationales de la télécommunication, des banques et des assurances, ainsi que par le gazage du marché Notre-Dame qu’a opéré la police alors que le cortège s'était déjà dispersé. Pendant plus de cinq heures a également eu lieu au «23», lieu culturel et artistique, une répression policière sauvage et gratuite, et cette journée s’est achevée par l’arrestation de 18 personnes servant visiblement de boucs émissaires.

Après quarante-huit heures de garde à vue, huit d’entre elles sont passées en comparution immédiate, et, du fait du battage médiatico-politique autour de ce qui était devenu le «saccage du centre-ville», toutes ont été condamnées à des peines — dont quatre mois de prison ferme pour Patrick, et un mois pour Samuel et Jean-Salvy. De plus, le parquet a fait appel — ce qui ne présage rien de bon pour la suite si rien ne vient infléchir le cours de cette «justice».

Diverses mobilisations ont déjà eu lieu à Poitiers et à Tours : manif du 17 octobre à l’appel du Comité de soutien à Sam et Jean-Salvy (qui s’est soldée par trois nouvelles arrestations) ; manif du 19 et soirée débat-concert du 22 organisées par le Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux en soutien à tous les inculpés ; manif du 24 octobre appelée par le Comité de soutien à Sam et Jean-Salvy et rassemblement du 31 octobre appelé par diverses organisations dont le Comité antirépression de Tours, en solidarité avec Patrick…

Ces mobilisations — de même que les nombreuses distributions de tracts ou les pétitions réalisées — ont montré leur utilité, car Samuel et Jean-Salvy ont finalement été remis en liberté en attendant le procès en appel […]. Mais Patrick est resté en prison : le tribunal a considéré que ses garanties de représentation en justice et de non-réitération de son geste étaient insuffisantes.

Libération immédiate de Patrick Dubreucq !

Patrick, alias Patoche, «militant de toutes les bonnes causes» comme il se définit lui-même, a été condamné non seulement à huit mois de prison dont quatre ferme mais, comble du comble, à une obligation de soins psychiatriques et à une amende pour avoir jeté un projectile en direction des forces de l’ordre sans que personne n’ait été blessé. Ce projectile serait une pile (au moins atomique !) qui aurait atteint par ricochet un commissaire — lequel a obtenu des dommages et intérêts de 800 euros.

Parce qu’il vit de minima sociaux, parce qu’il fait partie des «exclus», Patrick ne pourrait être libéré… Alors qu’à 50 ans passés il n’a jamais été condamné, il est présenté comme susceptible de réitérer un acte dit «violent», mais exceptionnel, en direction des forces de police. Affirmer qu’il est dangereux pour l’ordre public est une sinistre farce — mais bien dans la logique d’un pouvoir qui réprime particulièrement cette partie de nos concitoyens.

Se révolter contre cette société pourrie est ainsi une maladie mentale, et la psychiatrie la cinquième roue du magnifique carrosse de la paix sociale et du système répressif étatique. L’avocat de Patrick a fait appel de ce jugement inique, et un nouveau procès aura lieu le 19 novembre.

Exigeons l’acquittement de Patrick, celui de Jean-Salvy et de Samuel […] ainsi que celui de Charles et de Léo — dont leur date de procès n’est pas encore connue.

Exigeons de même la relaxe pour tous les inculpés des 10 et 17 octobre, et l’arrêt de toutes les procédures en cours — notamment celle qui menace de fermeture le «23».


D’autres actions de solidarité sont prévues. Venez vous y joindre :
— Les 18 novembre à 18 heures et 19 novembre dans la journée, rassemblements devant le palais de justice pour assurer Patrick de notre solidarité face à son procès en appel ;
— Le 28 novembre à 14 heures, manifestation pacifique pour la justice et le respect des droits de l’Homme, à l’initiative du Comité de soutien aux inculpé-e-s du 10 octobre ;
— Le 5 décembre de 14 heures à 23 heures (horaires à confirmer, lieu et programme à préciser), Forum de soutien et d’échanges sur la répression organisé par le Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux ;
— Le procès en appel de Samuel et Jean-Salvy est repoussé à une date ultérieure.

Ne laissons pas bafouer les droits d’expression
et de manifestation !
Opposons-nous à toute forme de répression
des mouvements sociaux !


Signez et faites signer massivement la pétition demandant la libération de Patrick et la relaxe de tous les inculpés.
Apportez un soutien financier : chèques à l’ordre d’ACRATIE — à envoyer à ACRATIE, 86310 La Bussière (avec la mention «Solidarité Poitiers» au dos).
Écrivez à Patrick : Centre pénitentiaire de Poitiers Vivonne, Patrick Dubreucq, no d’écrou 145, Champ de Grolles, 86370 Vivonne.
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Jeudi 12 novembre 2009
Vous aimez la critique sociale ? Soutenez-la !

La Brique est un journal précaire. Disons… en danger de mort permanent. Depuis le no 1 de mars 2007, nous n’avons guère franchi la ligne verte. À croire qu’on le fait exprès. Quelques soirées de soutien et quelques criées énergiques ont bien pu financer un ordinateur, une ligne téléphonique et du café. Mais ces derniers temps, le manque de liquide fait grogner le banquier «coopératif» et les fournisseurs…

On pensait que le passage en mensuel susciterait l’emballement général. Mais notre compte bancaire fait toujours la gueule, rien à faire. On se console en se disant qu’on arrive tout de même à en diffuser autant qu’en deux mois. C’était le minimum. Mais c’est deux fois plus de boulot…
et deux fois plus de risques de tomber dans le rouge.

Toujours débordants d’ambition, on a doublé le tirage, on a déposé La Brique partout dans la région [Nous sommes diffusés par les dépositaires NMPP de Lesquin, Valenciennes, Calais, Lens, Douai, Dunkerque, Berck Plage et Maubeuge, auxquels s’ajoutent Amiens, Soissons, Abbeville et saintQuentin à partir de ce numéro]. L’augmentation des ventes a renfloué le surplus de facture d’impression, pas davantage. On arrive aujourd’hui de justesse au niveau des 900 exemplaires vendus [Selon les calculs usuels en la matière, environ 2 ou 3000 personnes pourraient lire La Brique, bien davantage que le nombre d’exemplaires vendus. Mais le Crédit Coopératif se fout du nombre de lecteurs… avec eux c’est l’oseille qui compte.]. Pas terrible, hein ? 500 dans les kiosques de Lagardère (NMPP) qui nous arrachent 34% du prix, 180 chez nos dealers, plus d’une centaine dans la rue. Ainsi qu’une centaine de personnes qui nous ont soutenus en s’abonnant.

Tous ces efforts couvrent donc à peine l’impression. En théorie. Car le paiement par les NMPP [Les «Nouvelles Messageries de la Presse Parisienne» qui fournissent les kiosques par l’intermédiaire des dépositaires, sont détenus à 49% par Hachette-Lagardère] se fait deux, trois, parfois cinq mois après. C’est pourquoi on chute régulièrement dans le rouge. À la dernière impression, il a fallu ramener à l’imprimeur une preuve de bonne foi, soit un chèque de 2000 € pour qu’il nous laisse embarquer les 6000 exemplaires [Pour les invendus, les NMPP détruisent plus de 3500 exemplaires et nous en gardons environ 1500, qu’on distribue ici et là dans les quartiers, dès qu’on a le temps]. On lui devait quand même 6800 €. Après règlement des nos 13 et 14, reste encore à régler l’impression des nos 15, 16 et 17, soit 4100 €.

Alors il s’agit de convaincre sans relâche de nouveaux lecteurs et lectrices, de toujours faire progresser ce canard, son contenu et sa diffusion ; tout comme de rendre visible la nécessité d’une presse critique aujourd’hui.

Mais à court terme, le meilleur moyen de s’en sortir, c’est d’amasser des abonnements par dizaines, par centaines ! Car à chaque fois, c’est dix numéros payés d’avance sans qu’un intermédiaire vienne grappiller sa part. Du flouze qui permet de régler les factures à temps. C’est vital pour un humble et frêle esquif comme La Brique, qui rame au milieu du marécage médiatique.

D’autres vivent la même galère, du CQFD à L’Envolée, en passant par le Postillon. La presse associative militante ouvre bien sa gueule, mais l’écho est trop faible, comme les soutiens. Alors les abonné-es sont le nerf de la guerre pour continuer à imprimer chaque mois. Et nous en avons trop peu.

On n’a donc pas attendu d’être complètement dans la mouise pour vous alerter. Car on ne veut absolument pas prendre le risque que ce canard disparaisse. Notre peau, on la vendra chèrement. On espère que vous aussi, vous tenez à ce canard, en ces temps pourris. Pour nous voir paraître encore dans six mois, dans un an, il va falloir mettre la main à la poche. Alors, la bourse ou la vie, camarade ?

Le Collectif de rédaction
La Brique no 18, novembre 2009
Journal d’info & d’enquête de Lille et d’ailleurs.


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Jeudi 12 novembre 2009
Reithalle - Berne, 19 septembre 2009
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Jeudi 12 novembre 2009
Nouvelle «réunion de prière» samedi
devant l’église Saint-Nicolas à Nantes

Qui sont les anti-IVG ?

Même s’ils ont renoncé aux actions violentes, les militants de SOS tout-petits restent actifs à Nantes.

Trente-cinq ans après le vote de loi Veil dépénalisant l
avortement, les opposants à linterruption volontaire de grossesse (IVG) ne désarment pas. Regroupant les plus virulents dentre eux, lassociation SOS tout-petits organise samedi, dans plusieurs villes de France, son troisième «rosaire» de lannée pour dénoncer «le crime public davortement». À Nantes, ils devraient être une centaine, comme en mars dernier, à réciter des prières sur le parvis de léglise Saint-Nicolas. Protégés des contre-manifestants par un cordon de police, comme à chaque fois.

Des militants anti-avortement lors d’une manifestation
à Nantes, en novembre 2007


Actions commando

Créée en 1986, SOS tout-petits s
est fait connaître par ses actions commando dans les centres IVG, dont celui de lhôpital Saint-Jacques. Ce qui a valu plusieurs condamnations à son fondateur, le docteur Xavier Dor qui, à 80 ans passés, préside toujours lassociation.

Depuis la création du délit d
entrave à lIVG, en 1993, les militants anti-avortement ont changé de stratégie, se contentant de «réunions de prière publique de réparation». À Nantes, celles-ci ont longtemps eu lieu devant lhôpital Saint-Jacques. Jusquà ce que le centre IVG soit transféré dans le nouvel hôpital mère et enfant, en 2004.

Insultes et menaces

Depuis, les anti-IVG se retrouvent régulièrement devant Sainte-Thérèse ou Saint-Nicolas. Avec banderoles et haut-parleurs. «Leur objectif est d
être visibles de la population», note Laurence Roussel, coordinatrice au Planning familial de Nantes.

Même s
il ne fait plus lobjet dagressions en règle, comme il y a quelques années, le Planning reste la cible privilégiée des militants «pro-vie». «Nos affiches sont systématiquement arrachées. Et on continue de recevoir des lettres dinsultes et des menaces.»

Intégristes et militants FN

Même s
ils ne laffichent pas ouvertement, la plupart des militants de SOS tout-petits sont proches de lextrême-droite ou des mouvements catholiques intégristes.

Le Mayennais Luc Perrel, chargé du bulletin de l
association, était no 3 sur la liste FN aux européennes en Pays de la Loire. Et lanimateur du groupe nantais, Philippe Piloquet, médecin au CHU de Nantes, est membre de lAssociation catholique des infirmières et médecins (Acim), qui se réfère à «la tradition de lÉglise».

Chaque «réunion de prière» draine des membres de l
Alliance pour les droits de la vie, créée par Christine Boutin, et de Mère de miséricorde, une association accueillant les futures mères «en détresse» et qui dispose, elle aussi, dune antenne à Nantes.

Leur presse (Xavier Boussion, Presse Océan), 12 novembre 2009.


«On ferme des centres IVG alors qu
on en manque»

Samedi, une manifestation pour les droits des femmes est organisée à Paris. Maya Surduts, militante du Collectif national des droits des femmes, revient sur les menaces qui pèsent sur le droit à l’avortement.

Combien d
interruptions volontaires de grossesse (IVG) sont pratiquées en France chaque année ?

Environ 200.000. On a du mal à avoir des chiffres précis et de manière régulière, mais globalement le nombre d
interruptions de grossesse est stable en France depuis des années. Et je contredis tout de suite ceux qui pensent que cest trop: on est dans la moyenne européenne et la France peut se targuer davoir le deuxième taux de fécondité le plus élevé en Europe (après lIrlande)…

Quelle est la situation aujourd
hui en France pour une femme souhaitant avorter ?

Il ne faut pas croire que ce soit simple. L
IVG reste un tabou. Quand une femme avorte, elle ne le dit pas. La plupart nen parlent pas, se plaignent peu alors que certaines sont traitées comme des chiens à lhôpital. Celles qui viennent pour un deuxième avortement sont vues comme des récidivistes commettant un crime.

Il est malgré tout plus facile d
avorter quavant, non ?

Certes, nos luttes nous ont permis d
obtenir des avancées. Je pense à la loi de 2001, relative à lIVG et la contraception. Désormais, les mineures nont plus besoin de lautorisation parentale pour avorter. Et les étrangères ne doivent plus prouver quelles vivent en France depuis plus de trois mois. Mais, il reste des combats à mener, notamment sur la contraception. Aujourdhui, seules certaines pilules sont remboursées… Il y a aussi un manque dinformation, auprès des jeunes notamment. En Hollande, où le nombre dIVG est très bas, il y a une éducation à la sexualité dès la maternelle ! Nous avons encore des progrès à faire.

Mercredi, on apprenait la fermeture d
un centre IVG dans le 20e arrondissement à Paris, le troisième supprimé dans la région [À Paris, trois centres IVG ont fermé depuis le mois de mai : à lhôpital Jean-Rostand à Ivry-Sur-Seine, à Broussais dans le 14e arrondissement, et enfin à Tenon, dans le 20e] depuis le mois de mai. Que faut-il en penser ?

On ferme des centres alors qu
on en manque. Cest la conséquence directe du démantèlement de lhôpital public. Des centres IVG, souvent rattachés à des maternités, ferment sur de simples considérations de rentabilité. Le discours est toujours le même : «Pas assez dactes chirurgicaux. On privilégie les regroupements…» Les patients doivent alors se tourner vers de gros hôpitaux … déjà surchargés !

S
ajoute un autre problème : pratiquer des IVG nest pas valorisant pour le praticien. On se bat depuis des années pour obtenir une revalorisation de lacte pour quil soit facturé comme une fausse couche (900 euros). On est passé lannée dernière de 200 à 300 euros, cela ne suffit pas évidement. Surtout quaujourdhui, on le sait bien — et cest vrai pour la médecine en général — les actes sont pratiqués en fonction de leur valeur marchande.

Recueilli par Marie Piquemal
Leur presse (Libération), 16 octobre.
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Jeudi 12 novembre 2009

Nous avons enfin trouvé le secret du socialisme municipal : Fermer progressivement les bars d’autorité (en gaspillant l’argent public pour les racheter !). Cela se passe à Rennes, et bientôt près de chez vous.

Ceci afin que les gens qui sortaient encore pour se parler (et nourrissaient une sociabilité culturelle ininterrompue depuis environ 2000 ans, au moins), restent désormais sagement chez eux devant leur télé-TF1, qui leur fera encore plus peur de sortir le soir. (Et leur ôtera définitivement toute idée de voter à gauche, bigre ?)

Épouvanter plus pour gagner plus, en quelque sorte. La voilà, la «désolation» de l’homme moderne consommateur isolé et apeuré, dénoncée en son temps par la philosophe anti-totalitaire Hannah Arendt.


Ce qui est remarquable dans cet article paru hier 10 novembre 2009 dans Ouest-France, c’est le mot «enfin», qui pèse tout son poids d’un sain et consciencieux soulagement d’honnête journaliste fort peu tenté par le doute, dans la phrase authentique : «En clair, il n’y aura plus de bar dans l’impasse des Barrières, qui, en l’absence d’un commerce ouvert tard le soir, pourrait enfin être équipée d’une grille fermée la nuit, ce que réclament les habitants du lieu depuis des années.»

Le jour même où l’on célèbre la chute du mur de Berlin !

Privatiser l’espace public, ériger des grilles et des digicodes en attendant la biométrie obligatoire, claquemurer les habitants, les empêcher de s’aimer et s’amuser, et même de se croiser, ruiner le commerce de proximité et empêcher les jeunes entrepreneurs en limonaderie de s’installer, assécher délibérément les lieux culturels non subventionnés, interdire les recoins pittoresques non-payants aux touristes et aux promeneurs curieux ou érudits, fermer les accès et les derniers abris encore accessibles aux sans-logis, voilà un humanisme de gauche comme on l’aime !

Oui, vraiment, vive Rennes, vive le PS, vive Sarkozy, vive la France.

Texte de Ouest-France, mardi 10 novembre 2009, sous la signature de Stéphane Vernay :

La Ville de Rennes rachète des bars, «rue de la soif»
La Ville est en cours de négociations pour racheter le fonds et les murs du bar «La Station», rue Saint-Michel. Les élus ont approuvé, hier soir, l’acquisition du bar «Le 1929», situé impasse des Barrières (dite impasse Saint-Michel), juste à côté de «La Station».
La Ville de Rennes a usé de son droit de préemption pour se porter acquéreur du bar Le 1929, impasse des Barrières (dite impasse Saint-Michel), au cœur de la rue de la soif. L’opération, présentée aux élus rennais hier soir, lors du conseil municipal, doit être bouclée d’ici au 4 janvier 2010. Le bar, bien connu des noctambules, devrait donc fermer d’ici à la fin de l’année. Montant de la transaction : 185.000 €.
Le 1929 et La Station concernés
Cet achat «accompagne la préemption récente du fonds de commerce» du 1929, révèle Nathalie Appéré, première adjointe au maire. En achetant à la fois le fonds de commerce et les murs commerciaux, ce que lui permet une loi entrée en application l’an dernier, la municipalité va pouvoir disposer totalement des locaux, ce qui est une nouveauté. En clair, la Ville ne sera pas obligée de rouvrir un nouveau bar au même endroit, ce qu’elle était contrainte de faire autrefois après préemption. Ce fut le cas, par exemple, lors de l’achat du café L’Angelus, à l’angle de la place de la mairie.
En achetant fonds et murs du 1929, la Ville annonce son intention de «limiter les activités commerciales de soirée» dans l’impasse des Barrières. «Une étude a été confiée à l’architecte conseil de la Ville, Bruno Régnier, pour envisager les évolutions de cet îlot, précise Nathalie Appéré. Et d’autres préemptions ou acquisitions sont également en cours dans ce secteur.»
Pas de réouverture possible rue de la Soif
En clair, il n’y aura plus de bar dans l’impasse des Barrières, qui, en l’absence d’un commerce ouvert tard le soir, pourrait enfin être équipée d’une grille fermée la nuit, ce que réclament les habitants du lieu depuis des années. Quant aux autres «préemptions ou acquisitions en cours dans le secteur», la Ville est en train de négocier le même type d’opération avec le bar La Station, rue Saint-Michel.
En vertu d’un arrêté préfectoral de 1995, les deux «licences IV» attachées à ces deux bars ne pourront pas être réattribuées à de nouveaux débits de boissons dans ce même secteur, identifié comme suréquipé en la matière. Cette double opération permettra donc à la Ville de faire diminuer le nombre de bars actuellement présents rue de la soif. Hier soir, la majorité n’a pas caché son intention de reproduire ce type d’opération dans ce secteur si de nouvelles opportunités d’acquisitions se présentaient.

Luc Douillard - Infozone, 12 novembre 2009
Liste d’information pour la France sauvage.

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Jeudi 12 novembre 2009

Banlieue rouge

1993
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Jeudi 12 novembre 2009
Onze personnes contrôlées avant la cérémonie du 11 novembre à Rennes

La commémoration de l’armistice sest déroulée sans encombre ce mercredi, à Rennes. Pourtant, quelques minutes avant la cérémonie, onze clowns ont été emmenés au commissariat.

Ce mercredi matin, les forces de l
ordre étaient sur le qui-vive. Selon eux, de «sérieuses menaces» pesaient sur la cérémonie du 11 novembre à Rennes. Vers 10 heures du matin, suite aux réquisitions du procureur, les policiers ont interpellé onze personnes entre la rue de Coëtquen et la rue dOrléans. Déguisées en clowns, ces dernières étaient soupçonnées dappartenir à la Brigade active des clowns (BAC) et de vouloir perturber la célébration de larmistice de la guerre 14-18. Emmenées au commissariat de la Tour dAuvergne pour procéder à des contrôles didentités, ces personnes en sont ressorties libres quelques heures plus tard. Elles ne seront pas poursuivies.

Pendant ce temps, la cérémonie s
est déroulée sans encombre : messe, dépôt de gerbes, prise darmes, défilé des troupes, échanges de bleuets entre six portes-drapeaux et six enfants, participation des collégiens allemands de Kiel etc. Au plus grand bonheur des personnes qui ont reçu la légion dhonneur. Vincenzo Tidona, 79 ans, étaient de celles-là. Militaire en retraite, il a été fait chevalier de la légion dhonneur pour avoir servi huit ans en Algérie et trois ans au Vietnam. Un moment que le grand-père attendait «depuis 1960».

Leur presse (Le Mensuel de Rennes), 11 novembre 2009.
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Jeudi 12 novembre 2009
Manifestation déclarée = état de guerre ?

C’est la question que je me suis posée au regard du nombre impressionnant de policiers qui ont été mobilisés dimanche dernier pour encadrer la manifestation «la prison tue» organisée par lArppi et de nombreux autres collectifs, groupes et individus pour demander labolition des peines de mort déguisées, des quartiers disolement et disciplinaires dans lesquels les morts suspectes sont de plus en plus nombreuses, le non enfermement des enfants, la libération des malades et des handicapés ainsi que le rapprochement familial, affinitaire et géographique des familles et proches de personnes détenues.

Un dispositif inquiétant

À peine arrivée sur le lieu de rendez-vous place de la Bastille, investie par des robots cops en costume de guerre et sourires d
assaut jusquau sommet des marches de lOpéra Bastille, il ma fallu demander à mon interlocuteur, en prise directe avec la préfecture, que cessent les contrôles didentité et que les flics provocateurs quittent les marches de l’Opéra.

Une demie heure plus tard j
ai dû réitérer ma demande au responsable pour que cessent aussi les contrôles systématiques dans le métro. Une amie ma appelé pour me dire que son bus avait été détourné à la gare de Lyon. Une dizaine dautres personnes, bien quelles maient appelé pour me dire quelles étaient dans le métro en direction de la manifestation ne sont jamais arrivées et la camionnette dune autre amie, venue de Nîmes pour loccasion, a été fouillée sept fois.

L
apothéose du dispositif étant le bouclage de la place dItalie où rues, boulevards et avenues étaient fermées par des doubles rangées de véhicules de police avec, tout autour de celle-ci, une armada de policiers déployée de façon stratégique et impressionnante. Un tous les mètres en long et en large des avenues.

Une amie passant près de la prison de la Santé après la manifestation m
a parlé dun «mur» fait de palissade et de flics à hauteur de celle-ci, ainsi que de bulldozers blancs marqués police qui remontaient vers la place Denfert-Rochereau en un cortège impressionnant. Puis, en se dirigeant vers son domicile avenue des Gobelins, elle a interrogé des motards sur le pourquoi et les raisons de ce dispositif. Réponse de ceux-ci : «À cause dune manifestation de dangereux gauchistes qui sont contre la police, contre les matons, contre le gouvernement et qui ont prévu de tout casser.»

Un peu plus loin elle a interrogé d
autres policiers arguant de son inquiétude par rapport à sa fille censée rentrer en métro.

Réponse de l
intéressé : «Ne vous inquiétez pas Madame, cest une manifestation en soutien aux familles de détenus et pour les gars en prison. Cest du grand nimporte quoi ; on est 3000 pour encadrer quelques pékins, qui défilent dans le calme avec des propos intelligents.»

«C’est complètement disproportionné !» a-t-il ajouté.

Il fallait s
attendre à ce déploiement de force au regard de larticle avant-coureur écrit par deux journalistes félons, Isabelle Mandrot et Caroline Monnot dans un article de politique-fiction paru dans le Monde le 8 novembre où leurs propos délirants accompagnés de photos angoissantes dautonomes ingérables issus dune supposée armée de lombre annonçaient à limparfait la manifestation.

Pour faire cet «article purin» les traîtres étaient venues jusqu
à mon fief de Charenton pour me piéger. Elles sétaient même fendues dachats de bibelots, dans le salon de thé de lami où je les recevais, pour endormir ma vigilance sur le mode : «On est jeunes et sympas et on voudrait parler des nouveaux acteurs et moyens de résistance actuels.»

Malgré la désapprobation de certains, largement justifiée au regard de tout cela, j
avais insisté pour ouvrir la porte à la «grande presse» pour preuve de notre ouverture quant à la mobilisation. Les deux «jouir-nalistes» étaient donc venues quelques jours plus tard à une réunion de l’Arppi pour infiltrer nos rangs. Probablement déçues de ne pas y trouver lobjet de leur fantasme elles ont pondu cet article de batterie.

Elles ne sont pas les seules d
ailleurs, dautres ont participé à la curie, notamment Charlie hebdo qui avait annoncé casse et altercations en tout genre quelques jours auparavant daprès des informations émanant de «lassociation des services de renseignements».

On voit ainsi très clairement à travers les pratiques de déstabilisation dont l
’Arppi (association pour le respect des proches de personnes incarcérées) et autres collectifs font lobjet avec qui ou pour qui tous ces gens travaillent…

En effet, beaucoup de journalistes mais très peu d
images dans les journaux. M6, Bfm, Rmc, Afp, Télé Proche-Orient, télé anglaise, italienne, France info, seuls quelques prisonniers ont réussi à en capter lessentiel sur France info, M6 ou Bfm tv en se répartissant les médias à regarder ou à écouter sans discontinuer.

Pourquoi ? On n
allait tout de même pas montrer aux Français la démesure des moyens mis en place pour loccasion, des millions et des millions deuros dépensés sans vergogne en ces temps de «crise» et de restriction, payés avec leurs impôts, ça ne fait pas très sérieux au regard du calme dans lequel sest déroulé la manifestation.

Un journaliste a même précisé que seule la casse permettrait de faire passer le sujet aux infos !

Et puis tous ces flics costauds auxquels on a demandé devenir en cette journée dominicale, préparés, entraînés à rencontrer du «terroriste», du casseur, du vandale, de la vermine d
autonome ultra gauchisante, ils ont dû drôlement être déçus de ne rencontrer que des gens tristes et désespérés par un système véritable bras armé dune société fragile qui a échoué dans toutes ses politiques : banlieues, logement, familiales et éducatives et qui bâtit des murs parce quelle na aucune réponse ou solution à apporter.

Double chagrin et double peine pour toutes ces familles et proches venues parler au micro de leurs proches morts en détention devant l
’Opéra Bastille, une véritable volonté de les éradiquer elles aussi en occultant leur présence et leur parole tous les médias confondus.

Bienvenue en enfer, le monde est une prison, faut se mobiliser pour la grande évasion.

Catherine Charles - présidente de lArppi
Indymedia Nantes, 11 novembre 2009.
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Mercredi 11 novembre 2009
Tarnac, la défense contre-attaque

Un an après, le dossier semble au point mort. La défense démonte un PV de police, le principal atout de l’accusation.

Le 11 novembre 2008, à l
heure du laitier, quelque 150 gendarmes et policiers armés et encagoulés investissent la ferme du Goutailloux, dans le petit village de Tarnac, en Corrèze. Au même moment, même scénario à Paris, Rouen, et dans la Meuse. Au total, une vingtaine de personnes sont interpellées, dix placées en garde à vue. Trois jours plus tard, neuf seront mises en examen par le juge Thierry Fragnoli pour «association de malfaiteurs en liaison avec une entreprise terroriste », puis placées en détention provisoire.

Il est 10h30 quand Michèle Alliot-Marie convoque la presse. La ministre de lIntérieur se réjouit du démantèlement dun groupuscule «dultragauche, mouvement autonome». La Cellule invisible, cest son nom, et son «chef» est Julien Coupat. Une enquête «très fouillée» les met en cause dans les actes de sabotage commis la semaine précédente sur des lignes SNCF. Le procureur de Paris, Jean-Claude Marin, y va à son tour de sa conférence de presse pour renchérir : «Le but de leur entreprise est bien datteindre les institutions de lÉtat et de parvenir par la violence à troubler lordre politique, économique et social.»

De la chancellerie, de Matignon, de l
Élysée, les félicitations pleuvent sur les forces de lordre, leur «mobilisation», leur «efficacité».

Un vrai-faux PV ?

Un an plus tard, ces mâles assurances sonnent le creux. Pas sûr que les journalistes soient invités ce matin place Beauveau pour le premier anniversaire de l
«affaire» de Tarnac. Le parquet de Paris est silencieux, le juge Fragnoli aussi. Les détenus ont recouvré la liberté les uns après les autres, au bout de quelques jours pour les uns, de quelques mois pour Julien Coupat et sa compagne, Yldune Lévy, et le dossier semble au même point quil y a douze mois. Cest-à-dire au point mort.

La parole est maintenant à la défense. C
est elle qui tient désormais la vedette dans les médias. Les nouveaux avocats des neuf mis en examen, Jérémie Assous et Thierry Lévy, ont adressé lundi une note au juge dinstruction pour lui rappeler «son obligation dinstruire à charge et à décharge». Ils lui demandent notamment de «confronter les enquêteurs à leurs contradictions» afin de déterminer quel crédit on peut apporter à leurs investigations.

Est visé ce que Me Assous qualifie de «socle de l
accusation» : le procès-verbal de police qui atteste de la présence de Julien Coupat et dYldune Lévy à Dhuisy (Seine-et-Marne), la nuit où la ligne du TGV-Est fut endommagée par un fer à béton accroché à une caténaire. «En analysant le rapport des policiers de la Sdat (Sous-direction antiterrorisme) qui les filaient ce soir-là, on saperçoit quil est totalement incompatible avec la réalité du terrain. Soit le PV ne décrit pas la réalité, soit cette réalité sest abstraite des règles de physique les plus élémentaires !»

L
avocat sest rendu sur place pour se livrer à sa propre reconstitution. La ligne LGV est en hauteur, cest une longue ligne droite, et par nuit claire «cest un véritable théâtre dombres», dit-il. «Si les policiers étaient effectivement en planque, comment expliquer quils naient rien fait ? Pour poser le fer à béton là où il était, il faut escalader deux grilles hérissées de barbelés, parcourir 530 mètres et grimper un pylône de 7 mètres, le tout à laller et au retour. Et ils nauraient rien vu, rien entendu ?»

D
autres incohérences truffent le procès-verbal, selon Me Assous. La chronologie de la filature, telle quelle est minutée par les policiers, signifierait que lantique Mercedes de Julien Coupat et de sa compagne a battu des records de vitesse sur les petites départementales de Seine-et-Marne. Aucune trace de pneu de la même Mercedes na été relevée à lendroit où elle est censée avoir stationné. Pas plus, dailleurs, que de la voiture de la Sdat. «Et comment se fait-il que les policiers disent avoir alerté leur hiérarchie dès 5h10 alors que la SNCF, elle, na été prévenue quà 9h55 ?» Conclusion ? «Ni Julien et Yldune, ni les policiers de la Sdat nétaient présents sur les lieux du sabotage.» Mais cest sur la foi de ce procès-verbal quils ont été jetés en prison pendant six mois.

Pas de commémoration

Aujourd
hui à Tarnac, aucune autre commémoration que celle de larmistice nest prévue. Sans doute lépicerie sera-t-elle ouverte, ainsi que le bistrot, auxquels ceux du Goutailloux ont redonné vie.

Son gérant en titre ne sera pas là. Benjamin Rosoux, comme les huit autres mis en examen, est soumis depuis sa sortie de prison à un contrôle judiciaire très strict. Assigné à domicile chez sa mère, en Normandie, il a retrouvé un emploi tout récemment dans un bar-librairie. «Jusqu
à il y a encore trois semaines, jétais obligé de pointer tous les jours à la gendarmerie. Le contrôle a été assoupli sur ce point, mais cest bien le seul. Je nai toujours pas le droit de retourner à Tarnac. Jattends que tout ça se finisse au plus vite. Et ça fait un an que ça dure.»

Leur presse (Pierre-Marie Lemaire, Sud Ouest), 11 novembre 2009.


Tarnac : un an après les sabotages, la qualification terroriste en question


Le 11 novembre 2008 au petit matin, la police antiterroriste interpelle une dizaine de jeunes présentés comme proches de l’ultra-gauche et soupçonnés davoir saboté des lignes TGV. Un an après, leurs avocats dénoncent une «opération politique» menée au nom de lantiterrorisme.

Réunies sous le terme générique de «groupe de Tarnac», du nom d
un village corrézien quils habitaient, neuf personnes âgées de 24 à 35 ans sont poursuivies depuis le 15 novembre pour ces sabotages de voies ferrées. Des actes qualifiés de terroristes par le juge dinstruction, Thierry Fragnoli, soutenu par le parquet, car ils visaient des transports publics.

Certains ont connu la détention provisoire, dont celui qui est présenté comme le «cerveau» du groupe, Julien Coupat, brillant étudiant issu d
un milieu très aisé, qui passera six mois en prison.

La police s
intéressait en fait à ce petit groupe depuis début 2008 et un voyage à New York de Coupat et de sa compagne, Yldune Levy, au cours duquel ils avaient participé à une manifestation devant un centre de recrutement de larmée.

Placés depuis leur libération sous de stricts contrôles judiciaires, les membres de ce petit groupe n
ont jamais formellement nié les faits mais dénoncent depuis le début de lenquête «un dossier vide placé sous le sceau de lantiterrorisme», selon les termes de Me Irène Terrel, qui défend quatre de ces jeunes, dont Coupat.

«Cette enquête est le résultat d
une opération politico-médiatique et non juridique», tempête Me Terrel, rompue aux dossiers mêlant extrême-gauche et terrorisme.

Pour Me Terrel, comme pour l
opposition et des associations, qui voient dans ce dossier un emblème des menaces qui pèsent selon elles sur les libertés publiques, cette enquête «mal ficelée est le résultat direct de la crainte exprimée par Michèle Alliot-Marie lorsquelle était place Beauvau de voir resurgir une ultra-gauche radicale» de type Action directe.

«L
antiterrorisme a bon dos», relève Me Terrel, énumérant les «atteintes aux libertés comme les contrôles judiciaires que lon impose à ces jeunes qui sont pour certains assignés à résidence chez leurs parents ou ne peuvent plus se rendre à Tarnac où ils avaient pourtant du travail».

«On tente de créer un ennemi intérieur pour masquer les carences du dossier», ajoute à l
AFP Me Terrel, dénonçant «une criminalisation des écrits», en référence à Linsurrection qui vient, un ouvrage signé dun mystérieux «comité invisible» et attribué par les enquêteurs à Coupat, ce quil nie. «On est allé jusquà mettre sur écoute Éric Hazan, léditeur de ce livre», dénonce-t-elle.

Les enquêteurs estiment de leur côté s
appuyer sur des éléments tangibles pour maintenir leurs poursuites contre le «groupe de Tarnac».

Coupat et sa compagne, suivis ce soir-là, ont ainsi été aperçus près d’une voie sabotée le soir des faits. Des expertises informatiques ont permis en outre de mettre la main sur un manuel de fabrication de bombe et des matrices de faux documents d
identité. «Et puis les sabotages ont cessé depuis leur interpellation», relève un enquêteur.

Policiers et magistrats passent également au peigne fin les éventuels contacts q
u’auraient pu entretenir ces jeunes avec des groupes allemands et grecs. «Le dossier évolue, même sil nétait pas forcément mûr au début», assure un enquêteur. Linstruction pourrait être close avant lété 2010.

Leur presse (AFP), 11 novembre.


Ces criminologues qui murmurent à l’oreille de MAM

L’arrestation de Coupat a permis à l’État de mettre en avant deux théoriciens du «décèlement précoce» du terrorisme : Raufer et Bauer.

Michèle Alliot-Marie, en février 2009, justifiait l’énergie déployée pour monter le spectacle appelé «Affaire de Tarnac» par «la résurgence de groupes très radicaux et souvent violents». Et d’inviter ses interlocuteurs à l’aider dans la lutte contre des gens qui «contestent l’État, contestent l’autorité».

Mais à qui demandait-elle de «créer de la part de l’opinion publique un rejet de ces groupes» ? Au «Mouvement Initiative et Libertés» (Mil), devant lequel elle s’exprimait à l’occasion de ses assises nationales. Créé en 1981, le Mil a accueilli les transfuges et les dirigeant du très à droite Service d’Action Civique (Sac), peu après la dissolution de celui-ci en 1982, à la suite de la fameuse tuerie d’Auriol, commise par certains de ses membres. En 2009, la ministre de l’Intérieur invite donc les «milistes» (je n’ai pas dit «miliciens») à jouer sur le besoin d’État qui travaillerait la population. Les gens, selon elle, seraient «mieux disposés» à «isoler» ceux qui attaquent l’État. «À condition d’y croire. Je dis bien à condition d’y croire.»

Pour produire cette croyance dont la ministre expose avec insistance la nécessité, le duo Xavier Raufer-Alain Bauer s’est depuis longtemps imposé. Binôme bien dans l’air du temps : Raufer (de son vrai nom Christian de Bongain) vient d’Occident et des réseaux de la guerre froide, tandis que Bauer a commencé du côté de Michel Rocard et du Grand Orient de France. Le premier a créé au sein de l’Institut de criminologie de l’Université Paris II (avec l’aide d’un prof du Front National) le Département de Recherches sur les Menaces Criminelles Contemporaines (Drmcc), tandis que Bauer a eu droit récemment à une chaire de criminologie créée spécialement pour lui au Conservatoire des Arts et Métiers. L’un et l’autre enseignent dans ces hauts lieux démocratiques que sont, en Chine, l’École supérieure de police criminelle et le Centre de recherche sur le terrorisme et le crime organisé. Bauer, dont la société de conseil en sécurité accumule les contrats juteux avec les collectivités locales et les entreprises, se flatte d’avoir attiré l’attention d’Alliot-Marie sur Coupat.

Voilà longtemps que l’on sait à quoi s’en tenir sur la «science» du duo. En 1998, leur Que sais-je ? intitulé Violences et insécurités urbaines était déjà remarquable par la prédominance de l’idéologie sur l’analyse empirique, alors même que les auteurs prétendaient s’en tenir aux faits. Ils ont persévéré dans La Face noire de la mondialisation, publié aux prestigieuses éditions du CNRS, avec un discours similaire et une supposée «trouvaille», la seule : le «décèlement précoce». On a eu une démonstration de ce qu’ils entendaient par là avec l’affaire de Tarnac. En avril 2009, Bauer expliqua, sur France 2, que les «prémisses étaient les mêmes» entre les gens de Tarnac, Action Directe et les Brigades rouges ! Le 19 octobre, le même s’exprimait — en qualité de président du groupe de contrôle des fichiers de police et de gendarmerie — dans Libération à propos de la volonté affichée par Hortefeux de créer deux nouveaux fichiers : «Il s’agit de fichiers de renseignements sur des personnes qui n’ont pas commis d’actes répréhensibles mais qui sont susceptibles de le faire» (sic). Décèlement précoce, là encore !

Et une fois ce décèlement opéré, une fois les personnes susceptibles de commettre des actes répréhensibles dûment fichées, que fait-on ? Dans leur livre, nos experts proposent rien moins que de «nettoyer» le «terrain criminel», c’est-à-dire l’ensemble du «cadre social et économique». «Infiniment plus efficace que la démarche consistant à saucissonner l’ensemble en mille procédures tatillonnes, pathétiquement lentes et finalement inutiles, selon des codes dépassés…», assurent-ils.

Telle est la pensée qui inspirait la ministre de l’Intérieur, aujourd’hui ministre de la Justice, quand elle s’adressait à une organisation connue pour mener la chasse aux grévistes et aux gauchistes. Et qui, en 1968, dressaient des plans pour regrouper les gens de gauche dans des stades…

Leur presse (Serge Quadruppani, Siné Hebdo no 61), 4 novembre.
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Mercredi 11 novembre 2009
La nuit du 8 au 9 novembre en région parisienne, plusieurs entreprises liées à l’enfermement ont été visées :
— Eiffage (une des plus grandes entreprises de BTP qui construit de la même manière les villes que les prisons) rue de Watt (13e), où deux engins de chantiers ont été sabotés avec du sucre dans leur réservoir, avec un tag à côté : «Eiffage construit des prisons pour enfermer les pauvres. Sabotons Eiffage».
— L’Institut de criminologie de la Fac de Droit rue Cujas (6e) a été tagué d’un «Feu aux prisons», «Crève l’État et son droit».
— L’APIJ (Agence Publique pour l’Immobilier de la Justice, organisme du ministère de la Justice chargé des appels d’offres) rue du Château-des-Rentiers (13e) a été tagué d’un «Ici l’État (APIJ) programme la construction de nouvelles prisons. Attaquons-le(s)».
— IOSIS (cabinet d’ingénierie dédié à la construction et la rénovation des taules) rue Dolores-Ibarruri (Montreuil, 93) a été tagué d’un «IOSIS travaille à l’enfermement. Liberté pour tous !»
— La boutique Orange (qui s’enrichit sur le travail des taulards) place Jeanne-d’Arc (13e) a eu ses 8 vitrines brisées, accompagnées du tag «Exploiteur de prisonniers».

Ces actions s’inscrivent dans le cadre de la semaine anticarcérale contre les longues peines et tous les enfermements. À bas toutes les prisons et ceux qui en profitent. Continuons à les harceler chacun à sa manière au-delà de cette semaine d’agitation, c’est facile et ça pourrait leur coûter cher…

Indymedia Nantes, 9 novembre 2009.
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Mercredi 11 novembre 2009

Le troisième arrondissement de Lyon autour du quartier de la Guillotière fait l’objet d’une répression policière qui s’est intensifiée depuis un an, date de l’ouverture du commissariat de police place Bahadourian. Au travers de récents événements, nous pouvons constater la volonté de contrôle de la population. Cela se traduit par le fait d’éviter tout débordement.

Des précédents

Dans la nuit de jeudi à vendredi 6 novembre, un groupe d’étudiants s’est réuni rue Vendôme dans un cadre festif. Suite à des plaintes de voisins, la police arrive et leur demande de se déplacer. Les étudiants se dirigent alors place Guichard. Ils sont suivis par une voiture de la BAC. Les premières discussions avec les policiers se passent de manière sereine. Suite à leur départ une heure plus tard, deux étudiants subissent un contrôle d’identité musclé (pris à la gorge, ils sont poussés violemment). Cette scène alerte deux de leurs ami(e)s qui se rapprochent afin de négocier leur départ avec les policiers. Sans sommation, les premiers coups des policiers tombent. Le reste du groupe s’attroupe autour des policiers. Les coups se mettent alors à pleuvoir, suivis de gaz lacrymogène. Un des membres du groupe situé en retrait se fait interpeller, frapper au visage et sur le corps à de multiples reprises une fois au sol. Il est sorti samedi après 36 heures de garde à vue. Résultat : un crâne ouvert, un bras cassé et de multiples ecchymoses, soit une soixantaine de jours d’ITT cumulés et une accusation de violences aggravées sur agents de la force publique. Finalement, les policiers reviennent sur leur plainte et la substituent en une simple rébellion. Les policiers ont reconnus s’être «blessés» aux phalanges et aux genoux en frappant. Verdict le 8 décembre en Maison de Justice.


Premier récit de l’expulsion du Komifo

Samedi soir, dès 22 heures une boum, en soutien au squat du Komifo contre sa fermeture, était organisée dans les lieux. Vers 2 heures du matin, un lourd dispositif policier (une cinquantaine de policiers de différents corps, des chiens) se met en place dans le but de mettre fin à la soirée et de vider les lieux. Après l’infiltration de trois agents, les participants réagissent en accourant vers la porte afin de contenir la police. De nombreux tirs de lacrymogène fusent, la pression policière se fait sentir. Une barricade se monte rapidement. Cependant, la police parvient à rentrer à l’aide de flash-balls. Les participants sortent par derrière entourés d’un cordon de CRS n’hésitant pas à frapper à l’aveuglette. Ils les alignent le long d’un mur et les laissent repartir direction rue de Créqui. Les différents groupes se font charger et certains sont passés à tabac. Étrangement, aux vues des violences policières, aucune interpellation mais surtout de nombreuses blessures (dents cassées, arcades ouvertes, hématomes…). Et des policiers qui, selon plusieurs témoins, regrettaient de «ne pas avoir pu plus s’amuser».


Second récit de l’expulsion du Komifo

Samedi soir, la soirée se passe pour la dernière fois au squat le Komifo, ça part avec un open-mic avec des gens du quartier, des camarades, ceux qui testent de prendre le micro, l’ambiance est bonne, y a du monde, parce que faut pas oublier que le Komifo a brassé beaucoup de gens, on s’y est rencontré, on s’y sent bien. Quand la boom est lancée, il est déjà tard, on a de l’énergie, on veut faire la fête ensemble, on se connait pas tous mais on est tous et toutes venus.es avec des potes ou on en retrouve sur place — excepté le gars louche qui ressemble à un deck et qui fourre son nez un peu partout (bizarrement les premiers flics en uniforme déboulent 5 min après son départ). Les corps et les esprits se chauffent et les premiers murs commencent à tomber, le Komifo, destiné à être détruit par la Mairie après l’expulsion, va l’être en partie pendant cette soirée. Cette énergie, si elle en déçoit certains, les scandalise ou les pousse dans leurs retranchements moralisateurs et méprisants, cette énergie est pourtant contagieuse et bientôt ce sont les toilettes, le toit et les murs qui sont soit mis à terre soit repeints par des phrases anti-flics, un fumi craqué dans le jardin contribue à l’ambiance ; quelques vitres et bien sûr le bar font les frais de cet élan de joie et de rage ; ils nous expulsent, on va pas non plus leur dérouler le tapis rouge…


Sur ces entre-faits, trois porcs de la nationale débarquent par la porte ouverte, laissée sans surveillance, et se dirigent directement vers le dancefloor où on les invite à regagner la sortie. C’est une escorte d’une quinzaine de personnes insultant et crachant sur les flics qui les ramènent à la porte… laquelle était alors fermée. Scène surréaliste, les flics sont coincés entre les portes du Komifo et des gens très énervés qui, décidément, n’apprécient pas leur présence. Malgré l’alcool et la rage ils s’en sortent, ils ont eu chaud. Des gens paniquent, ne se sentent pas en sécurité et décident de se faire la malle avant que la maison ne soit bouclée, très vite on entend ceux qui sortent par l’arrière : «Y a la BAC dans la rue». De toute évidence on se retrouve à plus d’une quarantaine à rester, à se dire qu’on veut être soudés et solidaires face à ce qui se passe. On cherche nos potes dans la confusion, on se tient. Une barricade est improvisée devant la porte à travers laquelle passent mollards et bris de verre jetés sur les decks par ceux qui tiennent l’entrée, les porcs se décident à gazer puis à entrer boucliers anti-émeutes aux bras après avoir défoncé la porte en quelques coups de pompes. Des objets sont balancés, pêle-mêle : plot de circulation, barbecue, balançoire… Un tir de flashball retentit, on se regroupe dans le fond du jardin, prêts à entamer une sortie collective, on commence à sortir sur le trottoir pendant que ceux qui assurent les arrières se font défoncer, les chiens sont lâchés. Jusque-là, on nous dit qu’on va nous laisser partir sans contrôles mais qu’il va y avoir des arrestations. On se décide à bouger ensemble pour se disperser ensuite, on s’en va en gueulant «Flics ! Porcs ! Assassins !» Certains groupes s’en sortent, d’autres se font courser et certains rattraper.

Les flics sont énervés ce soir, ils ne veulent ni arrêter, ni contrôler mais juste mettre des coups, pour le plaisir. Le mot passe on se cale un rencard et une ou deux heures plus tard, on se retrouve dans un appart’, au chaud. Contents de se retrouver, de se tenir ensemble. On fait le bilan : pas d’arrestations (à notre connaissance), de très rares contrôles d’identité, de nombreuses blessures, mais surtout, une impression d’avoir vécu quelque chose de fort à relativement nombreux, un désir de ne pas en rester là.

Alors voilà, la suite au prochain épisode…


Conclusion

Ces deux événements ne sont pas isolés et s’inscrivent dans une politique de répression et de gestion policière du quartier populaire et immigré de la Guillotière. Après l’opération «quais tranquilles», cela passe notamment par la Mission de Coordination des Actions de Sécurité et de Prévention développée par la Mairie du 3e arrondissement, qui vise notamment à un renforcement des effectifs de police pour assurer «la tranquillité des habitants et la lutte contre le sentiment d’insécurité». Pour autant, l’installation du plus gros commissariat de Lyon place Bahadourian, le «nettoyage» de la place du Pont, l’expulsion violente du Komifo, s’inscrivent plus dans une politique de répression sociale et de gentrification (exclusion des classes populaires du centre-ville) que de sécurisation de ses habitants. En somme, il s’agit de l’expulsion programmée de toutes les populations indésirables du quartier de la Guillotière. La hausse de la violence des interpellations conduit à des situations comparables à la répression subie lors de manifestations sauvages. Il paraît urgent de s’organiser afin de combattre le sentiment d’impunité dont jouissent chaque fois plus les forces de police lors de leurs opérations de «sécurisation».

Rebellyon, 11 novembre 2009.

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Mercredi 11 novembre 2009
À Lyon comme ailleurs, régularisation des travailleurs sans-papiers

Alors que plus de 5000 travailleurs sans-papiers sont en grève depuis plusieurs semaines en Ile-de-France pour obtenir leur régularisation, ce mercredi 11 novembre des militants du syndicat CNT Interco et de l’Union départementale du Rhône de la CNT se sont rassemblés devant le restaurant «La Route des Pâtes», rue Mercière pour réclamer la régularisation d’un salarié travailleur sans-papier de l’entreprise.

Celui-ci travaille depuis 5 ans dans l’établissement et est présent en France depuis 10 ans. Il a décidé de porter le problème sur la place publique pour défendre ses conditions de travail, réclamer sa régularisation et l’application du droit du travail.

Après une heure et demie de négociation, un accord a été trouvé avec l’employeur qui s’est engagé à faire toutes les démarches nécessaires pour obtenir sa régularisation. Cette action montre l’intérêt de se mobiliser dans toutes les luttes.

La solidarité des travailleurs finira par payer !



Texte du tract distribué :

Aujourd’hui, mercredi 11 novembre 2009, le syndicat CNT Interco 69 a décidé d’occuper le restaurant «La Route des Pâtes», 49 rue Mercière à Lyon, en soutien à l’un de ses syndiquéEs, commis de cuisine dans le restaurant. Depuis 5 ans il travaille là, sans-papiers.

Aujourd’hui il a décidé de sortir de l’ombre et de lutter pour sa régularisation et pour de meilleures conditions de travail. Il rejoint ainsi les quelques 5000 travailleurs sans-papiers d’Ile de France en grève depuis plusieurs semaines dans les restaurants, les entreprises de nettoyage, sur les chantiers du BTP, etc. Plus largement, leur lutte rejoint celle de toutes les travailleuses et travailleurs, avec ou sans-papiers, qui se battent pour leur dignité et pour défendre leurs intérêts de salariés face à des patrons sans scrupule !


Refusons l’hypocrisie

L’État présente les sans-papiers comme des clandestins et des profiteurs et veut en faire les boucs émissaires de la crise. Alors qu’ils produisent des richesses, qu’ils travaillent, qu’ils cotisent aux différentes caisses de sécurité sociales et d’assurances chômage mais n’en bénéficient pas. Les patrons et les politiciens qui les servent tiennent un discours qui vise à diviser les travailleurs, en opposant travailleurs français et immigrés, avec et sans-papiers.

Alors que ce sont les patrons qui licencient ! Ce sont les patrons qui précarisent ! Ce sont les patrons qui baissent ou gèlent les salaires ! Cela pour empocher des profits. C’est contre eux et leur politique qu’il faut lutter, pas contre nos camarades travailleurs sans-papiers !


Patrons et politiciens font croire que la politique de répression de l’immigration préserve les travailleurs français de la prétendue concurrence des travailleurs migrants. En réalité, cette politique ne fait que sur-précariser les travailleurs migrants. C’est de cette situation de précarité que profitent les patrons pour imposer des horaires et des conditions de travail indignes, illégales, en tirant ainsi la situation de tous les travailleurs vers le bas.

C’est donc au contraire la régularisation des travailleurs sans-papiers : qui cassera cette dynamique de nivellement vers le bas qui créera les conditions d’une lutte commune de tous les travailleurs afin de stopper la politique de régression sociale menée par le patronat.

Soutenez la lutte des travailleurEs sans-papiers !
Défendez vos intérêts de travailleurs !
Prenez contact avec les syndicats.

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Mercredi 11 novembre 2009
«À bas la France !»

Le ministre de l’immigration, de l’intégration et de l’identité nationale vient d’annoncer l’ouverture d’un «grand débat sur les valeurs de l’identité nationale» qui «devra permettre de valoriser l’apport de l’immigration à l’identité nationale, et de proposer des actions permettant de mieux faire partager les valeurs de l’identité nationale à chaque étape du parcours d’intégration». Le sujet étant de retour sur le devant de la scène politique et médiatique, nous publions deux extraits de textes qui nous semblent constituer des pièces importantes à verser au dossier. D’abord, des notes rédigées par Guy Debord en 1985 sur «la question des immigrés». Ensuite un épisode de l’histoire du surréalisme relaté par Maurice Nadeau.

Guy Debord :

«Tout est faux dans la “question des immigrés”, exactement comme dans toute question ouvertement posée dans la société actuelle ; et pour les mêmes motifs : l’économie — c’est-à-dire l’illusion pseudo-économique — l’a apportée, et le spectacle l’a traitée …

 » Faut-il donc les assimiler ou “respecter les diversités culturelles” ? Inepte faux choix. Nous ne pouvons plus assimiler personne : ni la jeunesse, ni les travailleurs français, ni même les provinciaux ou vieilles minorités ethniques (Corses, Bretons, etc.) car Paris, ville détruite, a perdu son rôle historique qui était de faire des Français. Qu’est-ce qu’un centralisme sans capitale ? …

 » La diffusion du spectacle concentré ne peut uniformiser que des spectateurs …

 » On se gargarise, en langage simplement publicitaire, de la riche expression de “diversités culturelles”. Quelles cultures ? Il n’y en a plus. Ni chrétienne ni musulmane ; ni socialiste ni scientiste. Ne parlez pas des absents. Il n’y a plus, à regarder un seul instant la vérité et l’évidence, que la dégradation spectaculaire-mondiale (américaine) de toute culture …

 » Certains mettent en avant le critère de “parler français”. Risible. Les Français actuels le parlent-ils ? Est-ce du français que parlent les analphabètes d’aujourd’hui, ou Fabius (“Bonjour les dégâts !”) ou Françoise Castro (“Ça t’habite ou ça t’effleure ?”), ou B.-H. Lévy ? Ne va-t-on pas clairement, même s’il n’y avait aucun immigré, vers la perte de tout langage articulé et de tout raisonnement ? …

 » Ici, nous ne sommes plus rien : des colonisés qui n’ont pas su se révolter, les béni-oui-oui de l’aliénation spectaculaire. Quelle prétention, envisageant la proliférante présence des immigrés de toutes couleurs, retrouvons-nous tout à coup en France, comme si l’on nous volait quelque chose qui serait encore à nous ? Et quoi donc ? Que croyons-nous, ou plutôt que faisons-nous encore semblant de croire ? C’est une fierté pour leurs rares jours de fête, quand les purs esclaves s’indignent que des métèques menacent leur indépendance ! …

 » Et tous collaborent pour considérer cette question comme si elle était la plus brûlante, presque la seule, parmi tous les effrayants problèmes qu’une société ne surmontera pas. Le ghetto du nouvel apartheid spectaculaire, il est déjà là, dans la France actuelle : l’immense majorité de la population y est enfermée et abrutie …

 » Il vivra des gens sur la surface de la Terre, et ici même, quand la France aura disparu. Le mélange ethnique qui dominera est imprévisible, comme leurs cultures, leurs langues mêmes. On peut affirmer que la question centrale, profondément qualitative, sera celle-ci : ces peuples futurs auront-ils dominé, par une pratique émancipée, la technique présente, qui est globalement celle du simulacre et de la dépossession ? Ou, au contraire, seront-ils dominés par elle d’une manière encore plus hiérarchique et esclavagiste qu’aujourd’hui ? Il faut envisager le pire, et combattre pour le meilleur. La France est assurément regrettable. Mais les regrets sont vains.»

[Guy Debord, Notes sur la «question des immigrés»,
Œuvres, p. 1588
]

Le 2 juillet 1925, un banquet en l’honneur de Saint-Pol-Roux deviendra le théâtre d’un épisode important de l’histoire du surréalisme, relaté par Maurice Nadeau :

«Au cours du banquet, Rachilde se laisse aller à dire, répétant les termes d’une interview donnée précédemment, et assez fort pour que toute l’assemblée l’entendît, “qu’une Française ne peut pas épouser un Allemand”. Or, les surréalistes étaient à ce moment fort amoureux de l’Allemagne ; d’abord parce que ce pays représentait pour les bourgeois français l’ennemi héréditaire incomplètement vaincu que les chaînes du traité de Versailles n’empêchaient pas de vouloir se relever, le mauvais payeur des Réparations que Poincaré avait exaspéré en occupant la Ruhr, ensuite parce qu’il était, selon Desnos, de ces forces à l’Orient qu’on appelait à détruire la civilisation occidentale, enfin parce que, comme l’avait dit Aragon : “Nous sommes ceux-là qui donneront toujours la main à l’ennemi.” À la suite de la déclaration de Rachilde, André Breton se lève, très digne, et fait remarquer à Mme Rachilde que le propos qu’elle tient est injurieux pour son ami Max Ernst, justement invité à ce banquet.

 » Soudain un fruit, lancé par on ne sait qui, vola dans les airs et vint s’écraser sur la personne d’un officiel, tandis que des cris : “Vive l’Allemagne !” étaient vociférés. Le tumulte devient bientôt général et tourne à la bagarre. Philippe Soupault suspendu au lustre dont il se sert comme d’une balançoire, renverse du pied plats et bouteilles sur les tables. Au dehors, les badauds s’attroupent. Les coups tombent de droite et de gauche. Rachilde prétendra plus tard qu’elle fut frappée d’un coup de pied au ventre par un grand escogriffe à l’accent tudesque (elle voulait naturellement désigner Max Ernst lui-même) …

 » L’occasion est trop bonne de réduire à néant ces “provocateurs surréalistes”. Et comme on n’en peut venir à bout, on a recours aux défenseurs naturels de la poésie bafouée : les policiers, à qui on désigne ceux qu’il faut passer à tabac. Tandis qu’on entend les cris : “Vive l’Allemagne ! Vive la Chine ! Vive les Riffains !”, Michel Leiris, ouvrant une fenêtre qui donne sur le boulevard, crie à pleins poumons : “À bas la France !” Invité par la foule à venir s’expliquer, il ne s’en fait pas faute : la bagarre continue sur le boulevard du Montparnasse. Leiris continuant à défier la police et la foule, manque d’être lynché. Emmené au commissariat, il y est copieusement rossé. Le scandale fut énorme. Les journaux, avec ensemble, crièrent haro ! sur les surréalistes …

 » Les surréalistes ne s’en tinrent pas là. Ils publiaient en même temps la “Lettre ouverte à Paul Claudel, ambassadeur de France”. Son Excellence, en effet, dans une interview à Comœdia, n’avait rien trouvé de mieux que de traiter l’activité surréaliste de “pédérastique”, ajoutant, détail inattendu dans ce débat, qu’il avait bien mérité de la patrie pour avoir, durant la guerre, permis la vente par l’Amérique de “grosses quantités de lard” à la France en guerre. La réponse fut virulente : “… Nous saisissons cette occasion pour nous désolidariser publiquement de tout ce qui est français en paroles et en actions. Nous déclarons trouver la trahison et tout ce qui, d’une façon ou d’une autre, peut nuire à la sûreté de l’État plus conciliables avec la poésie que la vente de «grosses quantités de lard» pour le compte d’une nation de porcs et de chiens…”»

[Maurice Nadeau, Histoire du surréalisme, p. 79-812]

Relectures, 27 octobre 2009.
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Mercredi 11 novembre 2009

Dans la nuit du 4 au 5 novembre, le lycée Théophile-Gauthier (49 rue de Charenton, Paris 12e) a été pris pour cible dans le cadre de la semaine anticarcérale contre les longues peines.
Ce lycée professionel s’est spécialisé dans la formation des futurs flics et matons. Les portes ont été bloquées avec des chaînes. La façade a été recouverte d’affiches (cf. plus bas et pièce jointe) et de nombreux tags : «Attention, ici on forme les futurs flics», «Le maton te guette», «Saccage ta cage», «Plutôt pauvre et insoumis que flic ou maton»…
À noter qu’on trouve ce type d’établissements dans toutes les académies, et que vue la rapidité avec laquelle les traces de notre passage ont été effacées, il est clair qu’ils ne souhaitent aucune publicité autour de leurs sinistres activités.

Alors que certains mineurs croupissent en prison,
D’autres apprennent à devenir flics ou matons


Chacun le sait, l’adolescence est propice au désœuvrement qui conduit bien vite à la délinquance si rien ne vient l’enrayer. Heureusement, l’État s’occupe de la jeunesse et multiplie les initiatives afin de protéger, d’accompagner et d’insérer les citoyens qui formeront la France de demain. Ainsi, les premiers EPM (établissements pour mineurs) ont-ils ouvert depuis deux ans pour enfermer et isoler ceux qui représentent un danger pour la société.

Dans le même temps, le pouvoir a décidé d’opérer une sélection précoce de ces futurs serviteurs en uniforme. C’est dans cette logique que le bac professionnel Sécurité et Prévention a été mis en place en 2006. En plus de préparer les futurs travailleurs à l’exploitation, l’Éducation nationale devient pourvoyeur de main d’œuvre pour le secteur florissant de la sécurité privée. La création de ce bac pro quelques mois après les émeutes de banlieue répond aussi à la nécessité d’y apporter une réponse selon la vieille méthode consistant à recruter parmi les populations potentiellement dangereuses les éléments dociles qui seront chargés du flicage et du contrôle de ceux qu’il n’est plus question d’intégrer. Et il s’agit toujours de présenter les parcours de chacun comme une succession de choix individuels, séparés de toute réalité sociale (bosse et paie ton crédit ou deale et paye ta dette). Ce qui est sûr en tout cas, c’est que ceux qui se sont habitués tranquillement à la grisaille pénitentiaire des couloirs de l’école n’auront pas de mal à s’adapter dans un commissariat ou dans une prison.


Le lycée Théophile-Gauthier s’est spécialisé dans l’offre sécuritaire : bac pro et CAP sécurité, formation des cadets de la République. Nous souhaitons le rendre visible afin de bousculer la petite fabrique quotidienne du contrôle et de l’humiliation, de l’autorité et de la domination. De la débrouille pour sortir des galères matérielles aux formes de révoltes collectives, la délinquance est avant tout une catégorie créée par l’État pour lui permettre de légitimer son pouvoir. Face aux illégalismes, la prison et la police sont autant une réponse immédiate qu’une menace qui pèse sur tous ceux qui n’ont comme seul horizon qu’un travail de merde payé des miettes.

Nous sommes contre la prison et la police parce qu’elles sont nées et se sont développées pour défendre les privilèges des riches et gérer la misère.
Nous sommes contre la prison et la police parce que nous voulons changer radicalement cette société pas nous intégrer pacifiquement dans ses villes, dans ses usines, dans ses casernes, dans ses supermarchés.
Nous sommes contre la prison et la police parce que ce monde n’en a que trop besoin.

Indymedia Nantes, 6 novembre 2009.
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Mardi 10 novembre 2009
Liste des rosaires de SOS Tout-Petits, samedi 14 novembre 2009 - 14h30

AIX-EN-PROVENCE : à l’angle des rues Henri-Pontier et des Tamaris
AVIGNON : Notre Dame des Dons
ALENÇON : rue Fresnay près de l’hôpital
ANGERS : place du maréchal Leclerc, près du Palais de Justice
ANGOULÊME : place de l’église  Saint Martial
AUXERRE : parvis de la cathédrale Saint Étienne
BESANÇON : place de la cathédrale
BORDEAUX : parvis de la cathédrale Saint André
BREST
CAEN : place de la Résistance, statue de Jeanne d’Arc
DIJON : avenue du maréchal de Lattre près de l’hôpital du Bocage
GRENOBLE : hôpital de la Tronche
LAVAL : place de la Tremoille sous la cathédrale
LILLE : angle de l’avenue Kennedy et de la rue de Paris - 10h30
LYON : quai du Rhône - 15h
MARSEILLE : hôpital de la Timone
MONTPELLIER : esplanade Charles de Gaulle, devant le monument aux Arméniens
NANCY : place d’Alliance
NANTES :  parvis de l’église Saint Nicolas
PARIS :  place Saint Michel
PERPIGNAN : promenade des Platanes près du palais des Congrès
POITIERS : parvis de Notre Dame la Grande
SAINT-ÉTIENNE : cathédrale Saint Charles
TOULON :  place Louis-Blanc, près de Saint François de Paul
TOULOUSE : devant la cathédrale Saint Étienne
VANNES : parvis de la cathédrale
VERSAILLES : place du Marché
VICHY : parvis de l’église Saint Louis



Rassemblement samedi 14 novembre
14h30 place Pey-Berland à Bordeaux
Pour perturber le «chapelet pour la Vie»


À l’heure où de nombreux signes permettent de penser que l’extrême droite tente une conquête de Bordeaux, les catholiques intégristes anti-avortement remettent ça :

Le samedi 14 novembre aura lieu à Bordeaux, devant le parvis de la cathédrale Saint André un «chapelet pour la Vie» organisé par l’association SOS Tout-Petits. Cette association estime que «l’avortement est un crime abominable devant Dieu et devant les hommes». Elle organise donc le même jour dans les principales villes de France des «prières publiques de réparation, d’intercession et de conversion» sous forme de récitation de rosaires (trois chapelets) dans des lieux publics. Pourquoi trois chapelets ? Le premier pour demander pardon à Dieu du «meurtre» des enfants dans le ventre de leur mère. Le deuxième afin que Dieu fasse en sorte que l’avortement soit interdit. Le troisième pour le salut des femmes qui ont avorté.

Les intégristes imposent l’avortement comme un problème moral et fondent leur doctrine sur une double argumentation : la protection de toute vie de son début embryonnaire à sa fin, et la soumission aux lois de la nature comme expression de la volonté divine.

Ils partent d’un fait scientifiquement fondé : il existe des cellules vivantes, des organismes vivants, mais ensuite, par une pirouette intellectuelle, cet amas de cellules devient une personne humaine dotée d’une âme mais sans aucune liberté de choix (l’âme appartient à Dieu).

Au nom du respect de la «vie», ils véhiculent un modèle de société où la personne ne décide de rien, femme-réceptacle, homme «chef de famille», enfants «don de Dieu». Hors de la famille point de salut, nulle place pour d’autres modes de vie.

L'Église institue la famille dans le cadre «sacré du mariage» comme pivot central pour contrôler les individu.es :
La cellule familiale est sous l’autorité du chef de famille.
La femme, mère au service de tous.
Les enfants éduqués à la soumission, relais des valeurs et traditions, ont pour seule fonction de les pérenniser.

Ce schéma réactionnaire et patriarcal, de fait homophobe, lesbophobe, et transphobe condamne la monoparentalité, l’union libre, etc.

Nous nous revendiquons comme sujets à part entière :
Respect de nos choix de vie : vie amoureuse sous le même toit ou pas, pour un jour ou pour la vie, avec un-e seul.e ou avec plusieurs, célibat, enfant ou non…
Abolition du genre : le sexe biologique ne détermine plus la place des individus, les catégories hommes - femmes cessent d’être la norme de référence pour l’organisation de la société.
Libre choix de nos sexualités à condition qu'elles reposent sur le libre consentement entre les individu.es : pratiques sexuelles entre femmes, entre hommes, entre hommes et femmes, avec ou sans pénétration, où on veut quand on veut…
Droit à une éducation sexuelle.
Droit à une éducation non sexiste.
Possibilité de décider de mettre fin à sa vie.
Contraception et IVG libres et gratuits. Pour l’IVG, nous revendiquons l’allongement des délais, la gratuité totale sans condition de nationalité, une information claire et un accès simple aux services hospitaliers, l’abrogation de la loi de 1920 (pénalisation de l’avortement). Pour la contraception : accès libre et gratuit, développement de la recherche y compris pour les hommes.

Notre corps nous appartient.
Nous ne laisserons personne
remettre en cause les droits acquis.
Nous ne laisserons personne décider de nos vies.
Ne laissons pas les tenants de l’ordre moral
diriger nos vies !

Collectif anarcha-féministe
Ovaires et Contre Tout, 9 novembre 2009.



Lille : Rassemblement pour le droit à l’avortement ce samedi

L’extrême droite de Dieu remet le couvert !

Ce samedi 14 novembre 2009, l’association «SOS Tout-Petits» entend nous refaire le coup du rosaire public à proximité du planning familial dans un seul but : Remettre en cause le droit à l’avortement !

Sous un semblant de respectabilité familiale «bon enfant», se dissimule l’intégrisme religieux le plus intolérant et le plus hostile à toute idée pouvoir vivre une sexualité propre à chacun et chacune et d’émancipation des femmes. Leurs mots d’ordre : abrogation de la loi Veil, lutte contre l’euthanasie, mobilisation contre le PACS, lutte contre les «perversions sexuelles» (Ils considèrent les homosexuelLEs comme «des malades» qu’il faut soigner) et bien entendu défense de la morale publique.

SOS Tout-Petits : une longue histoire de harcèlement des femmes et de violence !

L’association SOS Tout-Petits, présidée par le sinistre Xavier Dor, est tristement connue pour ses actions anti-IVG contre des hôpitaux et des cliniques pratiquant des avortements ou ils «déstérilisent» tout le matériel à usage abortif et s’enchaînent aux tables d’opération. Xavier Dor a par ailleurs été condamné à plusieurs reprises pour délit d’entrave à l’IVG (Interruption Volontaire de Grossesse), sans jamais purger ses peines ! Le but des anti-IVG est systématiquement de culpabiliser les femmes, de leur refuser la libre disposition de leur corps et de décider de leur vie !

Le droit à l’avortement, un droit conquis de haute lutte mais qui reste fragile

Par delà les actions violentes de ces groupes d’extrême droite, le droit à l’avortement est aujourd’hui restreint, voire menacé par des politiques de restrictions budgétaires et par un lobbying politique et religieux (bioéthique, statut de l’embryon, tentative d’instaurer un délit d’interruption volontaire de grossesse…).

Plus que jamais il est nécessaire de lutter pour :
  • Une meilleure information sur la contraception et la sexualité,
  • Un accès réel et égal au droit à l’avortement et au choix des méthodes d’IVG,
  • La défense d’un système de santé égalitaire,
  • Ne laissons pas le terrain à ces fanatiques intégristes, réactionnaires et montrons-leur notre attachement au droit des femmes à disposer librement de leur corps.

Rassemblement à 9h00 devant le Planning familial de Lille 16, avenue Président Kennedy à Lille, M° Mairie de Lille. Ponctualité requise !

SCALP Lille, SUD Éducation 59/62, GDALE



À Angers

Alors que l’Interruption Volontaire de Grossesse est légale en France depuis 1975, le lobby «pro-vie» soutenu par les extrêmes droites et le Vatican est présent dans de nombreux pays. En France, il prend le nom de SOS Tout-petits.

Comme chaque année le collectif SOS Tout-petits organise le 14 novembre prochain une «réunion de prière publique de réparation». Il est temps pour les militant-e-s antisexistes et antifascistes de se mobiliser pour réaffirmer le droit à l'avortement libre et gratuit !

Cette association, présidée par Xavier Dor, créateur des commandos anti-IVG dans les années 1980, organise depuis plusieurs années des réunions de prières, notamment à Angers, devant le palais de Justice. Brandissant des photos de fœtus avortés, arrosant le trottoir d’eau bénite, pour tenter selon leurs dires de «rechristianiser une société en pleine désintégration morale».

Face à ces intégristes, nous devons réaffirmer que l’IVG est un droit fondamental. Le corps d’une femme n’appartient qu’à elle-même. C’est donc à elle seule que doit revenir la décision de poursuivre ou d’interrompre sa grossesse. L’avortement est pratiqué depuis toujours et sur toute la planète, le plus souvent clandestinement et dans des conditions sanitaires exécrables.

En France, la lutte n’est pas achevée même si l’avortement est légalisé. Près de la moitié des hôpitaux publics ne le pratiquent pas et le nombre de médecins formés à l’IVG ne cesse de décroître. Chaque année, environ 5000 femmes dépassent le délai légal à cause du manque de place dans les hôpitaux français et doivent avorter à l’étranger.

Nous appelons donc l'ensemble des militant-e-s angevin-e-s à un contre-rassemblement samedi 14 novembre à partir de 14h devant les marches du palais de Justice d'Angers, pour réaffirmer le droit à l'avortement libre et gratuit et notre opposition à toutes les organisations réactionnaires et intégristes.

Suite à ce rassemblement une projection du film Regarde, elle a les yeux grands ouverts de Nicole Grand et Yann Le Masson, est prévue à 20h30 à l’Étincelle le samedi 14 novembre, organisée par le collectif Émancipation. Ce film présente entre autres le Mouvement de Libération de l’Avortement et la Contraception (MLAC) sur la question de l’avortement… La projection sera suivie d’un débat.

Le collectif Émancipation Angers
Le collectif Anti-fasciste Angers
Classe contre classe, 10 novembre.


Les grenouilles au bénitier
Les femmes en liberté !!!


À Angers, le 14 novembre, SOS-Tout-Petits (organisation catholique d’extrême-droite), dans son délire religieux de soumission des femmes à la Maternité, aux hommes et à Dieu, manifeste en priant contre l’avortement. Ce rassemblement nous rappelle que le combat pour défendre l’IVG est toujours d’actualité. Venez nous rejoindre à 14 heures devant le palais de Justice, ce sera l’occasion de nous rencontrer, de faire avorter leur messe et de porter nos revendications…

Pour clore la journée, venez voir Regarde elle a les yeux grands ouverts, un film de Yann Le Masson. Ce film relate l’expérience vécue par des femmes du MLAC (association féministe fondée en 1973 et luttant pour le droit à l’avortement et la contraception) d’Aix-en-Provence, inculpées et jugées pour avoir pratiqué elles-mêmes des avortements (procès du 10 mars 1977). Leur lutte consistait non seulement à pratiquer des avortements, mais aussi des accouchements à domicile.

Le film sera suivi d'une discussion.
À l’Étincelle à 20h30 (26 rue Maillé) Angers

En France comme ailleurs, les Églises et les États s’attaquent au droit à l’avortement, notamment en démantelant les centres d’IVG autonomes (considérés comme non rentables), et en réduisant les subventions aux centres de plannification. À ces attaques structurelles s’ajoutent des manifestations religieuses, des pressions de certains médecins, des pharmacies qui refusent de délivrer la pilule du lendemain, etc.

Ces attaques ont des conséquences dangereuses pour les femmes : certaines doivent avorter à l’étranger (5000 françaises par an), ou clandestinement (une femme meurt toutes les 7 minutes dans le monde à cause d’un avortement clandestin), ces restrictions entraînent aussi des refus de prise en charge des mineures et des étrangères sans-papiers, etc.

Nous refusons ces attaques contre notre droit à disposer librement de notre corps !

Ce que nous voulons :
— Accès libre et gratuit à l’IVG quels que soient l’âge et le terme de la grossesse.
— Gratuité des contraceptifs et avancée de la recherche pour la contraception masculine.
— Mise à disposition nécessaire à l’application réelle du droit à l’IVG (budget, locaux, lits réservés, formation du personnel hospitalier et bénévoles, etc.).
— Réelle éducation sexuelle et approche non culpabilisante de l’IVG.

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